LES TROIS MOUS- QUETAIRES, par Alex. Dumas
Paris, Baudry, 1844; 8 volumes in-8°.
Edition originale d'un des plus intéressants romans du célèbre écrivain.
Cet ouvrage, qui était estimé de 60 à 80 francs en 188 1, vaut aujourd'hui de 200 à 300 francs. Vendu 300 francs exemplaire broché, avec la couverture, vente L*** (février 1882). Il a été tiré quelques exemplaires sur papier vergé.
Ces exemplaires rarissimes valent de 450 à 500 francs.
La première édition illustrée des Trois Mousquetaires fut publiée par J.-B. Fellens et L,-P. Dufour. Paris, 1846. I vol. gr. in-80, avec portrait et 33 gravures.
66. — LE DÉCAMÉRON de Jean Bocace (sic). Londres (Paris) ^ ij ^7-1761. 5 vol. in-8°, avec titres gravés, figures et vignettes.
Cette belle édition des Contes de Boccace est de l'ancienne traduction, assez estimée, d'Antoine Le Maçon, qui date de 1545. Par conséquent le texte est en français du xvi^ siècle, qui rappelle un peu, par la naïveté du style et des expressions pleines de charme, les différentes traductions de Jacques Amyot.
De nos jours, ce n'est certes pas ce texte qu'on trouve vieilli et suranné, parce qu'on est en général trop peu lettré pour le comprendre , qui fait rechercher l'édition de 1757. Ce sont bien plutôt les charmantes gravures d'après Gravelot, Eisen et autres, dont elle est illu strée.
Voici la composition de ces 5 volumes : D'abord ils doivent contenir en totalité : i portrait-frontispice en tête du ler volume, 5 frontispices contenant le titre de chaque volume, iio grandes figures, i vignette-fleuron en tête delà
Vie de Jean Bocace, et 97 culs-de-lampe.
Les 1 10 grandes figures et les frontispices sont gravés par : Lempereur, Le Mire, Ouvrier, Sornique, Martenasi, Aliamet, Flipart, P. F. Tardieii, Pibre, Pasquier, Leveau, femme Lempereur, Moitte, C. Baquoy, Pitre, Le Grand, et N. N. — Chaque volume doit en contenir 22, plus i frontispice. Le ler volume contient en outre le portrait.
La plupart des culs-de-lampe et le fleuron sont gravés par Le Mire; le autres sont de Pasquier et de Lempereur.
Le texte est, comme l'indique le titre, divisé en 10 journées et chaque journée comprend 10 contes illustrés chacun d'une figure. En tête de chaque journée se trouve une explication assez longue, avec une gravure représentant les différentes personnes qui devisent entre elles dans cette journée. C'est ce qui explique le nombre de iio grandes figures. Il y a plusieurs contes qui ne sont pas terminés par un cul -de -lampe. A la fin de chaque volume doit se trouver qne table du texte.
Cette édition contient les mêmes gravures que l'édition avec texte italien, qui avait paru la même année (1757); mais dans l'édition française elles sont de second tirage, sauf dans les beaux exemplaires que des amateurs du temps formèrent avec des gravures en premier tirage de l'édition italienne. Dans l'édition française les culs-de-lanipe sont forcément toujours de second tirage, quoiqu'ils soient encore beaux.
Les exemplaires ordinaires, reliés en veau, de l'édition italienne, valent environ 200 à 250 francs. Prix : Catal.
Fontaine (1882), exempl. en maroq.
(rel. ancienne), 1,000 francs; même état comme reliure, mais avec les 20 figures doubles, 600 francs, vente E. Martin (février 1877). — Exempl.
en veau (rel. ancienne), :8o fiancs, vente Paul de Saint-Victor (avril 1882). Un autre même état que le précédent,
150 francs, vente G. K*** (avril 1882). — Un magnifique exemplaire, provenant de Pixerécourt, maroq. vert, larges dentelles, double de tabis, (rel. anc), 1^400 francs, vente d'un amateur anglais (mai 1882); — ceux de l'édition française, 400 à 500 francs. Prix : exemplaire en maroq., de Bozerian jeune, 405 francs, vente X*** (mars 1882). — Exempl. en maroq.
de Thibaron, loi francs, vente Maas (mars 1882). — En maroq. r. (rel. anc), 710 francs, vente E. M. B. (mai 1882). — Un autre exempl. en maroq. r. (rel. anc), contenant la suite de 20 figures doubles et leur titre, estampes galantes, fut adjugé 1,150 fr.
