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EUROPE

VITRINES No» 106, 107, 108.

PORCELAINES DURES ALLEINANDES

MEISSEN (Saxe).

XVIII*' SIÈCLE

La porcelaine naturelle dite dure, est faite avec une pâte d'argile blanche ou kaolin, additionnée de feldspath et de quartz, et couverte d'un enduit qui se vitrifie à la cuisson. Depuis longtemps l'Europe cherchait le secret de la composition de la porcelaine de Chine et c'est à la Saxe que revient l'honneur de cette découverte.

Un chimiste, nommé Boettger, poursuivait le moyen de fabriquer de l'or, Frédéric-Auguste, Électeur de Saxe, le prit sous sa protection, et c'est en essayant une terre rouge qu'il employait pour la fabrication de ses creusets qu'il découvrit une pâte très dure à laquelle on a donné le nom de porcelaine rouge, mais qui, en réalité, n'était que du grès et avait le grave défaut d'exiger un polissage à la meule. L'histoire raconte que le hasard le servit un jour, où en prenant sa perruque il s'aperçut qu'elle était plus lourde qu'à l'ordi naire ; son domestique interrogé lui dit qu'il l'avait poudrée

porOelaikes dures allemandes 117

avec une substance minérale découverte depuis peu dans les environs d'Aue. Boettger l'examina et découvrit qu'elle était identique au kaolin chinois que Ton cherchait depuis si longtemps en Europe.

Dès ce moment, c'est-à-dire en 1709, la porcelaine dure était trouvée; l'Électeur qui se rendit compte de l'importance de la découverte prit possession du gisement de kaolin et installa une manufacture dans la forteresse d'Albrecht à Meîssen. Tous les ouvriers qui y travaillaient devaient jurer de garder, sous peine de mort, le secret des procédés de fabrication.

Boettger avait surtout imité les porcelaines chinoises. A sa mort, en 17 19, un artiste habile du nom de Héroldt prit la direction de la fabrique et inaugura le décor européen ; c'est alors que la production de Meissen obtint le plus vif succès avec ses vases rocailles, ses grands candélabres ornés, de fleurs et ces charmants petits groupes qu'aucune autre manufacture n'a jamais pu surpasser.

La guerre de sept ans faillit compromettre l'existence de cette fabrique qui put néanmoins se relever rapidement, dès que la paix fut signée.

En 1760, Diétrich en est le directeur.

En 1765, François Acier, de Paris, apporte le décor de Sèvres.

En 1774, le comte Marcolini est appelé à la direction par l'Électeur Frédéric-Auguste.

La fabrique de Meissen est encore aujourd'hui en pleine activité et l'on continue à reproduire les anciens modèles en y ajoutant les mêmes marques.

VITRINES No« 109, 110.

XVIII® ET XIX^ SIÈCLES

Ces fabriques étant très nombreuses nous avons adopté, pour les classer, Tordre alphabétique :

Amstel (Hollande). — Le pasteur protestant MoU, qui avait fondé à Oude-Loosdrecht , près d'Amsterdam, une fabrique de porcelaine dure, la transfèfe vers 1775 à Anistel. Un sieur Docuber en prend la direction à la mort de Moll.

Anspach (Allemagne). — Vers 17 18, des ouvriers transfuges de Meissen installent une po rcelainerie qui ne dura que très peu de temps.

Arnstadt (Allemagne). — Cette fabrique est peu connue et les produits sont de qualité ordinaire.

Berlin (Prusse). — En 1760, un nommé Wegely qui avait dérobé à un certain Ringler dans un moment d'ivresse, des notes sur les procédés de Meissen, fonda à Berlin la première manufacture de porcelaine dure qui, malgré sa bonne fabrication, dut éteindre ses fours en 1757.

Frédéric le Grand qui avait envahi la Saxe mettait à sa disposition, en 1766, la pâte, les moules et même quelques ouvriers et décorateurs qu'il avait enlevés à Meissen.

En 1761, une autre usine fut installée par Gotzkowski,

mis au courant de la fabrication de la porcelaine par un nommé Reicliard qui avait été au service de Wegely.

En 1763, elle prit le titre de Manufacture royale après avoir élé acquise par la Couronne.

Bruxelles (Belgique). — Une fabrique de porcelaine dont un sieur Cretté avait la direction, existait à la fin du xvm® siècle à Bruxelles. On connaît une pièce marquée « L* Cretté de Bruxelles, rue d! Aremberg , 1791 ».

