ROYALES
§ I. — Salle funéraire.
La salle funéraire a été formée par la réunion de l'ancienne Salle de VEst et d'un couloir étroit où Mariette avait déposé provisoirement quelques objets
Vitrines AN, AO, AP. 225
d'époque gréco-romaine. L'arrangement n'en est pas encore définitif et plusieurs monuments de grandes dimensions y ont déjà leur place marquée : ils ne pourront toutefois venir l'occuper d'ici quelque temps, faute d'argent pour les transporter.
Tous les petits objets que renferment les vitrines proviennent des chambres sépulcrales ou ont été ramassés sur les momies elles-mêmes. Chacun d'eux avait pour le mort sa signification que j'essaierai de déterminer à mesure que l'occasion s'en présentera.
A droite, en entrant, on ira vers un meuble plat, composé de huit vitrines, rangées autour d'une statuette en calcaire de l'Ancien empire.
Vitrines AN, AO, AP.
Collection de scarabées en matières diverses. Le scarabée s'appelait en égyptien Khopirrou, Khopri, de la racine khoprou, devenir : aussi est-il devenu de bonne heure en Egypte l'emblème de la vie humaine et des devenirs successifs de l'âme dans l'autre monde. Le scarabée était donc avant tout un symbole mystique de vie, et les plus gros, ceux que nous rencontrerons dans les vitrines AR et AT, ont gardé le caractère primitif d'amulette. Les petits ont fini par n'être souvent que de simples bijoux, sans véritable valeur religieuse, comme chez nous les croix que les femmes portent au cou comme complément de leur toilette. Une fois détourné de sa signification première, le scarabée fut mis à toutes sortes d'usages industriels : on l'employa comme chaton de bague, comme pendeloque de boucle d'oreille,
226 Salle funéraire.
comme perle dans les colliers. Les signes gravés sur le plat sont, tantôt de simples combinaisons de lignes y des enroulements, des entrelacs sans signification précise; tantôt des symboles auxquelles le propriétaire de l'objet attachait un sens mystérieux et que personne, sauf lui, ne pouvait comprendre; tantôt le nom et les titres d'un individu; tantôt des cartouches royaux ayant un intérêt historique (cfr. Salle du centre, Vitrine P, p. 87 — 97); tantôt des souhaits de bonheur, des sentences pieuses, des formules magiques. Je n'ai pas la prétention d'en essayer ici le classement : il me suffira d'indiquer en passant que le cartouche Menkhopirrî, si fréquent à toutes les époques, n'a pas été gravé le plus souvent en l'honneur du Pharaon Thoutmos III, qui a porté ce prénom : c'est une phrase de bon augure, dont les trois signes expriment un des dogmes fondamentaux de l'orthodoxie égyptienne, Durable à jamais est le devenir de Rd. Les scarabées les plus anciens ne sont pas ordinairement recouverts d'une pâte vitreuse : ils portent autour du nom ou des signes qu'ils renferment ou une série d'enroulements caractéristiques. Les scarabées en améthystes sont de la XI® et de la XII" dynastie pour la plupart. Les vernis verts deviennent fréquents à partir de la XII® dynastie, et les vernis bleus à partir de la XVIII®. La fabrication des scarabées faux a pris dans ces derniers temps un développement considérable et a été poussée à un degré de perfection étonnant : le visiteur trouvera, dans la Salle grecque, quelques spécimens de scarabées faux provenant des ateliers de Thèbes. La vitrine AP renferme les
Vitrine AQ. 227
scarabées grands et petits du travail le plus fin et des matières les plus précieuses. Beaucoup d'entre eux sont de véritables œuvres d'art : tous les détails de l'insecte y sont traités avec une justesse et une habileté de main merveilleuses.
Vitrine AQ,
Elle contient une collection de divinités et d'emblèmes divers, la plupart en bronze. Outre des types déjà décrits, on y remarquera :
Parmi les objets inscrits sous ce numéro s'en trouvent trois qui ont une certaine valeur :
10 La déesse Noub, assise sur le signe de l'or r-rx-^ et levant les deux bras (Schiste, H. 0°^ 078). La déesse Noub, ou déesse d'or, était une forme d'Hathor ou d'Isis : elle est souvent représentée aux pieds des cercueils ou des momies. Après avoir refondu {noub, fondre, par calembourg avec noub, or) les membres d'Osiris, séparés et mutilés par Sit, elle rendait le même service au défunt. — Ep. saïte.
Saqqarah.
20 Une petite stèle d'Hor sur le crocodiles (cfr. Salle du centre, no 1841, p. 191) en pierre saponaire et destinée à être portée comme amulette (H. 0™ 087; larg. 0™ 042). — Ep. grecque.
Saqqarah.
30 Un Ammon ou Khnoum (cfr. Salle du centre, Armoire G, no 1904, p. 167) à tête de bélier, en bronze (H. 0™ 18) d'un travail assez fin. — Ep. saïte. Thèbes.
228 Salle funéraire.
4585. — Bronze. — H. o"™ 35.
Une déesse, Isis ou Nephthys, debout, étend ses^ bras garnis d*ailes, pour protéger et couver le corp& d'Osiris, tué par Typhon : un monument conservé dans la Salle du centre donne à la déesse le surnom de Khouït, la protectrice. Le bronze a été évidé en plusieurs endroits : il avait dû recevoir des émaux ou des pierres dures de couleurs variées^ que les Arabes ont volées au moment de la découverte. — Ep. saïie. Zaga^^ig,
4587. — Bois.
Deux plaquettes (H. o™ 054) sur lesquelles est dessiné au trait un dieu Bis, dansant (cfr. Salle du centre, Armoire I, no 1709, P* I55)» — Ep» grecque^
Saqqarah.
4591. — Bronze. — H.o"^ 074; larg. o™ 079.
— (Mariette, Abydos, t. III, p. 1494, n^ 586)..
Un poisson lépidote, posé de champ sur un naos quadrillé : devant ce groupe, une femme debout^ présente un miroir. Le poisson n'est autre que la déesse du Nord Mihtit. — Ep. saïte. Abydos,
4592. — Bronze. — Long, o"^ 058.
Modèle de la pique avec laquelle Hor combattait Typhon. La haste est surmontée d'une tête d'épervier, du milieu de laquelle sort une pointe de lance triangulaire. — Ep. grecque. Saqqarah,
Vitrine AR.
Les gros scarabées étaient le symbole du cœur- Après avoir enlevé le cœur du mort, on le rem-
Vitrine AR. 229
plaçait par un scarabée, sur lequel était gravée une formule magique {Livre des Morts, Ch. XXX, et •Ch. LXIV, 1. 33 — 36) : « O mon cœur qui me vient »de ma mère, mon cœur de quand j'étais sur terre, » ne te lève pas contre moi, ne porte pas témoignage >en ennemi contre moi, par devant les chefs divins; »ne m'abandonne pas devant le Dieu Grand, Sei- »gneur de l'Occident! Salut à toi, cœur d'Osiris, qui »vis dans l'Occident; salut à vous, viscères divins; » salut à vous, dieux à la barbe tressée, puissants »par votre sceptre; dites du bien du mort et ac- » cordez qu'il prospère par l'intermédiaire de Nahb- »koou» (cfr. Salle du centre, Armoire I, no 171 5, p. 157). Le cœur était placé dans la balance, au moment du jugement suprême (cfr. p. 195), et son témoignage décidait du sort de l'homme : la formule avait pour effet de le contraindre à ne dire que le bien devant les dieux et à taire les mauvaises actions. Pour plus d'efficacité, on joignait souvent à la prière des représentations de divinités -qu'on gravait sur les élytres, sur le corselet, même sur le plat du scarabée. Ainsi le scarabée no 4540 <Schiste, H. G" 082) porte : sur le corselet, le dis- ■que û,, adoré par deux cynocéphales à genoux; sur les élytres, deux figures d*Ammon accroupi, coiffées du diadème Atef; sur le plat, la barque solaire et, dessous, Osiris - momie, assis entre Isis et Nephihys qui l'enveloppent de leurs ailes. Le scarabée no 4545 (Schiste, H. o™ 069) a : sur le corselet, le disque lunaire O entre les deux yeux mystiques; sur l'élytre de droite, Osiris accroupi, coiffé du diadème Atef; sur l'élytre de gauche, Râ
à tête d'épervier, couronné du disque solaire. Quelques scarabées ont une tête humaine (no 4542, Schiste^ H. o™ 057); rarement une tête d'épervier ou une tête de bœuf. Plusieurs sont cerclés d'or.
