‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 115 sur 494 · ENGORGEMENT DES MAMELLES · texte numérisé non relu

ENGORGEMENT DES MAMELLES

Quel que soit le sens que l’on attache au mot engorgement , et quelle que soit la théorie à l aide de laquelle on explique l’intumescence rapide d’un organe comme la mamelle, il n’en faut pas moins accepter comme certain, que cet organe augmente rapidement de volume, et devient cause de gène et de douleurs dans diverses circonstances. 11 y a un engorgement physiologique, suivant l’expression de Velpeau, c’est celui qui survient à l’approche des règles, surtout chez les jeunes femmes et chez les demoiselles. La grossesse et certains troubles menstruels sont aussi des circonstances qui amènent des changements dans le volume des seins. Dans ces cas, dit Velpeau (1), « la gorge^prend un excès de volume, de densité, de sensibilité notable dans l’espace de quelques jours, et souvent de quelques heures. A cet excès de volume se joignent un peu plus de chaleur et un peu plus de sensibilité quà 1 ordinaire; le mamelon proémine, se colore davantage, et la teinte brune de son auréole augmente en môme proportion. Toute la mamelle, en un mot, éprouve un excès de tension. Cet engorgement que j’appelle physiologique, parce qu’il se î attache aux fonctions mêmes du mystère génital, et qu’il ne mérite pas en réalité le nom de maladie, se dissipe presque toujours au bout de quelques heures ou de quelques jours; indisposition très-passagère, rarement il se prolonge au delà d’une semaine. Comme certaines femmes en sont cependant assez incommodées, il est bon de savoir qu on le calme, qu’on l’éteint, à l’aide de topiques, soit résolutifs, soit stupéfiants, ou narcotiques. Des linges imbibés d’eau de Saturne, des onctions a\ec les liniments ou la pommade chargés de préparations opiacées, de belladone ou de jusquiame, en triomphent d’ordinaire très-rapidement. Quelques bains mu-

(1) Nelpeau, Traité des maladies du sein , 2# édition. Paris, 1858, p; 180.

MALADIES DES FEMMES

cilagineux, un peu de camphre en lavement et des boissons acidulées le calment également. On n’en viendrait à l’opium, à une saignée, à des sangsues autour du sein, que si les mamelles étaient assez sensibles pour causer de l’insomnie. «

>ous ne parlerons pas ici de l’engorgement chronique, qui, le plus souvent, masque un travail inflammatoire sourd et profond, ou le développement d’une affection organique de la mamelle.

ARTICLE V

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