PRODUITS
Retranchant 10 p 400 comme ci-dessus, reste 900 arbres pour la vente- 1 re coupe, à cinq ans, 450 arbres vendus sur
pied à 5 fr...... 2.250 »
2* coupe, à 7 ans, 225 arbres à 10 fr 2.250 »
Dernière coupe à 10 ans, 225 arbres à 20 fr . . 4 ^ 500 »
Total. ..... 9 000
« A Fappui de ce que nous avançons, voici les faits : à l'Est de la porte du Jardin d'essai, il existe une ligne d'eucalyptus plantés sur le bord de la route. La première partie, gênée d'un côté par les platanes, de l'autre par des bambous, les^afbres se sont élevés aux. dépens du grossissement du troac ; devant la maison du directeur il eu est également
Digiti
zedby GoOgk
ainsi. Plus loin,. en face du café du Hamûna, les arbres sont dans de meilleures conditions, ils ont un développement plus considérable. Les troncs étant couverts d'épines, nous n'avons pu juger de leur circonférence que par approximation : dans la première partie de la ligne, à un mètrç audessus du sol, ils paraissent avoir, en moyenne, 0,75 centimètres ; en face du café du Hamma, ils ont 0,85 centimètres. Ils sont âgés de cinq ans.
» Suivant le chemin carrossable, allant sur la montagne, en face du jardin, on trouve, au premier tournant, une ligne d'eucalyptus âgés de six ans ; leur circonférence moyenne est de 0,97 centimètres ; suivant la même route, en face de la maison mauresque, les arbres ont sept ans, la moyenne de leur circonférence est de 4 m. 12 c, toujours à un mètre audessus du sol et mesurés avec soin.
» Nous observerons que ces eucalyptus dans la montagne reçoivent tout l'effort des vents de mer ; en outre ils n'ont reçu aucune direction, la sève qui aurait du profiter à rallongement du tronc, s'est divisée dans les branches sans valeur qui aurait du être supprimées quand il était utile de le faire.
» Considérant ces mesures comme un maximum, nous réduirons la moyenne de la circonférence ; ainsi, à cinq ans, de 0,80 centimètres à 0,70 ; à six ans de 97 à 84, enfin à sept ans, de 1 m. 42 c, à 99. Telles sont, suivant nous, les dimensions sur lesquelles on pourra compter, si on a opéré dans un bon sol et donné les soins nécessaires. Ces circonférences donnent les diamètres suivants : à cinq ans 0,23 c, à six ans 0,28 c, à Sept ans 0,33 c. Si l'arbre suit cette progression d'accroissement jusqu'à la dixième année, il aura alors 0,48 c, et à dix mètres d'élévation environ 0,33 c. Or un arbre ayant ce développement, étant refendu, donnera facilement six traverses de chemin de fer. On sait que leur longueur est de 2 m. 70.
Malgré ce qu'on vient de lire, peu de colons ont fait des plantations en vue de réaliser des bénéfices aussi tentants ; mais, M. Trottier, en véritable apôtre de l'Eucalyptus et du reboisement, ne se décourage pas; il revient à la charge et publie, en 4876, une intéressante brochure (4), dans laquelle il dit :
(1) Boisement et colonisation. — Rôle de l'Eucalyptus en Algérie au point de vue des besoins locaux, de l'exportation et du développement de la population.
Digiti
izedby GoOgk
« Le but de tout travail est le profit ; parlant de ce principe, on doit faire ce qui donnera le produit net le plus élevé
« Si on établit la moyenne du rendement des céréales à dix quintaux par hectare, vendus à 30 francs le quintal, prix très élevé, on aura 300 francs de produit annuel, soit 6,000 francs pour vingt récoltes.
« Pendant ces vingt années, les travaux de semailles, de dépiquage, la valeur des semences, le transport aux lieux de vente, peuvent être considérés comme équivalents pour les dépenses à ceux de la plantation des arbres, de leur entretien ef de leur abattage. Or, ces derniers doivent avoir, à cette époque, une valeur que nous abaissons au chiffre de 20,C00 francs.
