GROSSESSE
Outre les signes précédents :
Bruit placentaire , doubles battements du cœur du fœtus.
Ballottement.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
Il nous reste maintenant à chercher quels sont les signes qui servent à déterminer les conditions organiques sous l’influence desquelles se produit l’ascite.
L’ascite idiopathique active se diagnostique surtout par exclusion, quand on ne trouve, par exemple, pour expliquer un épanchement, que les causes banales atmosphériques, la température, l’ingestion d’eau froide, etc.
Il est, en général, facile de s’assurer que l’ascite est la conséquence d'un exanthème disparu. Ces maladies, en effet, ne passent guère inaperçues. Mais il est des cas où l'éruption a été peu abondante, irrégulière ou même a manqué complètement; le médecin doit alors s’enquérir de tous les antécédents du malade, et examiner avec soin toutes les parties du corps. S’il apprend qu’avant l’apparition de l’ascite il a existé une fièvre intense, avec mal dégorgé, il soupçonnera l’existence d’une scarlatine, qui est, comme on le sait, l’affection cutanée dans la convalescence de laquelle se produit le plus souvent cette hydropisie ; il ne conservera aucun doute, si dans les divers points du corps, et surtout au milieu des articulations, il trouve la desquamation propre à l’exanthème.
Dans la plupart des cas, il n’est pas très-difficile de reconnaître quelle est la lésion organique qui donne lieu à l’ascite.
Dans \G$malgdiesdu cœur , les extrémités inférieures se prennent les premières; on a d’ailleurs les signes directs indiqués aux Maladies du coeur (voy. tome III).
L’ascite qui est due à l 'oblitération de la veine cave est également précédée d’une infiltration des menibres inférieurs; mais les symptôpies locaux manquent du côté du cœur; le diagnostic est précisé parla constatation directe d’une tuiqeiir, ce qui est le plus souvent la cause de l’oblitération.
Les maladies du foie qui produisent l’ascite n’agissant ordinairement que sur les extréipjtés hépatiques de la yejqe porte, il en résulte qqe la circulation veineuse abdominale est seule gênée, et que l’ascite s’y manifeste avant qu’aucun signe d’hydropisie se soit montré dans un autre point du corps, à moins qu’il n’y ait en même temps compression de la veine cave. Le développement des veiqp$ sous- cutanées de l’abdomen, qui est un symptôme important de l’oblitération de la veine porte, se retrouve dans l’ascite des altérations du foie qui étreignent les capillaires hépatjqqp§ dp ce vaisseau, mais il ne les indique pas directement.
C’est donc par la recherche des signes propres que l’pp parviendra à reconnaître d’abord une maladie du foie, et ensuite à préciser l’espèce. Nous renverrons le lecteur aux chapitres où ces signes sont exposés.
L’ascite qui est due à la maladie de Bright est précédée fréquemment par un œdème de diverses parties du corps. Ce signe devient d’une haute valeur quand il commence par les paupières et la face, mais ne se rencontrât-il pas, on en trouverait, dans la présence de t’albiunine dans les urines, un autre qui lèverait les difficultés.
Enfin les hydpppisjes dues à Y appauvrissement du sang seront reconnues à l’état de langueur des individus, aux mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles ils se seront trouvés, aux pertes de sang abondantes et multipliées qu’ils auront éprouvées, aux bruits de souffle dans les vaisseaux, et surtout à l’absence des conditions organiques qui viennent d’être mentionnées.
Pronostic. — Après ce que nous avons dit de la terminaison , un mot suffit pour
ASCITE. — TRAITEMENT.
le pronostic. L’espèce d’ascite la moins grave est V ascite dite sthenique; vient après, Y ascite par appauvrissement du sang. La pins grave est celle qui 1 su te d’un obstacle mécaniques la circulation.
§ VII. — Traitement.
Émissions sanguines. — Elles ne sont guère mises en usage que dans les cas ou l’ascite a débuté par des symptômes aigus, et dans l’ascite traumatique. Ce sont la les hydropisies par irritation, signalées principalement par Broussais et Boisseau. La saignée générale , les sangsues à l’abdomen ou h l’anus, les ventouses scarifiées, sont employées selon les règles générales de cette médication. Nous avons observe, un cas (1) dans lequel la diminution du liquide suivit l’application de ventouses scarifiées sur l’abdomen; quelques jours après, nouvelle application de ventouses,
nouvelle diminution du liquide, puis disparition complète.
Diurétiques. — Il n’est pas d’espèce d’ascite qui ne soit traitée par les diurétiques à l’intérieur. La scille, sous différentes formes, a été administrée depuis longues années dans les diverses hydropisies, sans en excepter l’ascite. On emploie la poudre, 10 h /i0 centigrammes ; la teinture, 1 à h grammes; le vin de scille , Voxymel scillitique (vinaigre scillitique, 1 partie; miel, 2 parties), 10 a 30 grammes dans un ou deux pots de tisane. On a conseillé d’employer concurremment la scille avec le calomel dans les ascites par affection du fqie.
La digitale est plus fréquemment employée encore. Un grand nombre d ;|uteurs, depuis Brastrup (2), l’ont administrée sous les formes les plus diverses. Culte substance agit non -seulement comme diurétique, mais encore connue sédatif de la fil culation ; aussi est-ce dans les cas A' ascite par affection du cœur qu’on 1 a particulièrement prescrite.
Tisane.
if Digitale fraîche 8 gram. 1 Sucre blanc. . . 1() SFam*
Triturez le tout ensemble, et versez dans :
Eau bouillante 1000 Sram-
Passez. Ajoutez :
Sirop de sucre ••••■• ■ ?FftlSî
A prendre par petites tasses, dans la journée.
On donne encore ce médicament en poudre à la dose de 10 à fiO et ;>0 centigrammes, graduellement, et avec beaucoup de précaution chez l’adulte, et a celle de 1 à 10 centigrammes chez les enfants.
La racine de caïnça, suivant François et Caventou, est éminemment diurétique, et la diurèse augmente à mesure qu’on continue son administration. Fouquier pi escrivait ce médicament ainsi qu’il suit :
2 C Poudre de caïnça 4gr,00 I Sirop de niiel
Gomme en poudre lsr,50 |
Pour un électuaire. Prendre la dose entière, une op deux fois par jour.
(1) Journal (le médecine et de chirurgie de Toulouse, juillet 1852.
(2) Brastrup, Aet . rec. Soc. med. Havn., 179J.*
maladies dus annexes des voies digestives.
