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TUMEURS GOMMEUSES

Les tumeurs gommeuses ou gommes ont été connues dès les premiers temps de l’apparition de la syphilis. On les appelle encore noclus syphilitique ou tubercules tertiaires. Elles semblent affecter surtout le tissu cellulaire. Elle ; se montrent tardivement ; d’après Ricord, on ne les verrait jamais avant un an écoulé depuis le chancre. Elles peuvent apparaître vingt ans plus tard.

§ I. — Siège.

Elles peuvent se développer partout où il y a du tissu cellulaire. C’est dans le tissu cellulaire sous-cutané et sous-muqueux qu’elles se produisent le plus souvent, sur le dos, les membres, dans la bouche, dans l’épaisseur des joues, des lèvres, au voile du palais, sur la langue.

§ II. — Nombre.

Elles peuvent être solitaires, ou se présenter au contraire nombreuses, sans cependant que leur chiffre dépasse jamais cinquante ou soixante; encore n’existentelles pas toutes à la fois. Ici, comme pour les accidents secondaires avancés, il se fait des poussées successives.

§ III. — Symptômes.

Les gommes doivent disparaître par élimination, par conséquent elles offrent à considérer deux périodes, l’une de formation, l’autre de destruction. Au début, elles sont de petit volume, grosses comme un pois, puis elles s’accroissent lentement, sans donner lieu à aucune douleur, à aucune réaction, atteignent un volume qui peut dépasser celui d’un œuf de poule, qui dépasse rarement celui d’une noix. Ce volume varie suivant la facilité que la tumeur trouve par son développement. D’abord pédiculées et adhérentes à la peau, les gommes peu à peu perdent leur mobilité; elles adhèrent intimement aux tissus qui les entourent et quelles refoulent; la peau s’amincit et rougit, le travail de destruction, de suppuration, s’accomplit, et le ramollissement a lieu. Alors on voit la peau se perforer et donner passage à un pus ichoreux, de consistance gommeuse, chargé de détritus organi-

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MALADIES CONSTITUTIONNELLES

ques, mêlé de sang. L’élimination de la gonnne se fait par une ouverture unique, ou par une série deperluis; le décollement de la peau et la destruction des tissus sous-jacents forment des ulcérations anfractueuses après l’élimination de la gomme, dette ulcération a une médiocre tendance à la cicatrisation; le traitement par l’iodure de potassium arrête heureusement le développement de ces tumeurs et en amène presque infailliblement la guérison.

La structure des tumeurs gommeuses a été l’objet de travaux intéressants : Virchow, Verncuil, Ch. Robin, Van Oordt (1) et Thevenet en ont donné des descriptions. Robin, cité par Van Oordt, conçoit ainsi qu’il suit la structure des tumeurs gommeuses : Les gommes à l’état dur, c’est-à-dire dans la période d’accroissement, présentent un tissu résistant, se confondant avec le tissu cellulaire ambiant. La constitution histologique présente les caractères suivants : on y trouve en grande abondance les cytoblaslions, lesquels forment les quatre cinquièmes de la masse. Ils sont plongés dans une substance amorphe finement granuleuse et demitransparente. Absence de tissu cellulaire, existence de quelques rares fibres d tissu élastique.

On y rencontre quelques rares vaisseaux capillaires et quelques éléments fibroplastiques. Les tumeurs plus molles, plus avancées dans leur développement, sont gélatiniformes, on y trouve les éléments décrits plus haut ; mais la matière amorphe granuleuse, interposée aux cytoblastions, est beaucoup plus abondante et plus transparente. Ici on trouve des granulations graisseuses, abondantes, très-petites. En somme, ces gommes se rapprochent par leur constitution d’un certain nombre de produits transitoires, non organisés.

§ IV. — Diagnostic.

Le diagnostic n 'offre pas de difficultés sérieuses à un praticien exercé. On gagnera ici à attendre; la sensation de mollesse s’accroîtra de jour en jour, la tendance à l’élimination se montrera. Si l’on fait une ponction, on verra s écouler un liquide gélatiniforme, épais et visqueux. L’iodure de potassium sera un excellent moyen de diagnostic.

§ V. — Pronostic.

Il tire sa gravité de la période avancée de la syphilis et de 1 imminence des aulies accidents tertiaires, tels que caries, nécroses, exostoses. Sur les membres ou le tronc les gommes forment des plaies qui fatiguent le malade et donnent lieu a des cicatrices profondes. Les inconvénients de cet accident sont bien plus graves si la gomme siège à la face, au voile du palais, à la joue, et si elle vient a formel une large perforation qui laisse après elle une difformité on une infirmité difficilement curable; telle serait, la perforation du palais. Le nez peut être détruit en paitie pat une gomme. Si la gomme siège dans le larynx, elle peut entraîner les plus giaves accidents, même la mort.

33° SARCOCÈLE SYPHILITIQUE.

Longtemps confondu avec les maladies organiques au grand détriment des malades, le sarcocèlc syphilitique a été dénoncé par Asticn et bien étudié pat

(1) Van Oordt, Des tumeurs gommeuses, thèse. Paris, 1859.

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