Les scarabées du cœur étaient fabriqués k Tavance et s'achetaient tout faits chez le marchand. On en trouve où les lignes sont marquées mais non remplies (no 4527, Ardoise, H. 0™ 086), où la formule a été gravée et le nom laissé en blanc (nos 4525, 4528, 4530, 4531, etc.), où la formule est incomplète (nos 4516, 4529, 4538, 4539, etc.), où les signes n'offrent aucun sens (no 4534, Schiste, H. o™ 065).
4515. — Jaspe vert. — H. o"* 045.
Scarabée du domestique d'Ammon, Amennakht.
La tête manque. — XX® dyn. Thebes,
4519. — Jaspe vert. — H. o"* 065.
Le nom et les titres du propriétaire ont été grattés avec soin, mais aucun nom nouveau n'a été inscrit à la place. — XX« dyn. Thebes,
4521. — Schiste, — H. o"^ 048.
Scarabée de Ourshou «dont la voix est juste » comme celle du juste qui vit dans sa forteresse en »la nécropole, l'esprit de l'Ouest». — XX® dyn.
Saqqarah,
4523. — Schiste. — H. o"^ 055.
Scarabée de la dame Nephthys. La formule n'est pas celle du chapitre XXX du Livre des Morts : «Mon cœur est à moi dans la maison des cœurs; » mon viscère est à moi dans la maison des viscères.
Vitrine AR. 23 1
»I1 est à moi mon cœur et il repose en moi et il » ne se sépare point de la défunte Nephthys à jamais, »dans la tombe». — Ep. saïte. Saqqarah,
4551, — Jaspe vert. — H. o"* 058,
Vase cordiforme; échange avec le scarabée et joue le même rôle que cet amulette. Sur une des faces est gravé le scarabée, sur l'autre le nom du possesseur, le scribe du trésor Atef. Un autre monument du même genre dans la Salle du centre {Armoire V, no 3080, p. 118). — XX« dyn. Thèbes.
4555. — Améthyste. — H. o^ 026.
Cœur surmonté d'une tête humaine*. — XI® dyn. (?).
Thèbes.
4556. — Améthyste. — H. o"» 035.
Cœur humain. — XI® dyn. (?). Thèbes.
4562. — Jadéïte noire et calcaire noirci.
— Long. moy. O™ 09.
Vingt-quatre amulettes représentant deux des doigts de la main droite, l'index et le médius, allongés et réunis. Au moment de la mise au tombeau, le prêtre célébrant exécutait sur la momie diverses cérémonies, destinées à lui rendre l'usage de ses membres dans l'autre monde : la principale était Vouverture de la bouche, qui lui permettait de respirer, de manger, de boire, surtout de parler. On se servait pour cette opération de plusieurs instruments, de l'herminetie f^ — ^, d'un ciseau à tête de serpent analogue aux serpents exposés Salle funéraire, Vitrine AL, sous le no 4195, ou des deux doigts. Les deux doigts.
232 Salle funéraire.
déposés dans le cercueil, étaient une protection suffisante contre le mauvais œil et ses conséquences fâcheuses. — Ep. saïte. Abydos et Saqqarah,
Vitrine AS.
Ce n'est plus d'objets ayant un caractère religieux et funéraire qu'il s'agit dans cette vitrine : elle ne contient que des poids trouvés au milieu des ruines de plusieurs villes. La métrologie ég}'ptienne a été l'objet de travaux importants, mais dont les résultats sont souvent contradictoires, selon les idées théoriques particulières à chaque auteur. Sans entrer dans la discussion, je me bornerai à donner les faits admis en général. L'unité de poids adoptée était Vouten ou tonou, dont la valeur varie, suivant les exemplaires, entre 87 et 95 gr. : en prenant la valeur moyenne de 91 gr., on ne commettra pas de trop fortes erreurs dans la transcription des pesées égyptiennes en poids modernes. Uouten se divisait en dix kite, et audessous de la kite, on trouve, dans certains textes éthiopiens, le pok, qui vaut la cent vingt - huitième partie de Vouten, soit environ o gr. 71. L'étude des objets eux-mêmes nous montre qu'on employait couramment, dans le commerce, des poids représentant des multiples et des sous-multiples de Vouten et de la kite; mais nous ne savons pas jusqu'à présent si chacun d'eux avait ou n'avait pas de nom particulier.
Les poids égyptiens avaient des formes assez variées et étaient de matières assez différentes. Il y en a de carrés avec ou sans bouton, de ronds, d'ob-
Vitrine AS. 233
longs en amande; le bronze ne se rencontre que rarement dans nos collections, mais toutes sortes de pierres y figurent. Les plus gros poids n'étaient pas fabriqués sur un module géométrique : on leur donnait des formes de fantaisie, telles que celles du bœuf
couché 2^3^» du demi-bœuf 2^, de la tête de veau
<£?. Ces animaux-poids sont fort rares et je n'en avais jamais vu, jusqu'en 1881, au moment où M. Wilbour donna au Musée une tête de veau en granit gris, du poids de trois cents outens (cfr. Cage AD, no 4475). Un certain nombre des objets réunis par M. Mariette dans la Vitrine AS, et qu'il considérait comme étant des poids, n'avaient pas évidemment cet usage : ainsi le no 4391 en hématite (poids 10 gr. 110= i kité), le no 4394 en cornaline (poids 9 gr. 731 = i kité), les nos 4398, 4399, en silex et en calcaire rose. Je les ai laissés pourtant à leur place dans la série, comme termes de comparaison pour les poids véritables. Presque tous les objets que renferme cette vitrine ont été reproduits avec soin par Mariette dans ses Monuments Divers, pi. 97, 98, 99 et 100.
Au milieu des poids (no 4361) figure le matériel nécessaire à la construction d'une balance de petites dimensions, telles que celles qu'employaient les orfèvres ou les pharmaciens : un fléau en bois, long de G™ 278, percé au milieu d'un trou, par lequel passe la cordelette destinée à soutenir l'instrument, et six plateaux de bronze, percés chacun de quatre trous pour les chaînettes de suspension. Les dimensions de ces plateaux ne sont pas entièrement identiques; ils ont respectivement b™ 52, o"» 62, o"» 68,
234 ^^''^ funéraire.
o" 67, o™ 61, o°* 57 de diamètre. 11 est probable cependant qu*ils étaient appareillés deux à deux. Les anciens n'avaient sur la précision des exigences aussi fortes que nous : ils en auraient eu, que toute leur habileté n'aurait pas suffi à les satisfaire. Je ne me rappelle pas avoir rencontré dans aucun musée un modèle des grandes balances à pied qu'on voit parfois dessinées sur les monuments : pour se faire une idée de la forme et des proportions qu'elles avaient, il faut examiner, sur le papyrus funéraire de la Salle du centre (no 1847, p. 194—197), la scène du jugement et la pesée de l'âme.