On donne encore le vin de coinça fait comme il suit :
^.,CainÇa 30 Srwn- I Viu de Malaga 500 gram
jJiif ma"rer pen,la,,t "Uit i0urs ; n,treî- D»“ = «N » dix cuillerées el plus dans la
On emploie fréquemment les bourgeons do mpin, principale, lient sous forme de tisane. La tisane suivante, dans laquelle entre le nitrate de /Masse, est fort usitée.
^ Bourgeons de sapin 10 gram.
Faites infuser dans :
Eau . AAA
1000 gram.
Passez. Ajoutez :
Vln bIanc 250 gram. | Nitrate de potasse 1 gram.
[L urée (Lacnnec) ou le nitrate d’urée a été employé par Mautlmer de (Vienne) : on ne peut rien conclure de ses expériences.] Mazade (l) a cité des cas de guérison par le nitrate de potasse h la dose de 8 à 16 grammes en solution. [On peut même elever cette dose, à condition que l’on n’arrive pas à purger. C’est le plus simple et le plus usité des diurétiques.]
Forget, de Strasbourg (2), a cité un cas d’ascite consécutive à une péritonite qui, apres avoir résisté aux purgatifs et aux diurétiques de toute espèce, se dissipa sousl influence de Y acétate de potasse , administré comme il suit :
^ Acétate de potasse 15 eram
Eau 150 gram.'
A prendre dans la journée.
Sirop
20 gram.
L action de ce médicament fut secondée par des frictions avec la teinture de scille et de digitale sur 1 abdomen, et par l’infusion de genièvre pour tisane.
Indiquons Y extrait d asperges, Je sirop de pointes d’asperge , etc. Voici la formule de quelques médicaments diurétiques composés dont l’usage a été reconnu utile :
Vin diurétique anglais.
if Cannelle en poudre 12 gram.
Racine de zédoaire 8 gram.
Carbonate dépotasse 6 gram.
Squames sèches de scille. . \
Rhubarbe en poudre J aa h gram.
Baies de genièvre broyées.
125 gram.
jjmtes macérer dans un litre de vin blanc vieux, et filtrez. Dose : trois ou quatre verres par
Potion diurétique.
If Digitale fraîche 4 gram>
Faites infuser dans :
Eau ,
Passez. Ajoutez :
Oxymel scillitique 16 gram. | Sirop d’éther 32 gram,
A prendre par cuillerées dans la journée.
(1) Mazade, Du nitrate dépotasse à haute dose dans le traitement de l’hydrupisie (Bulletin général de thérapeutique, mars 1847, t. XXVII, p. 193).
(2) l orget fde Strasbourg), Gazette médicale de Strasbourg, avril 1 8A6. — Principes de thérapeutique générale et spéciale. Paris, 1860.
ASCITE. — TRAITEMENT.
Richtcr (1) recommande la formule suivante :
2£ Oxymel scillilique ) .o» i Acétate de potasse 15 gram.
Eau de fleur de sureau. . . j ‘ s ' * I
Mêlez. Dose : de une à deux cuillerées à bouche, trois fois par jour.
Teissier, de Lyon (2), a rapporté un cas d’ascite avec albuminurie guérie par l’emploi du vin scülitique laudanisé, dont voici la préparation :
« On prend un demi-litre devin blanc sec ordinaire; on fait macérer à froid, pendant douze heures, dans ce vin blanc, 8 grammes de poudre de scille fraîchement pulvérisée; au bout de ce temps on filtre le vin blanc, ou bien on le passe h travers un linge très-fin, et l’on ajoute 60 gouttes de laudanum de Sydenham.
» Lorsqu’on a affaire à des personnes ayant l’estomac ou les intestins facilement irritables, on peut diminuer la dose de poudre de scille et la réduire à U grammes. Voici la formule :
Vin blanc 1 demi-litre. I Laudanum 40 ou 60 gouttes.
Poudre de scille 4 ou 8 gram. |
Une à deux cuillerées à bouche, deux fois par jour, dans un verre d’eau.
2° A l'extérieur on a essayé, et quelquefois avec succès, d’appliquer simplement sur l’ abdomen les diurétiques, sous forme de fomentations on de frictions. Trousseau et Chrestien ont cité quelques faits intéressants à l’appui de cette médication, Trousseau conseille d’agir ainsi :
Teinture éthérée de digitale . ) I Eau 180 gram.
— de scille .. |aa 00 gram- !
Imbibez une flanelle; appliquez-la sur le ventre, et recouvrez-la d’un taffetas gommé.
Chrestien vante les frictions avec le liquide suivant (3) :
if Digitale pourprée 30 gram. | Alcool 90 gram.
Frictionnez avec une flanelle.
Purgatifs. — Les médicaments de ce genre ont été donnés pour provoquer ou pour favoHser les excrétions intestinales abondantes que nous avons vues constituer plus haut les crises par les selles. Parmi les plus usités nous mentionnerons l’infusion de seconde écorce de sureau, qui a été vantée par Sydenham comme un des plus puissants hydragogues. Boerhaavè lui a donné les mêmes éloges. Voici la formule qu’employait Sydenham :
Seconde écorce de sureau. 3 poignées. I Lait 500 gram.
Eau 500 gram. (
Faites bouillir jusqu’à réduction de moitié. A prendre, moitié le malin et moitié le soir.
Ce remède est un peu oublié de nos jours : il agit non-seulement comme purgatif, mais encore comme vomitif.
(1) Richter, Speciel/e Thérapie.
(2) Teissier (de Lyon) , Du traitement de Thydropisie et de l'anasarque par les préparations de scille. — Avantages de la combinaison de laudanum avec le vin seillitique ( Bulletin général de thérapeutique , août 1847, t. XXXIII, p. 97 et suiv.).
(3) Chrestien, Journal de médecine et’de chirurgie pratiques, t. VI.'
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
Gaubius, qui avait également confiance dans l’écorce de sureau, prescrivait la potion suivante :
■tf Suc d’écorcc fraîche de sureau. . 30 gram. | Sirop de violette 15 gram.
A prendre par cuillerées, de demi-heure en demi-heure. S’arrêter si l'effet est trop violent.
René Van üye (!) a rapporté des cas d’hydropisie ascite guéris par le suc de lu racine fraîche de sureau uni à quantité égale de bière jeune. 11 commence par fit) grammes de suc cl élève ensuite cette dose jusqu’à 120 grammes par jour, dette médication produit des vomissements et une superpurgation. Malheureusement Van Oyc à oublié de spécifier les cas.
