GALERIE Q
Les cercueils et momies des princes et princesses tiicbains de la XXP dynastie sont rangés le long du mur nord de la galerie Q, et parmi eux. le cercueil du Pharaon liamsès IV.
Cùlè nord de la Galerie.
1195. — Bois émaillk. — Long, de la nioniic 1 m. 65 cent.
Cercueil de beau travail. Une feuille d'or recou\rait la caisse entière , à l'exception de la tête et de quelques d('tails. Les hiéroglyphes et les parties principales de rornementation sont conijxtsés de fragments de pierres pn'ciciiscs cl
d'émaux incrustés dans l'or : le tout formait un ensembi*' d'une richesse et d'un éclat à peine concevables. Par malheur, le cercueil a été j^ratté et il ne reste plus que des lambeaux de la décoration primitive. C'était le cercueil de la reine \otmit, mère du prètre-roi Hrihorou. La momie avait été fouillée par les arabes et le papyrus enlevé. Une partie du papyrus est déposée au Louvre , l'autre est au British Muséum.
Derrière la vitrine, contre le pilastre, est dressé le couvercle de ce cercueil (n" lao^i).
Vitrine B.
1183. — - Long, de la momie i m. Go cent. Cercueil peint en blanc et momie du Pharaon llam-
sès IV, fils et successeur du conquérant Ramsès Le tout a été découvert par M. Loret en 1898, dans le tombeau d'Aménothès 11. La momie est fort eiidonnuagée et elle n'a pas été encore déroulée.
Derrière ce cercueil, debout contre la muraille, on voil le couvercle noirci au bitume de l'un des cercueils de la princesse Xsitanebashrou.
Armoire C.
1213. - — Le couvercle du cercueil du grand-pivlr»' d'Amon Pinotmou II, est debout dans cette armoire: 011 verra pins loin le cercueil et la momie.
Vitrine D.
1199. — Long, de la momie i m. 70 cent.
Cercueil d'abord peint et dore', puis noirci au bitume. C'est à g-rand'peine qu'on peut y lire le nom de la ])rétresse d'Amon .\sitanel)ashi"ou, lille de Nsikhonsou (cfr. p. 009, n" 119O), et probablement de Pinotmou IL
Les deux couvercles de ce cercued sont dressés contre le mur, à droite et à gauclie de l'armoire C qui contient le couvercle du cercueil du grand-pretre Pinotmou.
Vitrine E et Armoire F.
1198. — Long.de la grande momie 1 m. 5o cent., de la petite o m. li^i cent.
CeiTueil renfermant les momies de la reine Màkerî et de sa petite fdle. La reine Màkerî , épouse du grand-prétre et roi Pinotmou l", mourut en metlant au monde l'enfant qui fut enseveli avec elle.
Les couvercles des cercueils de Alukerî sont, le plus important enfermé dans l'armoire F, les deux autres dressés contre le mur à la gauclie de cette vitrine.
Armoire G.
Couvercle du cercueil deTlioutmosis l" : la momie est exposée sui" le palier de l'escaliei* nord-ouest (v. p. 368, n" 1 a 1 0). L'inscription qui nous donne le cartouclie royal avait été gravée sur le devant du couvercle en très beaux caractères biéroglypbiques. \ ers le début de la X\P dynastie, lorsque le Pliaraon eut été relire de son tombeau, le cercueil fut
usiu'pë par le roi-prètre Pinolmou I" et recouvert cViine ornementation d"or et (rémail semblable à celle qu on voit sur le cercueil de Notmit (v. p. 335. n° iiç)5). La richesse de cette décoration excita favidité des gardiens : ils enlevèrent r or et les émaux, ne respectant que la tète, le collier et le pectoral placé sur la poitrine.
Vitrine H.
1202. — Long, de la momie i m. 55 cent.
Cercueil de la reine Tiouhatlior Honittaoui , prol)ablement femme du grand-prètre Pinotmou I".
A iTRiNE I ET Armoire J.
1238. — Cercueils et momie delà reine IsImklialHOu ^'"^ fdie du grand-prètre d"Amon Masahirti. et femme du grand-prètre d"Amon Manakhpirri , mère du grand-prètre d"Amon Pinotmou 11.
Les couvercles sont exposés, celui du cercueil extérieur dans farmoire J , les autres , à coté de cette armoire.
Cage K.
1194. — Dessin exécuté jiar MM. Vassalli bey et Emile Brugscli bey.
En pénétrant dans le toml^eau. M. Emile Brugsch bey ramassa, à l'entrée du long couloir, un })aquet de cuir grossièrement roulé . qui paraissait avoir été jeté là par quelque prêtre égyptien pressé de sortir. En le dévelop-
paiit, on reconnut ({iie c'était une des pièces principales (lu catafalcpie sous lequel on plaçait le cercueil pendant la cérémonie des fune'railles. La ])artie centrale, qui en figurait comme le toit, représente le ciel étoile, sur lequel les vautours de Nekhabit étendent leurs ailes pour protéger le mort : une bordure d'ornement en cuir découpé la relie à ([uatre pièces , formées de carrés verts et rouges disposés en damier, qui pendaient de chaque côté du cercueil et renfermaient comme une tente. Les inscriptions sont au nom de la reine Isimkhabiou, fille de Masaliirli et femme de son oncle Manaklipirrî : elles souhaitent un repos heureux à celle qui repose sous le dais funèbre.
Les fragments de f original sont exposés le long du mur méridional, au-dessus des armoires M -A' (v. p. 8^7 ).
Vitrine L et Ar.MoinE M.
1190. — Long, clo la momie 1 m. 70 cent.
Cercueil du grand-prétre d'Amon, général en chef, Masahirli, fils du roi Pinotmou I" et père de la reine Isimkhabiou. Le couvercle est dressé derrière le cercueil, dans farmoire M.
Vitrine N.
1189. — Long, de la momie 1 m. 77 cent.
Orcueil dans lequel à été trouvée la momie du pnUre d' Xmon , Jils royal cleRamsès, Zadphlahefônkhou. Les cercueils ont été usurpés à divers personnages , dont le plus important était un prophète d'Amon du nom de Xsishounopi. Le titre Jils royal de Ramsès appartient à plusieurs per-
sonnages de la XXI' et de la XXIP dynasties ; il ne suppose pas qu nn Ramsès aurait régné vers cette époque. De même que la famille des Ramessides se pei'pétuait en des reines, qui transmettaient à leurs enfants des droits héréditaires, elle se perpétuait en des princes qui avaient (fuelquesuns des titres et des honneurs de la royauté ; un Ramsès de cette famille n'avait pas besoin d'être roi pour quesesfds eussent le titre de fils roijnux. ZadphtaheJônkhou se rattachait à la famille de Pinotmou 11 par un lien qui nous est encore inconnu. Les bretelles que sa momie porte sont estampées au nom du grand-prétre d'Amon Ouapouti . fils du roi Sheshonq 1".
Les couvercles des deux cercueils sont exposés, le couvercle extérieur dans Tarmoire 0 , et Tintérieur à colé de cette armoire.