« La question posée ainsi le dilemme suivant se pose naturellement, la dépense étant la même, vaut-il mieux recevoir 20,000 francs que 6,000 ?
« Nous employons bien nos meilleures terres à la culture de certaines plantes nuisibles, pourquoi ne pas les affecter au bois qui est indispensable ?
« Quant à la culture que nous voulons donner aux arbres, si on objecte que ces soins répétés pendant plusieurs années, sans revgnus, seront onéreux, notre réponse est que: qui veut la fin veut les moyens.
« Il convient donc de démontrer les avantages que nous attendons de cette culture, et de justifier, par des chiffres, ce que doit produire ce travail.
« Le temps où'les arbres occuperont le sol devra se diviser en deux périodes ayant une durée de dix ans chacune : celle de sa croissance et celle de la condensation des produits ligneux. Pendant la première, les Eucalyptus recevraient les soins de culture donnés à une vigne bien entretenue, et nous estimons que ce travail doublera leur croissance ; pendant la deuxième période, le sol restant sans culture, l'accroissement sera ralenti et le bois gagnera en dureté. Calculant largement, cette dépense sera d'environ 700 fr., soit, y compris les intérêts à cinq pour cent de cette somme successivement dépensée, un chiffre rond de 4,000 fr. *
» Si, à 20 ans, ces soins donnent à la plantation un développement qu'elle n'eût atteint qu'à 30 ans si on les eût négligés, et qu'on évalue à 20,000 francs la valeur du bois réalisée dix aos plustôt, les intérêts de ce capital produiront
zedby GoOgk
12,578 francs, ci. \ 12.578 f.
Estimant à 50 fr. la valeur locative du terrain ainsi déboisé dix ans plus tôt, on aura de ce chef, avec les intérêts à 5 pour cent 660
Total 13.238 f.
« Selon nous, ce résultat est probable, pour ne pas dire certain ; qu'on le réduise autant qu'on voudra, le capital employé aux soins que nous recommandons aura produit un énorme intérêt.
« Au commencement de ce siècle, les bois étaient presque sans valeur, il n'en est plus ainsi, et les prix élevés de notre époque sont une véritable prime à la destruction de ceux qui restent encore. Hâtons-nous d'ajouter et un encouragement à planter, car, avec certaines essences nouvelles, cette opération, qui eût été sans profit autrefois, sera des plus rémunératrices.
» D'après les tables de Cotta, sur les meilleures terres en Europe, il faut un siècle pour produire, sur un hectare, 450 mètres cubes de bois de chêne auxquels il donnait une valeur de 9,000 francs. Ces mêmes bois, aux prix de vente dans la Bourgogne, auraient produit :
» En 1814, à Fr. 32 le mètre 14.400 fr.
» Si on admet que dans les vingt-cinq années qui vont suivre pour arriver à la fin du siècle, époque où les plantations faîtes en ce moment donneront leurs produits, l'augmentation annuelle sera égale à celle de 1860 à 1875, soit 3 fr. 20 c, on arrivera au chiffre énorme de 185 fr., prix du reste qui est déjà dépassé pour les pièces de gros équarrissage, communes autrefois et rares aujourd'hui. Du commencement de ce siècle à la fin, le prix du bois de chêne aura donc presque décuplé.
» On comprendra facilement que planter autrefois avec les prix de Cottà eût été folie ; le faire avec les prix actuels et la perspective de ceux à venir, sera une excellente opération. Toutefois, personne ne sera tenté de planter des chênes, pour les réaliser après ceirt ans, quel qu'en soit le prix.
» Avec l'Eucalyptus, il n'en est plus ainsi; on peut espérer que vers la dixième année, le produit des coupes d'éclaircies aura couvert, et par de là, les frais de plantation,
Digiti
izedby GoOgk
capital et intérêts, surtout si on a opéré sur des points où la vente du bois et les transports soient faciles.
