ICONOLOGIE ou
Traité de la Science des allégories à l'usage des artistes, d'après les dessins de MM. Gravelot et Cochin, avec les explications à chaque sujet (par Ch.-Ét. Gaucher). — Paris, chei Lattre, graveur, rue Saint-Jacques, n° 20, s. d. (1796)» 4 vol. in-8°.
Titre pris sur un frontispice gravé.
Le faux-titre porte simplement : Iconologie ou Traité des allégories, emblèmes. Un autre titre-frontispice gravé, dont les attributs varient de forme à chaque volume, est ainsi conçu : Iconologie par figures ou Traité complet des allégories, emblèmes, etc. Ouvrage utile aux artistes,^ aux amateurs, et peuvent (sic) servir à l'éducation des jeunes personnes. Paris, etc. Outre les planches indiquées dans la table, le premier volume contient :
10 L'apothéose de C.-N. Cochin : Les Grâces ornent de guirlandes son buste ; au bas, à gauche, la Muse de l'histoire consacre le nom de cet artiste dans ses fastes, et, tandis que le Génie du dessin indique ses oeuvres, le Dieu du goût dépose sur sa tête la couronne réservée à ceux qu'il inspire.
20 Le portrait de Gravelot, identique à celui placé en tête du premier volume de VAlimmach iconoîogique. Seulement le distique est légèrement modifié :
Fécond et varié, joignant l'art au génie
Le Craïon sous ses doigts prend et l'âme et la vie
Il est vrai qu'il est un peu plus mauvais.
L'ouvrage avait été en premier lieu confié à C.-N. Cochin. Cet artiste s'était proposé de refondre entièrement le premier travail (Almanach iconoîogique) de Gravelot et d'y joindre des développements indispensables dans un traité de ce genre. Mais la mort le surprit (1790) au moment de mettre la main à l'œuvre. Ce fut Gaucher qui s'en chargea et qui le conduisit jusqu'à son entière exécution. Il y ajouta un grand nombre de dessins, qui furent gravés par les mêmes artistes, et rédigea un texte nouveau.
A propos de cette Iconologie, Quérard dit : « Ce recueil est le même qui avait paru successivement depuis 1773, sous le titre A' Almanach iconoîogique ». Deux erreurs. Ce n'est pas en 1773 que débuta VAlmanaili iconoîogique, mais bien en 1765. Et d'une. Ensuite, ce n'est pas le JM«me recueil. Les planches du premier y figurent bien dans leur intégralité; toutefois, elles y sont accompagnées d'un grand nombre d'autres. Et de deux. De plus, la partie littéraire est complètement différente de celle de Gravelot et de Cochin. A part cela Quérard pourrait avoir raison.
De son côté, le Manuel-Brunet ajoute :
« Les figures de cet ouvrage (l'Iconologie) sont celles de V Almanach iconoîogique auxquelles on a ajouté des bordures. »
Nous avouons, en toute sincérité, ne rien comprendre à ce que peuvent signifier ces bordures qu'on aurait ajoutées. Ce qui se comprend facilement, c'est que l'on n'a rien ajouté du tout à ces figures, et que celles-ci sont exactement semblables à celles-là. Et puis, ce
que Brunet ne dit pas et ce que nous venons de dire, c'est que ces figures y sont suivies de toutes celles dues à Gaucher.
Enfin, le titre annonce 350 figures.
Mais, par suite des additions de Gaucher, le chiffre s'élève à 422, y compris titresfrontispice et portraits. — Très belle exécution typographique.
Les exemplaires en Gr. Pap., de 30 à 40 fr. ; ex. v. ant. rac, fil., tr. dor., mari). 180 fr., cat. Labitte, févr. 1883.
136. — ŒUVRES DE MO- LIÈRE. Nouvelle édition. — Paris, M. DCC. XXXIV. Avec privilège du roy. 6 vol. in-4°.
Fort belle édition, revue sur les textes originaux par François-Antoine Joly, auteur dramatique et censeur royal. — Précédée de mémoires sur la vie et les ouvrages de Molière par Jean- Louis-Ignace de La Serre, sieur de Langlade, aussi censeur royal et auteur dramatique. — Pour cette édition, dit Paul Lacroix, Voltaire avait préparé une vie de Molière; mais le bureau de la librairie, dirigé alors par un nommé Rouillé, préféra le travail de La Serre. — Accompagnée d'un portrait de Molière gravé par Lepicié, d'après Fr. Coypel, avec trente-trois grandes figures, gravées par Laurent Cars sur les dessins de Boucher, mises respectivement en tête de chaque pièce dont elles représentent l'action principale. — Ornée de nombreux culs -de -lampe, fleurons, vignettes, têtes de page et lettres grises, le tout dessiné par Oppenor et Blondel et gravé par Jaullain. — Dix-sept libraires s'associèrent pour la publication de cette édition. Le privilège, daté du 29 juillet 1720, fut accordé à Michel-Etienne David, l'un de ces libraires. — A la fin du sixième volume
on lit : De l'imprimerie de Pierre Prault. M. DCC. XXXIII.