A ITIUNE P.
1203. — Long, de la momie i m. 62 cent.
Cercueil de la chanteuse d'Amon-Rà, roi des dieux Taiouhrit. Le papyrus de cette femme, conservé à Leyde, nous apprend (pi'elle était fille du père divin d"Amon , Khonsoumos, et de la chanteuse d'Anion ïantamanou. La tète et les mains de la caisse extérieure ont été détachées par les arabes et vendues à des touristes.
VlTRIXE 0 ET Ar.MOir.E R.
1184. — Cercueil et momie de la princesse Nsikhonsou. Le couvercle du cercued extérieur est exposé dans l'armoire R.
— 3/il — Vitrine S.
1214. — Long, de la momie i m. 72 cent. Cercueil du grand-prèlre d'Amon, général en chef, Pinotmou H, fils disinikliabiou et du grand-prètre .ManaklipiiTÎ.
Armoire T.
1234. — Couvercle et cartonnage du cercueil de Pinotmou 11, revèlus, à la hauteur des genoux, de bandes de cuivre estampé (cfr. p. 330, n" i9i3).
Vitrine U.
1185. — Long, de la momie 1 m. 60 cent.
Cercueil et momie <hi Pharaon Tlioutmosis IV, découverts en 1898 par M. Loret, dans le tombeau d'Aménotliès II. La momie est bien conservée. Elle porte le prénom royal tracé à l'encre, sur le devant du linceul; elle n'a pas été encore déroulée.
Côté sud de la Galev'ie.
Les cages et armoù-es, qui sont rangées le long du coté sud de la galerie, contiennent une bonne partie des toiles et des objets de mobilier funéraire qui appailenaient aux momies exposées le long de la paroi nord. C'est d'abord , contre la face nord du pilastre sud-est :
Cage V.
On y rencontre une partie des objets précieux découverts sur les momies royales de la première trouvaille de Deîr-
el-Bahari, amulettes, pectoraux, scaraljées, eperviers aux ailes déployées qu'on plaçait sur la poitrine du mort. Heurs de lotus épanouies, en or, en Ijronze doré, en terre émaillée. Les emboilag-es en or (n" 19 65) ont été trouvés aux doigts de Masaliirti (cfr. p. 009, 11" 1 190).
Ar.Moir.E W.
Le fond du corps central de Tarmoire ^V' est garni trune grande toile qui recouvrait la momie de llamsès III (n° 1210). Un taljleau, esquissé grossièrement à l'encre noire, nous mon Ire le roi debout, taisant lofliande à Osii'is, le dieu des morts, et à .Ajnon-Rà, le dieu de Thèbes : l'inscription tracée au-dessous nous apprend que ce linceul était un don du chef des l^lancliisseurs. 11 semble, qu'au moment de l'embaumement, et chaque fois qu'on avait à rhal)iller une momie, chacun des membres de la maison royale ou pontificale apportait une pièce d'étoffe f^diriquée par lui ou dans sa maison : il inscrivait son nom sur ce don, avec une fornnde pieuse, et nous devons à celte dévotion ])osthume plus d'un renseignement précieux pour l'histoire.
Le reste de l'armoh-e est rem])li pai' des canopes, par des vases en verre ou en terre émaillée nudticolore. par des perruques provenant des momies sacerdotales de la XXL dynastie. Les Egyptiens, hommes et femmes, chargeaient leurs tètes, pendant les cérémonies civiles ou sacrées, de perruques en cheveux ou en crins de dimensions vai'iées : celles de la seconde époque thébaine, sous les XIX'. XX' et XXL dynasties, sont d'un volume exlraordinaire.
1206. — Roseaux blancs.
Boite renfermanl une perruque de graude taille , en poil de mouton noir et en cheveux mêlés. Au moment de la découverte, elle était encore maintenue par deux sceaux en terre sigillaire, au nom du grand- jirêtre d'Amon Manakhpirrî ; la ])erruque était destinée j)ar conséquent à la reine Isimkliahiou, fennne de ce persojuiage.
Armoire X.
Le fond de TarmoireX est rempli par trois de ces longs linceuls qu'on trouve, sous la grosse enveloppe de treillis et sous Tenveloppe couleur orange ou rose éteint, sur les momies des XI \^ XX" et XXP dynasties. Celui de gauche ( n" 12 9a) ne porte qu'un Osiris , tracé à Tencre , et il appartenait au roi-prétre Pinotmou. Celui du milieu (n" la-a/j) provient delà momie de la reine Xotmit, et il nous montre cette reine agitant les sistres devant Osiris. Celui de droite a été trouvé sur la dame Taiouhrît (n" isSo).
Au centre, et apj)uyé contre le linceul de la i-eine Notmit, on aperçoit (n" iqqo) une plaque de bois, couverte d'une belle écriture hiératique. On y lit la copie des décrets rendus par le dieu Amon-Pu\ en l'honneur de la dame Nsikhonsou, au moment de sa mort, et destinés à lui assurer son bonheur dans l'autre monde. Ce sont des formules analogues à celles (|ue nous avons notées dt^à dans la salle G, sur le papyrus n"G86 (cfr. p. 220).
Quatre perruques de diverses tailles s'échelonnent à droite et à gauche de la ])laquette en bois, côte à côte avec deux canopes de forme iiuisitée. Sur le devant, on remarque une momie d'eniant et un petit cercueil en bois (n" 1226) au nom de Soutimès, qui renfermait un foie
humain au moment de la découverte : les prêtres qui ont transpoi'té les momies royales s'en sont servi ])our remplacer le canope de Tun des souverains.
iRMOIRE
Le f(tnd de l'armoire W est occupé, comme celui de la précédente, par trois linceuls historiés ; à gauche celui du roi-pr(Mre Pinolmou P' (n" 129-2); au cenire, celui de Uamsès 111 (n" i->,2C)) avec inscription, mais sans ii[;ure; à droite , celui dun persoiuiage anonyme , qui , au lieu de lip^urer Osiris, s'est figuré lui-ménje aux encres noire et rouge, dans un dessin dune hardiesse et d'une pureté remarquahles.
Une perruque de cérémonie (n" istoS), un des canopes de la dame Taiouhrît, l'Osiris en hois évidé (n" laos») qui contenait le papyrus de la reine Honittaoui, des offiandes enveloppées d'étoffes et des statuettes en émail hleu, garnissent les deux cotés de l'armoire, tandis qu'au centre on voit un panneau (n" 1228) découpé dans un cercueil de particulier mais qui fut adapté à la momie du roi Ranisès I"'. ()n y lit, en écriture hiératique, les restes du procès-verbal des opérations par lesquelles on tira la momie du roi de son tombeau , avant de la déposer dans la cachette de Deîrel-Bahari. La rédaction en est identique à celle des procèsverbaux de Séti 1" (v. p. 000, n" 1180) et de Ramsès 11 (v. p. 33 1, n" 1 177).
1230. — Une boîte de momie, en forme de gazelle, renferme une momie de gazelle soigneusement embaumée ; c'était probablement la gazelle favorite de la reine Isimkhabiou , qu'on lui donna pour compagne dans la tombe.