Copenhague (Danemark). — Cette importante manufacture fut fondée en 1772 par un nommé MuUer avec Von Lang, ouvrier sorti de l'usine de Furstenberg; elle devint plus tard la propriété du roi de Danemark et prit le litre de Manufacture royale qu'elle conserve encore.

Frankenthal (Palatinat). — Hanuong, faïencier à Strasbourg, puis à Frankenthal, transforme son usine en manufacture de porcelaine avec les secrets de la fabrication que lui apporte Ringler en 1755.

En 1761, à la mort de Ilannong, l'Électeur Charles-Théodore achète l'usine qui cessa de fonctionner en 1777. ^^ ) a surtout imité le Saxe.

Furstenberg (Wurtemberg). — Une porcelainerie est fondée en 1760 par le duc de Brunswick avec l'aide d'un nommé Bengraf, de Hochst.

Grosbreitenbach, près Rudolsladt (Schwartzburg). — Cette fabrique, qui cependant était prospère, fut achetée par le duc Antoine Ulrich pour la réunir à celle de Limbach.

Hôchst-sur-le-Mein (Nassau). — Un nommé Ringler, venant de Vienne et possesseur des secrets de fabrication de la porcelaine, fonde en 17^0 avec l'aide de Bengraf, déjà faïencier, une usine qui devint en 1762 propriété de FÉlecteur. On y a fait des figurines pouvant rivaliser avec celles de Meissen.

Hoxter (Prusse). — Vers 1760, un peintre du nom de Zieseler installe une porcelainerie, mais n'y obtint pas grand succès.

La Haye (Hollande). — Cette fabrique fut fondée en 1778 par un sieur Lynker d'origine allemande. La marque était une cigogne tenant un reptile dans son bec.

Limbach (Saxe-Meiningen). — Une manufacture y fut fondée en 1760 par Gotbolf Greiner et patronée dès 1762 par le duc Antoine Ulrich.

Louisburg (Wurtemberg). — En 1758, Ringler, sous le baut patronage du duc de Wurtemberg, fonde une usine à Louisburg dont l'exploitation cesse en 1824. La fabrication très soignée a produit des groupes dans le genre de Meissen.

Nymphenburg (Bavière). — En 1754, Niedermayer avec la protection du comte de Hainshausen, fonde une fabrique de porcelaine à Neudeck-sur-l'Au ; en 1768 il la transfère à Nymphenburg, près Munich.

Nyon (Suisse). — Cette fabrique fut installée vers la fm

du xvni« siècle par un peintre d'origine française du nom de Maubrée. La marque adoptée était un poisson.

Oude-Loosdrecht, près d'Amsterdam (Hollande). — Le pasteur protestant Moll, ayant racheté l'usine de Wesp, se servit du matériel pour fonder une autre fabrique à Oude- Loosdrecht qui, plus tard, devait être transférée à Amstel.

Ratisbonne (Bavière). — Cette ville s'appelant en allemand Regensburg, on lui attribue, mais sans aucune certitude, les pièces marquées : R G.

Rudolstadt (Thuringe). — On ne sait rien sur l'existence de cette fabrique, on sait cependant que c'est dans cette ville que Macheleid a fait ses premiers essais.

Saint-Pétersbourg (Russie). — L'importante manufacture de Saint-Pétersbourg, qui est encore en activité, fut fondée en 1766 par l'impératrice Elisabeth Petrowna. Catherine II l'agrandit et perfectionna la fabrication dont les produits sont d'une exécution remarquable.

Vienne (Autriche). — En 1720, un hollandais nommé Dupasquier fonde une fabrique de porcelaine, avec l'aide d'un transfuge de Meissen appelé Samuel Stenzel qu'il avait séduit par des conditions avantageuses. Il n'y réussit pas et la fabrique fut vendue en 17^4 à l'Impératrice Marie-Thérèse qui lui donna le titre de Manufacture Impériale. Sous la direction du chimiste Leitner elle prit un nouvel essor. La fabrication cessa en 1864.

Vineuf (Piémont). — Cette fabrique fut créée à la fin du

122 P0RGELA1:HES dures FRAJ(ÇA1S£S

xviii® siècle par un médecin nommé Gioanetti. La marque est un V surmontée de la croix de Savoie.