Vitrine AT.
Outre les scarabées du cœur (cfr. Vitrine AR, p. 228 — 229) et les doigts (cfr. Vitrine AR, n9 4563, p. 231), la vitrine AT renferme des pectoraux en forme de naos.
Le scarabée, pris comme emblème divin, représentait Khopri, le soleil levant, le soleil qui se produit (Khoprou) au matin de chaque jour, et qui renaît, après être mort le soir du jour précédent. Enfermé dans le disque solaire et posé sur la barque divine, il recevait les prières d'Isis et de Nephthys, dont la protection l'avait aidé à passer sans danger les heures de la nuit. Cette scène d'adoration est le motif principal que les Égyptiens ont employé à la décoration des pectoraux. Le scarabée est isolé ou debout sur la barque entre Isis et Nephthys. Plus souvent il a été taillé séparément et rapporté dans un creux ménagé à cet effet au centre de la pièce ;
Vitrine AT. 235
s'il est écrit, il porte sur le plat tout ou partie du chapitre XXX du Livres des Morts, {Vitrine AR, p. 229). Dans certains cas, Tadoration au scarabée est remplacée par une scène d'of&ande aux dieux, à Anubis (no 4352), au bœuf Hapi (no 4340). Quelle que fût l'image, le pectoral avait pour vertu de mettre le mort sous la protection des divinités représentées, et de l'identifier au soleil levant pour la résurrection.
4328. — Email vert incrusté. — H. o"' i o ; larg. o"' 098.
Pectoral au type d'Isis et Nephthys adorant le scarabée. Le naos est orné d'incrustations en pâles de verre. Le scarabée est en jaspe vert sans légende.
— Ep. saïte. Abydos.
4325. — Email bleu. — H. o™ 066; larg.
Scarabée aux ailes éployées : les deux ailes étaient rattachées au corps de la bête par de simples fils de lin. Le scarabée volant, étant un emblème du soleil, jouait sur la poitrine du mort le même rôle que le pectoral en forme de naos. — Ep. saïte.
TJîèbes.
4326. — Email bleu. — H. o"* 034; larg.
Scarabée, aux ailes éployées, en une seule pièce.
— Ep. saïte. Saqqarah.
4327. — Perles de couleur. — H. o"* 08 ; larg. o"" 212.
Scarabée aux ailes éployées provenant d'un mail-
236 Salle funéraire.
lot en perles de couleur, analogue à celui qui recouvre la momie de Tripi {Salle du centre, no 3967, p. 189). — Ep. grecque. Saqqarah.
4338. — Calcaire blanc. — H. o"^ 09; larg. o"™ 075.
Pectoral en forme de naos : le scarabée, placé entre deux plumes d'autruche, est taillé dans le môme morceau que le reste. — Ep. grecque.
Saqqarah,
4339. — Schiste émaillé. — H. o"» 065 ; larg. o"™ 085.
Pectoral en forme de naos : la barque est au milieu, avec Isis et Nephthys, mais elle porte deux petits scarabées au lieu d'un gros, un pour chaque déesse. — Ep. saïte. Saqqarah,
4350. — Email vert, — H. o"^ 088; larg.
Pectoral divisé en trois registres. Au premier, Isis et Osiris reçoivent l'offrande du défunt; au second, la barque solaire avec le scarabée posé sur le lotus épanoui; au troisième, le défunt en adoration devant Anubis et Thot à gauche, devant Thot et un génie armé du couteau à droite. Le tout est d'un travail très fin : le scarabée, en feldspath vert, n'est pas le scarabée original. — Ep. saïte. Abydos.
Vitrine AU,
Elle renferme des sceptres et des emblèmes de divinités.
Vitrine AU. 237
4259. — Bois. — Long, o™ 13.
Serpent à tête de bélier : c'est le symbole de Khnoum ou d'Ammon. — Ep, saïte. Thebes,
4262, — Bronze incrusté d'émail. — H.
Le dieu Râ à tête d'épervier coiffée du disque : il tient sur ses genoux la plume de justice. — Ep. saïte. Zaga:{ig,
Osiris et tous les dieux en forme de momie, Mîn, Khons, Sokari, tiennent dans une main une sorte de fouet ou plutôt de fléau M\, orné de diverses
manières. C'était, paraît-il, un emblème de fécondité. La vitrine AU contient beaucoup de fouets, provenant de statuettes en bronze aujourd'hui détruites. Les uns étaient fort ornés : le no 4263 (H. o™ 113) est incrusté d'or, de cornaline et de lapis-lazuli, les nos 4264 (H. o«» 182), 4265 (H. 0" 16), 4287 (H. G™ 063), 4288 (H. o™ 195), étaient garnis de pâtes de verre. Les autres étaient simplement décorés au trait : un seul est à charnière (no 4291, H. o™ 092).
4266 — 4267. — Bronze. — H. o"^ 084 et o"* 114.
Bout de sceptre, formé par un chapiteau de colonne en feuilles de palmier. — Ep. saïte.
Zaga^ig.
4272 — 4273. — Bronze. — Long, o"* 12.
Deux mondt (cfr. Salle du centre, Armoire /, no 1732, p. 158) surmontés d'une égide, d'où sortent
238 Salle funéraire.
les têtes du dieu Shou et de la déesse Tafnout (cfr. Salle du centre, Armoire J, no 1724, p. 157). — Ep. saïte. Zaga^ig.
4284. — Bronze. — H. o^ 19.
Les sceptres que tenaient en main les rois, les dieux et les déesses, se composaient d'une tête de forme variée, généralement en bronze, d'une haste en bois, et d'une partie inférieure terminée par une sorte de crochet, en bronze. L'objet no 4284 est la partie inférieure d'un sceptre (cfr. Salle du centre, Armoire X, no 301 1, p. 126). — Ep. saïte.
Zaga\ig.
4289. — Email vert. — H, o"^ 096.
Le plus fréquent des sceptres T est celui que les
textes appelent ouôh, ots, :{ddmou : il est surmonté d'une tête de quadrupède au museau allongé, aux yeux longs, aux oreilles carrées, que l'on croit être la gerboise, consacrée au dieu Sît. ChampoUion l'appelait, sur une indication erronée de Kircher, le sceptre à tête de coucoupha, et ce nom est encore
usité dans l'école. Le sceptre , signifiant la puissance et la fermeté; il assurait au porteur l'empire sur l'univers. On l'assimilait aux piliers du ciel : c'est pour cela que certaines stèles sont encadrées
à droite et à gauche entre deuxl, sur lesquels pose
le signe du firmament v j ou de la voûte étoilée
<:;^==^. — Ep. saïte. Saqqarah.
Vitrine AU. 239
4295 — 4296. — Bois. — H. o"^ 275 et o"^ 175.
Sceptres à tête du chacal "i, ousir en égj'ptien. Il signifie la force et la richesse. — XX® dyn.
TTièbes.
4297. — Bronze. — H. o"^ 094.
Sceptre en forme de fleur de lotus, dont le bout inférieur est brisé et tordu. Un serpent s'enroule autour de la tige et se redresse sur la fleur en gonflant le cou. — Ep. saïte. Zaga^ig,
4298. — Bronze. — H. o"^ 116.
Sceptre du môme tj'pe : le serpent a sur la tête une couronne blanche de la Haute Egj'pte. Cfr. no 4301, où le serpent est couronné du pskhent. — Ep? saïte. " Zaga^ig.
4302. — Email vert. — H. o"^ 054.