Véfatérium, que nous avons vu très-souvent employer dans les maladies du cœur, l’est surtout lorsque ces affections s’accompagnent d’hydropisie; c’est encore un médicament énergique qu’il faut donner avec assez de précaution. On peut prescrire la teinture d’élatérinc, qui est ainsi composée:
Élatérine 5 centigr.
Alcool 32 gram.
Trente-six à quarante gouttes dans un demi-verre d’eau sucrée.
Acide nitrique 2p centigr.
Pour les autres préparations, voy. Hypertrophie du coeur (2).
Le colchique est encore une substance qui jouit d’une' grande réputation comme bydragogue. Deux observations ont été publiées par Lalaurie (3), dont la seconde est relative à une hydropisie ascite dans laquelle le vin de colchique fut donné à la dose d’une cuillerée matin et soir: la malade fut promptement guérie. Déjà Storck (à) avait prescrit le colchique dans les hydropisie^ après avoir constaté sa grande influence sur l’excrétion urinaire; un grand nombre d’autres auteurs l’ont employé dans les mêmes circonstances. Carminali le donnait sous forme d'oxymel , et Chailly (5) a, comme Lalaurie, cité un cas de guérison par le vin de colchique , dont voici la composition :
r)fi Bulbes de colchique frais 4 00 gram.
Faites macérer pendant huit jours dans :
Vin de JJalaga. . .' • GO gram. | Alcool à 22 degrés 10 gram.
Vingt à trente gouttes dans une potion. Élevez la dose successivement et avec précaution.
ftous pourrions citer encore la coloquinte, la gomme-gutte, 1 huile de crofon, iVépurge, et un grand nqmbre d’autres purgatifs; un mot de la scammonée , qui est, elle aussi, regardée connue un excellent hydruyogue.
La scammonée n’est presque jamais donnée pure ; elle fajt partie de la pQjidre d’Ailhaut, très-renommée dans le irai tentent des hydropisies, et dont voici la composition :
Poudre d’ Ai/haut.
% Scammonée A gram. Colophane
Suie G gram.
Divisez en paquets de 2 grammes, dont on fait prendre un le matin.
S gram.
(1) René Van Oye, Annales de la Société de médecine de Polders, ISA 9.
(2) Voy. tome lit, p. 111 et 112.
(3) Lalaurie, Journal de médecine et de chirurgie pratiques.
(h) Storck, Libell. de colch. autumn. rad.
(5) Chailly, Sur l’emploi du vin de colchique contre les affections rhumatismales et goût teuses (Revue médicale, juin 183G, t. II, p. 207).
ASCITE. — TRAITEMENT.
Ce médicament agit comme purgatif drastique ; il fait encore partie de l’élecluaire suivant employé par Fouquier :
if Scamrnonée d’Alep Jalap. ..........
Mêlez. Ajoutez :
Ëlectuaire hydragogue de Fouquier.
| aa \ 5 gram .
Scille en poudre Racine de jalap
10 grain.
5 gram.
Sirop de nerprun <!• s-
Dose : De 50 centigrammes à ier,30 par jour.
Les pilules de Bontius, qui ont été également très-préconisées, sont composées ainsi qu’il suit:
Pilules de Bontius.
if Aloès succotrin 5 parties.
Gomme-gutte dissoute dans I
du vin d’Espagne >aa 3 parties.
Ammoniaque J
Diagrède soufré (1). .
Sulfate de potasse . . .
Sirop dp nerprun
faites des pilules de 20 centigrammes. Dose : de deux à six par jour.
3 parties.
1 partie, q. s.
Nous citerons encore les pilules de Bâcher et celles de Barclay. Les premières sont ainsi composées :
Extrait alcoolique d’ellébore
noir 60 gram.
Extrait de myrrhe 60 gram.
Poudre de cliardon-bénit 30 gram.
Faites une masse pilulaire. Divisez en pilules de 20 centigrammes, qu’il faut tenir renfermées dans un flacon bien bouché. Dose : trois ou quatre par jour.
Voici la formule des pilules de Barclay
if Entrait de coloquinte composé 10 gram.
Résine de jalap 5 gram.
Savon amygdalip 5 grarp.
Gaïac 15 gram.
Faites des pilules de 20 centigrammes. Dose
Émétique . , 3p cputigr.
Essence de genièvre. ... 1
— de carvi > aa 20 centigr.
— de rprqqrjn. ... J
Sirop de nerprun q. s.
: de cinq à six par jour.
Avant d’employer les divers drastiques qui viennent d’être pqssés en rcyue, on doit examiner attentivement l’état de l'intestin et les forces du rpatefle, car il y aurait dcl’imprudeqce à les mettre en usage sur des individus prqfqpdément débilités, et dans ces cas, du moins, on devrait ne les employer qq’ayec beaucoup de prudence. Chez les enfants, on ne doit procéder d'abord que par de très-petites doses, qu’on élèvera ensuite avec précaution.
Vomitifs. — Quelques auteurs ont trouvé que les vomitifs étaient réellement utiles. Nous avons vu d'ailleurs que, parmi les drastiques précédents, il y en avait qui provoquaient le vomissement, et ce sont les plus yqpfps. I| psj: inqtj]e d’employer d’autres vomitifs que les vomitifs ordinaires.
Expectorants: aunée. — Les pilules suivantes sont usitées dans ce but :
if Extrait d’apnée 8 gram. | Scillp en poudre fjQ gram.
F. s. a. treute-six pilules. Dose : de deux à quatre par jour.
(1) Le diagrède soufré est fait avec de la scamrnonée qu’on étend sur du papier au-dessus d’un réchaud dans lequel on jette du soufre par petites parties. On remue jusqu’à ce que la résine commence à fondre.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
Sudorifiques. — Los sudorifiques sont beaucoup moins employés contre l’ascite que contre l’auasarque; cependant nous avons vu plus haut qu’on avait observé plusieurs fois des crises par les sueurs. Les médicaments de ce genre ne doivent donc pas être négligés. Indiquons ici les infusions de bourrache, de mélisse, de fleur de sureau, etc. ; Gassaud (1) a rapporté quatre cas d’ascite guéris par les bains de vapeur sulfureuse, et d’autres ont cité des cas semblables dans lesquels on a mis en usage la simple vapeur d'eau. Dassier (2), n’ayant pu se servir du bain de vapeur tel qu’on l’emploie habituellement, eut recours avec succès au procédé de Serres (d’ Mais) : des fragments de chaux vive, de la grosseur du poing, furent enfermés dans des linges humides et placés, au nombre de six à la fois, entre les jambes et sur les côtés de la malade; on les renouvelait toutes les heures et l’on donnait en même temps comme adjuvant une tasse d’infusion chaude de sureau. La vapeur des baies de genièvre est, comme on le sait, employée dans les cas d’anasarque; on pourrait l’essayer dans les cas d’ascite, surtout s’il y avait en même temps oedème. Ces moyens seraient surtout indiqués si une certaine moiteur se manifestait spontanément à la peau.