Vendu mar. bl., dent., loo fr., Saint- Martin ; mar. r., 80 fr. , Gaillard ; mar. r., 175 fr., Quatremère ; mar. r., de Padgloup, 655 fr., Radziwill ; mar. r. de David, 600 fr., Grésy ; mar. bl. de David, 505 fr., Germeau; mar. anc, 820 fr., La Villestreux ; mar. une, aux armes de Mirabeau, 1,2)5 fr., A Rigaud ; mar. de Petit, successeur de Simier, 1,350 fr.; mar. de Chambolle-Duru, 1,500 fr., ces deux derniers mentionnés dans les catalogues Morgand et Fatout; rel.
anc. V. fauve, tr. rouge, 900 fr., cat. Rouquette, 1882.
137. — VOYAGE OU IL VOUS PLAIRA, par Tony Johannot, — Alfred de Musset et P.-J. Stahl. — Paris, J. Hetiel, éditeur; typogr.
Lacrampe et C'*, 184), i vol. gr. in-8° de 1 70 pp . , plus un f . non chiff. pour la table et le placement des gravures, tit. et f.-tit. non compris.
Avec cette épigraphe :
La vie est un songe.
Calderon.
La couverture imprimée porte :
« Voyage où il vous plaira. Livre écrit à la plume et au crayon, — avec vignettes. — Légendes, épisodes, commentaires, incidents, notes et poésies. »
Les bons exemp. ont en général un prosp. illustré; et, outre les vignettes, ils comptent 63 gr. pi. hors texte.
Le Voyage oii il vous plaira est, par sa nature même, un livre essentiellement fantaisiste. Tantôt la plume précède le crayon, tantôt c'est le crayon qui va devant, alerte et pimpant, comme les voyageurs Franz et Jacques, les deux héros de cette charmante production.
Ils suivent le caprice, ils vont où les pousse la brise, pour revenir et repartir encore, toujours haletant, sans se lasser, découvrant des sujets nouveaux ou des sites inconnus. Que de scènes délicates, peintes d'un style abondant, léger, gracieux, dans cet humoristique Voyage où les auteurs, pour nous plaire, pour ne pas nous déranger, veulent « partir et rester, rester et partir » !
Selon MM. Louandre et Bourquelot, Musset, malade au moment de la publication de ce livre, ne put fournir sa part de collaboration, qui revint tout entière à Hetzel. Bien entendu, nous laissons à ces savants bibliographes toute la responsabilité de cette allégation.
Exemplaire du premier tirage, hauteur 258 miUim. , demi -mar., coté 230 fr. au catal. Rouquette, 1882.
138. — LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, par Alfred de Musset. — Paris, Félix Bonnaire^ impr. de E. Duverger, 1836, 2 vol.
in-8° de 321 pp. et un f. blanc pour l'un, et de 330 pp. et un f.
blanc pour l'autre, tit. et f.-tit. compris. Édition originale.
Musset avait vingt-six ans quand ce livre sortit de son front ou plutôt de son âme. En commençant, il dit :
« Ayant été atteint d'une maladie morale abominable, je raconte ce qui m'est arrivé pendant trois ans. » Un jour, dans la plénitude de ses généreuses aspirations, le cœur gonflé d'espérance, heureux et souriant, il marchait a dans son rêve étoile » ; lorsque tout à coup, par une de ces fatalités si communes dans la vie humaine, de l'Empyrée il retomba lourdement sur terre. Depuis ce ne fut pour lui qu'une
longue agonie. En vain chcrcha-t-il dans des excentricités physiques, non une guérison, la blessure était trop profonde, au moins un palliatif. Inutiles efforts ! la plaie dont il souffrait ne faisait que s'élargir: elle finit par l'emporter. C'est dans La Confession d'un enfant du siècle que l'auteur de Rolla a confié toutes ses douleurs, tous ses sanglots.