La coiffure de plume du dieu Bîs (cfr. Salle du centre, Armoire /, n© 1709, p. 155) : une lionne est couchée devant et regarde en face. — Ep. grecque.
Sceptre hiq, f, celui qu'on appelle communément
la houlette : il désigne la royauté et il est mis aux mains d'Osiris souverain des vivants et des morts, en môme temps que le fléau (cfr. p. 237). — Ep. saïte. Zaga:(ig,
240 Salle funéraire.
4312. — Bois. — H. o"^ 124.
Sceptre composite y > Il ' nommé Amsou, et formé du casse-tête S ou 11 et du fléau JK, Il marque l'autorité d'un chef sur ses subordonnés et, comme tel, est l'emblème du pouvoir que le mort exerçait sur les mânes. — Ep. saïte. Thèbes,
4313. — Bois. H. o"^ 123.
Casse-tête ë, qu'on voit très fréquemment dans
la main des grands seigneurs égyptiens sur les basreliefs de l'Ancien empire (cfr. Salle de V Ancien empire, no 881). — Ep. saïte. Thèbes,
Armoire AE,
L'armoire AE ne renferme guères que des objets dont j'ai déjà expliqué la signification, des statuettes d'Osiris (cfr. Salle du centre, Armoire M, no 1220, p. 142), des boîtes à canopes (no 4407, cfr. Salle du centre, Armoire O, p. 128) ou à statuettes funéraires (no 4413, 4427, etc., cfr. Salle du centre, Armoire O, no 1651, p. 136 et Armoire M, no 121 5, p. 142), des éperviers accroupis (no 4424) ou debout (no 4422; cfr. Salle du centre, Armoire N, no 1122, p. 139). On remarquera pourtant :
Un collier formé de perles des dimensions et des matières les plus diverses, en cornaline, en améthyste, en hématite, en olivine, en grenat, en onyx, et surtout en verre coloré. La grosse perle du mi-
Armoire AE. 241
lieu est d'un travail des plus remarquables : elle est entourée d'une sorte de ceinture en fils de verre imitant la corde. Les disques en terre émaillée qui forment cordon autour du collier proviennent de Tell-Yahoudîéh, comme les objets exposés dans la Salle du centre (Armoire Y, no 3289, p. 109).
4402. — Faïence émaillée. — H. o™ 1 15 ; long, o"^ 215.
Débris d'une frise formée d'oiseaux fantastiques se détachant sur fond bleu. Chaque brique porte deux oiseaux, et le tout provient, comme les disques du no 4401, de Tell-Yahoudîéh. — XX« dyn.
4415. — Terre cuite. — H. o^ 48. — (Mariette, AôydoSf T. III, p. 582, n^ 1482.)
Canope à tête d'épervier renfermant une momie d'ibis (cfr. Salle du centre y Armoire M, no 1200, p. 140). — XX® dyn. Abydos.
4420. — Bois doré. — H. o"* 35.
Stèle stuquée, jadis dorée, provenant du tombeau de la dame Tatonkh, fille du prophète de Montou, Nibnoutîr, et de la dame Bibi. Les voleurs, qui ont enlevé l'or du reste de la stèle, ont été saisis d'une crainte religieuse devant la figure d'Osiris et l'ont laissée intacte, preuve évidente que la profanation du monument a eu lieu du temps où l'Egypte était encore païenne. — Ep. saïte. Déir el-Baharu
Cage AD.
4433. — Albâtre. — Long, o"^ 25.
Palette de scribe (cfr. Salle du centre, Armoire X,
242 Salle funéraire.
qo 2929, p. 120) : rétui à calâmes n'est qu'indiqué, et l'encre rouge est simulée par un disque en marbre rose, ce qui prouve le caractère purement votif de l'objet. Il appartenait au Prince héréditaire, directeur des prophètes, Hapi, — XIII® dyn. Abydos.
4434. — Calcaire. — H. o"™ 60.
Statue de Sorkerî Amenhotpou 1er : le nom est tracé à l'encre rouge sur la boucle du ceinturon. La figure en pied de Nofritari, mère d'Amenhotpou et femme d'Âhmos 1er est gravée au trait, sur le côté gauche du pilier auquel le roi est adossé. Le visage, d'un travail très fin, est barbouillé de bleu, et rappelle le profil de Séti 1er à Abydos; la légende, tracée sur le derrière du pilier, porte d'ailleurs le nom de Séti 1er, ce qui nous permet de placer avec certitude l'érection du monument sous le règne de ce Pharaon. — XIX® dyn. Médinet -Thabou.
4436. — Diorite verte. — (Mariette, Mon, Div,, pi. 25.) — Long, o"^ 15.
Certains bas-reliefs de Dendérah représentent les phases de la résurrection d'Osiris et nous montrent qu'à chacun d'elles répondait une position différente du dieu. Au début, le corps reconstitué par Isis et Nephthys est étendu tout de son long sur un lit funéraire, la face au ciel : sous l'influence des deux couveuses divines, il se ranime peu-à-peu, et l'une des premières manifestations qu'il donne de son retour à la vie, consiste à se retourner brusquement sur le ventre. Le monument no 4436 est un Osiris
Cage AD. 243
en voie de résurrection. Il vient de se retournep et lève en souriant sa tête chargée des deux plumes d*or. C*est la pose des colosses qu^Âmasis avait pla> ces devant le temple de Sais, au témoignage d'Hérodote. La face d'Osiris présente une ressemblance frappante avec celle d*Ouhabrî (Âpriès).» — XXVI® dyn.
HorbaïU
4440. r- Bronze. — H.o"^io8;larg.o"^04i; iong. o™ 13.
Boîte eh forme de naos qui renfermait la momie d'un petit chat. Sur le couvercle, une chatte, accroupie, miaule de l'air le plus naturel. — Ep. saïte.
Zaga^ig.
4441. — Bronze. — H. o'"532 ; long, o™ 33.
Enseigne sacrée en forme de barque (cf. Salle du centre. Armoire V, no 3107, p. 120). L'équipage ordinaire nianque : il n'en reste plus que deux petits personnages, l'un à l'avant, l'autre à l'arrière, et qui soutiennent, dans la posture de Shou {Salle du centre, Armoire I, no 1724, p. 157), les deux lotus épanouis en disque de la proue et de la poupe. — Ep. saïte.
4442. — Schiste. — H. o™ 36.
Scribe debout, tenant à deux mains un petit naos monté sur une colonne et renfermant Osiris en forme de momie (cfr. Grand Vestibule, no 285, p. 44). C'est le cousin royal Zabinibdidnamou, fils de la chanteuse de Binibdid (Osiris de Mendès) Tikhout et de Nsimihit. — XXI«— XXIU* dyn. Tmat el-Amdîd.
244 ^^^'^ funéraire.
4444. — Calcaire. — Long, o"* 29; larg.
Table d'offrandes d*Onkh, attaché au tombeau du roi An. — V* dyn. Saqqarah.
4449. — Bronze. — Long, i"^ 38.
Serpent lové, qui servait probablement à orner le bas-côté d'un naos portatif en bois. — Ep. saïte.
Ahydos.
4450- — Granit noir. — (Mar., Aèydos, T. m, p. 41, no 373.) — H. G™ 42.
Le scribe royal Ani, accroupi, porte à demain devant lui le sistre, emblème d*Hathor. — XVIII« dyn.
Abydos.
4451—4453. — Terre cuite. — H. moy.
Trois Répondants de style fort grossier, couverts d'inscriptions en hiératique, tracées à l'encre et presque illisibles. — Ep. saïte. Saqqarah,
4454. — Calcaire peint. — H. o^ 37.
