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TROIS DIXAINS DE CONTES GAULOIS (par M. L

Jaybert). Paris, Librairie Poitlci- Malassis, 1862; i vol. in-8°.

Recueil de 30 contes en vers, lestement tournes et assez amusants, qui rappellent un peu les Contes rémois et aussi les bonnes gauloiseries maniérées et £;racieuses des conteurs du xviii': siècle. Ce volume, bien imprune sur beau papier vélin épais et tiré à cent exemplaires seulement pour des amis, ne fut pas livré au commerce. Les trois ou quatre exemplaires qui sont passés chez des libraires dans ces dernières années se sont vendus de 100 à 150 francs. Un amateur artiste avait eu l'idée d'illustrer ce livre plaisant, et nous avons vu cinq ou six gravures à l'eau-forte jointes à un exemplaire coté 150 francs. Nous en connaissons un autre qui a appartenu^ paraît-il, à la fameuse Cora Pearl, et porte cet ex-douo d'un de ses amis : « To my darling Cora ivitli Ernest's hest love, n

Cette édition devait être illustrée de plusieurs eaux-fortes par M. Bracquemond. Un frontispice, trois grands sujets, trois fleurons et trois culsde-lampe ont même été gravés par cet habile artiste; mais, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, elles n'ont pas été pubhées.

Ed. Rouveyre en a publié (en 1881) une nouvelle édition, illustrée de 90 dessins et d'un frontispice dessinés par Le Natur, tirage limité à 5 00 exemplaires numérotés (450 imprimés sur papier vergé teinté et 50 imprimés sur papier du Japon). Par suite d'un traité passé entre l'auteur et l'éditeur, cet ouvrage ne sera jamais réimprimé.

20. — L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM, traduit de l'anglais par A. D. M. (Alfred de Musset). Paw,

Marne et Deïaimay- Vallée , 1828; I vol. in-i2.

Premier volume publié par Alfred de Musset, alors âgé de 18 ans, et qui est la traduction des Confessions of an English opiiim-cakr, de Thomas de Quincey. Q.uand cet ouvrage est broché, avec sa couverture, il vaut 150 à 200 fr., et beaucoup moins lorsqu'il est très rogné ou en médiocre état.

Ce livre offre peu d'intérêt, mais il est fort rare et on le recherche à cause du traducteur. — Un exemplaire relié en maroquin par Amand a atteint le prix de 285 francs, vente de M. N*** (avril 1881). Il portait un envoi autographe ainsi conçu : « A M. Henrion, de la part de l'auteur, A. de Musset. » Ce document est précieux, en ce sens qu'il fixe définitivement les incrédules sur la paternité de cette traduction, ouvrage de collège qui fut écrit en un mois, et que plusieurs personnes s'obstinaient à contester à Alfred de Musset.

Un autre exemplaire, très beau, relié en veau du temps, 150 fr.^ vente L*** (février 1882), et un troisième non rogné, 170 francs, vente Maas (mars 1882).

21. — LIVRE D'AMOUR, par Sainte-Beuve, Pflm, 1843; in-12 de 108 pages, plus le faux-titre et le titre.

Volume des plus précieux et très rare. C'est un recueil anonyme de vers de Sainte-Beuve, la plupart très passionnés et très enthousiastes, adressés en grande partie à la femme d'un de nos plus illustres poètes. Ce volume contient par conséquent l'histoire, à peu près inconnue, d'une passion clandestine du célèbre critique. L'auteur, qui n'aurait jamais dû Hvrer à la publi-

cité ces pièces intimes, trop compromettantes pour l'honneur d'une femme d'ailleurs très estimée, eut un remords après l'impression du volume et fit détruire la plupart des exemplaires, non toutefois sans en avoir donné déj;\ quelques-uns à des amis. Les conseils et les reproches de ceux qui lurent ce recueil ne contribuèrent pas peu à en hâter la destruction, et un article violent d'Alphonse Karr, publié dans les Guêpes (août 1846), dut influer beaucoup sur la décision de Sainte-Beuve. En 1848, quand Sainte .-Beuve se mit sur les rangs pour être nommé professeur à l'Université de Liège, deux articles violents contre le Livre d'amour et son auteur parurent dans la Revue de Belinique. Il est question de ce livre, très longuement et d'une façon fort piquante, dans le volume de G. Pons, Sainte- Beuve et ses inconnues, publié en 1880.

