HYDROPISIE ENKYSTÉE DU PÉRITOINE
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
L’hydropisie enkystée du péritoine est fort rare. Elle consiste dans la formation d’un sac souvent très-considérable, situé dans le péritoine, mais ne communiquant pas avec sa cavité, contenant une sérosité ordinairement limpide, et repoussant le paquet intestinal du côté opposé au point où il s’est formé. Nous avons déjà vu de semblables sacs se former dans la cavité de la poitrine, et Ménière a posé en loi que les cavités accidentelles de ce genre avaient leur siège à l’extérieur même de la cavité naturelle; mais c’est un fait qui n’est pas encore complètement mis hors de doute : nous avons vu à la Société anatomique un exemple d’hydropisie enkystée du péritoine dans lequel il paraissait évident que la sérosité était renfermée dans des fausses membranes épaisses, sécrétées par le péritoine lui-même. [L’enkystement du liquide péritonéal dans la cavité séreuse se rencontre assez fréquemment dans les péritonites d’origine tuberculeuse. Empis en rapporte un exemple remarquable (1).]
(1) S. Empis, Delà grmulie. Paris, 1865, p. 198. Voyez aussi page 273.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
§ II. — Diagnostic, pronostic.
Los kystes du péritoine occupent dans l’abdomen un point indéterminé. Dans leur production on ne voit pas un liquide s’accumuler peu à peu et s’élever des pallies déclives vers les parties supérieures. Les fausses membranes, se formant préalablement, déterminent dans une étendue considérable du ventre, et presque toujours d un seul côte, la tuméfaction et la matité; puis la fluctuation vient occuper le même point, tandis que les intestins, reconnaissables à leur sonorité, sont refoulés de l’autre côté et à une hauteur très-variable, suivant les cas, ce qui dépend de la position et de l’étendue du kyste. En comparant ces signes avec ceux de l’ascite, on en comprendra facilement toute la différence.
§ III. — Traitement.
Les parois du kyste sont parfois très-épaisses; dans la' paracentèse on ne doil pas craindre de pousser le trocart profondément : le» in jections sont plus applicables aux cas de ce genre qu’à l'ascite.
ARTICLE V
TYMPANITE PÉlllTONÉALE.
Cet accident est extrêmement rare, et survient à la suite de lésions mortelles. Nous ne connaissons que trois cas bien authentiques de ce genre. L’un a été recueilli par Fiaux, dans le service de Rayer, en 1839; le sujet présentait une perforation du duodénum, d’où les gaz avaient pénétré dans le péritoine. Dans le second cas, les choses se passaient d’une manière plus curieuse encore- L’observation a été recueillie par Richard et Duhordel (1). Il s’agissait d’un abcès du poumon et non d’une gangrène, comme le pensaient les auteurs. Le diaphragme avait été perforé consécutivement , et l’air passait des bronches dans la cavité péritonéale.
Michel Lévy (2) a vu, dans le troisième cas, une accumulation de gaz se faire dans le péritoine, en l’absence de toute perforation intestinale.
[ Du deuxième cas, nous rapprocherons le fait déjà cité (page 337), de Bonamy, dans lequel le diaphragme avait été perforé à la suite d’une péritonite spontanée ; il s’était pratiqué une fistule pleuro-bronchique qui amenait l’air dans le ventre. On entendait sur le côté droit de la poitrine un souille amphorique profond, semblant venir de l’abdomen; à chaque respiration, il se produisait dans cette cavité un gargouillement manifeste. ]
Diagnostic. — On reconnaît que la tympanite a pour siège le péritoine luimême, à la sonorité uniforme et extrême de toute la paroi abdominale, et à son élasticité dans tous les points, de manière que ni par la percussion ni par la palpation (du moins légères) on ne peut déterminer la position des organes parenchy-
(1) Duhordel, Tympanite suivie de perforation du diaphragme ( Journal des connaissances médico-chirurgicales, novembre 1842, p. 190).
(2) Michel Lévy, Notes sur un cas de tympanite péritonéale ( Gazette médicale de Paris ,