Un des chefs d'œuvre de la sculpture égyptienne. Cette statuette représente un employé supérieur du service des contributions, celui qui présidait au mesurage des quantités de grains perçues pour l'impôt : il s'appelait Nofir. — V« dyn. Saqqarah,
4457' — Granit gris. — H. o"" 30.
Sorte de vase cylindrique, enveloppé dans les replis d'un serpent, dont la tête est posée à plat sur le cou-
Cage AD. 245
vercle : il porte les cartouches de Piônkhi et d'une reine dont le nom est indéchiffrable. — XXIII® dyn.
Héliopolis.
4466. — Albâtre. — H. o"^ 162.
Un des Répondants les plus bizarres de notre collection, au nom d'un tel (cfr. Salle du centre, VïtrineOf no 1603, p. 134). Les mains sont en émail bleu; la tête, qui probablement était en la même matière (cfr. Salle du centre, Vitrine O, no 1604, p. 134), a disparu. Le corps est rayé de bandes en pâte rouge, sur lesquelles les légendes sont gravées au trait : c'est un motif de décoration emprunté aux cercueils en bois. — XX* dyn. Abydos (f).
4473, — Ivoire. — Long, o™ 102.
Etui à poudre d'antimoine (cfr. Salle du centre, Armoire Y, no 3270, p. 105), en forme de colonne : il est cerclé d'un anneau de bronze qui servait à le suspendre. — XX® dyn. Thèbes,
4475. — Granit gris. — H. o"» 25. Don de
M. Wilbour.
Poids en forme de tête de veau (cfr. Vitrine AS, p. 233), du poids de 3oo outens, portant les cartouches de Séti 1er. Les cassures au cou ne sont pas accidentelles. Le sculpteur, en taillant les pièces de ce genre, leur donnait à-peu-près le poids légal : pour obtenir une approximation plus exacte, on abattait ensuite la pierre à petits éclats, jusqu'à ce que le poids nouveau fît équilibre au poids étalon sur lequel on le réglait. — XIX® dyn. Le Caire.
246 Salle faoéraire.
4479. — Bronze. — H. o™ 1 9 ; larg. o™ 3 73 ; long, o™ 085.
Armature en bronze d'une porte de temple, au nom de la reine Shapenap, fille du roi Piônkhi et femme de Psamitik 1er. __ XXVIc dyn. Kamak,
Armoire AC,
Elle contient des meubles, des ustensiles, des vases, des provisions, tout le matériel de la vie journalière en Egypte. La plupart de ces objets avaient été dé* posés exprès dans les tombes pour servir de mobilier au mort; quelques-uns cependant, les outils de maçon par exemple, ont été oubliés par les ouvriers qui travaillaient à la décoration de Thypogée, et n'avaient aucune valeur mystique ou religieuse.
4484. — Joncs tressés. — H. o"^ 14 ; diam* o^ 17.
Panier avec son couvercle, identique à ceux qu'on fabrique aujourd'hui encore dans la Haute Egypte (cfr. Salle du centre, Armoire U, no 3195, p. lis), — XI« dyn. Drah abou 7 neggah.
Les grains et les fruits, ainsi que la plupart des substances alimentaires, proviennent des tombes de la XI® dynastie, à Drah abou '1 neggah. Nous avons (nos 4485 et 4622) une masse de grains de blé et d'avoine, concassés grossièrement et mêlés à leur balle; (no 4487) de l'avoine; des fèves (no 4488); des prunelles sèches (nos 4489, 4607, 4624), du dourah (no 4620), des oliVes (no 4621), du froment (no 4625),
Armoire ÂC. 247
un pavot et des grains de millet agglutinés (no 4628); les œufs de poule, de canne et d'ibis (nos 4630, 4643) viennent de Saqqarah, et sont postérieurs à la XX* dynastie. Les graines que possède le Musée avaient toutes été desséchées au feu avant d'être déposées avec le nîort : elles ne pouvaient donc pas avoir, comme on l'a dit, le pouvoir de germer. J'ajouterai que toutes les expériences tentées sur les semences que nous avons recueillies dans les tombeaux n'ont jamais amené de résultat satisfaisant. Il ne faut pas oublier que les Arabes ne se gênent nullement pour vendre, comme blé ancien, du blé qu'ils ont produit eux-mêmes, ou pour mêler des graines modernes aux graines qu'ils ont pu ramasser dans les hypogées : cette fraude est plus que suffisante à expliquer tous, les récits, qu'on fait encore de temps en temps, sur les récoltes obtenues en semant du blé de momie.
4491, — Os humain. — Long, o"" 38.
C'est un fémur provenant d'une momie de la XI* dynastie. L'individu, auquel il appartenait, s'était cassé la jambe, longtemps avant la mort : la fracture n'avait pas été réduite et les deux parties ont chevauché l'une sur l'autre. Le fait n'est pas isolé, mais il ne faudrait pas en conclure, comme le voulait Mariette, que la chirurgie égyptienne était peu avancée. Aujourd'hui encore, où les chirurgiens ont pourtant un renom d'habileté bien mérité, nos cimetières fournissent, quand on les explore, bien des exemples de fractures non réduites et de chevauchements analogues à celui de notre momie. Quelques os mal remis ne prouvent rien; l'individu à qui
248 Salle funéraire.
appartenait le fémur no 4491 a pu ne recevoir aucun soin ou tomber entre les mains d*un praticien mal* adroit, sans qu'on ait le droit de condamner en son nom tous les chirurgiens de l'Egypte. — XI* dyn.
Drah abou 7 neggah,
4493- — Bois. — H. o™ 82.
Chaise à pieds de lion, à dossier, sans bras. — XI* dyn. Drah abou 7 neggah,
4494. — Bois. — H. o"^ 14; long, o"^ 33.
Tabouret bas, à quatre pieds, canné (cfr. Armoire AC, nos 4616 et 4646). — XI« dyn.
Drah abou 7 neggah.
4495- — Bois. — H. o™ 75.
Autre chaise, de môme époque que le no 4493, mais sans les pieds de lion. Les tombes de la XI® dynastie, qui renfermaient des meubles, ont presque toutes été pillées au commencement du siècle : ce n'est donc pas à Boulaq qu'il faut chercher les plus beaux modèles de chaises ég}'ptiennes, mais au British Muséum, à Leyden et surtout au Louvre. — XI* dyn. Drah abou 7 neggah.
Pièce de grosse toile, mesurant environ quatre mètres de long. Le fond de l'armoire est tendu d'étoffes plus ou moins fines enlevées aux momies : une sorte de linceul est garni de franges (no 4600), une longue bande mince a conservé sa blancheur malgré les siècles (no 4601). Sur le tabouret no 4646 sont jetés de paquets d'étoffes et des échevaux de
Armoire AC. 249
fil noir et blanc (no 4647). On verra, dans la Salle de momies royales, la fine baptiste dont était enveloppée la momie de Thoutmos III : c'est la seule étoffe de prix que nous possédions. Le Musée de Boulaq n'a point de collection de tissus comparable à celles des principaux musées de TEurope.
4497. — Bois. — Long, du manche, o"^ 68.
Pioche en bois, identique pour la forme à celle
dont on se sert encore dans plusieurs cantons de la
Haute Egypte, y^. La corde médiale, qui réunit les deux
parties en bois, manque ici : on la verra au no 46 1 5 (Long, du manche, o^ 56). Dans le no 4651 (Long, du manche, om 42), cette partie médiale est en bois, comme le reste de l'instrument.