Ce recueil se compose de 45 pièces dont 40 sont numérotées. Il porte le nom de l'imprimeur au verso du titre : « Imprimerie de Pommeret et Guènot, rue Mignon, 2 ».

Quand par hasard ce volume est passé chez un libraire ou en vente publique, il a toujours été coté de 120 à 1)0 francs, et même au catal. Morgand et Fatout (1881), 200 francs.

L'exemplaire de Poulet-Malassis, relié en mar. rouge, doublé en mar. bleu, par Armand, fut vendu 1 5 1 francs.

en 1878; celui d'Arnauldet, cart. toile, non rogné, vendu six mois après le précédent, atteignit le prix de 142 fr.

22. — LES CONTES DROLATI- QUES colligez ez abbayes de Touraine et mis en lumière par le sieur de Balzac pour l'esbattement des Pantagruelistes et non aultres. Cinquiesme édition, illustrée de 42 5 dessins par Gustave Doré. Se trouve à

Paris, Cl bureaux de la Société générale de librairie, M DCCC LV; i voL grand in-i2.

Très jolie édition de ces contes amusants, faits à l'imitation de Rabelais et des conteurs des xv^et xv:"^ siècles. Les dessins de G, Doré peuvent être considérés comme de petits chefs-d'œuvre du genre, et on y rencontre une verve qui n'a pas été souvent égalée, même dans d'autres œuvres de ce grand artiste. Ils sont d'ailleurs très bien gravés sur bois.

Aussi ce volume, publié d'abord au prix de 10 francs, est-il payé maintenant, broché, de 45 à 50 francs.

Un exemplaire en demi-reliure, 45 fr., catal. Conquet (mai 188 1); un autre relié en maroquin par Cape, 85 francs (juin 1881).

Il fut tiré plusieurs exemplaires sur papier de Chine, qui atteignent de très grands prix.

Un des rares exemplaires imprimés sur papier de Chine et relié en mar. rouge, fil., dos orn é, tête dor., non rogné, 1545 fr., vente Paul de Saint- Victor (avril 1882).

L'exemplaire de Balzac, également imprimé sur chine, fut vendu 1,460 fr.

(avril 1882).

Cette « cinquiesme édition » contient le premier tirage des vignettes de G.

Doré.

Les réimpressions faites par Garnier frères (si.Kième, septième et huitième éditions) petit in-8°,ont été pubhées au prix de 12 francs.

23. — LÀ PLÉIADE. Ballades, fabliaux, nouvelles et légendes. — Homère, Veda-Vyaza, Marie de France, Burger, Hoffmann, Ludwig Tieg, Ch. Dickens, Gavarni, H.

Blaze. Paris, L. Cnrmer, rue de

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Richelieu, M DCCC XLII; i vol.

grand in-12, illustré de nombreuses figures.

Charmante publication, qui fut faite en 10 livraisons à 1 fr. 25, parues séparément, avec titre et date, en 1841 et 1842. Voici les titres des légendes et pièces: loBûRGER, Léiiore, tr3.d. parE. de La Bédollière. — 2° E. T. Hoffmann.

Le Conseiller Krespel, trad. parle même. — 30 Ch. Dickens. Le baron de Grog-^i.vig, trad. par le même. — 4. Matthias E.MMiCH. Gcnn'iève de Brabant, trad. par le même. — 5° Ho.mère. Le Combat des rats et des grenouilles, irad. par M. Trianon. — 6° Henri Blaze. Rosemonde, légende (en versj. — 7° Sdvitrî , épisode de Mahâbhârata, grande épopée indienne, traduit du sanskrit par M. G. Pauthier. — 8° Gavarni. Madame Acher, nouvelle. — 90 Marie de France. Lai des deux amants. Lai du Bisclaveret. — iQo LuDwiG TiECK. La réconciliation , légende, trad. de E. de La Bédollière.