Narcotiques. — Les narcotiques ou stupéfiants ont été également préconisés. Quelle est leur action et dans quels cas agissent-ils? C’est ce qu’il serait bien difficile de dire. Ont été employés, Yopium, la ciguë, Y aconit, la laitue cireuse, et même le tabac.
[Linoli (3) a guéri une ascite asthénique en donnant Yopium, mais comme stimulant.]
Toniques, amers, ferrugineux. — Les médicaments de ce genre sont principalement dirigés contre les ascites avec appauvrissement du sang. P. Frank (é) a vivement recommandé le quinquina, qui doit être donné en décoction ou sous forme d’extrait. [Michel Lévy (5) a employé, avec succès, le sulfate de quinine dans l’ascite consécutive à la fièvre intermittente. H. Gintrac (6) a guéri une ascite de ce genre, très-rebelle, parle sulfate de manganèse à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme.] Schmidt (7) unit la gentiane à la digitale de la manière suivante :
’Jf Digitale ie%25 1 Eau bouillante 200 gram.
Racine de gentiane 4Br,00 |
Infusez. Ajoutez :
Oxymel scillilique 30 gram.
Dose : une cueillerée à bouche toutes les heures.
J. Cruveilhier nous apprend qu’il a employé les préparations ferrugineuses avec avantage, et déjà Bertrand (8) avait rapporté un cas de guérison d une ascite par
(1) Gassaud, Nouvelle Bibliothèque médicale, février 1829.
(2) Dassier, Journal de médecine de Toulouse, juin 1851.
(3) Linoli, Guérison de l’hydrop. ascite par l'opium ( Gazette hebdomadaire , 18o3, p . 146).
(4) P. Frank, Traité de médecine pratique. Paris, 1842, t. II, p. 119.
(5) Michel Lévy, Du sulfate de quinine dans les ascites consécutives aux fievres intermüt.
[Gazette médicale de Paris, 1840, t. VIII, p. 342). ,
(6) H. Gintrac, Anasarque et ascite, suite de fièvres intermitt., guérison par te sut fa te de
manganèse [Journal de médecine de Bordeaux , 1853, p. 193).
(7) Schmidt, Beitrilge, etc., 1833.
(8) Bertrand, Recueil de la Société d'émulation, 1807.
ASCITE. — TRAITEMENT.
un mélange de scille et d 'oxyde noir de fer. [On peut en rapprocher 1 arsenic auquel Trousseau et Debavay (1) ont dû des résultats avantageux.]
Dans les cas qui sont liés à un état do faiblesse et d’asthénie générales, Teissier, de Lyon (2), emploie avec succès Y extrait alcoolique de noix vomique à la dose de 2 à 5 centigrammes; il cite plusieurs observations où ce traitement a réussi non-seulement dans l’ascite, mais dans d’autres hydropisies liées à la même cause.
Moyens divcvs . — Nous mdicjuerons (1 abord le lait 9 déjà îccommandc pai Mauriceau, et que Chrestien a surtout préconisé (3). Les cas dans lesquels le lait paraît avoir le mieux réussi sont ceux qui sont désignés par Chrestien sous le nom d'ascites par irritation. Toute la médication consiste à soumettre les malades exclusivement, ou presque exclusivement, à 1 usage du lait comme aliment . on lem en fait prendre une, deux , trois pintes par jour, et plus si on le juge convenable. Chrestien recommande que le lait soit cru. Un inconvénient fréquent de ce régime, c’est d’inspirer promptement du dégoût aux malades. [Scgond (û), Belouino (5), Cornélius (fi). Sue, de Marseille (7), H. Gintrac et d’autres encore, ont attribué à ce traitement d’assez beaux succès.]
O 'Ferrai (8) recommande vivement Y acétate de plomb et le fer administrés de la manière suivante, contre l’hydropisie ascite avec urine albumineuse, qui survient à la suite de la scarlatine.
Donnez d’abord, chaque jour, de 10 à 15 centigrammes d’acétate de plomb dans de l’eau distillée en l’additionnant d’un excès d’acide acétique.
Plus tard, administrez le fer. O’Ferral préfère à toutes les préparations ferru-
gineuses la teinture muriatique.
Thirion (9) a rapporté des cas de guérison par Yiodure de potassium. Dans l’un d’eux, l’bydropisie avait été causée par des tumeurs strumeuses du mésentère.
Il suffit de mentionner le cerfeuil et Yache , quoique le premier ait joui pendant longtemps d’une très-grande réputation; le copahu, les préparations d’or , qui ont été employées dans un cas cité par Chrestien; Y hépatique en cataplasmes , Y iode, les frictions mercurielles. [Les cataplasmes de poudre de ciguë adoptés avec avantage par Trousseau, chez les enfants; la poudre d’amidon iodée vantée par
(1) Debavay, De l'adcle arsénieux dans un cas d’hydropisie péritonéale consécutive, etc. [Gazette médicale de Paris, 1844, p. 152).
(2) Teissier, Du traitement des hydropisies asthéniques par les préparations de noix vomique [Bulletin général de thérapeutique, 30 juin 1851, t. XL, p. 529).
(3) Chrestien, De l’utilité du lait administré comme remède et comme aliment dans le traiterAent de l’hydropisie ascite [Archives générales de médecine, lre série, t. XXVII, p. 329 et U 84).
[h) Segond, Ascite chronique et rebelle guérie par V usage du lait [Journal hebdomadaire des progrès des sciences et des instit. méd., 1835, t. I).
(5) Belouino, Emploi du lait dans l’ascite [Gaz. médic., 1837).
(6) Cornélius, Ascite rebelle guérie par du lait cru [Bulletin de thérap., 1846, t. XXXI,
(7) Sue, Du lait dans l’ascite [Archives générales de Marseille, 1846).
(8) O’Ferral, Dublin hosp. Gazette, extrait dans Revue médico-chirurgicale de Paris, mars
(9) Thirion, Emploi de l’iodurc de potassium dans le traitement de l’ascite [Bulletin de l’Académie de médecine de Belgique, et Bulletin général de thérapeutique, février 1849, t. XXXVI, p. 183).