1231. — Une momie d'enfant refaite avec des débris, pour les raisons qui ont été dites ailleurs (cfr. p. 3 18); elle
représente la momie de la princesse Silamanou, dans le cercueil de qui elle a été trouvée.
Armoire Z.
Au fond sont étendus les linceuls de la princesse Nsikhonsou et du grand-prélre d'Amon .Masahirti (v. p. 889 , n" 1 j 90, et p. 3 ^o , n" 1 1 SA). Dans le corps du centre on rencontre successivement : un coffret en bois et en ivoire (n" 1 âo8) au nom de Uamsès IX Nofirkerî, et un second coffret en marqueterie (n° 1 9 1 1 ) au nom de la reine Hatshopsouîtou Makerî, qui fut choisi par les préires, à cause de la ressemblance des noms, pour contenir, en guise de canope , les entrailles de la reine Makerî (v. p. 3 07 , n" 1 1 98). J.es deux petites rames qu'on voit à droite et à gauche du groupe des coffi-ets. ont été trouvées sur la momie de Thoutmosis III ( cfr. p. 8 2 9 , n" 1181). Elles servaient à deux fins , d'abord à consolider le corps jjrisé, quand on le reconstitua, puis à donner au roi défunt le moyen de monter, conmie ses prédécesseurs, sur la banpie du soleil , et de parcourir le ciel avec le dieu.
Le reste de la vitrine contient des étoffes, entre auti'es le bandeau chargé de ligures magiques qui décorait le front de la momie de Uamsès III , une perruque et des vases à libations en bronze, venant de sellettes semblables à celle qui est exposée sous le n" 1907 (cfr. p. 335).
Armoire A'.
Le fond de l'armoire A' est couvert par des linceuls de même provenance que ceux qu'on a vus dans les armoires précédentes. D'autres étoffes pliées sont placées en avant des trois coffrets en bois , peints de couleurs gaies , qui contenaient
les statuettes fiine'raires du roi-prétre Pinotmou I" (n° 12/19) et de la reine Honîttaoui (n°' 19 A 3, 1263 bis). Dans les intervalles sont répartis les quatre canopes en albâtre de la reine Nofrîtari (n" 12/11') et de la princesse Isimkliabiou (n" 12/10).
Au-dessus de ces armoires sont rangés des panneaux carrés et rectangulaires, sur lesquels sont tendus les fragments de la tente en cuir de la reine Isimkliabiou ; c'est d'après ces fragments originaux qu'a été exécutée la restauration exposée dans la cage K , sous le n" 11 9/» ( v. p. 338). En avant de ces fragments sont disposés des boîtes à canopes , des coffrets à figurines funéraires et des paniers provenant de la première trouva.ille de Deir-el-Bahari.
Paroi occidentale du palier de î'escaUcr nord-ouest.
Contre la paroi de f escalier nord-ouest sont dressés trois des cercueils les plus remarquables de notre collection :
1251. — Haut. 1 m. 80 cent. — Drahaboul-Xeggah.
Couvercle doré du cercueil de la reine Alihotpou l"% à laquelle appartenait le trésor exposé dans la galerie des bijoux. Elle est représentée le visage découvert, le corps entièrement recouvert des ailes disis. La face est d"un travail fort soigné et paraît reproduire les traits mêmes de la reine. — X\ IIP dynastie.
1172. — Cois, Toile et Stlc. — Haut. 3 m. 90 cent, sans les plumes.
Cercueil gigantesque, formé par des épaisseurs d'étoffe superposées, tendues sur un châssis en bois léger et forte-
ment imprégnées de stuc. II est peint en jaune , et il porte sur une bande verticale le proscynème habituel en l'honneur de la reine Ahliotpou 11, iemme du roi Aménôthès 1" (clr. p. 028, n" 1177). Il reproduit l'aspect des piliers osiriens qui décorent la cour de Médinet-Habou , à la coiffure près; la permcjne, les Iraits du visage et les colliers sont rehaussés de bleu. Il devait avoir sur la tête les deux plumes d'Amon et de Maout, comme celui de Nofrltari (cfr. n° 1 170). La momie, revélue d'un job linceul orange, élail enfermée dans un cercneil de taille ordinaire, et s'est trouvée élre celle de Pinotmou t" (v. n" 1 197).
1173. — Haut. 3 m. 1 7 cent., larg. aux coudes o m. 87 cent., épais, de la poitrine o m. 55 cent.
Cercueil gigantesque de la reine Nofritari, femme d'Ahmosis et mère d" Aménôthès P*" ; il porte sur la tête la double plume d'Amon et de Maout , identique d'aspect et de travail à celui d' Ahliotpou II (n" 1172).
En avant de ce groupe sont couchés , dans une vitrine plaie à trois compartiments :
Vitrine A.
1197. — Cercueil du roi Pinotmou P" ; la momie était renfermée dans le cercueil monumental de la l'eine Ahliotpou (11° 1179),
1215. — Long, de la momie 1 m. 85 cent.
Cercueil de la dame Ràï, nourrice de la reine Nofri tarit. Il est à fond vert , garni de bandes jaunes. Sur la face inté-
lieiire du couvercle est tracée une prière à ia déesse Nouît en i'honneur de PuVi. D'autres légendes, inscrites à Tintérieur près de la tête et des pieds, à l'extérieur sur les deux parois latérales , répètent le nom de la nourrice Ràï. La momie de celle-ci a disparu. Elle a été remplacée dès l'antiquité par celle de la reine Anliàpou.
1216. — Long, de la momie i m. bk cent.
Cercueil portant des textes au nom du prétre-roi Pinotmou I", Il est du même type cpie celui de Notmit ( v. p. 335 , n" 1195). 11 appartenait d'abord à Tlioutmosis I"; après avoir été enlevé à ses premiers possessems , il a été approprié à l'usage de Pinotmou 1", mais le nom de Tlioutmosis reparaît çà et là sous la peinture plus récente. On le tailla presque entièrement à l'herminette pour enlever la dorure, et il présente à l'extérieur l'aspect d'une masse de bois infoi'me.
La momie a été déshabillée par les arabes. Elle est dans un état admirable de conservation. En en comparant les traits à ceux des momies de Thoutmosis II et III, on trouvera qu'elle ressemble à ces souverains, tandis que le type en difîere totalement de celui des membres de la famille du grand-prétre. Il est donc probable que Tlioutmosis I" a été remis par la suite en possession du cercueil que Pinotmou s'était approprié. C'est un viedlard aux traits lins et rusés , à la tête rase , au corps maigre et petit. Les dents sont usées à la façon des dents du cheval, connue on le voit encore chez certaines ])euplades africaines qui se nourj'issent de graines mal broyées.
Le couvercle est exposé dans la galerie Q , armoire G . ir 1195 (v. p. 337).
Côté nord du palier, entre les deux colonnes. Vitrine B.
