EMPOISONNEMENT AIGU PAR LES PRÉPARATIONS MERCURIELLES SOLURLES
§ I. — Signes.
Saveur métallique, âcre; sentiment de brûlure et de constriction à la gorge; constriction de l’estomac et des intestins; nausées, vomissements dont la matière ne bouillonne pas sur le carreau, et n'agit pas sensiblement sur le papier de tournesol; rapports fréquents et fétides, hoquet; urines difficiles; douleur et tuméfaction du ventre; déjections alvines assez souvent sanglantes; pouls petit, serré, quelquefois inégal, quelquefois fort. Crampes, froid des extrémités, prostration; décomposition de la face, parfois érection du pénis; inflammation de la bouche et du pharynx, et salivation.
Ces symptômes se rapportent principalement à Y empoisonnement par le deutochlorure de mercure (sublimé corrosif), mais il n’y a pas lieu d’indiquer avec détail les empoisonnements par les autres sels. Ils ne diffèrent, en effet, que par la plus ou moins grande violence des accidents, et la raison en est bien simple : c’est que, comme l’a démontré Mialhe (1), une partie de ces sels de mercure introduite dans l’économie est changée en deutochlorure, et que celle partie est la seule active comme poison.
§ II. — Traitement.
Orfila a découvert que Y albumine était un excellent contre-poison du sublimé corrosif; en effet, son efficacité a été reconnue dans de nombreuses expériences ; c’est une substance d’un emploi fréquent, d’une complète innocuité.
Dès les premiers symptômes, faire prendre au malade quelques verres de blancs et de jaunes d'œufs délayés dans Y eau. On évitera de donner un grand excès d’albumine, qui, si elle n’était pas vomie, pourrait dissoudre une petite partie du précipité à mesure qu’il se formerait.
(1) Mialhe, Art de formuler. Paris, 1845, p. clxxiv etsuiv.