Rouleau de corde grossière. Après avoir mis le cercueil en place, les ouvriers oubliaient souvent d'emporter les cordes qui leur avaient servi à le descendre dans l'hypogée : c'est grâce à leur négligence que nous avons les pièces exposées dans cette armoire. Les unes sont de véritables câbles (no 4499), les autres sont d'épaisseur moyenne (no 4500). La plupart sont en fibres de palmier, comme les cordes employées aujourd'hui par les Arabes; un rouleau (no 4613) paraît être en jonc tressé.
4603. — Bois. — Long. i°™ 51.
Bâton de commandement, telle qu'on le voit à la main des gens de distinction, dans les cérémonies publiques (cfr. Petit Vestibule, no 21, p. 27) : l'ar-
250 Salle fanéraire.
moire AC en renferme deux bons spécimens (nos 4604 et 46 II), ce dernier fort orné. — XI* et XX® dyn.
Drah abou 7 neggah,
4612, — Terre cuite. — H. o"^ 185; diam.
Vase de forme singulière sur son plateau. — XI« dyn. Assassif.
4614. — - Bois. H. o^ 275.
Maillet de sculpteur ou de maçon, en bois de palmier, trouvé dans la maçonnerie du Mastabat el Faraoun. Cfr. deux maillets de forme un peu différente, no 4648 (H. G" 2ç) et no 4649 (H. o™ 25), qui proviennent d'Abydos. — V« dyn.
4619. — Terre éuite. — H. o"* 23.
Poupée d*enfant : elle représente une jeune femme, serrant un vase contre sa poitrine. Une autre poupée (no 4632), en bois (H. cm 156), a les bras rapportés et mobiles ; une troisième (no 4633), en ivoire, a les pieds cassés. Toutes ont été retouchées, et certains détails marqués à Tencre avec beaucoup de liberté. — XI* dyn. Sheïkh Abd-el Gournah,
4650. — Bois. — H. o"^ 25 ; larg. à Touverture, o"^ 50.
Niveau de maçon. — XIX® dyn. Saqqarah,
4652. — Jonc. — Long, o^ 40.
Balais en jonc. — XI« dyn.
Drah abou 7 neggah.
Tombeau d*Horhotpou. 251
4653. — Jonc. — Diana. 0°^ 12.
ï^ond en corde de jonc que les porteurs d*eau se mettent sur la tête pour caler leurs cruches. — XI* dyn. Drah abou 7 neggah.
Tombeau d*Horhotpou,
4599- — Le petit édifice qui s'élève à côté de V Armoire AC, entre le pilier et le mur, est un tombeau de la XI* dynastie, que j'ai rapporté de Thèbes, au mois d'avril 1883. Il a été découvert en février 1883, à mi-côte de la montagne qui borne vers le Nord la vallée de Déir el-Baharî, presque au débouché de la route qui conduit de la plaine thébaine aux tombeaux des Rois. La chapelle extérieure, s'il y en eut jamais une, a été complètement détruite. Un couloir fort raide, grossièrement taillé dans le roc, mène, par une pente d'environ trente mètres, à une sorte de vestibi^le, d'où il ressort, sur la droite, pour aller tomber dans la chambre où s'élevait l'édicule aujourd'hui conservé au musée. Le corps de la montagne est formé, en cet endroit, d'une sorte de roche brune, très friable, dans laquelle sont infiltrés par milliers des filons de calcaire blanc : je ne saurais mieux la comparer qu'à une pâte feuilletée, tant certains des filons sont minces. Comme cette matière ne se prêtait nullement à la taille et à la décoration, l'architecte, après y avoir creusé un trou de dimensions convenables, y construisit, en blocs de calcaire blanc bien parés, le sarcophage et l'édicule que nous voyons. Ces blocs, enlevés un à un et dûment empaquetés, ont été transportés
252 Salle funéraire.
par eau de Thèbes à Boulaq, puis remontés dans l'ordre même où ils étaient à Torigine. C'est un spécimen, unique dans les musées, de ce qu'étaient les tombeaux thébains sous la XI® et la XII* dynastie.
Il nous est facile de nous représenter la façon dont s'y sont pris les ouvriers pour l'édifier. Le mur du fond et les deux murs de droite et de gauche furent élevés et décorés tout d'abord, puis les blocs introduits et ornés au moyen desquels on bâtit le sarcophage. C'est, en effet, une des particularités du Moyen-Empire, de substituer fréquemment, aux grands sarcophages monolithes, des sarcophages formés de blocs réunis par un peu de ciment et par des queues d'aronde. Le procédé était économique : il a été employé même pour des souverains, comme le prouve la découverte que nous avons faite, au Sud du temple d'Hâtshopsitou , à Déir eUBaharî, du tombeau de la reine Tmoum, femme de Monthotpou IV. Le sarcophage en place, on a bâti le mur de face, en n'y réservant, comme porte, qu'une sorte de baie juste assez large pour laisser passer la momie. Combien de temps le mort reposa -t- il en paix dans son caveau? Le voisinage d'une laure, établie à quelques mètres de la porte, ne lui permit guères d'échapper au fanatisme des moines, à supposer qu'il eût été épargné par l'avidité des voleurs païens. En tout cas, il fut ouvert et pillé pendant la première moitié de notre siècle, car M. Wilbour a reconnu dans la collection Abbott, à New- York, un bloc qui porte le nom du propriétaire et qui provient soit du sarcophage, soit d'une des parois. Le cercueil de bois fut brisé en petits mor-
Tombeau d'Horhotpou. 253
ceaux, tous les menus objets furent volés ou détruits : j*ai retrouvé dans les décombres un bras de statuette en bois d'un travail admirable, les rames et une partie de Téquipage d'une barque également en bois, et d'autres débris, qui prouvent l'existence d'un mobilier funéraire, analogue au mobilier découvert par Passalacqua et déposé aujourd'hui au Musée de Berlin. Les voleurs défoncèrent les deux bouts du sarcophage, cassèrent, à coups de pic, deux pierres du mur de droite et une pierre du mur de gauche, afin de voir si l'épaisseur des blocs ne contenait pas de l'or ou quelque trésor caché. Tous ces fragments furent laissés à terre, à l'exception du morceau qu'a signalé M. Wilbour. Us m'ont servi à reconstituer presque entièrement la muraille : les parties manquantes ont été refaites au plâtre, et peintes dans le ton des parties originales par MM. Vassalli-Bey et Emile Brugsch-Bey, conservateurs du Musée.
Le tombeau a été construit en l'honneur d'Horhotpou, fils de la dame Sonit-she : les inscriptions ne nous en disent pas davantage. Les visiteurs qui ont déjà vu le tombeau de Ti à Saqqarah, ceux même qui ont examiné seulement les bas-reliefs exposés dans la Salle de l* Ancien-Empire (nos 881, 887—891, 908, 958—960, 1046, 1051) reconnaîtront sur le champ quelles différences profondes il y a entre le style de ces monuments et celui du tombeau no 4599. Au lieu d'être sculptées et peintes, les parois sont peintes seulement; au lieu de scènss variées, entremêlées de rares hiéroglyphes, on ne voit qu'une maigre série d'objets d'offrande, accom-
254 StiWQ funéraire.
pagnes d*interminables inscriptions. Le sarcophage, au lieu de présenter une masse presque nue ou décorée de dessins géométriques, comme les sarco^ phages no 964 — 970 (cfr. p. 223 — 224), contient autant de textes que les murailles : il est m6me garni d*une corniche multicolore que je n'ai retrouvée nulle part ailleurs. Ces différences, souvent observées sur d'autres tombeaux, avaient fait croire à Mariette qu'il y avait eu, entre la VI* et la XI* dynasties, rupture des traditions artistiques, et que les monuments thébains étaient le produit d'un art local^ indépendant à l'origine de l'art memphite des anciennes dynasties. Cette théorie, qui a été adoptée généralement par les historiens de l'art, n'a pas été justifiée par les faits. J'ai ouvert (1882 — 1883) dans la plaine de Saqqarah, autour du Mastabat el-Faraoun, des mastabas en briques, dont la chambre sépulcrale est décorée de la même manière que la chambre de Horhotpou, mais avec une moindre profusion de légendes. Ils portent les cartouches de Nofirkerî Papi II et appartiennent par conséquent aux derniers temps de la VI« dynastie. Si peu nombreux qu'ils soient encore, ils n'en suffisent pas moins à prouver que cet art soi-disant thébain du Moyen-Empire avait son prototype dans l'art memphite de l'Ancien.
