Guide du visiteur au Musée du Caire
Le Musée de Gizéh nest plus aujourd'hui qu'un souvenir dupasse, comme le Musée de Boulaq avant lui. Le transfort des monuments , commencé le g mars igoQ,, a été achevé quatre mois plus tard, le 1 3 juillet. Leur aménagement dans les salles avait dès le début marché parallèlement avec leur exode, si bien que, dans les premiers jours d'août, le Musée nouveau du Caire aurait pu à la rigueur recevoir déjà les visiteurs : il n'y restait plus qu'à recouvrir les socles, à les peindre, à nettoyer les pavements, à faire aux murailles et aux colonnes les petites retouches qui sont toujours nécessaires, après la mise en place de plusieurs milliers de gros objets.
Ce n'est pas que Vagencement actuel soit pour nous satisfaire. Afin d'éviter la confusion pendant le transport, on s'est borné à rétablir au Caire le classement un
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peu cajmcieu.r qui prévalait â Gizèh, et V adaptation du contenu des chambres anciennes à celles d'à présent ne s'est pas toujours opérée sans entassement sur certains points, et sans éparpillement sur certains autres : il y a des salles trop remplies à coté de salles à moitié vides. De plus, les monuments acquis depuis trois ou quatre ans n'ont pu qu'assez rarement être répartis entre les séries auxquelles ils appartiennent légitimement : ils ont été mis, en attendant mieux, dans des endroits oii souvent ils n'ont que faire. Le Salon méridioncd du premier étage est devenu de la sorte une manière de débarras, où toutes les époques se rencontrent et se heurtent. Plus tard, quand nous serons mieux établis dans le Musée et que nous en connaîtrons toutes les ressources, nous essaierons de remédier à ce désordre, et de trouver une classification qui réponde aux exigences des savants comme à la commodité des visiteurs ordinaires. Pour le moment, nous avons du par force restreindre notre ampition à créer dans l'édifice de Kasr-en-Nil un dépôt d'antiquités, dont par la suite et le plus tôt possible nous tirerons un Musée égyptien.
Le catalogue ne pouvait être en vérité autre que provisoire. Il m'a toujours paru que, pour des collections
du genre de la nôtre, où, les înonmnents sont par euxmêmes d'intelligence difficile, le meilleur catalogue était moins celui qui énumère le plus d'objets que celui qui , à propos de chaque catégorie d'objets, en explique la nature et l'usage, puis en cite quelques exemples typiques et pour le reste s'en remet à Vintelligence du visiteur d'appliquer aux monuments qui attirent son attention les notions d'archéologie qu'il vient d'apprendre. Le touriste ne tient pas â ce qu'on lui dise que le n° s3â ou le n" 56o sont au nom de tel ou tel Egyptien parfaitement obscur : il aime mieux qu'on lui conte ce que c'est qu'une stèle ou qu'une statue, quels concepts de la vie terrestre ou de l'existence d'outre-tombe elles représentent, pourquoi le décor et les inscriptions y sont distribués d'une façon plutôt que d'une autre. J'avais essayé jadis de lui donner ces renseignements , dans le Guide du visiteur au Musée de Boulaq que je publiai en i883, et f aurais souhaité en agir de même pour le Musée nouveau : le temps m'a manqué. Il a fallu rédiger ce volume et l'imprimer de mai à septembre, afin de fournir aux touristes un guide à travers nos salles. J'ai pris les morceaux des catalogues antérieurs, je les ai cousus de mon mieux, j'y ai entremêlé quel-
ques remarques hâtives : il en est résulté ce Guide du visiteur au Musée du Caire.
Je compte le refaire Fan prochain, plus à loisir : en attendant, je prie ceux qui s'en serviront d'être indulgents pour les erreurs ou pour les omissions qui s'y trouvent et de me les signaler au besoin. J'ai essayé de leur rendre service en faisant vite; ils me rendront service à leur tour en 771 aidant à faire mieux.
Le '20 septembre igo'i.
G. Maspero.
Les numéros noirs sont ceux du présent Catalogue; les numéros rouges sont ceux de l'édition anglaise.
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