382 MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
But guet (1), 1,5 cl iode pour 100 d amidon. Ces derniers moyens nous rapprochent déjà de la médication externe à laquelle nous arrivons.]
Médication externe. — Yenturini (2) cite quatre observations d’ascite symptomatique d’affection des organes abdominaux qu’il fit disparaître rapidement par des onctions huileuses répétées trois fois par jour sur le ventre et sur les extrémités œdémateuses. Ces frictions doivent être faites doucement, jusqu’à absorption complète, avec la quantité d’huile que peut contenir le creux delà main.
Vésicatoires, sétons , moxas. — Pelletier (3) a cité un cas de guérison d’une ascite suite d’une fièvre intermittente, par l’application des vésicatoires sur l’abdomen. Chez ce sujet on avait employé les diurétiques et la compression, sans obtenir autre chose qu’une amélioration passagère. Le môme moyen a été mis en usage dans des cas d’ascite qu’on était porté à regarder comme idiopathique. On a également traversé les parois abdominales avec un séton (U), et enfin Larrey a recommandé les moxas au niveau des fausses côtes. On ne doit compter que médiocrement sur ces moyens, dont un, le séton , doit être regardé comme d’un emploi dangereux.
Scarifications. — Lorsque l’ascite s’accompagne de gonflement considérable, des bourses et des membres inférieurs, on pratique ordinairement des mouchetures dans le but de dégorger le tissu cellulaire et de faire cesser la tension incommode des parties. Quelquefois on emploie ce moyen dans un but curatif. Les scarifications ne se referment pas, et laissent écouler complètement la sérosité, de telle sorte que tout épanchement disparaît. D. Tardieu (5) a cité quelques faits dans lesquels ce moyen a eu du succès. Un inconvénient des scarifications, c’est que parfois elles déterminent une irritation des tissus, et par suite une gangrène qui peut avoir des effets funestes. [Lombard, de Liège (6), conseille, pour éviter ces accidents, de faire les scarifications profondes, avant que la peau ne soit altérée, et de leur faire rendre immédiatement, par la position, tout ce qu’elles peuvent donner.]
Compression. — Déjà Monro avait proposé la compression de l’abdomen pour s’opposer à quelques accidents de l’ascite (lipothymies, syncopes) ; des médecins anglais l’ont ensuite employée dans un but curatif, et ce moyen a été mis en usage en France par Récamier, Husson, Gaudelle, Bricheteau, etc., depuis un certain nombre d’années. Les cas dans lesquels la compression est applicable sont ceux qui ne présentent pas de lésion organique chronique et d’obstacle mécanique à la circulation veineuse. Dans le cas contraire, on s’exposerait à soumettre en pure perte les malades à un traitement long, difficile à supporter, et occasionnant des incommodités marquées, telles que l’oppression, les lipothymies, etc. C’est* donc lorsqu’on ne trouve aucune lésion marquée des viscères, lorsque l'ascite s’èst
(1) Burguet, Journal de méd. de Bordeaux , décembre 1846.
(2) Venlurini, Bons effets des onctions huileuses dans le traitement de l’hydropisic ascite ( Bulletin général de thérapeutique, 15 juillet 1850, t. XXXIX, p. 32).
(3) Pelietier, Hyàropisie ascite traitée et guérie par l’emploi successif de six vésicatoires appliqués sur l’abclomen de manière à le recouvrir tout entier, observations recueillies à la clinique de Trouvé (. Archives générales de médqcinc, lre série, 1828, t. XVIII, p. 202).
(A) Hedenus, Graefe und Walther's Journal. Berlin, 1820.
(5) D. Tardieu, Journal de médecine , 1835.
(G) Lombard, Traitement de Tanasarquc et de l’ascite par T évacuation de sérosités au moyen des ouvertures faites à la peau {Journal de médecine de Bruxelles, 1848).
ASCITE.
TRAITEMENT
développée avec des symptômes d irritation, ou à lu suite de lièvies iiitCimittcnlCs, d’hémorrhagies répétées, d’un séjour dahs des lieux malsains, de l’ingestion de boissons froides, etc., qu’on devra y avoir recours, bile doit êtie faite d une manière uniforme et continue, avec une ceinture lacée qui de la base de la poitrine se porte jusqu’à la partie intérieure du ventre, et que 1 on sene a mestiic quelle se relâche.
[II. Ginlrac (1) lui reproche d’amener quelquefois l’infdtratibii rapide du scrotum et des membres inférieurs.]
Paracentèse. — La paracentèse, ou ponction de l'abdomen, est une opération pratiquée ordinairement dans le but de faire cesser les accidents qui résultent d’une accumulation trop considérable de liquide dans la séreuse péritonéale. Dans quelques cas, et nous en avons cité un plus haut, le liquide accumulé, provoquant invinciblement la sortie d’un intestin hernié, on doit, pour éviter l’engorgement qui peut en être la suite, faire l’opération avant qu’il y ait une grande quantité de sérosité dans le péritoine ; dans tous les autres, il est de règle d’attendre que les parois du ventre soient notablement distendues.
Velpeau (2) a tracé les règles du procédé opératoire et déterminé le lieu d’élection de la paracentèse. Elle se fait avec le trocart (3), sur le milieu de la ligne qui s’étend de l’ombilic à l’épine iliaque antérieure, à moins de contre-indications. En Angleterre, on ponctionne sur la ligne blanche, mais on s’expose à l’hémorrhagie d’une grosse veine qui rampe quelquefois derrière celte ligne, ainsi que cela arriva à S. Cooper. Tout autre point rapprocherait, d’une façon dangereuse, la pointe de l’instrument de quelque viscère, ou bien ne remplirait pas la condition de déclivité convenable. La ponction par le vagin chez la femme, Ou par le rectum, régions déclives, n’est point, en général assez sûre ; à plus forte raison, doit-on rejeter la ponction à travers la vessie, proposée par XYatson et pratiquée par Buchanan (A).
Les observations de Ledran et de Morand autorisent à ponctionner le scrotum quand le liquide péritonéal communique avec la tunique vaginale, ce qui a lieu dans l’hydrocèle congénitale. Ce moyen a réussi à Barth (ô).
Eorget(6) a mis en usage plusieurs fois la ponction ombilicale avec succès; mais il a vu survenir une fois à la suite de cette opération une hernie épiploïque qui, traitée par l’excision, détermina une péritonite mortelle.
