Granit gris. — H. i^ 62; larg
o™ 71. — (Mariette, Mon, Div,, pi. 9.)
Le royaume d'Ethiopie, fondé par les descendants des grands-prêtres d'Ammon, était une théocratie absolue. Le dieu choisissait le roi à sa guise, et la stèle 114, qui est le procès verbal de l'élection d'Aspalout, nous montre comment les choses se passaient. L'armée, réunie près de la Montagne Sainte à Napata, choisit six officiers qui, réunis à d'autres délégués des grands corps de l'état, proposent qu'on élise un roi. «Allons, donnons-nous un maître qui » soit comme un jeune taureau irrésistible!» Et cette armée se prit à se lamenter beaucoup, beaucoup, disant : « Notre maître est avec nous, sans que nous le V connaissions encore ! Comment pourrons-nous le con- » naître!» Et chacun d'eux dit à l'autre : «Personne » ne le connaît, sauf Rà lui-même ; puisse le Dieu » détourner de lui tout mal qui le menace en quel- » que lieu qu'il soit !» ... Lors, l'armée de Sa Majesté dit tout entière d'une seule voix : « Mais, il y a » ce dieu Ammon-Râ de la Montagne Sainte, qui est » le dieu d'Ethiopie! Allons, marchons vers lui, ne » parlons pas en ignorance de lui, car elle n'est pas > bonne la parole qu'on prononce en ignorance de
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»lui! Posons le cas à ce dieu, qui est le dieu du » royaume d^Éthiopie, depuis le temps de Rft. Il nous » guidera, car les rois d'Ethiopie sont de ses mains, » et il donne le pays à son fils qui Taime ...» Voici que dit cette armée tout entière : « C'est une excel- » lente parole, en vérité,» un million de fois.
On se rend donc au temple ; les délégués, dûment purifiés, vont se prosterner devant la statue d'Ammon-Râ et lui présentent leur requête. Les prêtres éthiopiens savaient fabriquer des images miraculeuses, capables de mouvement et de parole : c'était un art qu'ils tenaient de leurs ancêtres égyptiens. Tous les membres de la famille royale défilent devant la statue, qui reste impassible. Aspalout arrive à son tour, aussitôt la statue le saisit et parle : « C'est lui » votre roi ! c'est lui votre maître qui vous fait vivre! » et les chefs de l'armée acclament le nouveau Pharaon. Celui-ci entre dans le sanctuaire, se fait couronner par le dieu lui-même, puis se rend au milieu des soldats. La fête finit, comme finissent les fêtes de ce genre, par des distributions de pain et de bière. — Ep. persane. Gebel-Barkal,