» Pour rendre les faits plus saisissants, comparons les deux opérations.
» A cent ans, le chêne produit 450 mètres cubes de bois par hectare qui, au prix de 105 francs, donne pour l'opération entière 472,350 francs. •
» Cette même quantité de bois, avec l'Eucalyptus, peut être produite en vingt ans et réalisée à 20,000 francs. Cette somme placée à l'intérêt de cinq pour cent, de 20 ans à 100 ans, donnera avec ses intérêts composés, le chiffre énorme de 816,800 francs, et si, par cas, la réalisation avait lieu au même prix que le chêne, cette somme serait plus que doublée.
« Ajoutons encore que le terrain occupé par les Eucalyptus devenant libre après vingt ans, rentre à la masse pour être soumis aux cultures annuelles.
A l'appui du tableau de croissance qu'on a vu, page 114, M. Trottier donnait sur le rapport dû bois d'œuvre, le tableau suivant que j'ai cru devoir placer ici.
« es
S .sp
«D es
Jg e g £ 1 1
ce u
os,
EMPLOIS dES BOIS
3 us
8 lètres
500 fr.
Chevrons.
20 fr.
Charpentes, poteaux télégra-,
phique, enarronnage.
Traverses de chemins de fer.
Grands emplois, Marine.
Grands emplois.
« Ainsi, voilà des plantations qui donnent un produit utilisable dès la troisième année ; au bout de dix ans, les coupes peuvent rapporter un minimum de 3,000 fr., et ledit bois pourra être utilisé comme traverses de chemins de fer.
» En attendant que nous arrivions à la période d'exploitation, les bois subiront certainement une augmentation considérable et certaine, et nos évaluations faites sur les prix actuels pourraient bien être dépassées.
PlantaîioUs 4eH. àblés-Dufour. *- D'âpres le» expériences faites par M. Arles Dufour dans sa propriété des Sources à Oued-el-Aleug, le coût de la plantation peut s'ètablir approximativement comme suit :
Laboun et hersage , 30 ft\ *
4,000 arbres en pots à 10 c. Tan 100 »
1 ,000 trous k la tâche , BO »
Remplir les trous 10 »
Arrosage pour assurer la reprise 5 »
Plantation et transport 15 »
Total. . . . 210 ftv
llll I M MiÉ
FAÇONS DE LA 1 w ANNÉE.
Un binage de printemps 15 fr.
Un labour 15
Un hersage , . . 5
Total. ... 35 fr.
FAÇONS DE LA 2 e ANNÉE.
Un butage d'automne 20 tir.
Un labour 15
Un hersage 5
Total, ... 40 fr.
Mil "i i
Après les façons, la plantation qui a de dix-huit mois à deux ans est assurée ; elle revient donc, sans compter la rente dû sol, mais en y ajoutant 15 francs pour frais dé remplacement des manques, à trois cents francs par hectare ; ce chiffre a été rarement dépassé, et souvent, dans les plantations d'automne et lorsque toutes les façons indiquées n'ont pu être données, ou bien encore dans les plantations moins denses, il n'a pas été atteint.
Le coût réel de revient des plantations du Domaines des Sources a été déclaré, comme suit, dans la dériiande d'adtriission au concours agricole et horticole d'Alger — 1876 :
Digiti
izedby GoOgk
- La surface boisée représente environ 18 hectares complantésde 10,000 Eucalyptus Globulus, 2,000 Eu. Resinifera, 500 Eu. Colossea, 400 Eu. Teuterfield, 600 Casuarina Tenacissima et 200 arbres de variétés diverses australiennes. Les plantations commencées en avril 4860 ont été continuées à raison de 2 à 3 mille arbres par an, en massifs, affectant la forme de brise- vents. Les terres complantées sont des terres à blé, profondes mais sèches pour la plus grande partie et reposant sur des graviers terreux.