Zurich (Suisse). — Spengler et Hearacher exploitèrent cette usine de 1768 à 1768; ils l'avaient rachetée à son fondateur, ouvrier transfuge de Hôchst.

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VITRINES No« 111, 112, 113.

XVIIl" ET XIX® SIECLES

Pour faciliter les recherches, nous avons classé ces fabriques par ordre alphabétique, sans nous préocupper de la chronologie :

Boissette (près Melun). — Cette fabrique fut montée en 1778 par Vermont père et fils.

Bordeaux (Gironde). — La manufacture de porcelaine de cette ville était dirigée par un nommé Verneuille. Sans connaître la durée d'exploitation de cette usine, on peut supposer qu'elle a été assez longue, car il existe trois marques différentes.

Caen (Calvados). — Fabrique dirigée par les nommés Mallet et Thierry. On mettait comme marque le nom delà ville imprimé à la vignette.

Châtillon (Seine). — Cette porcelainerie fut exploitée successivement par Roussel et C®, Lortz, Rouget.

Choisy (Seine). — En 1786, un nommé Clément monta une usine, qui fut rachetée en 1786 par un sieur Lefebvre.

EtioUes, près Corbeil (Seine-et-Oise). — Monnier, ayant obtenu l'autorisation de faire de la porcelaine, y créa en 1768 une fabrique où l'on a fait aussi de la pâte tendre.

Guettard, chimiste, présenta à l'Académie des sciences en 1765 les premiers essais de porcelaine dure, fabriqués avec du kaolin des environs d' AlençQn .

La Seinie, près Saint- Yriex (Haute- Vienne). — Cette usine fut fondée par le marquis de Beaupoil de Sainte -Aulaire, le chevalier Dugareau et le comte de la Seynie. On y a fait surtout de la porcelaine blanche qui était décorée en dehors de la fabrique.

Lille (Nord). — En 1784, un nommé Leperre Durot obtient le droit de monter une manufacture de porcelaine. En 1786, avec la protection de M. de Calonne, il place son usine sous le patronage du dauphin. Il fut un des premiers à employer la houille pour chauffer les fours. Une pièce de Musée est marquée « cuit au charbon de terre en 1785 ».

Limoges (H au te- Vienne). — En 1773, une fabrique de porcelaine dure fut fondée par Massié, les frères Grellet et Fournerat, à Limoges, près de Saint- Yrieix, où un gisement de kaolin avait été découvert en 1766, mais ils furent obli-

gés d'avoir recours en 1777 à la protection du comte d'Artois pour continuer leur exploitation. Ils marquèrent alors leurs produits CD.

En 1784, r usine fut rachetée parle roi Louis XVI pour en faire une succursale de Sèvres et prit le titre de Manufacture Royale. Elle fut vendue plus tard et reprise par des ouvriers.

Locré (Manufacture de). — Voir plus loin : Paris-La Courtille.

Lorient (MoRBraAw). — Cette fabrique peu connue a été dirigée par Hervé, Sauvageau. Vitrine n° 112, n° io38i.

Marseille (Bouches-du-Rhone). — En 1766, Joseph Gaspard Robert, déjà faïencier, ajouta à son usine la fabrication de la porcelaine ; l'exécution en était très soignée. Vitrine n** III, n® 9935.

Nantes (Loire-Inférieure). — Cette fabrique de porcelaine était exploitée par un nommé Decaen.

Nast (Manufacture de). — Voir : Paris, rue Popincourt.

Niderviller (Lorraine). — En 1768, le baron de Beyerlé déjà faïencier, entreprend avec du kaolin allemand la fabrication de la porcelaine dure. Ses successeurs, le Comte de Custîne et après lui Lanfrey ont continué le même genre. Tous les produits sortis de cette usine sont d'une remarquable exécution, surtout les groupes émaillés et les biscuits. Vitrine, n** m, n® 10357.

Orléans (Loiret). — En 1764, Gérault Daraubert ajoute à sa faïencerie, où il faisait déjà de la pâte tendre, la fabrication de la porcelaine dure. Les produits très soignés sont marqués du lambel.

Paris (atelier du comte de Brancas-Lauraguais). — Ce dernier qui, depuis longtemps, cherchait le secret de la pâte dure, finit par en faire des essais avec du kaolin véritable trouvé par Guettard (Voir Guettard) dans les environs d'Alençon. Il fonda en 1768 une usine à Paris, où il fit de nom- I breux essais pour imiter la porcelaine de Chine.