1102. — Long, delà momie i m. 77 cent. La iiioinie , couchée sur un fond de cercueil triangulaire , avait été' dépouillée jiar les voleurs puis remise en état par les prêtres : d'après les restes du cartouche-prénom tracé à l'encre sur la poitrine, on voit que c'est celle du Pharaon liamsès V. Elle a été découverte par M. Loret, dans le tombeau d'Aménôthès II, en 1898. — XX* dynastie.
Vitrine C.
1173 bis. — Long, de la momie 1 mètre.
Momie de la reine Nofrîtari , dont le cercueil colossal est exposé sous ie n" 1178, le long de la paroi ouest du même palier (cfr. p. 3A6). Au moment de la découverte, cette momie exhalait une odeur désagréable et paraissait être en un état de décomposition avancée. Enterrée quelques mois dans la chounéh du Musée deBoulacf, son séjour en terre dissipa ces symptômes de décomposition , et elle put être réintégrée dans nos collections.
Sur les faces des piliers sont rangés des coffrets à canopes ou à figurines funéraires , provenant, les uns du tombeau de Sannotmou (n"' 12/17, i^So, laoi), les autres delà trouvaille de Deîr-el-Bahari (n" 19/iG, coffret à canopes de la reine \otmit).
SALLE R
La salle R comprend la fin des deux séries de momies royales découvertes en 1881 et en 1898.
Mur ouest de la Salle.
Vitrine A.
Momie de la princesse Sitkamos, sœur ou fille du Pharaon Aliniosis. Le cercueil dans lequel elle se trouve ne lui appai'tenait pas à Torigine.
Vitrine B.
Elle contient le cercueil en bois peint du premier prophète d'Amon, premier prophète de Thoutmosis 111, Rà, dans lequel la momie du Pharaon Ramsès M , de la XX" dynastie, fut déposée vers la fin de la XXP dynastie. La momie est trop endommagée pour qu'il soit possible de la mesurer. Elle a été découverte en 1898 par M. Loret dans le tombeau d'Aménôthès II , et elle n'a pas encore été développée.
Vitrine G.
1186. — Cercueil de la princesse AhmashonîUimihou; la momie, décorée de guirlandes, est fausse comme celle de la princesse Sitamanou (cfr. p. 36 A, n" i23i).
Vitrine D.
1191. — Longueur de la momie 1 mètre.
Cercueil extérieur de la reine Isimkhabiou (cfr. p. 338, n" 1208); il contient provisoirement la momie de la princesse Maritamanou, sœur d'Aménothès P', ou peut-être même une momie ])lus ancienne substituée dans l'anli- (piilé à celle de Maritamanou. — X^ IIP et XXP dynasties.
1185. — Long, de la fausse momie i m. 20 cent.
Petit cercueil blanc de la princesse Sitamanou, fille dWhmosis 1" (v. p. Say , n" 1 lyS), et de Nofritari (v. p. 347, n" 1173). Un paquet de djérids, long de 1 m. 20 cent, et sin-nionlé d'un crâne d'enfant, remplace le corps, brisé par les malfaiteurs qui violaient les se'pnltures. Celte restauration a été faite dans Tantiqnité par les gardiens de la nécropole dont la surveillance avait été mise en défaut (v. p. 3i8 et Zkh, 11° i23i). — XVIIP dynastie.
Vitrine E.
1201. — Petit cercueil sans nom, contenant une momie d'enfant non développée.
Vitrine F.
1176. — Long, de la momie o m. 90 cent.
Cercueil identique d'aspect h celui d'Abmôsis I" (voir p. 027, n''ii75), et qui appartient au fils aîné de ce souverain, Siamanou. La momie est d'un enfant de cinq à six ans : elle porte , tracé en hiératique sur la poitrine , le nom de Siamanou.
Vitrine G.
Cercueil et monu'e de la dame Honîtenipait. — XVIIP dynastie.
Vitrine H.
1191. — Long, du cercueil 1 mètre.
Orcueil de l'intendant Sonou; la momie de la reine
Maritamanou y avait été déposée au moment du transfert des momies royales dans la cachette de Deîr-el-Bahari,
Mur est de la Salle.
On y voit rangés successivement les Pharaons Ramsès I" (cfr. p. 34^i, armoire Y, n" i2a8), et :
1196. — Long, de la momie i m. 66 cent.
Cercueil au nom de la princesse Nsikhonsou, fille delà dame Tahonouthoti et probablement femme de Pinotmou II. Les cercueils de celle princesse n'avaient pas été fabriqués pour elle, mais pour Isimkhabiou. Ils ont été cédés par Isinikhabiou ou par ses jiarents à Nsikhonsou, dont le nom a été écrit en surcharge sur celui de sa com])agne. La peinture surajoutée est tombée, et le nom primitif a i-eparu en plusieurs endroits. Celte première usurpation leconnue, on a dii bientôt en constater une seconde. A leur arrivée au musée, les deux cercueils renfei-maient chacun une momie, et M. Alaspero crut d'abord que ce dédoublement était le fait des arabes cjui avaient trouvé et dévalisé la cachette de Deîr-el-Bahari. L'examen prouva cju'il était le fait des Egyptiens eux-mêmes. La momie n" 1 196 porte écrit sur son maillot extérieur le nom de la supérieure des femmes d'Amon Nsikhonsou, avec la date de l'an VI. Les premiers linges enlevés, on trouva une autre inscription : ff Expédition faite au temple, en l'an MI, pour emmaillotter le roi Piàkhàmouasitr, La momie, qui parait être brisée, n'a ))as été dépouillée entièrement de ses bandelettes : en continuant l'opéiation, on trouverait, au lieu d'une Nsikhonsou ou d'une Isimkhabiou, annoncée par le cercueil, le corps d'un roi, probablement de l'un des derniers P»amessides, Uamsès XII, de la XX^ dvnastie.
1193. — Long, de la momie i m. 78 cent.
Cercueil à fond blanc, dessins en couleur, au nom du prêtre-scribe iN'ibsoni, né de Pahiri et de la dame Tamosou (le couvercle est sous le n° 1 198 bis i. La momie a la face découverte; elle est dans un tel état de conservalion qu'on dirait le cadavre d'un homme mort depuis cjuelques jours à peine. — XX" dynastie.
1200. — Long, de la momie 1 m. 76 cent.
Cercueil en forme de momie, sans barbe et peint en blanc de manière à imiler le calcaire. La momie était emmaillottée à la façon des momies de la XVIIP dynastie, et semblait intacte : elle était cousue dans une peau de mouton à laine blanche, et accompagnée de deux cannes à pomme en l'oseaux tressés. Elle exhalait une odeur infecte. Le 90 juin 1886, elle fut remise entre les mains du D' Fouquet. L'opération du déroulement dura deux jours entiers et fournit les résultais les plus inattendus. Un premier linceul, puis un épais lacis de bandelettes, puis une couche de natron blanchâtre, chargé de graisse humaine: un second maillot, un second lit de natron, et le cadavre. 11 n avait pas été ouvert, et les viscères sont encore à leur place. Les matières préservatrices n'avaient pas été injectées ni introduites dans le corps; on les avait réparties à la surface de la peau , avec une habileté qui trahit une longue expérience de ce genre de travail. La momie était celle d'un jeune homme. Tous ceux qui l'ont vue ont supposé sur-le-champ (pie le prince avait été empoisonné: les indices relevés tendent à établir la mort par un poison convulsant. Aucun nom, aucune inscription ne nous renseigne sur le drame dont le prince fut la victime.