Lieu ou il convient de pratiquer la ponction dans les cas d’ hydropisie compliquant la qrossesse. — Des observations assez nombreuses, et notamment celles qui ont été rassemblées par Ollivicr, d’Angers (7), prouvent que l’ascite donne
(1) H. Gintrac, Nduveau Tnctiônnaire de médecine et. de chirurgie pratiques . Paris, 1865,
t. III.
(2) Velpeau, Nouveaux éléments de médecine opératoire. Paris, 1839, 2e édit., t. IV, p. 1 et suiv.
(3) Voy. fi". 52 et Gaujot, Arsenal de la chirurgie contemporaine. Paris, 1866.
(A) Buchanan, Paracentèse par la vessie {Archives de médecine , t. XIX, p. 273).
(5) Barth, Ascite communiquant avec la tunique vaginale ; ponction par le scrotum {Gazette des hôpitaux , 1852, p. AI 8).
(6) Forget (de Strasbourg), De la ponction ombilicale dans l’ascite ; accidents non prévus par les auteurs (Hernie de l’épiploon) {Bulletin général de thérapeutique , 15 juin 1850, t. XXXVUI, p. 481).
(7) Ollivier (d’Angers), Remarques sur l’opération de la paracentèse dans /’ hydropisie ascite compliquant la grossesse {Archives générales de médecine , lrc série, 1824, t. VI, p. 178).
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lieu, chez les femmes enceintes, à des incommodités fort grandes (oppression, linol lyniies, insomnie, anorexie), qu’il est nécessaire défaire cesser en évacuant le liquide. Scarpa (1), ayant remarqué que la fluctuation était plus facilement sentie »T plus superficielle dans l’hypochondre gauche, près du bord des cartilages des fausses côtes, choisit ce lieu pour la ponction, et pénétra avec sécurité entre le côté externe et supérieur du muscle droit et le bord des fausses côtes de V hypochondre gauche. Cliruch (2) a agi de même et sans accident. Cependant Ollivier, se fondant sur 1 opinion de Sabatier, sur un fait qu’il a observé, et sur un autre qui lui a été communiqué par Bigot (d’Angers), a reconnu que dans les cas ordinaires, l 'ombilic, élaigi d abord, forme, ensuite une tumeur fluctuante, où la ponction peut être pratiquée sans aucun danger. Les cas seuls où une adhérence intestinale, par suite de hernie ancienne, existerait dans celte région, ne devraient pas être opérés de celle manière. Velpeau s’exprime ainsi à ce sujet: « Toute l'étendue du flanc gauche, tous les points de ce côté où le trocart est ordinairement porté, m’ont paru séparés de la matrice pai un espace assez considérable pour ne pas laisser une grande importance aux préceptes de Scarpa. »
[Quand on évacue d’un seul coup tout le liquide ascitique dans la grossesse, il arrive que l’utérus entre en contractions; pour éviter cet accident, Pigeolel, de Bruxelles (3), conseille de perforer simplement avec une épingle ou un trocart capillaire la saillie ombilicale qui existe presque toujours.]
Lmp loi de la palpation et surtout de la percussion pour déterminer le lieu où la ponction doit et) c pratiguee. — Aujourd hui on ne doit pas se décider à faire la ponction dans tel ou tel point, uniquement d’après les considérations dans lesquelles nous venons d’entrer. Le lieu d'élection n’existe donc plus ; en effet, on ne doit jamais pratiquer d’opération sans avoir exploré par une palpation et une percussion soigneusement pratiquées le lieu de la ponction.
La palpation fera reconnaître s il existe dans le point qu’on veut ponctionner un organe tuméfié, dans lequel on courrait risque d’enfoncer le trocart. Si cet organe était adhérent aux parois, cette exploration serait inutile, puisqu’il y aurait absence delà fluctuation dans ce point; mais souvent une légère couche le sépare du péritoine pariétal, et c’est cette épaisseur qu’il s’agit de déterminer par la palpation, <iui doit être pratiquée comme il suit : L’extrémité des doigts étant appliquée sur la paroi abdominale, on presse vivement de manière à déplacer le liquide sousjacent; s’il existe une tumeur, on arrive promptement sur elle, et l’on sent, à sa résistance bien supérieure à celle qu’a offerte le liquide, la présence d’un corps solide. Or, si l'on remarque le degré de dépression qu’il a fallu imprimer à l’abdomen pour arriver jusque-là, on a approximativement l’épaisseur de la couche de liquide, et l’on peut juger s’il est prudent ou non de pratiquer la ponction dans ce lieu.
A l’aide de la percussion, on détermine avec précision, non-seulement si un organe tuméfié est trop voisin de la paroi abdominale, mais encore si l'intestin court risque d’être blessé, accident beaucoup plus grave. On ne négligera jamais de la pratiquer avec soin, en partant des parties sonores pour aller graduellement vers
(1) Scarpa, Mélanges de chirurgie étrangère. Genève, 1824, t. I.
(2) Cliruch, Annali unie, di med., n° 47.
(3) Pigeolet, De l'ascite compliquant la grossesse ; nouveau procède de paracentèse (Journ. de mèd. de Bruxelles, octobre 1860).
ASCITE.
TRAITEMENT
les parties occupées par la matité. On peut, de cette manière, s’assurer d’abord i qu’on pratique la ponction à une assez grande distance du niveau du liquide, c’esti à-dire d’un point où celui-ci ne forme encore qu’une couche trop peu épaisse; et en second lieu, en pratiquant la percussion superficiellement ou profondément, on | peut apprécier avec précision l’épaisseur de la couche liquide.
En percutant superficiellement , c’est-à-dire en posant sans presser, sur l'abdomen, le doigt sur lequel ou percute, et en frappant légèrement, on a le son propre ■ au liquide, ou un son s’en rapprochant beaucoup, suivant que ki couche est plus i ou moins épaisse. Percutant profondément, c’est-à-dire en déprimant la paroi ; abdominale et en frappant fortement, on arrive à juger de l'épaisseur de la couche tdu liquide par la difficulté ou Y impossibilité de trouver un son autre que le son i mat.
Dans ce dernier cas, on peut ponctionner hardiment : on ponctionnerait encore, à la rigueur, si l’on ne trouvait pas mieux, dans l’endroit où le son intestinal très-a /faibli indique une couche très-épaisse de liquide sous la peau.
