‹ Guide du meunier et du constructeur de moulinsChapitre 149 sur 166 · MOULINS A VENT · texte numérisé non relu

MOULINS A VENT

cessaire dans le §. 69 de l’ouvrage d’Oliver Evans, constituent Je travail le plus étendu et le plus complet qui ait été entrepris sur ce sujet. • - .

„• Ordinairement l’axé du récepteur des moulins à veut est. horizontal; alors ce récepteur est une espèce de volant composé d 'ailes ou voiles fixées perpendiculairement et uniformément autour de l’extrémité de cet axe. Le nombre d’ailes gé-, néralement employé est de quatre, de forme rectangulaire , dont les dimensions sont, dans les environs de Paris, nm,65 de long sur 2m, 70 de large ; dans le département du ÎNord , où les moulins sont en très-grand nombre et appliqués à divers genres de travaux, la longueur des ailes est de ian,,3o. Coulomb (1) a fait sur quelques-uns de ces derniers moulins employés à la fabrication des huiles de graines au moyen de pilons , et à la mouture du blé , des expériences très-propres à faire connaître l’importance de ces machines. Avant de résumer celles relatives à la mouture , laissons Coulomb nous décrire lui-même la forme particulière des ailes des moulins des environs de Lille. * . ' ' : . , ■

i5g. « Cinq pieds de Ja largeur de l’aile sont formés par » une toile attachée sur un] châssis , et le pied restant par une » planche très-légère ; la ligne de jonction de la planche eide » la toile forme, du côté frappé par le vent , un angle sensi- ' » blement concave au commencement de l’aile, et qui, allant •• toujours en diminuant, s’évanouit à l’extrémité de l’aile.

•» La pièce de bois qui forme le bras et soutient le châssis ,

•< est placée derrière cet angle concave. La surface de la toile »• forme une surface courbe..... composée de lignes droites •• perpendiculaires au bras de l’aile, et répondant par leurs •» extrémités à l’angle concave formé par la jonction de la,

» toile et de la planche ; et l’autre extrémité placée de ma- •> nière qu’au commencement de l’aile , à six pieds de l’arbre ,

(4) Théorie des machines simples K etc. ; nouvelle édition ; Paris , i 82/

in-4, pag. 301. • . . . ■■ ■ •< -,

» les lignes droites formeraient avec l’axe de l’arbre an angle de » 60 degrés, et qu’à l’extrémité de l’aile cet angle serait de 78 » à 84- degrés ; en sorte qu’ij augmente de 78 à 84 à mesure » que l’axe de rotation est plus incliné à l’horizon ; cepen- « dant le pan gauche qui formerait l’aile , d’après cette dest cription, n’est pas encore exact, et au lieu d’être teripiné par » une ligne droite , il l’est ordinairement dans le câlé sous le j> vent, par une ligne courbe dont la plus grande concavité » est de a ou 3 pouces ; l’arbre tournant auquel , les ailes » sont fixées s’incline à l’horizon entre 8 et r5 degrés. »

ï6o. Expériences sur des moulins à vent moulant du blé.

Poids 'du blé simplement moulu par heure, en kilograin. 1

Rapport de la vitesse du vent au nombre de tuurS des ailes.

Comme la farine obtenue dans la dernière expérience s’échauffe extraordinairement , les meuniers, pour rafraîchir les meules, changent de temps en temps l’espèce de grain soumis à la mouture.

Modification à apporter à ia-constniction des moulins à vent.

iGi. Si l’on considère que, pendant les temps calmes, les moulins.à vent chôment forcément, on pourra juger de l’énorme quantité de capitaux qui ne produisent rien pendant un bon tiers de l’année, et du tort qu’éprouvent souvent les habitans des pays éloignés des moulins à eau, par suite de la rareté

Vitesse du sent

Nombre de

Nombre de tours' de la meule

par seconde,

tours des ailes

en mètres.

par minute.

par minute.

3,a5 5 3,<jo

elles commencent ■à se mouvoir.