SVLLE S.
Ou a rojjii dans la salle S reiiseiiihle des ohjels découverts eu 1898 et en 1899 par M. Loret. dans les londjeaux (F Anienôthèsll et de Thoutniosis 111, à Tlièbes. (Iss objels, cjjars pèle-nièle à leiTC dans ]es cbainljres de ces tombeaux ( V. p. 09/1 ), ne représentent (pie la moindre partie des richesses (pi' elles contenaient avant que les voleurs anciens ne les eussent saccagées : les bijoux avaient éié enlevés, el il ne lestait plus guère (pie les bois, les verres, les cuirs, tout ce qui n'avait j)oint de valeur vénale à Thèbes, vers l'époque des Ramessides.
Côté nurd de la Salle.
Ahmoike a.
Tout en haut, dans le fond de larnioire. de graudes croix ansées + alternent avec les (pialre tablettes superposées (pii tbruient la partie supérieure du Dadou f : elles sont en bois ])eint, et leur présence au tombeau assurait au Pharaon une vie el une durée infinies.
La tablette supérieure, au-dessous de la ligne des eni- Ijlèmes, porte une série d'admirables vases en teri'e émaillée Ideu turquois, s;ir la plupart descpiels sont tracés les carlouches d'Aniénothès 11 : le col en est entouré d'une bordure dentelée ou dun simple ruijan de couleur noire, des raies noires Iraci'es horizontalement vers la naissance du goulot et sur la panse en rehaussent le galbe, lis étaient destinés à coiitenii* Teau el les boissons du défunt. Au centre, une tète de veau en bois sculpté et peint se dresse, les yeux
grand ouveils, «H sous elle iiue grande tète de bœuf de même style, (jiii figurent probablement des oflVandes de viande, (ie sont deux pièces de fort bon style, et le pelage bariole du veau, ainsi que sa mine efTarée, sont rendus avec un grand bonheur d'expression.
Le premier étage de la vitrine e'st lenjpli j)ar «les caisses de bois en forme doie, qui reufermaient à Torigine une oie embaumée pour le repas du double. On voit auprès d'elles des fragmenis de canopes en albâtre; les bouchons de terre estampée qui couronnaient les jarres pour le vin et pour Teau; des ouashbatiou ; des signes de vie ■?• en tei-i-e émaillée bleue; des vases à libations f et des figurines en bois gou- (Iromié, dont Tune représente le roi tenant de chaque main im vase à libations, tandis que les aulres le montrent momifié et identifié avec les formes diverses dOsiris; enfin , deux superbes urteus en bois, dont Tune, qui a la tête humaine et des ailes allongées, est l'image de la déesse Maritsakro, la maîtresse des morts dans la région thébaine, et avait été placée là afin de pioléger le Pharaon c(mlie ses ennenns d'outre-tombe.
Vniuist; B.
La vitrine B renferme les débris des vases en pâte de verre, recueillis dans l'hypogée d'Aménôthès II. Ils étaient d'une factui'e merveilleuse, et Ton ne saurait trop regretter qu'ils aient été si brutalement traités par les voleurs de l'ancien tenqjs. MM. Dai-essy et Barsanli ont réussi à en ii'tablir quehpies-uns ])resque au complet, ainsi le magnilicpie vase à fond blanc qui se Ij-ouve dans la pai'lie gauche de la vitrine, sur le devant. On y remarquera partout les
mêmes motifs d'ornenieiitalion qu'on rencontre sur les petits vases de même forme dont on attribue d'ordinaire ta fabrication aux Phéniciens. On a soupçonné longtemps que la plupart de ces derniers ou venaient des manufactures égypiiennes, ou avaient e'të exécutés à Timitation des modèles ég-yptiens. Cette conjecture est confirmée par la présence au tombeau d'Aménôtliès 11 d'une telle quantité de vases de ce genre, marqués aux cartouches du Pharaon et provenant de Thèbes. Toutes les espèces de verres alors connues s'y reti-ouvent j'eprésentées , verre transparent et incolore, verre opaque d'iuie seule couleur, verres décorés de feuille de fougère, de dents de scie, de rosaces; verres imitant lagathe, l'onyx, le mai'bre, la serpentine.
Cadre G.
Le fragment de pa[)yrus qui y est exposé nous offre ce qu'on pourrait appeler une édition condensée de certaines parties de l'un cU'.s Livres de l'Hadès (v. p. •220). Au lieu d'y reproduire in exlenso les diagi'ainmes et les légendes de telle ou telle heure de la nuit, on y a inscrit dans des compartiments spéciaux la figure des personnages qui peuplaient certaines de ces heures, avec l'indication de leur nombre, de leur nom, et de la formule qui leur correspondait. Ainsi, commençant par la droite, on voit successivement la figure d'un homme adorant j^ avec son nom Aouiti, rrl'adorateur^, puis le chiffre k, qui prouve cju'il y avait quatre de ces personnages, et au-dessous, à l'encre rouge, en deux colonnes, la légende : rrll entre dans rOccident vers les gens de l'Hadès, maître des biens, ^i La case suivante montre un honnne barbu, couché sur le dos dans les replis d'un serpent avec la légende: "les dieux qui sont dans les replis-^.
et le chiffre ih de ces personnages. La série conlinue fie la sorte, et nous offre un hon exemple d'un aide-mémoire à Tusage des morts. Le double y voyait l'image, le nom, le nombre des divinités cpi'il était exposé à rencontrer dans ses pérégrinations d'onti-e-tomhe, el, si la mémoire venait à lui manquer, il n'avait quà consulter ce tableau abrégé: c'était moins long qu'un exemplaire complet du Line de VHadès et aussi efficace.
ViiniNE D.
Modèle en bois d'un navire de guerre de la flotte égyptienne. C'est la reproduction exacte des galères qui sont gravées sur les murs du temple de Deîr-el-Bahari, et les deux représentations se complètent l'une l'autre jusque dans leui's plus petits détails. Les saillies le long des flancs sont l'extrémité des baux qui reliaient les deux flancs et soutenaient le pont. Les ])ièces chevillées sur le |)ont, au nombre de vingt, sont les bancs des rameiu's, (lix par bande. Le mât et le gréement font défaut, ainsi que l'équipage : il ne reste à l'arrière que l'un des màtereaux à corne qui supportaient les rames-gouvernails, et les débris de la plateforme sur laquelle les pilotes étaient debout. Ces bateaux représentaient l'escadre qui avait convoyé le mort à sa demeure funéraire, et qui devait l'emmener à Abydos pour passer de là dans l'autie monde.