Cette oeuvre remarquable donna naissance à cinq ouvrages qui représentent une sorte de débat biographicolittéraire où l'ombre penchée du poète revient trop souvent sous les yeux d'un pubHc affamé de scandales. Ce sont :
Elle et Lui, par George Sand ; Lui et Elle, par Paul de Musset; Lui, par Louise Colet ; Eux et Elles, par de Lescure; Eux, par Moi (Alexis Doynet).
Ah ! s'ils eussent pu consulter Musset lui-même, ces écrivains grands ou petits, connus ou inconnus, ne leur aurait-il pas répondu :
Les morts dorment en paix dans le sein de la terre : Ainsi doivent dormir nos sentiments éteints. Ces reliques du cœur ont aussi leur poussière ; Sur leurs restes sacrés ne portons pas la main.
C'est de cet ouvrage qu'Alexandre Dumas fils a tiré ses types de Desgenais et de Marco pour les Filles de marbre.
L'édition originale, quoique n'étant pas très rare, se vend néanmoins assez cher. Un exemplaire car t. toile, non rogné (Pierson), coté 300 fr. au catal. Rouquette, 1882.
139. LE TEMPLE DE GNIDE (par Montesquieu). Nouvelle édition, avec figures gravées par N. Le Mire, de l'Académie de Vienne en Autriche et de Rouen, d'après les dessins de Ch. Eisen. Le texte gravé par Droûet. — Paris, chei Le Mire, graveur, rue Saint-Étiennedes-Grés. Avec privilège du roi.
1772, gr. in-8°, gr. pap.,dej-vij et 104 pp., non compris le titre et un feuillet de dédicace.
Avec cette épigraphe :
Non murmura vestra Columba,
Brachia non Hederae, non vincant oscula Conchaî. Epithal. de l'empr Gallien.
Précédé d'une dédicace adressée par Le Mire « A Sa Majesté Britannique », dont on voit les armoiries gravées en tète. — Suivi de Céphise et l'Amour. — Contient onze grandes planches hors texte, le titre et le frontispice-portrait compris.
Cette œuvre chlorotique et malsaine, indigne de la main qui traça le Dialogue d'Eitcrate et de Sylla, eut et ne pouvait manquer d'avoir un grand succès au milieu d'une société en décomposition que devait bientôt emporter le souffle de 89.
L'édition ci-dessus décrite, qui, à l'origine, se vendait, gr. in-80 de 6 à 7 fr., gr. in-40 de 10 à 12 fr., atteint parfois aujourd'hui des prix insensés. Le Guide Cohen l'estime de 200 à 300 fr. Mais les amateurs ont bien dépassé ce chiffre qui nous paraît déjà exagéré. Du reste, voici la gradation de ces prix depuis une trentaine d'années jusqu'à nos jours.
Mar. 43 fr., Potier; mar. de Thouvenin, 44 fr., La Bédoyère; veau, 46 fr.. Millet; 50 fr., W. Martin; mar. anc, mais incomp. de 2 ff., 75 fr., Rigaud; gr. pap. 80 fr., Danyau; mar.
de Derome, 220 fr., Gancia; mar. de Derome, gr. pap., 265 fr., H. Grésy; mar. de David, pap. de Holl. 290 fr., Guntzberger ; 300 fr., Curmer ; l'exemp. H. Grésy revendu 550 fr., Bordes; mar.
de Trautz, 600 fr., Fontaine, 1875, et 1,000 fr., 1877; mar. doublé, de Lortic,avecfig. avant la lettre, 4,000 fr., Morgand et Fatout, 1877; gr. in-80, mar. r. de Derome, fil., dent., tr. dor.,
avec les fig. avant la lettre et les pi. de remarque, 6,000 fr., Rouquette, 1882; mar. r. de Derome, fig. avant la lettre et découvertes, 7,900 fr., Emm. Martin.
Enfin l'on dit qu'un exempl., avec les dessins originaux de Moreau, a été tout récemment acquis 10,000 fr. !
140.— LE SACRE DE CHARLES DIX. Ode par Victor Hugo. — Paris, Ladvocat, éditeur; impr. de J. Tastu, s. d. (1825), in-8° de 4 ff. lim. et de 16 pp. de texte.
Les fF. lim. contiennent un feuillet blanc, le tit., le f.-tit., et l'épigraphe. — Titre encadré; avec un fleuron représentant une lyre antique. — L'épigraphe qui occupe le ro du dern. feuill. lim. est ainsi conçue :
Os suùerbttm contiscescal, Simplex fides acquiesçât
Dei magisterîo. /
Que l'Orgueil se taise,
Que la simple foi comtemple l'exercice
Du pouvoir de Dieu.
(Prose. — Prières du Sacre.)
