‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 100 sur 344 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

le nom A' œdème compacte, pensait que le sang était devenu plus séreux ; mais rien n'a prouvé l'exactitude de celte assertion.

Enfin tout démontre que M. Denis s'est trompé en attribuant l'œdème à une irritation du tissu cellulaire.

Si maintenant nous recherchons dans les faits, comme nous l'avons fait ailleurs (1), quelles sont les conditions organiques auxquelles nous devons rapporter la maladie, nous arrivons aux conclusions suivantes : « Dans tous les cas, sans exception, il y avait une gène notable de la respiration ; cette gène existait à un degré remarquable, même lorsque la maladie était légère. La faiblesse de la circulation n'était pas moins grande, et, sauf un cas où il y eut une pneumonie très étendue et à marche très rapide, le pouls, qui était inappréciable ou à peine senti, était d'une lenteur notable, ce dont on s'assurait en auscultant la région précordiale. Si nous rapprochons maintenant de ces lésions de fonctions la congestion sanguine générale, indiquée pendant la vie par la coloration livide de tout le corps, et après la mort par l'engorgement de tous les vaisseaux, nous aurons réuni les circonstances les plus remarquables de la maladie ; et tout porte à croire que c'est à ce trouble de deux fonctions importantes, et à la stase sanguine qui en est la suite, qu'il faut rapporter la production de l'œdème. »

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

On ne peut plus aujourd'hui confondre l'œdème avec Y endurcissement adipeux; la différence, en effet, est aussi grande pendant la vie qu'après la mort. L'endurcissement adipeux ne se déclare que dans les derniers jours de l'existence, chez des sujets ayant une affection grave. C'est un symptôme de l'agonie, et même très souvent ce n'est qu'une lésion cadavérique, ce qui a été prouvé par des observations positives. Dans l'endurcissement adipeux, la peau est blanche, ou seulement parsemée détaches livides sur un fond blanc. Dans l'œdème, elle est violette. Le premier donne au toucher la sensation d'un tissu compacte ; le' second donne la sensation d'un tissu plus ou moins souple, et l'empreinte du doigt s'y produit et s'y efface promptement. Chez les enfants œdémateux, on peut, faire glisser la peau sur les parties sous-jacentes ; il n'en est pas de même chez ceux qui présentent l'endurcissement adipeux. Enfin ces deux lésions se trouvent dans des points différents. Si l'on rapproche ces caractères de ceux que nous a fournis l'inspection cadavérique, on voit qu'il n'y a pas de confusion possible.

Dans certains cas d'ért/sipète chez les enfants nouveau- nés, le tissu sous-jacent est infiltré, et il en résulte le gonflement et la dureté des parties ; mais la marche de la maladie n'est pas la même. L'érysipèie occupe un membre isolé, ou les envahit successivement ; il est souvent borné à l'abdomen. 11 y a de la douleur, de l'agitation. La peau est rouge, épaissie; la fièvre est considérable. Rien de semblable dans l'œdème. C'est donc bien à tort que quelques médecins allemands ont regardé cette maladie comme un érysipèle.

Dans ces dernières années on a cité des faits desolérème chez l'adulte el l'on a voulu rapprocher cette affection de l'œdème des nouveau-nés. Dans l 'histoire du sclérème, il uesera pas difficile de démontrer que cette maladie n'a de commun

(1) Clinique des maladies des enfants nouveau-nés, p. 652.

MALADIES OU TISSU CELLULAIRE

avec colle dont nous nous occupons ici que ce nom de sclérème donné bien à tort à l'œdème des nouveau-nés. Ce sont deux affections essentiellement différentes.

Il survient assez souvent chez les nouveau-nés une inflammation subaiguë dans une partie limitée, et surtout à la face et au cou. Cette lésion n'a rien de commun avec l'œdème que nous venons de décrire. D'abord elle est circonscrite à un point qui n'est pas le premier affecté dans l'œdème; puis elle survient à une époque avancée d'une autre maladie ; enfin l'infiltration occupe jusqu'aux parties les plus profondes. Il ne faut donc pas confondre l'œdème avec l'érysipèle, comme l'a fait Doublet, ni regarder l'inflammation subaiguë et circonscrite comme un œdème des nouveau-nés, ainsi que l'a fait Billard.

TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC

1° Signes distinctifs de l'œdème des nouveau-nés et de l'endurcissement

adipeux.

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