Personne ne conseille actuellement de faire tenir le malade i debout pendant qu’on l’opère ; la position assise ne lui convient non plus que dans quelques circonstances particulières : c'est sur le côté, très-près du bord de son lit, qu'il doit être placé.
L’appareil se compose d’un trocart de 5 millimètres de diamètre (fig. 52), armé de sa canule et graissé de cérat; d’un baquet ou d’un grand vase quelconque propre à recevoir le liquide ; d’un ' vase plus petit et peu profond qu’on puisse tenir près du ventre,
: si la sérosité ne coule pas avec assez de force pour le rendre ini utile ; d’un morceau de sparadrap, de diverses compresses ] pliées en plusieurs doubles , d’une serviette en écusson, et d’une : autre serviette pliée en trois, garnie d’un sous-cuisse et d’un : scapulaire.
Un aide reste près de la tête, un autre vers les pieds et du i côté sur lequel on a couché le malade, afin de lui soutenir la | poitrine et la racine des cuisses; un troisième, situé du côté opiposé, et même sur le corps du lit, s’il craint de trop se fatiguer ; autrement, se tient prêt à placer ses mains à plat sur toute la suriface du ventre pour le comprimer doucement à mesure que le
I liquide s’en échappe. Le chirurgien saisit le trocart, l’enfonce avec la main droite à travers la paroi abdominale, dont la main ; gauche a dû tendre les téguments; poussé d’une manière brustque et subite, l’instrument fait à peine souffrir le malade. Plusieurs auteurs, craignant qu’il n’aille trop profondément et m’atteigne quelque viscère, aiment cependant mieux le faire
I pénétrer avec lenteur en le roulant sur son axe, et prétendent protéger ta pointe du 1 mettre ainsi les viscères encore plus sûrement à l’abri de toute ï",aï^ ck,‘ toc
I I blessure ; de telles raisons n’ont aucun fondement. Les organes
<du bas-ventre sont, comme je l’ai dit déjà, trop éloignés de ses parois dans l’as- ! 1 cite, pour que le trocart puisse les toucher, fût-il enfoncé jusqu’au manche.
Valleix, 5e édit. • jy 25
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Prendre un point d’appui avec les deux derniers doigts sur la peau, pendant qu'on la perce, n’est pas beaucoup plus nécessaire; tant de précautions d’ailleurs ne sont propres qu’à rendre l’opération plus méticuleuse et plus longue.
L’indicateur ou le pouce allongé sur la tige du trocart pendant que la paume de la main en renferme solidement le manche, n’en laisse à découvert que ce qu’on veut, que ce qu’il en faut pour arriver au foyer du liquide, et suffit à la sûreté des viscères. Si les parois offraient assez d’épaisseur pour embarrasser, comme Saviard dit en avoir observé un exemple, si elles étaient assez flasques pour fléchir sous la pression, on emploierait un autre instrument, et c’est alors que le bistouri ou la lancette pourraient être préférés avec quelque avantage.
Le défaut de résistance annonce qu’on est entré dans le péritoine. La canule, qui doit rester en place, le pavillon dirigé en bas, est retenue par le pouce et l’indicateur gauches pendant qu’on retire le trocart. Le liquide s’échappe aussitôt avec plus ou moins de force, et par un jet dès lors facile à conduire dans le seau destiné à cet usage. Le stylet boutonné, la sonde de poitrine, etc. , ne servent que dans les cas où quelque corps étranger viendrait à boucher la canule.
Toute l’eau étant extraite, l’opérateur retire le tube conducteur en lui faisant exécuter un mouvement de rotation, et soutient en même temps, avec les deux premiers doigts de l’autre main, le pourtour du trou qu’il a pratiqué, afin d’empêcher la peau d’être tiraillée; il applique sur ce point l'emplâtre, les compresses, garnit ainsi tout le devant de l’abdomen et les flancs, place le bandage de corps, et remet immédiatement le malade au milieu de son lit, dans la position qui lui est le moins fatigante.
On n’abandonnera dans le ventre que ce qui ne peut pas en être extrait. L’épuisement et les syncopes, que les anciens espéraient prévenir en se comportant ainsi, sont encore plus sûrement empêchés par un bandage convenablement appliqué, et les malades ne seraient qu’à demi satisfaits si leur ventre n’était vidé qu’en partie, lorsqu’ils se sont soumis à la ponction. (Velpeau.)
Hémorrhagie apres l'opération. — Cette hémorrhagie peut dépendre, soit de la blessure de l’artère épigastrique, soit de la blessure d’un vaisseau veineux. Il n’est pas besoin de dire que la première est la plus grave. On a conseillé plusieurs moyens d’y remédier : l’un d’eux consiste, dit Velpeau, à comprendre le trajet du trocart dans un large repli des parties molles, à le comprimer, à le froisser même avec le pouce et l’indicateur, jusqu à ce que le sang cesse de couler. On emploie plus généralement une petite cheville de cire ou bien un morceau de bougie , de gomme élastique ou emplastique , qu’on introduit dans la plaie de manière à la fermer exactement. Velpeau pense qu’un morceau d 'éponge préparée serait encore
meilleur.
Si l’on n’a pratiqué la paracentèse que comme moyen palliatif , on se contente du pansement précédent, et l’on revient à la ponction lorsque l’accumulation de sérosité s’est reproduite. Si néanmoins l’ascite paraissait ne pas tenir a une lésion viscérale, il serait bon de tenter la compression, qui peut réussir dans les cas de ce genre. Mais on ne s’est pas borné là, et l’on a imaginé plusieurs moyens pour empêcher la reproduction de l’épanchement, c’est-à-dire des moyens curatifs. Nous allons les passer en revue.
ASCITE. — TRAITEMENT.
G. Pagano (1), ayant vu chez un homme de trente ans affecté d’ascite à la suite de lièvres intermittentes, la maladie guérir par V écoulement continu du liquide à (envers la piqûre de la paracentèse restée fistuleuse, recommande de produire un écoulement h peu près semblable. Pour cela il introduit dans l’ouverture une corde à boyau qu’il retire tous les deux ou trois jours pour laisser écouler la sérosité.
Cette méthode, avec ou sans introduction de corps dilatateur, est applicable aux ascites chroniques, résultant de l’engorgement de quelque viscère.