Seule et unique édition séparée de cette œuvre la plus rare de toutes celles de l'auteur.
Avec les Odes, qui parurent trois ans avant, elle offre un grand intérêt sous le rapport de la langue et des idées particulières à Victor Hugo.
Quelle distance parcourue par lui entre cette strophe du Sacre :
L'Orgueil depuis trente ans est l'erreur de la terre ; C'est lui qui sous les droits étouffe le devoir ; C'est lui qui dépouilla de son divin mystère Le sanctuaire du pouvoir.
Et ces vers dans la bouche de Triboulet 1 II s'adresse aux courtisans :
. . . Depuis bien des années.
Je suis votre bouffon 1 Je demande merci! — Grâce ! Ne brisez pas votre hochet ainsi, —
Vraiment, je ne sais plus maintenant que vous dire. Rendez-moi mon enfant ! Messeigneurs, rendez-moi Ma fille, qu'on me cache en la chambre du roi! Mon unique trésor! — Mes bons seigneurs ! par grâce ! Qu'est-ce que vous voulez a présent que je fasse ! Sans ma fille!.,.
Ex. mar. r. Simier, 60 fr.
141. — ŒUVRES DE FRAN- ÇOIS RABELAIS... augmentées de... deux chapitres du V^ livre restitués d'après le manuscrit de la Bibliothèque impériale; précédées d'une notice historique sur la vie et les ouvrages de Rabelais... par P.-L. Jacob, bibliophile (Paul Lacroix). Nouvelle édition, revue sur les meilleurs textes, et particulièrement sur les travaux de J. Le D achat et de S. De L'Aulnaye; éclaircie quant à l'orthographe et la ponctuation, et accompagnée de notes succinctes et d'un glossaire par Louis Barré...
Illustrations par Gustave Doré.
— Paris, J. Bry, 1854, in-4° à 2 col. de 340 pp., — tit. et f.-tit. compris, — dont la dernière contient la table et le placement des gravures. Avec 16 gr. pi. hors texte, y compris le frontispice, ne comptant pas dans la pagination.
Ces pi. ainsi que les vignettes ont été gravées sur bois par Sotain.
La couverture imprimée est fort jolie : au milieu d'un encadrement rouge et or se trouve le titre avec la fig. de la p. 188 reproduite en rouge sur le premier plat ; sur le second, dans le même encadrement, la fig. de la p. 153 reproduite en vert.
La mort récente de Doré a donné aux
ouvrages illustrés pa r lui une valeur qu'ils n'avaient pas de son vivant, et la hausse ne fera que s'accroître de jour en jour. Ainsi le Rabelais, coté au début 7 fr. 50, se vend à cette heure de 60 à 100 fr. quand l'ex. est br., non rog., en bon état et accompagné de la couverture. — Br.,6ofr., cat.Conquet, janv. 1883.
Doré, à peine âgé de vingt ans, conçut le gigantesque projet d'illustrer les œuvres des plus célèbres littérateurs de tous les temps et de tous les pays. Il commença par Rabelais. Bien qu'il fût déjà connu par de précédentes publications, celle-ci révéla d'une façon particulière les deux qualités maîtresses de son talent : l'originalité et la variété. Le dessinateur est là dans son élément propre, animant d'un crayon fantaisiste et primesautier, les conceptions bizarres et grandioses du puissant écrivain.
142. — TROIS FEMMES, nouvelle de l'abbé de La Tour; 2^ éd., ornée de 7 est. dessinées par Legrand et gravées à Paris par les meilleurs artistes (ChifFart, Duplessis-Bertaux et Conche). — Leip%jc chei Pierre- Philipp Wolf, 1798. I voL in-i2.
Petit ouvrage rare. Un exemplaire en demi-rel. v. fau. n. rogné, fut vendu 103 fr. Vente D*** (mars 1882).
Le seul exemplaire connu par M. Cohen était celui qui se trouve dans la bibliothèque de M. Sardou. — N'est pas à la Bibliothèque nationale.
143. —VIE, POÉSIES ET PEN- SÉES DE JOSEPH DELORME (Par Sainte-Beuve). — Paris, Delangle frères. M.DCCC.XXIX; in-i6 de 243 pp., tit. et f.-tit. non compris.
Le verso du f.-tit. porte ces deux épigraphes :
Sic ego eram illo tempore, et fleham Amarissime, et requiescebam in amarittidine. Saint Augustin, Cotif., liv. IV.
Je l'ai vu, je l'ai plaint; je le respectais; il était malheureux et bon. Il n'a pas eu des malheurs éclatants; mais en entrant dans la vie, il s'est trouvé sur une longue trace de dégoûts et d'ennuis; il y est resté, il y a vécu, il y a vieilli avant l'âge, il s'y est éteint.