On essaya avec succès de réunir en un volume différents systèmes d'illustrations : gravures à l'eau-forte tirées hors texte, ou tirées dans le texte, ou tirées à part sur chine et collées ensuite dans les blancs réservés; gravures sur bois dans le texte et gravures au burin. Toutes ces figures, qui sont signées Ch. Jacque, Penguilly, Jeanron, Trimolet, Féart, Daubigny, Pauquet, sont fort jolies; quelques-unes sont de vrais petits chefsd'œuvre.

Ce recueil, qui coûtait 13 francs lors de son apparition, vaut aujourd'hui de 250 à 300 francs, lorsqu'il est broché. Vente Sieurin, ex. broché, 155 francs (1879); se vendrait beaucoup plus cher maintenant.

L'exemplaire unique, tiré complètement sur papier de Chine, se trouvait dans la bibliothèque de M. Léon Curmcr; il était orné de dessins originaux :

1° Dessin original du frontispice.

peint en or et en couleurs, sur vélin, par Féart, avec gravures en deux états différents; 2° dessins de Ch. Jacque, pour le baron Grog^iuig, par Dickens, et gravure tirée en noir et en bistre; 30 dessin de Jeanron, pour Geneviève de Brabant, et 3 gravures du frontispice en états difîerents, en noir et en bistre ; 4° frontispice gravé pour Homère, en deux états différents ; 5° dessin de Jacque, pour Roscmonde, et gravures ; les épreuves tirées à part, appliquées sur le papier de Chine du volume; 6° deux dessins de Féart, sur vélin, peints en or et en couleurs pour Sâvitrl; et 9 épreuves sur chine des figures intercalées dans le texte, appliquées sur le papier de l'exemplaire et peintes de même, ainsi que les bordures des pages; 7° les gravures pour Mnie Acker, tirées à part et collées sur le papier de Chine du volume.

Ce précieux exemplaire, relié en chagr.

bl. doublé de moire, mors de chag., fermoirs en vermeil et lapis, tr. ciselée et dorée, fut vendu 420 fr. en 1874; il appartient aujourd'hui à M. Eugène Paillet.

Il faut se défier d'un grand nombre d'exemplaires qui sont incomplets de plusieurs gravures; ces sortes d'exemplaires furent brochés il y a quelques années, alors qu'il ne restait plus de série complète des figures.

24. — L'AMOUR DES LIVRES, par M. Jules Janin. Paris, J. Minrd, 1866; petit in-8" de 61 pages, non compris le faux-titre, le titre et l'achevé d'imprimer.

Cette plaquette, recherchée plutôt à cause de sa rareté que pour son texte assez insignifiant, fut tirée à 200 exemplaires plus 4 sur peau de vélin. Elle est bien imprimée, sur beau papier vergé.

Publiée à 5 fr., elle vaut maintenant

de 60 à 100 fmncs, suivant l'état.

Au catal. Morgand et Fatout (1881), un exemplaire broché est coté 70 fr., et un exemplaire imprimé sur peau ■vcliit, et relié en maroquin par Trautz- Bauzonnct, 1,000 fr. — Celui de Jules Janin, également imprimé sur peau vélin et orné d'une jolie reliure de Trautz, avait atteint aussi le prix de 1,000 francs à sa vente, faite en février 1877. — Un exemplaire broché, en papier ordinaire, auquel on a joint des comptes rendus de journaux et une lettre autographe de Jules Janin, était coté 95 francs en 1881, au catalogue Rouquette.

L'exemplaire sur peau vcliii qui se trouvait à la vente L. Gautier, en 1878, ne fut vendu que 71 francs.

25. — ODES et poésies diverses, par M. Victor Hugo. Paris, Pélicier, place du Palais-Royal, n" 245, imprimerie Guiraudet (1822); i vol.

in-i8.

Édition originale du premier recueil de poésies publié par notre grand poète. Elle est très rare et fort recherchée, surtout quand les exemplaires en sont brochés, avec la couverture imprimée de la publication. Vendu, broché, 40 francs en 1869 et 96 francs en 1871.

A la vente N*** (avril 1881), un bel exemplaire, portant un envoi d'auteur à Jules Lefebvre, et relié sur brochure, en maroquin, par Amand, a été acquis au prix de 218 francs. Un autre, orné d'une jolie reliure de Cuzin, a atteint le prix de 240 francs à la vente L*** (février 1882). Catalog. Rouquette (avril 1882), ex. rogné, reliure en dem.-v., 100 fr.