Sur le pilier qui sépare la vitrine D de la vitrine E, on a monté la carcasse en bois d'une ligure dOsiris. In treillage la soutenait, sur lequel étaient clouées des pièces de bois courbes dessinant le contour de la couronne, de la tète, des épaules, d'une partie des bras et des reins. On ne sait si le corps de la ligure était foi-mé d'une marqueter"
le
(le hois et (réniaux imilticolores ou dime toile peinte. Au-dessous de cet appareil, on a reconstitué une des boites en albâtre à quatre conipai'tinients. (jwi lenferniaient les canopos d'Aménothès 11.
^ ITHINE E.
Bateau du même type que celui de la vitrine D, mais de plus grandes dimensions. 11 avait di\-buit rameurs par bande : une partie du mur de la cabine d'arrière est encoie debout, ainsi que les deux màtereaux à cornes sur lesquels les rames-gouvernails jouaient.
Armoire F.
On y voit une partie des statuettes en bois goudroiuié qui peuplaient le tombeau de Thoutmosis 111 et d'Amén- (Vtiiès 11. Celle qui occnpe le milieu de l'armoire représentait le roi lui-même, debout, en costume de cérémonie, le klaft et Turœus au Iront, le bâton à la main. Outre le mé'iite artisti(jue, qui est incontestable, elle présente un intérêt archéologique de premier ordi-e. Elle nous donne, eu effet, un spécimen des statues du mort sur lescpielles la famille et les prêtres célébraient, le jour des funérailles, les cérémonies de YAp-ro : elle est une de celles qui. dressées sur un tas de sable, ainsi qu'il est vu au tombeau de Set i P', étaient puritiées p:n' Teau et par le feu. puis avaient la bouche, les yeux et les oreilles ouvertes au moyen du ciseau, de l'herminelte. du sac de cornalines, alin <le pouvoir regarder, sentir, goûter la cuisse des bœufs et les offrandes du sacrifice funéraire. Ces rites accomjiiis une première fois , elles devenaient capables d'accomplir à jamais toutes les fonctions de la vie pour le double. 11 y en avait auxquelles on accordait la grandeur naturelle, mais nous
PS
ne jiobseclons plus ([ue ies pieds de celles-là. Les sla luettes osiriennes, rangées à droite et à gauche du Pharaon ('laient ('gaiement employées dans ces céi'émonies; » ligu raient les divinités pi'otectrices du mort et le mort identilié à elles.
Les deux panthères sont rimag(î de ces félins ap[)rivoisés, dont les Pharaons aimaient à s'entourer et qui les accompagnaient à la chasse et même à la gueire : Ramsès II avait son lion avec lui à la hataille de Qodshou. Quelle était Tidée attachée à la présence du grand cygne en hois, nous l'ignorons; elle répondait à quelque vieille coutume, car l'on a trouvé une image du même oiseau au tomheau du roi Horou , sous la XllP dynastie ( cfr. p. h 12).
Les autres objets appartiennent au mol)iliei- funéiaire courant, sandales en sparterie, osiraca, vases d'offrandes, fj'agments de vases en pâte de verre tels que ceux de la \itrine B, des lames de couteaux et des paires de ciseaux en cuivre, des fragments de rames-gouvernails provenant des bateaux; les pièces les plus curieuses sont la portion de cabine en bois peint, seul reste d'une barque aujourd'hui détruite, et les trois plaquettes en émail bleu pale sur l'une desquelles on aperçoit, tracée au noir violet, une figure de la déesse Safkhîtàboui, enfonçant en terre le jjieu qui servait à marquer sur le sol les quatre angles d'un édifice en construction.
Armoire G.
Suite des statuettes en bois goudronné. Au centre une statue d'i4/)-ro, identique à celle qui est exposée dans l'armoire F (cfr. p. 358 V A coté d'elle, d'autres statues représentent le souverain en Horus nu , la tresse battant sur l'oreille droite;
en soldai combatlant debout dans la barque solaire, coiffe de la couronne rouge ^ et peirant de sa lance le serpent des eaux célestes: en Osiris momiforme. Les deux figures de lionne sont d'aussi bon style que les deux figures de léopard de l'armoire F. Deux grands bouniérangs en demiserpents servaient à chasser dans l'autre monde. Le reste de l'armoire est rempli par des én^aux bleus, croix ansées ■+■, dadou f, fleurs de lotus, balles arrondies , vases en boutons de lotus, boîtes carrées, larges anneaux à section carrée, d'une richesse de ton admirable.
Côté sud de la Salle.
Armoire H.
Elle renferme plus de débris que d'objets complets : croix ansées et morceaux de croix ansées + , fragments de dadou f; pieds et mains de statues en bois goudronné, qui représentaient le Pharaon de grandeur naturelle ou héroïque et qui servirent aux cérémonies de YAp-ro (v. p. 358): bras, jambes, pieds, têtes de statuettes en bois de petite taille qui avaient la même destination: pieds de lit en forme de jambes de lion (v. p. 9^5 ): vases en émail bleu, refaits à l'aide des pièces ramassées dans le tombeau. Le treillage en bois qui occupe la niche du milieu est le reste d'une carcasse d'Osiris, analogue à celle qui est placée contre un pilier entre les deux cages C et D (V. p. 357).
iRMOIRE
Figm-ines funéraires d'Aménôthès 11, les unes en terre émaiilée bleue, les autres en bois goudronné, quelques-
unes en grès ronge et en calcaire. Elles portent pour la plupart, sur le devant de la gaine, le texte du chapitre VI du Livre des Morts (v. p. 198-900). Les deux cercueils en hois noir, sans inscription, cpii sont de chaque cote' de Tajmoire H, étaient dans l'une des pièces du tombeau de Thoutmosis lll (y. p. Ss/i). Us renferment la momie de deux princesses de la famille du Pharaon , peut-être sa femme Sitahou et sa fille Nofrîtarou, comme ie pense M. Loret.
Vitrine J.
Grande galère du même type que celles qui sont exposées dans les vitrines D elE (v. p. SSy et 358). A côté d'elles, les restes des ornements en fleurs de lotus recourbées qui la décoraient, elle et les autres galères déposées dans le tombeau du Pharaon.
Vitrine K.
Débris du mobilier funéraire, croix ansées et boumérangs en émail bleu, massues, fouets, flèches, statuettes et débris de statuettes divines en albâtre. Sur le devant, trois des quatre briques que l'on plaçait aux quatre angles de la chambre funéraire, et sur chacune desquelles on posait une mèche allumée, au moment oii l'on se retirait après avoir terminé la cérémonie de la mise au caveau : elles portaient une formule destinée à protéger le tombeau contre les dangers qui le menaçaient des quatre coins de l'horizon, et à ouvrir au défunt l'accès des quatre maisons du monde.
Armoire L.
On y retrouve les mêmes motifs et les mêmes objets que dans les précédentes , croix ansées , vases , sceptre ouasou 1 ,
plnqueltes ivclan^rnlaires. boîles et décor lmi émail bleu, fragments de canopes en albâtre; slaliiettes de Sakhît, d'Osiris. du roi combaltant , provenant les unes du tombeau de Tboutmosis III, les autres de celui (rAménôlhès 11: un superbe vautour en bois coloré J| perché sur une colonnette I ; des paniers, des boumérangs, et les couvercles des boîles à B^pondants d" Amén»'ttbès II.