(mai 1882). Ces diff"érences de prix (pour les exemplaires ordinaires) entre l'édition italienne et l'édition française tiennent à ce qu'on ne recherche guèi e le texte italien, car les tirages des fleurons y sont toujours meilleurs et on devrait le préférer. Ces volumes acquièrent une grande valeur lorsqu'ils sont reliés par un des artistes du xviiie siècle, surtout Padeloup ou Derome. C'est ce qui explique comment un exemplaire avec texte français, très beau il est vrai, orné d'une simple reliure très fraîche, de Derome, a atteint le prix de 5,200 francs à la vente de M. E. Q. B. (Quentin-Bauchart), en février 188 1. Ce bel exemplaire contenait en outre les 20 figures libres supplémentaires et le frontispice de cette suite , portant le titre : Estampes galantes de Boccace, qui furent aussi gravées d'après les dessins de Gravelot, et sont fort jolies. On trouve ces gravures jointes à quelques exemplaires, dont elles augmentent la valeur, de 150 à 200 francs environ. — Au Catal. Fontaine, 1882, ex. italien, rel. ancienne en maroquin, 1,000 Ir.
Nous venons de voir passer en vente, à Londres, dans la bibliothèque de Beckford et du duc de Hamilton, un recueil précieux d'épreuves d'artistes en
différents états, des gravures grandes et petites de cette édition. On y trouvait un total de 378 pièces, réparties en 6 volumes et offrant des épreuves d'essai très remarquables, qui furent évidemment recueillies à l'époque, soit par un des artistes, soit par un amateur de leurs amis, car il eût été probablement impossible plus lard de former cette collection. On y trouve, par exemple : 89 épreuves à l'état d'eauxfortes pures, plus 25 des mêmes sujets répétés, en gravures non terminées; et 125 de ces figures, avant les noms des artistes ou avec les noms provisoirement tracés à la pointe sèche ; plus 1 3 pièces inédites, qui ne parurent pas dans l'ouvrage, mais qui se rapportent bien aux Contes de Boccace; et enfin 16 gravures de différents états, appartenant à des sujets analogues. En outre, le 6^ volume était formé de 102 épreuves tirées à part (plusieurs en double à l'état d'eaux-fortes, des culsde-lampe).
Ce recueil précieux et certainement unique a atteint aux enchères le prix de 130 livres sterling (3,250 francs).
67. — MADAME BOVARY, — Mœurs de province, — par Gustave Flaubert. Paris, Michel Lévy frères^ libraires-éditeurs, rue Vivienne, 2 bis.
1857. I tome en 2 vol. in-12 :
le I", de 4 feuillets prélim. contenant le fiiux titi e, le titre, la lettre à M. Séuart, la dédicace à Louis Bouilhct, et 232 p:igi-S; — le 2^, de 2 feuillets prélim. (faux litre et litre), et comprenant Ks pages 233 3490, qui termmeni l'ouvrage.
Première édition du principal ouvrage de Flaubert, et du plus remarquable livre de l'école réaliste, Madame Bovary,
dont la place est marquée à côté des plus beaux romans de ce siècle, fut publiée pour la première fois dans la Revue de Paris. On sait que ce roman fit sensation à l'époque et que l'auteur fut poursuivi et acquitté, après une éloquente plaidoirie de M^ Jules Sénart. C'est pour cela qu'on voit en tête du premier volume, avant la dédicace à Louis Bouilhet, une lettre de Gustave Flaubert à M"^ Sénart, pour le remercier de l'avoir défendu.