Chacune des parois a l'un des côtés occupé par un panneau de dessins géométriques, dont l'ensemble représente une porte. Les détails en sont curieux à étudier pour des architectes, car ils nous rendent assez exactement l'aspect qu'avaient les portes décorées dans les maisons particulières. Leur présence
Tombeau d'Horhotpou. 255
s'explique par les idées religieuses de T Egypte* Chaque paroi du tombeau était, comme le tombeau lui-même, une véritable maison, où étaient déposés les objets dessinés ou énumérés dans les textes qui couvraient la paroi : la porte peinte à chaque coin livre au mort Taccès de la maison. La décoration de chacune des parois est fort simple. Sur la face de la porte, au dessus de la baie, des armes sont peintes, arcs, flèches, casse -têtes, etc. : c*est Tarsenal du mort auquel donnent accès les deux panneaux, en figure de porte, placés à droite et à gauche de la porte réelle. La paroi de droite, est à la fois un magasin d^étoffes, de bijoux et d'armes, où
sont entassés des coupons de linge blanc [ |, des colliers ^I^ t des miroirs V en or et en argent , des sachets de parfums et de poudre noire et verte pour les yeux ^, des bracelets en verroterie, des sandales |. des arcs, des casse-têtes, des boucliers, etc.
La paroi du fond est la salle à manger : elle ne porte aucune figure, mais Tespèce de tableau quadrillé qui en recouvre la partie supérieure, nous donne la liste des denrées nécessaires à la table du mort, vins, bières, liqueurs, viandes de boucherie, gibier, volailles, légumes, laitages, gâteaux de toute espèce. La paroi de gauche est comme une officine de parfumeur : on y voit, dans de grands vases peints de manière à imiter le jaspe, le granit, la .poterie fine, les sept essences et les deux fards noir et vert, dont le mort avait besoin pour se parfumer dans l'autre monde et pour assurer à ses membres
256 Salle funéraire.
une jeunesse éternelle. C'est en résumé, sous une forme nouvelle , l'expression des mêmes idées qui avaient présidé à la décoration des mastabas de l'Ancien-Empire. Les prières sont en partie des extraits du Livre des Morts, en partie des chapitres de ce Rituel des Funérailles, dont les pyramides d'Ounas, de Teti, des deux Papi, de Sokarimsaf, nous ont livré la plus ancienne édition, et quelques papyrus de Tépoquc romaine l'édition la plus récente. Les vertus magiques dont elles sont douées transforment en offrandes réelles les simulacres d*offrandes peints sur la muraille.
Le sarcophage est un résumé de la tombe entière, ou plutôt une seconde tombe enfermée dans la première. Il n'avait point de couvercle, selon un usage assez fréquent pendant la durée du Moyen-empire, et la momie n'y avait d'autre défense que ses bandelettes et son cercueil en bois. Celui-ci a disparu, sauf un éclat encore couvert d'une écriture hiératique aussi fine d'aspect que l'écriture de la XXVI® dynastie; quant au cadavre, il a dû être emporté au moment de la violation première (cfr. Salle du centre, Vitrine H, p. 77), car je n'en ai découvert aucune trace ni dans la chambre funéraire, ni dans le couloir. Les parois intérieures du sarcophage sont décorées de portes et d'offrandes comme la chambre elle-même : elles ont été brisées en partie par les voleurs et restaurées par M. Emile Brugsch-Bey, d'après les peintures analogues du sarcophage de Tagi (Salle de V Ancien empire, no 1053, p. 224). Les textes de l'extérieur sont tracés d'une écriture beaucoup plus fine que celle des parois : ce sont
Vitrine AG. 257
encore des chapitres du Livre des Morts ou du Rituel des Funérailles, le Chapitre d'amener la barque afin que le mort passe à TOrient du ciel, le Chapitre de se rappeler les charmes magiques nécessaires dans l'autre monde, le Chapitre de ne pas manger d'excréments et, comme corollaire, celui de manger du pain d'offrandes. Sur la face qui est tournée vers l'intérieur de la chambre, à hauteur de tête, deux grands ou^as (cfr. Vitrine Al, p. 267) s'ouvrent comme sur le sarcophage de Tagi.
Tel est cet hypogée curieux, le mieux conservé peut-être des tombeaux du Moyen empire thébain que l'on connaisse aujourd'hui. J'espère pouvoir transporter bientôt au Musée plusieurs autres tombeaux, choisis parmi les spécimens les plus complets que nous possédions de ce genre de monuments : le visiteur aura ainsi l'occasion de se familiariser avec les caractères propres à chaque époque.
A gauche de la porte, se trouve un meuble octogone, tout pareil au meuble décrit p. 225 — 240, et au centre duquel est placée une jolie statuette de TAncien empire.
Vitrine AG,
La vitrine AG renferme un choix de coiffures divines et d'emblèmes que l'on posait sur la tête ou çur les coiffures ordinaires des dieux et des rois divinisés. La plupart d'entre elles sont en bronze et proviennent de statues ou de statuettes aujourd'hui détruites : les Égyptiens avaient en effet l'habitude de rapporter les accessoires de leurs statues, lorsque
258 Salle funéraire.
celles-ci dépassaient certaines dimensions assez petites. Quelques-unes cependant sont complètement indépendantes de toute statue, et doivent être considérées comme des pièces votives ou comme des modèles.
4026. — Bronze. — H. 0"^ 15; long, o™ 18.
Une corne ondulée, avec une ursus lovée et coiffée du disque solaire. Provient de plusieurs espèces de coiffures dont les principales sont, le diadème Atef
JfOfy et le diadème Hotsou J^QQi^ (cfr. d'autres morceaux analogues, nos 4034, 4049, et Salle du centre. Armoire E). — Ep. saïte. Saqqarah.
4027. — Terre émaillée bleu-verdâtre.
— H. moy. de o*" 029 à o"^ 04.
La couronne blanche, emblème de la souveraineté
sur la Haute Ég}'pte, Q, — Ep. saïte.
Saqqarah et Abydos.
4028. — Bronze. — H. o"^ 085.
Corne et plume d'autruche flanquée d'une uraeus lovée, coiffée du disque : provient d'un diadème Atef (cfr. nos 4073, 4074, 4075, 4077, 4078). — Ep. saïte.
Saqqarah.
4029. — Bronze. — Long, o"^ i.
Corne de bélier provenant d'une coifïiire de Khnoum (cfr. Armoire G, no 1904, p. 167) ou d'Ammon-Râ à tête de bélier (cfr. Armoire G, no 2009, P- 170)' D'autres cornes analogues sous les nos 4035» 4044. — Ep. saïte. Saqqarah.
Vitrine AG. 259
4030. — Bronze. — H. o'" 095.