SALLE T
Elle contient des cercueils et des cartonnages de momie, dont les phis anciens remontent à la XX' dynastie et les plus récents sont de la fin de Tàge ptolémaiVjue. Ils forment une série des plus intéressantes pour l'histoire de la sépulture en Egypte.
Les principaux sont :
OUc nord de In Snllr.
1255. — Long', i ni. 5- cent. ■ — Goiunah.
Joli cartonnage de momie de la dame Ta])iri()u. Sous les pieds, repi'ésentation du taureau qui court vers la montagne de l'ouest. — XMl" dynastie.
1260. — Long. 1 m. 78 cent. — Gouvvnh.
Cercueil et cartonnage du porteur de lait de la maison d'Amon, Tachos, fils de ^sikhonsou-Ouankhi. Ils sont décorés de scènes d'un dessin hardi et d'une couleur très vive. — XXVP dynastie.
1270. J^uiig. 1 111. 8o ceiil. ~- Goumalt.
Oercueil «le la flame Naneferlio, fille du prince «le TIh'bes, prophète d'Amoii, Harsi<^si. Les figures et les lexles sont tracés hâtivement, mais d'une main habile: ils offrent un bon spécimen de Tart funéraire, à Thèbes, pendant la première épocpie persane.
1271. — Long. 1 m. 8o cont. — Goumalt,
(Cercueil à fond blanc et à visage rouge, au nom «le Nsikbonsou , fille du divin ami d'Amon de Thèbes , Harmàît , et de la dame Raouùit. — XXIP dynastie.
1253. — Long, i m. 88 cent. — Detr-el-Médineh. Cercueil de la dame Isis, parente de Sannotmou.
1254. — Long, i m. 79 cent. — Delr-el-Médineh.
Beau cercueil de Sannotmou. La léte est coiffée d'une perruque de cérémonie. A Tinlérieur, un faux couvercle représente le défunt couché sur sa momie, en costume civil de la XX" dynastie. 11 est vêtu «fune jupe blanche, et il a les pieds nus, ainsi que le bas des jambes et le buste : un large collier et des bracelets ornent la poitrine et les bras.
Sur la partie de la paroi est qui avoisine Sannotmou , «m a dressé des cercueils en terre cuite d'assez bonne époque . «lécorés de scènes et de légendes aux couleurs noire, rouge et blanche. — XX* dvnastie.
Côté sud de la Salle.
1252. — Long, i m. 66 cent. — El-Hassaia.
Joli cercueil incruste de dorures du premier propliète d'Horus d'Edfou. Harsiési. lils de Nsipakhradou. Le couvercle du cercueil est soulevé . de manière à bien montrer la momie, entourée de bandelettes et de guirlandes de fleurs. Le papyrus a été laissé dans le cercueil , à la place même qu'il occupait près de la tète. Un mas({ue doré protège le visage. Des colliers en cartomiage et en perles sont posés sur la poitrine . un réseau de perles couvre les jambes , les pieds sont garnis d'une gaine aux semelles peintes simulant la paille tressée. Le cercueil extérieur dans lecpiel cet ensemble était enfermé est exposé dans la seconde vitrine à droite. — Epoque ptoléma'ique.
1258. — Haut, i m. 79 cent. — Fayoum.
Cercueil cVAménerlas provenant des fouilles de M. Pétrie. Il est couché sm* un lit en bois à tète d'homme, bien qu'il fût destiné à une femme; le corps est peint en blanc el simule une robe plissée. — Epoque ptoléma'ique.
1256. — Long. 1 m. 80 cent. — Cheikh Ahd-el- Gournoh.
Le cercueil et la momie exposés dans cette vitrine appartenaient à une jeune lille du nom de Triphi. la \ ierge. Ils ont été découverts à Tbèbes. dans le tombeau de Nofirsokhrou , avec douze autres momies appartenant à une même famille qui vivait probablement au premier siècle avant Tèi'e chrétienne. La momie est dans un état parfait de conservation. Elle est recouverte d'un maillot en perles de
verre, dont une partie seulement est visible. Elle porte encore ses guirlandes dans leur position antique, les chapelets de fleurs sur la poitrine, la couronne de Voix juste sur la tf'te. — Epoque ptolémaïque.
1257. — Long, i m. 80 cent. — Goumah.
Cercueil et cartonnage de même style que celui de Taclios (cfr. p. 069, \V 1260), et sortant probablement du même atelier funèbre : seulement le masque est doré. 11 appartient au récitant d'Amon, Xsipaouittaoui, fils de Nsikhonsoupakbradou. — XXVI" dvnastie.
1259. — Long. 1 m. 80 cent. — Cheikh Ahdel-Gournah.
Joli cercueil blanc , à visage doré , de la prétresse d'Amon Shaouiamenamous, fdle deTakelôti, prince des Mashaouaslia: le mot imnce est exprimé par un terme masou , mas , emprunté à un dialecte libyen. — XXI P dvnastie.
SALLE U
En 1899, M. Loret continuant ses fouilles aux Bibànel-Molouk, découvrit le tombeau intact d'un prince nommé Mailiarpiri (Maberprà), qui dut vivre sous Aménôthès III , s'il faut en juger par une découverte faite en 1909. Ce personnage, dont la momie a été déroulée en 1901, ('tait le (ils d'une négresse et d'un Pharaon , peut-être ThoutmosislV, et il occupa un rang considérable à la cour. Tous les objets trouvés au tombeau, dans les cei'cneils et sur la momie, sont réunis dans la salle U.
Centre de (a Salle.
Cage A.
Le grand sarcophage rectangulaire (liant, i m. Go cent., long. '2 ni. ()0 cent.) en bois goudronne, à ligures et ù légendes dorées, avait le couvercle ordinaire en dosd'àne. décoré de la même manière que la cuve. On voit sur celle-ci. aux: deux extrémités. Isis et Neplitliys, deboul siu* le signe de Tor nsan et récitant les invocations en Thonneur du défunt: sur chacune des parois latérales, la procession des Enfants d'Horus s'avance, du côté droit à la suite du chacal accroupi dOuapouaitou, du côté gauche à la suite d'un des yeux mystiques ^^ posé sur son support rectangulaire. Le couvercle porte extérieurement les deux veux et les bandes d'hiéroglyphes qui nous donnent les noms des génies représentés sur la cuve, Amsili, \nubis, Duaoumaoutf et Horus. à gauche: Hapi. Anubis, Kal)hsanouf et Sibou , à droite. Dans le sarcophage , on a couché le long cercueil momiforme qui n'a jamais reçu ta momie: il était en bois iioii", avec la face et les mains dorées , de larges yeux en émail, des bandes dorées qui simulent les liens du linceul , et sur lesquelles le nom du défunt est inscj'it avec les invocations ordinaires.
Vitrine B.