Injections. — [Brumer, d’après Abeille (2), proposa le premier des injections dans la cavité péritonéale, consistant en un] mélange d’eau-de-vie camphrée , d’aloès et de myrrhe. En 1827, L’Homme (3) essaya de faire pénétrer dans l’abdomen de la vapeur de vin, et obtint un succès complet. Mais le même moyen ayant été mis en usage par Dupuy pour une hydropisie enkystée de l’ovaire, le sujet succomba. [Van Roosbroeck, Broussais (U) et quelques autres remplacèrent cette vapeur par le protoxyde d’azote.] Jobert (de Lamballe) et Vassal ont cité des cas de succès; mais le premier seul a employé les injections (5). Il lit d’abord la ponction, et retira huit onces (environ 250 grammes) de sérosité, puis, avant d’en faire couler davantage, il poussa à travers la masse du liquide le mélange suivant :
2é Eau tiède 240 grain, j Alcool 45 gram.
1 11 résulta une douleur subite très-vive avec chaleur dans le point opposé. L’ouverture de la canule étant exactement fermée, on attendit environ un quart i d’heure en imprimant de légères secousses à l’abdomen, afin qu’il y eût mélange i intime et action de l’alcool sur la surface interne du péritoine, puis on fit évacuer I le liquide dont la quantité pouvait être de douze litres; il était jaune citrin, fortei ment chargé d’odeur alcoolique. Le soir, il y eut une fièvre très- vive avec de vio- 1 lentes coliques et abondantes sueurs. Ces symptômes cédèrent promptement aux ( calmants et aux émollients, et peu de jours, après la guérison était complète ( Joi bert. ) v
Velpeau met en doute ce diagnostic et pense qu’il s’agissait, en pareil ca$, d’une
i hydropisie enkystée de l’ovaire; l’observation ne fournit pas les détails nécessaires I pour éclaircir ce point.
Quanta Vassal (6), il s’est contenté d’irriter le péritoine à l’aide du bec de la • canule ; mais les accidents qui ont suivi cette pratique, et auxquels le malade a heu
treusement échappé, ont été si graves, qu’ils ont fait plusieurs fois craindre nour ;• ses jours. '
Injections iodées. — [La méthode des injections iodées a marqué une période i nouvelle dans le traitement des hydropisies. On en doit l’initiative à Bonnet (de
(1) Pagano, Nouvelle méthode pour le traitement de l’ascite {Il (Maire Sehezio ■ Journa des connaissances medico-c/ururgicales, février 1845, p. 7C ) ' ’ '
(~ ) Abeille, Traité des hydropisies et des kystes. Paris, 1852 p. 077
(3) L’Homme, Hydropisie ascite ancienne quêrie var 'l’inieHimi ,1. à. ...... ,
l’abdomen (Archives générales de médecine, 1827. t. XIII p 28^) ' " " vinc a>1'
(4) Roosbroeck et Broussais, Ascite traitée par des iniectùm» n,, / „
(Annal, delaméd. physiol, 1831, t. VI et XX). 7 W *az da™'<
(5) Jobert (de Lamballe), Vassal, Lancette française n08 70 73 (b) Vassal, Mémoires de la Société de médecine pratique, 1833
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
Lyon), cl la vulgarisation à Velpeau. La première application à l’ascite en fut faite,] en 1846, par Diculafoy. de Toulouse (1), avec succès. Plus tard, Rul-Ogez, d’Anvers (2), guérit radicalement une ascite asthénique par l’injection de 90 grammes d’eau tiède contenant 12 grammes de teinture d’iode. Leriche (3), après avoir vidé le péritoine, injecta :
Teinture d’iode 32 gram. 1 Eau 256 gram.
Iodure de potassium 4 gram. |
Un ne put faire ressortir que 120 grammes de cette solution.
Griffon (A) pratiqua l’injection iodée chez un enfant de dix mois affecté de la maladie dont nous nous occupons. Il injecta, à plusieurs reprises, en malaxant le ventre :
Eau 150 gram. I Teinture d’iode 25 gram.
Iodure de potassium 4 gram. |
Ces deux cas furent des succès.
Boinet (5), dans dix-huit cas d’ascites traitées par les injections iodées, a constaté quinze guérisons, deux insuccès, le dix-huitième malade a succombé. Chez un seul malade, il y a eu des symptômes de péritonite, et néanmoins il a guéri.
Sur quatre cas d’ascite, dont deux sont survenus à la suite de plaies de l’alxlomen par des instruments piquants, recueillis par Leriche (6), les injections iodées ont amené rapidement la guérison. [La méthode des injections iodées a été encouragée par les expériences de Leblanc et d’Alph. Thierry sur les animaux et étudiée dans différentes monographies (7). Elle compte quelques insuccès tirés de la pratique de Bazin, à Paris, et de Teissier, de Lyon. H. Gintrac conseille, pour se mettre à l’abri d’accidents, de se conformer aux précautions prises par Teissier et indiquées par Philippeaux (8).
Les autopsies faites démontrent que l’ascite guérit, dans les cas traités par ces injections, parla péritonite avec adhérences généralisées et une sorte d’oblitération de la cavité séreuse, comme il arrive pour la plèvre, la tunique vaginale, etc. (9).]
Belmas a proposé de porter dans le péritoine un sac cle baudruche vide, que Pon souille ensuite ou qu’on remplit de liquide, de manière à irriter, suivant qu’on
(t) Dieulafoy (de Toulouse), Bulletin de l’Académie de médecine, 27 janvier 1847, t. XI,
P (2)2Rul-0gez (d’Anvers), Bulletin de l'Académie royale de Belgique , 1847-1848, t. VII,
no 2. . • •
(3) Leriche, Journal de médecine de Lyon , et Bulletin général de thérapeutique, juin
1 8 (A)' Griffon, Journal des connaissances médico-pratiques, janvier 1847. , ;
(5) Boinet Du traitement de l’ascite par les injections iodées , séances de la Société da chirurgie de’ Paris ( Union médicale , 18 mai 1850, p. 243 ) -, Iodothérapic, ou De l’emploi médico-chirurqical de l’iode et de ses composés. Paris, 1855. ... .
/qv Leriche Traitement de l’hydropisie ascite par les injections iodées ( Union médicale,
7 et 9 février' 1850, p. 65), et Traité pratique des hydropisics des grandes cavités closes (Journal de Bruxelles, 1854, t. I).
(7) Henri Gintrac, Ascite, bibliographie, Nouveau Dictionnaire de meclecine et de chirurgie
îsf Philippeaux, De la valeur des inject. iodées , etc. { Bull.gèn . de thérap., 1853, t.XLV,
P' (9) V.'vigla, Ascite traitée par T injection iodée. Autopsie ( Moniteur des hôpitaux, 1853, p. 195).