Paris (rue de Bondy). — Cette fabrique fondée en 1780 par Guerhard et Dihl,.fut une des plus importantes de Paris et ses produits rivalisèrent même avec ceux de Sèvres. Grâce au patronage de Louis- Antoine, duc d'Angoulême, elle ne fut pas inquiétée par la Manufacture Royale.

Paris (rue Clignancourt). — En 1775, Pierre Deruelle fonde une fabrique et adopte comme marque un moulin à vent, puis ayant obtenu le patronage de Monsieur, frère du

I Roi (depuis Louis XVIII) il la remplace par son chiffre. Un

! nommé Moitte a succédé à Deruelle.

Paris (rue du Faubourg- Saint-Lazare). — Cette fabrique créée en 1769 par Pierre-Antoine Ilannong, après ses essais à Vincennes, fut reprise par un sieur Barrachin qui la plaça sous le patronage de Charles-Philippe, comte d'Artois. Plusieurs directeurs se succédèrent et le dernier fut Benjamin Schoelcher.

Paris (La Courtille). — Fabrique fondée en 1778 par

Jean-Baptiste Locré dans la rue Fontaine-au-Rôi. Les produits forent si remarquables, qu'elle fut poursuivie par la Manufacture Royale.

En 1784, Locré prend comme associé Russinger qui, resté seul en 1790, s'adjoint un no«uaé Pouyat; en î8oo, ce dernier devient l'unique directeur.

Paris (rue Notre-Dame-des-Champs). — Fabrique de porcelaine dont les différents propriétaires furent successivement Roger, Dagoty et Honoré.

Paris (rue du Petit-Carrousel). — Fabrique de porcelaine fondée vers 1776 par un nommé Guy, puis continuée par son fils en 1799.

Paris (rue du Pont-aux-Choux). — Cette fabrique, qui avait été primitivement installée rue des Boulets par Louis- Ilonoré de la Marre de Villiers, fut achetée par Jean-Baptiste Outrequin de Montarey et Edme Toulouse qui la transférèrent rue Amelot, avec le patronage de Louis-Philippe Joseph, duc d'Orléans.

Paris (rue Popincourt). — En 1780, un nommé Le Maire y fonda une usine que Nast père racheta en 1 788 et transporta rue des Amandiers sous la raison sociale Nast frères.

Paris (rue Thiroux). — En 1778, André-Marie Lebœuf fonda une fabrique qu'il obtint de mettre sous le patronage de la reine Marie-Antoinette, d'où le nom de « Porcelaine à la Heine » donné à ses produits, qui sont très soignés. Guy et Housel succédèrent à Lebœuf.

Porcelaine à la Reine. — Voir : Paris, rue Thiroux.

Strasbourg (Alsace). — La première manufacture de porcelaine dure en France fut établie à Strasbourg. En 1720, un allemand du nom de Wackenfeld obtint le droit d'y faire de la porcelaine ; n'ayant que médiocrement réussi, il s'associa à Charles-François Hannong, faïencier dans cette ville et à Haguenau, mais pour peu de temps.

En 1789 Hannong meurt et soq fils Paul-Antoine reprend les deux usines et s'associe à Ringler, allemand d'origine, qui avait travaillé à Vienne et h Hôchst.

Le succès obtenu par leur fabrication excita la convoitise de l'usine de Vincennes, et Boileau, son agent, offrit à Hannong de lui acheter le secret de la porcelaine, mais les pourparlers n'ayant pas abouti, un arrêt de 1754 obligea Hannong à détruire ses fours, et il dut transporter à Frankenthal sa porcelainerie qui, plus tard, devint la propriété de l'Électeur Charles-Théodore .

Paul- Antoine Hannong meurt en 1760, son fils Pierre- Antoine reprend la manufacture de Frankenthal et la vend peu de temps après à son frère Joseph Adam qui avait gardé la faïencerie de Strasbourg.

Pierre-Antoine fonda alors avec Martin des Aubiez une fabrique de porcelaine dure à Vincennes et plus tard une autre à Paris, au faubourg Saint-Lazare sous le patronage du comte* d'Artois.

Valenciennes (Nord). — Fauquez, faïencier de Saint- Vmand, obtint en 1785, l'autorisation de faire de la porcelaine à Valenciennes et s'associe à un nommé Vannier.

En 1787, Lamoninary, beau-frère de Fauquez, leur succède.

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