Cette édition originale fut publiée en 2 volumes de la collection Michel Lévy, à I franc; et on en tira quelques exemplaires sur beau papier vélin fort, dont le prix était de 3 francs. Ces derniers sont fort rares et très recherchés aujourd'hui. L'exemplaire qui figurait à la vente L*** (février 1882) fut adjugé à 199 francs; celui de la vente Paul de Saint- Victor, dont les 2 tomes étaient réunis en I volume, demi-reliure, marges non rognées, et portant un envoi autographe de l'auteur à Paul de Saint-Victor, atteignit le prix de 250 francs (avril 1882).
Les exemplaires en papier ordinaire, qui sont bien conservés, dans leur couverture originale, brochés ou non rognés, valent aujourd'hui 80 à 100 francs. — L'exemplaire, entièrement neuf, qui figurait à la vente Monselet, en 1871, fut vendu 2 francs!
Un autre, rel. en mar. bleu, tr. dor., 105 francs, vente Maas (mars 1882). A la vente Barras (mai 1882), un tiès bel exemplaire non rogné, revêtu d'un élégant cartonnage en maroquin, par Carayon, avec les couvertures conservées et d'une grande fraîcheur, contenant des gravures à l'eau forte, épreuves d'artistes en différents états, ajoutées, a été acquis au prix de 225 francs Les gravures qu'il contenait étaient celles que Boilvin a exécutées pour l'éJition publiée par Lemerre; cha:]ue sujet s'y trouvait en plusieurs états, provenant de l'artiste.
ET DU BIBLIOPHILH
68. — 1572. CHRONIQUE DU TEMPS DE CHARLES IX, par l'auteur du Théâtre de Clara Gazul.
Paris, Alexandre Mesmer, libraire, place de la Bourse, 1829. — i vol. in-8° de 2 feuillets prélim. (faux titre et titre), xv pages de préfice, et 383 pages de texte.
L'un des meilleurs ouvrages de Prosper Mérimée. Cette édition originale est très reclierchée et on la trouve rarement maintenant, surtout en bel état.
Dans ce charmant livre, l'auteur a trouvé le moyen de promener son lecteur à travers les diverses phases de l'immense drame de la Saint-Bardiélemy, en y mêlant des intrigues d'amour les plus attachantes et des scènes de tendresse d'un touchant intérêt. Aussi en a t-il été fait un grand nombre d'éditions en divers formats.
L'édition première, que nous décrivons, se vend cher aujourd'liui, environ 100 à 120 francs, quand l'exemplaire est broché et en bon état. Exemplaire L***, broché, non rogné, vendu 95 francs (février 1882). Celui de H vente Barras (mai 1882), broché, mais en médiocre étal, fut vendu 91 francs. — Vente Ed. Maas (mars 1882), ex. en en demi-rel. mar. r. ébarbé, 81 francs.
La plus belle édition qui ait été publiée de cet ouvrage est celle de la Société des Amis des livies, parue eu 1876 (avec le titre ainsi modifié : Chronique du règne de Charles IX). Elle est en 2 volumes, de format gr. in-8", avec paginadon suivie, et illustrée de 30 vignettes à l'eau-forte par Edmond Morin ; le texte en est admirablement imprimé par G. Chamerot, avec les beaux caractères ronds fondus anciennement par la maison Didot. Le papier vélin fort est semblable à celui qui servit à P. Didot l'aîné, à la hn du xviiie
siècle, pour imprimer ses belles éditions des classiques.
Cette nouvelle édition, publiée à 100 francs pour les sociétaires et quelques souscripteurs, fut tirée à 115 exemplaires. En tête de chacun on imprima le nom du souscripteur. Lorsqu'il en passe un exemplaire en vente, il atteint un grand prix. Nous en avons vu vendre successivement quelques-uns au prix de 300 francs, et même 407 francs. Vente A. D. (février 1882), 450 francs. Ala vente L***(février 1882), l'exemplaire n. rog. avec les hgures en épreuves non terminées, tirées à part, et les figures refusées, fut vendu 650 francs, et enfin, à la- vente de M. Ed. Maas (mars 1882), ex rel. en mar. r. par Thibaron, 605 francs.