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MOULINS à VENT. • 555

des farines. 11 me semble, en conséquence, qu’une disposition qui n’augmenterait que de peu de chose la mise de fonds nécessaire à l’établissement d’un moulin à vent, et qui lui donnerait la propriété d’être mis en mouvement par des animaux de traitdurant les chômages, serait un perfectionnement très-utile , et que l’on devrait adopter.

Tout consiste ; comme on le pense bien , à lier un manège avec le gros fer de la meule. . •

Après avoir réfléchi sur les moyens d’exécution afin de découvrir le pins simple , voici comment je m’y prendrais s’il s’agissait d'arranger, un moulin k vent en bois , tournant sur pivot ou attaches. '* V ‘

Les disposition? comportées par ce mode de construction pourront s’appliquer plus facilement et à moins de frais aux moulins à vent bâtis en forme de tour fixe , dont le comble ’ seul est tourné à la demande du vent./

162. J’ouvrirais, suivant l'axe des attaches , un trou cylindrique assez grand pour donner passage à un arbre vertical en fer rond ; les sales , les chaises et le sommier du moulin seraient percés dans le prolongement du trou des attaches, afin de permettre à l’arbre vertical de descendre jusque sur une crapaudine posée sur le sol du moulin.

Un collier boulonné contre une pièce de bois fixée au mi- v lieu et par dessous les hautes pannes maintiendrait le sommet • de l’arbre vertical; je placerais le plus haut possible sur cet arbre Une roue d’engrenage cylindrique qui commanderait un pignon cylindrique adapté sur le grps fer de la meule , audessus de la lanterne ordinaire , et de manière à pouvoir être dégrenée à volonté.

Vers le piod de cet arbre vertical serait fixé un pignon d’angle , que mènerait une roue d’angle montée sur un long arbre de couche, passant dans un conduit souterrain pour sortir de la tour du moulin et aller se mettre en communication aveé l’arbre verticald’un cabestan, scellé dans le sol extérieur et aux leviers duquel les chevaux seraient attelés. La même paire de

roues d’angle employée dans l’intérieur de la tour servirait ' ici, et l’arbre de couche pourrait être fait en bois, ainsi que celui du cabestan qui deviendrait une sorte de manège.

i63.I)ans la plupart des cas, la mpule doit faire Go révolu- . lions par minute; or, en donnant 6,36 mètres de diamètre au cercle décrit par le milieu du corps des chevaux , comme ces animaux doivent. parcourir pendant le travail* mètre de chemin par seconde, le cabestan ne fera que trois tours par miputc, vitesse qui devra être vingtuplée pour convenir à la meule. Si donc l’engrenage cylindrique situé au-dessus de la meule est composé d’une roue et d’un pignon dans le rapport de a à i, la vitesse de l’arbre vertical ajouté au moulin ne devra plus être que de 3o tours; il suffira donc d’employer deux paires d’engrenages d’angle , dont la roue soit 3, 16 fois aussi grande que le pignon , de telle sorte que la vitesse de rotation de l’arbre de couche sera de 9,48 tours par mihute , nombre à très peu près moyen proportionnel entre 3 et 3o.

*64'. Sironcpnslruisaitàneuflemoulin k yënt, on pourrait en tenir la tour inférieure assez grande en diamètre pour pouvoir y placer un manège construit à l’aide de roués -d’engrenage cylindriques , parce que l’arbre Je couche employé dans la construction précédente pourrait être ici remplacé par un. petit arbre de Communication vertical. L’arbre da manège occuperait l’axe de la tour, et comme il tournerait dans le même? sens que le grand arbre vertical qui doit s’élever dans l’axe supérieur du moulin , il n’y aurait aucun inconvénient à faire tourner le pivot du pied de celui-ci dans une crapaudine placée sur la tête del’arbredu manège. : • . . ' ' ■y*'-

Dans le cas.des vitesses précédemment supposées aux meules et à l’arbre manège, on pourrai! employer trois jeux dé ‘ / roues cylindriques dans le rapport de 1 à 2,71. Les cubes de de ces nombres sont en effet dans le rapport de 3 à 60 , et on verra facilement que les vitesses de rotation du petit et du grand arbre vertical sont des moyennes géométriques entre ces mêmes nombres 3 et 60. . .. .

