EXCISION DES GENCIVES
Pour procéder à cette opération,' on fait tenir la tête de l'enfant par un aide ; le chirurgien place profondément dans la bouche, entre les mâchoires, un morceau de liège, et maintient écartées, avec les doigts delà main gauche, les lèvres, la langue et la joue. Il porte le bistouri dans la bouche, et fait une incision cruciale sur chacune des dents qui paraissent s'élever. Il doit avoir soin d'appliquer l'instrument avec assez de force pour pénétrer jusqu'à la dent. Il soulève ensuite avec une pince, dissèque avec le bistouri, et excise chaque lambeau. Cette opération est suivie d'une hémorrhagie légère qui n'oblige jamais à rien faire pour l'arrêter.
Tel est le traitement de ces accidents si divers, et quelquefois si graves que le ' médecin a très fréquemment occasion d'observer. Nous n'avons point dissimulé le vague dans lequel nous ont laissé des recherches si peu méthodiques et si peu exactes. Il est à désirer que les observateurs entreprennent ce travail important, que M. Trousseau a à peine ébauché.
Nous ajouterons maintenant quelques mots relativement aux soins qu'il importe de donner à la nourrice. Les auteurs des siècles derniers ont beaucoup insisté sur ce point, et l'on conçoit, en effet, que si l'allaitement continue, comme cela a lieu dans bien des cas, il est bon que la nourrice se soumette à quelques précautions indispensables. Mais il serait inutile d'entrer dans de grands détails à ce sujet; car il suffit de dire que le repos, un régime doux et léger, des boissons tempérantes, l'abstinence des boissons alcooliques, sont les principaux ou plutôt les seuls moyens à employer. Les substances médicamenteuses, que quelques médecins, et en particulier Fr. Hoffmann, veulent faire prendre à la nourrice, n'auraient point par celte voie une efficacité réelle.
Quant au régime à faire suivre à l'enfant, il est évident que, dans les cas de fièvre intense, de convulsions, d'accidents graves en un mot, on doit recommander la diète absolue. Mais dès que ces symptômes commencent à se calmer, il faut reprendre l'allaitement, qui est le meilleur régime des enfants. Du reste, on les tiendra dans une température douce, et, suivant le conseil de presque tous les auteurs, on é\ itéra avec soin une trop grande chaleur de la tête.
Résumé ; ordonnances. — Dans tout ce qui précède, nous n'avons guère parlé que des accidents de h première dentition; c'est qu'en effet la première dentition à peu près seule détermine les troubles sympathiques qui sont du domaine de la
(l) Traité des maladies chirurgicales, t. VI, p. 357, 4° édit.
médecine. Dans la seconde dentition, on observe presque uniquement, connue ou peut s'en convaincre en consultant les auteurs, des troubles locaux, des déviations dentaires, des maladies de l'alvéole, etc. , qui appartiennent en propre à la chirurgie. A plus forte raison n'avons-nous point à nous occuper de Y éruption des dernières molaires, c'est-à-dire des dents de sagesse. Dans les cas exceptionnels, où des accidents semblables à ceux qui viennent d'être décrits se manifestent dans le cours de la deuxième dentition, le médecin doit tenir une conduite analogue.
lre Ordonnance.
DANS UN CAS DE SYMPTÔMES LOCAUX INTENSES AVEC FIÈVRE CONSlDÉllAliLK .
1° Pour tisane, infusion de mauve, édulcorée avec le miel. 2° Donner la teinture de corne de cerf dans l'eau de cerises noires (Sydenhani : voy. p. 541).
3° S'il y a constipation, ce qui est rare, donner un lavement d'eau de guimauve ou de graine de lin seulement.
W Pour amollir les gencives, jaunes d'œufs mêlés au sirop de pavot blanc, en onctions sur les gencives (voy. p. 5UÎ).
5° Diète absolue dans le fort de la fièvre.
6° Si ces moyens sont insuffisants, excision de la gencive.
Il< Ordonnance.