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LES MEULES

Placez des planches sur l’ouverture du couvercle de l’archure pour empêcher la poussière de se répandre dans le moulin , versez doucement du sable propre, sec et anguleux, dans l’œillard de la meule que vous ferez tourner avec une vitesse modérée , et continuez à moudre ainsi pendant une ou deux heures. Alors séparez les meules, balayez-les proprement, et repiquez-en les endroits durs et polis, remettez les meules en place et moulez encore du sable comme auparavant ; relevez encore la meule courante; ayezunerègleàrougir,delaiongueurdeson diamètre et de ora,oy6 (3 in.) sur o,o63 (a, 5 in.), frottez-en une rive avec de la couleur rouge, délayée dans de l’eau, et faites-la glisser dans toutes les directions , sur la surface des meules; le rouge passera sur toutes les parties trop saillantes et dures, qui doivent être repiquées jusqu’à ce que la meule gisante soit rendue

DESSILLONS. . ! i 379,.

parfaitement plane et la meule courante un peu concave ou flanière, d’à peu près ora,oo4( o, 167 in.) àl’œillard, en diminuant graduellement jusqu’à om,2o3 (8 in.) du bord, à peu près. Si les meules sont compactes et présentent beaucoup de surface plane, la feuillure suivant laquelle elles se touchent, ne doit pas s’étendre aussi loin que si elles sont très-poreuses et n’offrent que peu de surface plane ; la détermination de la largeur de la feuillure doit être laissée au ju ment du constructeur de moulins et du meunier. ,

Art. 36. — Manière de former les sillons dans le»

MEULES. • •«< , Ht" vi-, »

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Si les meules ont im,524 (5 ft. ) de diamètre , divisez- en le bord en 16 parties égales ou compartimens ; si elles ont im,8aq (6 J t .) de diamètre, 18 compartimens suffiront et seulement 20 si elles n’ont que 2m,i34 (7 ft-) de diamètre. Faites deux règles de bois, l’une de o^oaS (1 in.) et l’autre o"‘,o5i (2 in.) de largeur; placez-vous vis-à-vis i’œillard de la mçule, et si en travaillant, celle-ci doit tourner à droite, posez un bout d’une des rives d’une règle sur l’un des points de: division en compartimens et l’autre bout vers la gauche , tout contre le bord de l’œillard ; tracez alors le long de la réglé, avec une pointe d’acier, une ligne droite pour indiquer la position d’un des sillons principaux. Tracez la position de tous les autres de la meme manière dans les deux meules , car lorsque leurs surfaces sont juxtaposées , leurs sillons respectifs doivent se croiser comme des forces disposées de la meilleure manière possible pour tondre le drap. . ; . .

N’ayant pas moins de six bons marteaux , commencez à piquer les bords tracés de tous les sillons principaux ; donnez peu de profondeur à celui de leurs bouts qui est plus voisin du bord de la meule et augmentez cette profondeur à mesure que ce sillon approche davantage de l’œillârd. L’autre bord des sillons doit avoir moitié moins de profondeur: c’est lui qui ,

380 GULDE DU. CONSTRUCTEUR DE MOULINS, pendant le mouvement de la meule courante, marche le dernier; je le nommerai arrière-hord. i ,v

Quand tous les sillons principaux sont terminés , placez la large règle de bois contre les arrière-bords de tous les sillons, et marquez l’étendue des parties planes qui réunissent celles qui séparent les sillons plus courts. Placez ensuite la même règle, contre l’autre bord des sillons principaux, et marquez les parties planes qui les suivent. Posez alors la règle étroite au-delà et marquez les places des sillons qui suivent les sillons principaux et les parties planes qui viennent ensuite, et continuez de même tant que cela est nécessaire , en observant qu’il ne faut pas anticiper sur les parties planes qui réunissent les intervalles des sillons courts , mais qu’il faut au contraire les laisser régner entre les sillons principaux et les sillons courts des couipartimens voisins. Si les meules sont compactes , tracez-en les sillons et les intervalles plans avec la règle étroite.

La fasée du gros fer ne doit pas être trop serrée par les coins de la botte ; afin que celle-ci ne se détache pas en brûlant, mettez un collier autour de la fusée du fer, et placez par-dessons un morceau de vieux bas, renfermant du suif roulé à la grosseur d’un doigt, attaché avec des clous ou cousu bien serré autour. ‘Enfilez un morceau de cuir roide,de oB1,x53 (6 in.) de diamètre à peu près, sur le papillon, par-dessous là traverse de l’anilie pour tourner avec le gros fer et rejeter le grain loin de la fusée. Graissez celle-ci avec du suif chaque fois que vous releverez la meule courante. • ..