^;lins a cylindres.

Moulins a cylindres.

165. Quelques perfectionnemens que l’on ait apportés, soit dans les modes de construction des moulins à l’aide de meules, soit dans les procédés de transformation du blé en farine ait moyen de telles machines, on ne peut néanmoins affirmer, en voyantdeprcs les soinsqu’exige le rhabillage fréquent des moulins ordinaires, qu’il ne soit paspossiblc d’imaginer une machine d'une composition plus heureuse. jSi l’on pense ayx opérations nombreuses et variées que l’on est parvenu à exécuter à l’aide de cylindres doués d’un mouvement de rotation , il sera Naturel de supposer que la mouture des grains doit pouvoir être effectuée d’une manière analogue. C’est ce que l’expérience a prouve et dont il n’est plus permis de douter aujourd’hui. J’ai vu de la belle farine moulue de cette manière ; le pain que j’en ai vu faire à l’aide du pétrisseur mécanique de M. Cavaillé m’a paru très-beau et je l’ai trouvé fort bon. Si icsunoulins à cylindres continuent à donner les avantages qu’ils semblent déj^ présenter, il est raisonnable de prévoir leur adoption dans la création de nouveaux établissement, et peut-être leur substitution' plus ou moins prochaine aux meules de® moulins existons.

166. U a été délivré à M. John Collier , en i8a3, un brevet d’importation et de perfectionnement pouc un moulin à cylindres pu à cônes, doués d’un mouvement de rotation autour de leurs axes placés dans une situation horu ontaic.

Hans les moulins formés par des troncs de côçes égaux et opposés , faisant le même nombre de révolutions par minute f les points de la surface de ces troncs de cône , situés dans, le plan . passant À distances égales des bouts , sont les seuls qui jouissent de la même .vitesse"; tous les autres points des surfaces opposés sont animés de vitesses différentes , et d’autant plus inégales, qu’ils se rapprochent davantage des extrémités des troncs, de cône. 11 se développe ainsi naturellement un frôt-^ tement des parties voisines de la base de l’un des troncs de

cône contre les parties voisines du sommet de- Tautre , et ce ' frottement , qui s’opère effectivement contre le blé soumis à • , la mouture, en même temps que celui-ci est écrasé, contribue à dépouiller le son en en détachant la farine.

Le même effet peut être produit , soit à l’aide de cylindres égaux effectuant dqs nombres différens de révolutions par minute, soit avec des cylindres inégaux tournant un égal nombre-de fois pendant le même temps. .

167. Si l’on employait des cylindres égaux effectuant un égal nombre de révolutions dàns un temps donné, le frottement de leur surface n’ayant plus lieu, le son ne saurait être évîdé sans l’emploi d’un frottoir que l’on fait ordinairement en bois dur, etque l’on appuie plus ou moins M’aide d’un lèviftr à romaine,'1 contre la partie inférieure des cylindres. Mais cette disposition, qui simplifie la transmission du mouvement , est évidemment .-vicieuse sous le rapport de l’emploi de la force motrice ; car - ce frottoir • agit à la. manière d’un frein dynamorné{riqùe et . épuise une grande portion de la puissance -, sous ce point de vuç, les dispositions précédemmént indiquées doivent être préférées. •• , -7 • •* 1 r . / > ' . -

• M. J ohn Collier , si honorablement connu par sés utiles et importantes inventions mécaniques, a bien voulu me donner communication, pour la joindra à cet ouvrage, de la spécification suivante du brevet qu’il a obtenu. La description qui •' Paccompagne «e rapporte , comme on Je verra:, au dessin de . moulin à bras- gravé dans la dernière planche. "*/ . *

Considérations préliminaires et générales.

\ 168. La nouvelle machine dont il s’agit ici, propre àmdudre et

h concasser le grain et autres substances qui en sont susceptibles,

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