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DÉGÉNÉRESCENCES

Nous ne dirons qu’un mot du cancei ' et des tubercules de la prostate.

1° cancer. — Le cancer soit primitif, soit secondaire de la prostate est rare, pas autant toutefois qu’on a l’habitude de le dire; car il arrive assez souvent que l’on trouve dans l’hypertrophie sénile les caractères du cancer commençant. La statistique de Tanchou qui, sur 190ô cas de maladies cancéreuses chez des hommes, n’a trouvé que cent fois le cancer primitif de la prostate, paraît à Hodgson être au-dessous de la vérité.

La forme la plus ordinaire est l’encéphaloïde : on a nié que le squirrhe s’y soit jamais rencontré; cependant John Adams en a cité des exemples.

On ne trouve cette dégénérescence qu’aux deux âges extrêmes, chez les enfants et chez les vieillards ; de huit à quarante et un ans, il n’en existe pas un exemple authentique.

Les symptômes sont la tuméfaction de la prostate et ses conséquences ; il y a, de plus, des douleurs lancinantes, reparaissant à intervalles irréguliers, de 1 hématurie, les signes ordinaires de la cachexie cancéreuse. Le toucher rectal fait constater la présence de la tumeur; les ganglions lymphatiques environnants sont engorgés. L’examen de Lutine fait quelquefois trouver dans les cellules cancéreuses mêlées à ce liquide un élément précieux de diagnostic. Le traitement ne saurait être que palliatif.

Hodgson rapporte 18 observations de cette dégénérescence : 12 chez des adultes, 6 chez des enfants.

2° Tubercules. — C’est un accident aussi rare sur la prostate que le cancer lui-même. Il semble à Béraud que Verdier et Velpeau ont pris quelquefois pour du tubercule de simples produits inflammatoires ; Lebert (1 ) s’exprime dans le même sens. Robin et Béraud ont examiné au microscope des concrétions dites tubercules de la prostate, et y ont reconnu le corpuscule polyédrique irrégulier, avec des granulations amorphes. Chacun sait aujourd’hui que ces éléments ne prouvent absolument rien quant à l’origine d’un produit morbide, et que des produits inflammatoires simples peuvent se présenter sous la même apparence.

D’ordinaire, les tubercules de la prostate coïncident avec la présence de la même production dans les reins, les testicules et les [poumons. Les observations de Viard (2), A. Vidal (3), Hodgson et d’autres ont mis cette relation en évidence.

Les dépôts tuberculeux ont lieu plutôt à la périphérie de l’organe qu’au centre ; ils atteignent surtout les lobes latéraux. Il n’y a pas de symptômes caractéristiques : dans le cas où l’on soupçonnerait cette lésion, il faudrait s’abstenir de toute manœuvre avec des instruments.

(1) Lebert, Traité d’an, pathol. gën. et spéciale. Paris, 1857, t. I, p. 688.

(2} Viard, Bull, de la Soc. anat. 1847, p. 326.

(3) Aug. Vidal (de Cassis), Traité de pathologie externe, 5e édition, avec des additions et des notes par Fano. Paris, 1861, t. IV.

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