Le disque entre les deux cornes de vache en forme de lyre X^^ coiffure d'Isis, d'Hathor et, en général, de toutes les déesses - mères. Cfr. d'autres coiffures analogues, nos 4048, 4052, 4059, 4060, 4066, etc. — Ep. saïte. Saqqarah,
4032. — Bronze. — Terre émaillée verdâtre. — H. moy. de o"^ 044 à o"' 029.
La couronne rouge, emblème de la souveraineté
sur la Basse-Ég^'pte, \j . La réunion de la couronne
blanche Q (cfr. p. 258, no 4027) et de la couronne
rouge forme le Pskhent lJ, que les rois posaient
sur leur tête, pour montrer qu'ils régnaient sur les deux parties de l'Egypte et tenaient le Pays Entier dans leurs mains. — Ep. saïte.
Saqqarah et Abydos.
4033. — Bronze. — Long, o"^ 043.
Les Egyptiens avaient l'habitude de couper court ou même de raser les cheveux des enfants et des adolescents, sauf une grosse tresse qu'ils laissaient subsister et qui pendait sur l'oreille droite ^. La momie du roi Sokarimsaf de la VI* dynastie, conservée dans la Salle des momies royales^ a encore aujourd'hui cette tresse. Passé l'adolescence, elle n'était plus portée que par des prêtres de haut rang, tels que le Sam ou grand-prêtre de Phtah, VAnmoutfj etc., ou par certains dieux, tels que Phtah, Khonsou, Thot-ioh ou Thot-Lune, Hor enfant, etc. Le no 4033
20o Salle funéraire.
provient probablement d'une statue d'Hor enfant (cfr. Salle du centre, Armoire D, p. 174, no 22 11), comme les nos 4037, 4046. — Ep. saïte. Saqqaralu
4036. — Bronze. — Long, o"^ 10.
De même qu'ils se rasaient les cheveux, les Ég}-ptiens se rasaient ordinairement la barbe. Toutefois, le rituel et l'étiquette exigeaient qu'ils ne parussent pas dans certaines cérémonies civiles et religieuses le menton dégarni. Ils employaient en pareil cas des barbes postiches, faites de cheveux ou de crins tressés jy, et qu'ils attachaient à la coiffure ou à la perruque, au moyen de deux mentonnières en toile ou en cuir peint courant sur les joues. En regardant attentivement une des statues de rois du Musée, celle du Pharaon Harmhabi, par exemple, on reconnaîtra sans peine la manière dont on agençait cet appendice bizarre. La plupart des cercueils de momie à tête humaine ont au menton la barbe postiche en bois sculpté. (Cfr. d'autres objets analogues, nos 4045, 4053» 4056, 4057, 4063.) — Ep. saïte. Saqqarah,
4038. — Bronze. — H. o"^ 05.
Coiffure formée de longues plumes piquées sur une sorte de bourrelet bordé d'uraeus lovées, coiffées du disque solaire. Elle appartient d'ordinaire au dieu Bîs (cfr. Armoire I, no 1709, p. 155). — Ep. saïte.
Saqqarah.
4039. — Bronze. — H. o"^ 047.
Coiffure formée des trois paquets de joncs liés, hotsou, surmontés du disque solaire, posés sur les
Vitrine AG. 261
deux cornes et flanqués de deux plumes d'autruche et de deux uraeus fuSli^' Cette coiffure appartient, de
préférence, vers l'époque ptolémaïque, aux dieux enfants, Harpokhrate, Ahi de Dendérah, Khonsou, etc., ou aux rois officiant devant les dieux : on la trouve aussi sur la tête d'Osiris, de Shou, de Thot, etc. (cfr. no 4064). — Ep. saïte. Saqqarafu
4040. — Bronze. — H. o*" 062.
Fleur de lotus épanouie. Tantôt c'est la coiffure du dieu Nofirtoum (cfr. Armoire I, no 171 4, p. 156), tantôt c'est la fleur d'où Hor enfant sort tous les matins au lever du Soleil. Plus rarement, elle sert de piédestal à d'autres dieux, à Bîs (Armoire /, n" 1784, p. 162), à Thot, taureau dans la ville de Mendès (Armoire I, no 1831, p. 163), à Khnoum (Armoire G, no 2016, p. 170), etc. — Ep. saïte. Saqqarah,
4041. — Bronze. — H. o™ 069.
La coiffure d'Ammon-Thébain, les deux plumes
d'autruche sur le disque solaire /ll\ (cfr. même
vitrine, n» 4054). Souvent, elle pose sur les cornes
/// (nos 4043, 4050, 4051, 4061), ou sur une sorte
de mortier M/. — Ep. saïte. Saqqarah,
4042. — Bronze. — H. o"* 054.
La coiffure de plumes du dieu Bîs (cfr. no 4038). — Ep. saïte. Saqqarah,
4055. — Bronze. — H. o™ 13.
Coiffure des dieux-lune Osiris (Armoire D, no 2212,
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I^ plupart dtn morceaux de ce genre, que faî à décTÏrtf Mmt le produit d'une industrie spéciale^ dont les musées égyptiens de l'Europe ne possèdent que de très rares échantillons. En 1862, M. Vassalli- HcYf alors inspecteur des fouilles, fiit chaîné par Mariette d'explorer le Fayoum et principalement les
Vitrine AH. 263
grandes ruines où Lepsius a cru reconnaître les restes du Labyrinthe célébré par Hérodote. Quel qu'ait été l'usage primitif des édifices situés en cet endroit, il est certain que, vers l'époque gréco-romaine, ils servirent de nécropole à la grande ville d'Arsinoé : en déblayant les chambres, M. Vassalli y trouva nombre de momies, avec leur accompagnement ordinaire de lampes sépulcrales, de vases en terre cuite et en verre, de figurines. Par malheur, les pluies et la chute des murs avaient détruit presque entièrement les cercueils : au moindre effort qu'on faisait pour les déplacer, ils tombaient en poussière. Les plus beaux appartenaient à une même famille, dont les huit membres avaient été ensevelis l'un après l'autre dans une seule chambre. Les caisses étaient enduites d'une couche épaisse de plâtre doré, sur lequel des pierres fines et des pâtes de verre taillées étaient incrustées, de manière à produire par leur combinaison les ornements et les hiéroglyphes ordinaires. Deux de ces momies étaient décorées avec un soin tout particulier : c'étaient celles de deux enfants, à qui leurs parents avaient voulu donner sans doute des marques d'une affection peu commune. Les bagues qu'elles avaient au doigt portaient sur le chaton l'image du crocodile qu'on adorait dans le Fayoum : les quelques débris de légendes que M. Vassalli put copier renfermaient une dédicace au dieu crocodile Sobkou. Tout mutilés qu'ils sont, les fragments que M. Vassalli a rapportés de son exploration forment la collection la plus complète qui existe de verreries égA'ptiennes (cfr. Armoire Y, p. 103—104).
264 Salle funéraire.
4085. — Pâtes de couleurs. — H. moy.
Dix petites plaques sur lesquelles sont tracés des scarabées en relief : ces plaques remplaçaient à Toccasion le scarabée lui-même (cfr. p. 228 — 229). Voir des plaques analogues, no 4092.
Médinet el-Fayoum.
4086. — Or. — H. moy. o"^ 15 à o"^ 48.
Petites plaques d'or travaillées au repoussé et à la pointe. Les unes représentent des uraeus, des vautours, des barques, des serpents; le plus grand nombre sont taillées en forme de ceintures oblongues. Elles étaient perdues dans l'épaisseur des bandelettes et avaient les mêmes vertus qu'on attribuait à l'amulette dont elles portaient l'image. — Ep. grecque.
Médinet el-Fayoum.
4087. — Jaspe rouge et vert. — Long.