Senancour, Oberman.
Édition originale. — Fort bien imprimée sur papier vergé en caractères petits, nets et corrects. — Vaut aujourd'hui de 20 à 3 5 fr. — Mar. , non rog. , 25 fr.,cat. Rouqueite, avr. 1882.
C'est une sorte d'autobiographie déguisée de l'auteur Cette petite supercherie trompa peu de monde à l'époque.
Mais elle lui permit de mettre en pratique, plus aisément, les idées qu'il avait alors sur la poétique française.
Sainte-Beuve eut par cette œuvre une influence marquée dans le mouvement Httéraire. « L'éloge de ce volume, dit Béranger, est de nous offrir un genre de poésie absolument nouveau en France, la haute poésie des choses communes de la vie. »
144. — LA JAQUERIE, scènes féodales, suivies de la Famille de Carvajal, drame. Par l'auteur du Théâtre de Clara Gazul (Prosper Mérimée). — Paris, Brissot-Thivars , i828,impriin. de H. Balzac, in-8°de 4 fï". lim. comprenant les tit., f.-tit. et préface; et de 422 pp., plus i f.
non chiff. pour la table.
Édition originale. — Se vend, non rog. avec la couv. imprim., de 40 à
GUIDE DU LIBRAIRE-ANTIQ.UAIRE
60 fr. — Dem. rd. , non rog. 40 fr., Répert. Morgand et Fatout ; cart. 30 fr., chez les mêmes.
Le soulèvement des paysans au xivc siècle contre leurs seigneurs féodaux est le thème de cet ouvrage qui évoque tout un passé rouge de sang.
Remarquons que le volume a été imprimé chez H. Balzac. L'auteur de la Physiologie du mariage avait essayé, sans succès, de divers métiers pour faire fortune . Celui d'imprimeur ne lui réussit pas mieux que les autres. Inéluctablement les lettres le réclamaient.
145. — DIVERSES PETITES POÉSIES DU CHEVALIER D'ACEILLY (Jacques de Cailly, seigneur de Ruilly). Premier volume.
— A Paris, imprimées chei André Cramoisy, rue Saint-Jacques, au Sacrifice d'Abraham, proche de la Poste.
M.DC. LXVII. Avec privilège du Roy. Et se donnent au Palais, i vol.
in-i2 de 6 fi. lim. non chifï., letit. compris, et de 228 pp.
Edition originale. — Quoique la suscription porte : Premier volume, il n'en a jamais paru d'autre, et encore les exemp. offrent -ils des différences. Les uns portent au bas du titre, comme ci-dessus : Et se donnent au Palais; dans les autres cette mention est supprimée, et quelquefois en trouve -t -on sans titre. — Les exemp. du premier état, grands de marge, et de belle condition, valent de 100 à 150 fr. — Mar. de David, 160 fr., cat. Fontaine, 1882; rel. de Trautz et Bauzonnet, 500 fr.
Répert. Morgand et Fatout ; v. 145 fr., Rochebilière, mai 1882.
Ce recueil d'épigrammes eut à son origine un véritable succès. L'auteur fut immédiatement placé au niveau des
poètes de ce genre dont les noms étaient alors dans toutes les bouches. C'est qu'en effet la facture du chevalier est simple, aisée et nombreuse en même temps. Sa facilité était remarquable, a Les pensées, dit-il dans sa préface, me sont venues toutes seules, non seulement sans contrainte, mais encore bien souvent en foule; il m'a semblé que presque toujours les vers se faisoient d'eux-mêmes, et que les rimes nécessaires venoient de leur plein gré se placer justement où elles dévoient être. » Du reste, au rapport du P. Bouhours, d'Aceilly était l'homme le plus naturel et le plus candide du monde.
Aussi devait-il nécessairement réussir dans un genre qui exige avant tout de la netteté et une pointe de malice sous une apparente bonhomie. L'on cite toujours comme exemple de naïveté, cette épigramme tirée de son recueil :
Colas est mort de maladie ; Tu veux que j'en pleure le sort :
Que diable veux-tu que j'en die?
Colas vivait, Colas est mort.
Le volume ne coûtait pas cher, mais, d'après la note mise au bas du titre on aurait pu croire qu'il pouvait s'obtenir à bien meilleur marché. Dans la crainte que cette facétie ne fût prise au mot par le pubhc, d'Aceilly eut soin de faire précéder ses vers de la pièce suivante en manière de préambule :