Remettez à bas la meule, égalisez-en bien le dos avec du plâtre et moulez du sable. Arrêtez le moulin , soulevez un peu la meule et équilibrez-ia exactement en mettantdes poidssur le côté le plus léger; prenez ensuite un poids égal de plomb, faites le fondre et coulez-le dansnn trou fait à l’endroit trop léger dans le plâtre, plus grand au fond pour retenir le métal. Relevez encore la meule courante , passez la règle à rougir sur les meules, et si leurs surfaces ont la forme convenable, donnez-leur une légère façon et remettez-les en place pour leur faire moudre du grain.

DF. I/ADGET ET DD FRAYON.

Art. 27. — Manière de construire la trémie, l’auget

ET LE FRATON.

Les dimensions ordinaires de la trémie d’un moulin sont , pour l’ouverlure supérieure im,2ig (4/£ ) en carré, pour la profondeur, oro,6io (2 /%.), pour le Irou du fond on,,076 ( 3 in.) en carré ; ce Irou doit pouvoir être diminué à volonté au moyen d’un tiroir à coulisse, situé au bas du panneau antérieur de la trémie.

L’auget doit avoir om,254 ( 10 in.) de longueur et om,i2j (5 in.) de largeur dans le fond ; il faut le faire de bon bois de chêne; les côtés auront de oni,i78 à om,ao3 (7 ou 8 in.) de profondeur par-derrière , et om,076 (3/n.) par-devant; ilsseront plus longs que le fond par-devant. L’auget sera plus évasé que la trémie par-derrière, afin qu’on puisse lui donner o, “076 à o",ioa (3 ou 4 m.) de penle en avant. Le devant de l’auget est suspendu à un cordon appelé baille-hlé, qui passe sur l’extrémité avancée du irémion ou cadre sur lequel on pose la trémie et s’enveloppe autour d’une cheville fichée dans le devant du irémion , et que l’on tourne à la main.

Le frayon est un morceau de bois travaillé au tour ; il a il peu près o“,5o8 (20 in.) de longueur, om,o89 (3*5 **•) de diamètre au milieu, endroit par lequel il choque l’auget, et diminue graduellement jusqu’au haut où il n’a plus que o“,o3& (i,5 in.) de grosseur. L’extrémité inferieure est garnie d’une frette et d’une fourchette de fer dont la queue y est enfoncée ; cette fourchette s’étend au-dessus de l’anille et s’ajuste dans des entailles ménagées de chaque côté de celle-ci, pour la recevoir dans le prolongement de la direction du gros fer, avec lequel elle tourne. L’extrémité supérieure du frayon se loge dans un trou percé dans un petit collier de bois, fixé d’équerre sur le devant du trémion. Dans la partie large du frayon , vis-àvis l’auget, on place six targettes ou frappeurs de fer de (7 in.) de longueur et de om,oi3 (o,5 in.) de diamètre , ayant

382 GUIDE DU CONSTRUCTEUR DE MOULINS, un retour d’équcrrc à chaque bout , que l’on enfonce dans le bois ; ces targettes frappent successivement l’auget , le secouent, et par là forcent le grain à tomber régulièrement dans les meules.

Vous pouvez maintenant verser du grain dans la trémie , donner de l’eau à la roue hydraulique et régler l’alimentation des meules en tournant la cheville dubaille-blé, jusqu’à ce que le courant de grain qui tombe dans l’œillard de la meule soit proportionné à la grandeur de celle-ci, ou à la force du moulin.

Ici finit le travail du constructeur de moulins pour ce qui a trait au moulage , dont le meunier est spécialement chargé.

Art. 28. — Des blutoirs et de leurs huches.

Les blutoirs et leurs huches sont de différentes longueurs , suivant l’usage auquel on les destine. Les huches des blutoirs des campagnes ont ordinairement 3m,o48 (10 ft.) de longueur, om,gi4 (3 ft.) de largeur et 2ro,235 (7 fi., 4 mi.) de hauteur; un montant en occupe chaque angle , et le fond est situé à a o’",6io (2 fi.) au-dessus du plancher. L’angle intérieur et inférieur de derrière est garni avec une planche de o,ra457 (18 in.) de largeur placée en pente pour rejeter la farine vers le devant de la huche , et en faciliter l’extraction. La porte est de toute la longueur de la huche et a o'n,6io (2 ft.) de largeur ; la planche du bas du devant, au-dessous de la porte, aon,,4o6 (16 in.) de largeur.

