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INFLAMMATION DES GLANDES DE MEIBOMIUS ET DES FOLLICULES PILEUX

ORGEOLET; ACNÉ DES PAUPIÈRES.

a. — Inflammation des glandes de Meibomius.

Elle naît quelquefois isolément; mais, le plus souvent, elle est associée à celle de la conjonctive et à la blépharite ciliaire.

§ I. — Causes, symptômes.

Les causes qui lui donnent naissance sont, lorsque l’inflammation est bien circonscrite, les corps étrangers et l’arrêt, dans les conduits excréteurs de la glande, de son produit de sécrétion. Celui-ci subit certaines transformations qui lui donnent assez de consistance pour irriter les tissus environnants.

Tantôt semblable à du riz cuit, tantôt il devient calcaire et prend l’aspect d un véritable calcul. Si, par une petite incision, on n’a pas la précaution d’évacuer ces corps étrangers, le follicule s’enflamme, se gonfle et rougit. En renversant la paupière il est facile d’apercevoir, au niveau du follicule, la conjonctive injectée et œdématiée. Le malade éprouve une sensation désagréable de picotement; lorsqu il fait mouvoir ses paupières, il lui semble qu’un grain de poussière s’est introduit dans l’œil. — Les paupières sont collées par une matière visqueuse, surtout le

matin au réveil.

ORGEOLET. — SYMPTÔMES.

§ II. — Terminaison.

L’inflammation sc termine généralement par résolution, mais elle peut aboutir à la suppuration et s’étendre au tissu cellulaire environnant. Il se forme alors un phlegmon sous-conjonctival circonscrit.

§ III. — Traitement.

De petits cataplasmes émollients au début, faits avec de la fécule ou de la mie de pain, des lotions avec des liquides astringents, suffisent à enrayer la maladie; si un petit abcès se produit, on ponctionnera avec une lancette.

b. — Orgeolet.

Il consiste dans une petite tumeur inflammatoire du bord libre des paupières ; sa forme et sa grosseur ayant quelque ressemblance avec un grain d’orge, lui ont fait donner son nom. Il siège le plus souvent au grand angle de l’œil, à la paupière supérieure plutôt qu’à l’inférieure.

§ I. — Siège anatomique.

Les auteurs sont loin d 'être d’accord sur le siège précis de cette affection; la plupart le placent dans le tissu cellulaire des paupières, et en font un véritable furoncle ; telle est l’opinion de Scarpa, Rognetta, Velpeau, Denonvilliers et Gosselin. Desmarres dit qu’il peut se développer, tantôt dans un follicule pileux, tantôt dans une glande deRIeibomius. Pour Mackenzie, ce n’est certainement pas une inflammation des glandes de Mcibomius. Zeis (l)a démontré qu’il pourrait bien siéger dans les glandes sébacées de la base des cils. A ce dernier avis se rangent Fano et Wharton Jones.

§ II. — Variétés.

Il se présente à l’état aigu et à l’état chronique ; lorsqu’il se développe au grand angle des paupières, il acquiert un développement plus considérable que lorsqu’il siège dans les follicules pileux des autres régions. Cette dernière variété a reçu de Wecker le nom d’acné des paupières.

§ III. — Causes.

L’orgeolcl est très-fréquent chez les scrofuleux et coïncide souvent avec un mauvais état des voies digestives. L’abus de l’alcool, des salaisons, l’exposition au vent, à la poussière, en sont la cause prédisposante et déterminante.

§ IV. — Symptômes.

A l’état aigu, il s’annonce par des symptômes locaux; c’est d’abord une démangeaison qui porte le malade à se gratter; puis apparaît une petite tumeur rouge, douloureuse, dont le volume s’accroît rapidement jusqu’à prendre celui d’un haricot et même d’une grosse amande. Les cils sont collés par de la matière sébacée ; quelques-uns sonL implantés sur le sommet de la petite tumeur, et c’est presque toujours a leur base qu apparaît un petit point blanc. Il n’est pas rare, pendant

(1) Zeis, Amman' s Zeitschrift fur die Ophthalmologie,yo\. V, p. 220.

MALADIES DES YEUX

l’évolution du travail inflammatoire, d’observer un léger mouvement fébrile. Dans la majorité des cas, la suppuration s’établit et le pus s’évacue au dehors, d’abord sous forme séreuse, puis il se détache des lambeaux pseudo-membraneux que quelques auteurs considèrent comme du tissu cellulaire mortifié, et que Fano rapporte à la capsule du follicule pileux.

Si la suppuration n’apparaît pas, il persiste une petite tumeur, d’un rouge pale, presque indolente. Elle constitue alors une des variétés de chalazion des auteurs.

L’acné ciliaire ne mérite pas une description à part, puisque, à vrai dire, ce n’est qu’un orgeolet avec un siège différent, mais ayant comme lui pour point de départ un follicule pileux.

Il est moins volumineux que l’orgeolet proprement dit ; il résulte de la rétention de la matière sébacée dans le follicule, acquiert un petit volume et est toujours traversé par un poil ou deux; il se termine par suppuration ou par induration.

Cette affection n’est jamais dangereuse, mais comme elle récidive fréquemment, elle devient agaçante pour les malades, et surtout pour les jeunes filles.

§ V. — Diagnostic.

Le diagnostic est d’une extrême facilité ; tout au plus pourrait-on confondre l’orgeolet avec l’inflammation des glandes de Meibonius, mais le siège de la tumeur à la base des cils et à la partie externe de la paupière, la caractérise suffisamment. La tumeur inflammatoire des glandes de Meibomius est à la face interne des paupières et ne comprend jamais la base des cils.

§ VI. — Traitement.

Applications émollientes et résolutives ; cataplasmes de fécule. O11 vantait beaucoup autrefois le pain trempé dans du lait, les cataplasmes de pommes de reinette; ces moyens ne sont pas meilleurs que les lotions émollientes les plus ordinaires. Lorsqu’on se décide à une petite opération, Velpeau (1) recommande expressément d’attendre la formation complète de l’abcès, afin d’empêcher les récidives et les suppurations interminables. Zeis veut que, dès le début de l’inflammation, on arrache les cils; mais cette petite opération est très-douloureuse, et mieux vaut attendre leur chute spontanée. Les indurations chroniques seront combattues par des pommades résolutives à l’iodure de potassium, par l’onguent de la mère et les emplâtres de diachylon gommé.

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