26. —MÉDITATIONS POÉTI- QUES (par Lamartine). A Paris, au Dépôt de la Librairie grecque-

latine-allemande, M DCCC XX; in-8°, contenant 3 feuillets préliminaires pour le faux titre, le titre et l'Avertissement de l'éditeur, et 118 pages, y compris la table qui se trouve à la fin.

Édition originale, rare et précieuse.

On a souvent raconté les difficultés que rencontra le grand poète pour foire imprimer ce premier recueil de ses poésies. Ce fut M. Eug. Genoude qui se décida à les faire paraître à ses frais, et V Avertissement de l'éditeur, signé de ses initiales E. G., montre assez combien il était inquiet sur le sort de ce « Re- « cueil. . . des premiers essais d'un « jeune homme, qui n'avoit point, en « les composant, le projet de les puce blier » .

Cette édition originale du premier volume de Lamartine est fort recherchée, et les exemplaires brochés, dans leur premier état surtout, se vendent très cher. — A la vente de M. N*** (avril 1881), un exemplaire relié en maroquin, et non rogné, a atteint le prix de 202 francs; et celui de la vente L*** (mars 1882), cartonné et non rogné, a été vendu 230 francs. Un esemplaire rogné vaut de 40 à 50 francs.

27. — LES FLEURS ANIMÉES, par J.-J. Grandville, introduction par Alphonse Karr, texte par Taxile Delord. Paris, Gabriel de Goiict, 1847; 2 parties en i vol. in-4°, avec de nombreuses planches coloriées.

Premier tirage des curieuses figures de Grandville (2 titres coloriés et 48 planches hors texte gravées sur acier par Geoffroy et coloriées, plus 2 planches de botanique). Il est très recherché des amateurs et vaut de 70 à 200 fr. Au catal. Rouquette (1881), un bel exemplaire,

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orne d'une reliure en maroquin rouge, de l'époque de la publication, 140 francs. Il a été fait depuis plusieurs tirages inférieurs, qui ne se vendent pas cher : 15 à 25 francs. Le coloris de ces derniers est très médiocre.

28. — MÉMOIRES DU DUC DE LAUZUN (1747-178 3), publiés entièrement conformes au manuscrit, avec une étude sur la vie de l'auteur. Seconde édition, sans suppressions, et augmentée d'une préface et de notes nouvelles par Louis Lacour. Paris, Pould-Malnssis et De Broisc, 1858; I vol. in-12.

Cette édition est intéressante à un double point de vue : d'abord, comme l'indique le titre, elle est absolument complète et non pas expurgée, comme celle qui avait paru en 1821. Ensuite elle contient, de plus que la première, — publiée aussi en 1858, quelques mois auparavant, — une curieuse et piquante préface, intitulée : Tribulations d'un éditeur, qui est un chefd'œuvre de méchanceté et d'esprit sarcastique.

Disons, pour être plus exact, que ce n'est pas une nouvelle édition, mais bien toujours la première, de 1858, avec un nouveau titre et cette préface ajoutée.

Le prix est de 10 à 15 francs, et du double au moins lorsque l'exemplaire est imprimé sur papier de Hollande, ce qui est très rare.

L'exemplaire unique, imprimé en papier de Chine, de la Fe édition de 1858, se trouvait dans la bibliothèque de M. Poulet-Malassis. Il fut vendu 36 francs en 1878. A la vente X*** (février 1882), un exemplaire en papier ordinaire, non rogné, a atteint le prix de I) francs.

Ed. Rouveyre en a donné une nouvelle édition (1880) précédée d'une préface de G. d'Heylli.

29. — LES CONTES DE NOS PÈRES, par Paul Féval, illustrés par Bertall. Paris, che\ Clendowski, s. d. (1845); I vol. in-80.

Volume illustré de charmantes vignettes sur bois dans le texte et hors texte. Pubhé au prix de 8 francs, il vaut maintenant de 40 à 60 francs lorsqu'il est en premier tirage, broché et avec sa couverture illustrée d'une vignette.

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