L’arbre en bois du blutoir rotatif doit avoir la même longueur que la huche , il doit être taillé à six pans , présenter om, 102 (4 in.) de grosseur; et être garni à ses deux bouts de frettes, dont l’une a om, 096 (3,75 in.) et l’autre om,o83 (3,a5in.) Les goujons deo^Sdofidin.) de longueur et de om,022 (0,875 in.) de grosseur, doivent être enfoncés de om,2o3 (8 in.) dans l’arbre, et arrondis sur une longueur de o,n,o63 (2,5 in.) aux collets. Ces goujons seront terminés par un tenon de jonction à l’arbre qui doit leur donner le mouvement, à l’aide d’une

DES BLUTOIRS. i . 383

douille ou maiu. Les six pièces de bois ou encoignures placées en long pour maintenir la toile en travers auront o“,o38 (i,5 in.) de large et o'", 139 ( 1 , 1 a5 in.) d’épaisseur; elles seront plus courtes que l’arbre intérieur de omjOi3 (o,5 i/i.) à la queue et de o"‘,o38 (i,5/n.) à la tête du blutoir , afin! qu’il reste assez de place pour l’introduction de la farine àr la, tête du blutoir, et pour la sortie du son à la queue. 11 faut encore quatre assortimens de bras, c’est-à-dire 12 embrassurdsdeom,o38 (i,5 in.) de largeur, oni,oi6 (o"',625 in.) d’épaisseur.

Le diamètre extérieur du cylindre est égal au tiers du double de la larg-eur de la toile dont on veut le former. Un disque fait avec de la planche de o'.",025 ( 1 in. ), d’un diamètre égal à l’arasement extérieur des encoignures du cylindre, évidc au milieu pour ne présenter que (4,5 in.) de largeur, mesurée du dehors vers le centre , doit être fixé à la tôle du blutoir, pour empêcher qu’il n’en tombe de la farine non encore blutée. Fixez à la queue du blutoir un cercle de om, 1 14 (4,5 in.) de largeur sur 0,006 (0,26 in.) d’épaisseur, auquelvous attacherez la toile dont deux largeurs seront cousues ensemble pour embrasser le tour du cylindre. Cousez une bande de linge trèsfort, de o"',I78 (7 in.) de largeur à la tête, et une de oB,,i2 7 (5 in.) à la queue de la toile , pour servir à^’attacher au cylindre. Collez une bande de linge, de papier doux, ou mieux de cuir de chamois , de o,u,o38 (i,5 in.) de largeur sur chaque encoignure pour l'empêcher d’éraillcr la toile du blutoir. Placez alors celle-ci sur la carcasse du cylindre, et cousez-la ou clouezla d’abord à la queue; tendez-la ensuite en long, autantqu’elle . pourra le supporter. Il suffit de 5m,486 (6 yards.) de toile, pour couvrir un blutoir de 3,n,o48(io fi.) de longueur.

Les blutoirs pour les moulins destinés au commerce sont ordinairement plus longs que pour les moulins des campagnes, ou moulant au détail; toutes les parties doivent en être plus fortes en proportion; ils sont meilleurs quand ils ont été disposés pour recevoir les toiles de la plus grande largeur. Les douilles ou mains de jonction de leur tête à l’arbre de couche qui

384 GUIDE DU CONSTRUCTEUR DE MOULINS, les met en mouvement , doivent être beaucoup plus robustes , étant sujettes à s’user et très-difficiles à réparer. La trémie du blutoir est établie à travers le plancher au-dessus de la huche ; elle doit avoir l’ouverture supérieure de o“,3o8 ( 12 in.) en carré, et le fond de 0,254 (loin.), le côté antérieur s’arrête à om,i27 (5 mi.) et le côté postérieur, à o“,t78 (7 in) du dessus de la huche.

L’auget ou sabot a oœ,o6i (2 //. ) de longueur au bas des côtés , et est évasé par derrière à la demande de la trémie ; il faut le placer en pente de mahière qu’il soit oB,ioa ( 4 «*• ) plus haut par derrière que par devant; le fond a o“, 43a (17 in.) de longueur et om,a54 (ioj7i.)de large. 11 faut river une tige de fer sous l’extrémité antérieure de l’auget, et la faire frapper par le haut d’une roue fixée sur la douille ou main de jonction voisine de la tête de la huche. Cette roue ou hérisson a o“,254 (1 o in.) de diamètre et ora,o5i ( 2 in.) d’épaisseur. Six échancrures demi-circulaires sont pratiquées autour de sa circonférence , qui présente par suite autant de cames , qui, en tournant , frappent contre la tige de fer et soulèvent l’auget de oB,oo6 ( o,25 in. ) à chaque choc, d’où résulte un trémoussement qui fait tomber avec la régularité la farine dans le blutoir.lt

Art. 29. — Comment il faut placer les blutoirs pour

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