Elle J'enferme la plus belle partie du trousseau funéraue de Maiharpiri. Dans la partie nord, c'est un carquois en cuir gaidi-é rouge, avec couvercle en cuir rouge également gaufré et un liséré de cuir vert. Le carquois, d'origine asiatique fut importé en Egypte après la XII' dynastie: peutêtre celui-ci fut-il fabriqué sur un modèle syrien. Derrière
le carquois sont étalées les flèches qu'il contenait , el . à f;auclie. la garrle d'arc en cuir, de même travail que le carquois. Sur un socle spécial est pjsé un collier de chien en cuir rose au nom de la chienne Tantanouît, i'avorite du prince, et qu'on lui donna pour compagne dans l'autre
llKMldc.
Sur le côté ouest, le pain du mort, d'un aspect peu engageant, est étalé, avec un vase en teri-e ésasé plein de leuillages, un disque en sparterie, un paquet de hranchages ayant fait partie d'un des bouquets qu'on déposa dans la tombe 1*^ jour des funérailles, enfui un nouveau paquet de flècliHs en loseau. à poiiile de bois dur ou de silex.
Sur le cùlésud, autre carquois, moins bien conservé (pie le précédent, mais d'un travail plus soigné, en cuir rouge, partie gaufré et ciselé en reliel au couteau, partie jecouvert de lisérés et d'ornements en cuir vert cousus linement sur le cuir rouge. Par derrière, les flèches en [•oseau . et un second collier de chien en cuir rose, ciselé et i-elevé de tilels en cuir vei't: il est idenlique pour la grandeur à celui (pii a été décrit plus haut.
Dans le côl('' esl , on voit successivement un damier long i*n bois et en ivoire, avec ses pions en terre blanche et en émail bleu; un paquet de quatre anneaux de pied en émail bleu: des bracelets et des colliers en verroteries multicoloj-es; des bracelets en bois d'ébène incrustés de métal ou de verres et qui nous ofTi-ent peut-être un spécimen de fabrication soudanaise: un fermoir en or et en émaux |)ulychromes, qui a la forme d'une fleur de lotus à moitié f'pauouie: une belle coups d'émail bleu, don! le fond est décoré de gazelles, de poissons et de fleurs au violet man-
ganèse: des étoffes dont l'une porte le cartouche Mâkerî de la reine Hashopsouîlou ; enfin un superbe vase en verre multicolore à fond bleu turquois, dont le col est enlouré d'un linge el qui contient encore quelque parfum.
Au milieu de la viliine, cinq vases en terre cuite, également bouchés , sont l'emplis des parfums canoniques.
Côté ouest de la Salle.
Cage G.
Beau coffret à canopes de Maiharpiri. Il est en bois goudronné, monté sur un traîneau, les légendes et les figures dessinés au vernis d'or.
(AGE
Par une bizarrerie encore inexpliquée, Maiharpiri avait deux séries conqilètes de cercueils : le sarcophage et le cercueil noirs déjà décrits, des cercueils en bois dorés entièrement , dont l'un est enfermé dans la cage D. Les yeux sont en émail noir et blanc, les sourcils et la ligne de kohol en émail bleu. La momie était enfermée dans ce cercueil.
Cage E.
Sur une toile grossière, attachée à l'un de ces lits bas que l'on nomme angarehs , on avait disposé un semis de grains de blés dont le contour repiésentait la figure ordinaire de rOsiris-momie; on avait arrosé cette plantation d'un nouveau genre jusqu'à ce qu'elle germât, et lorsque l'herbe avait atteint la hauteur de dix ou quinze centimètres , on l'avait couchée et fait sécher au feu , puis enfermé le
tout au tombeau de Maiharpiri. C'est l'expression matérielle (le l'idée d'après laquelle la vie sortait de la mort , comme le blé nouveau sort du grain de blé ancien enfermé en terre. Osiris avait végété de la sorte pour ressusciter, ainsi que le prouvent les tableaux tracés sur les parois des temj)les gréco-romains. Aux époques antérieures on rendait ce concept de deux manières : par les figures des quatre enfants d'Horus en cire remplie de grains de blé: pai' la ligure Osirienne en blé germé dont nous avons ici un exemple unique jusqu'à présent.
Vitrine F.
Cercueil en bois, découvert dans le tombeau de Maibarpiri. La face et les mains sont dorées, les yeux en émail Idanc et noir, les sourcils et le trait des yeux en émail noir. La coufiyèli qui couvi'e la tête est bleue rayée d'or, le collier était peint pour simuler des rangs de verroterie bleue et rouge montés sur or. Deux figures d'isis et de Nepbtbys, agenouillées sur le signe de l'or, veillent à la tète et aux pieds. Le couvercle et la cuve portent les bandes de dorure ordinaire aux noms du défunt et des enfants d'Horus. (ïeux-ci sont représentés en or sur les côtés extérieurs de la cuve, Amsîti, A nu bis et Kabhsanouf, à gauche, Hapi, Anubis et Douaoumaoutf, à droite, oii l'œil mystic^ue veille sur l'épaule. Le tout forme un ensemble à la fois sobre et harmonieux. Le cercueil était resté vide, comme le cercueil noir de la cage A (v. p. 366), la momie ayant été placée dans le cercueil doré de la cage D (v. p. 368).
Derrière les vitrines D, E, F, on a exposé, dans cinq grands cadres , l'exenij^laire du Livre des Morts qui fut déposé sur Maiharpiri. 11 est en beaux hiéroglyphes cursifs écrits aux
encres rouge et noii-e, et décoré de vignettes coloriées d'une jaclure souple et large. Les figures qui représentent le mort sont autant de portraits très habilement laits. L'arliste a donné à son sujet la chevelure crépue, le profil et la coloration hrnne du mulâtre : il l'a vêtu du jupon court à pan triangulaire, l'etomljant entre les cuisses, et sur lequel est passée la tunique d'étoffe transparente aux manches longues. Il lui a mis au cou un collier de verroterie, qu'accompagnent des emblèmes variés selon le chapitre qulllustre la vignette : des bracelets d'or garnissent le poignet et lavant-bras. C'est le plus bel exemplaire que l'on connaisse jusqu'à présent du Livre des Morts thébain de la XVI 11' dynastie.
RMOIRE
On y voit, aux divers étages, les vases en terre cuite de taille et de forme très variées qui ont été recueillis au tombeau de Maiharpiri. La jilupai't sont encore bouchés et contiennent le résidu des essences et des graisses qu'on y avait versées au moment de l'enterrement. A l'étage inférieur, sont rangés les quatre canopes en albâtre du prince.
Mur est de In S(dlc.
Etagère H.
Les boites en bois qui y sont exposées contiennent les provisions funéraires, oies, canards, pigeons, côtelettes, cuissots de chèM'e, de gazelle et de l^œuf, le tout momifié et empaqueté de linge pour résister à l'action du tenq^s.
Etagère L
Les grandes jarres encore bouchées qu'on y voit contiennent les résidus des parfums et des matières salines
employées à la conservation du corps. L'analyse n'en a ]>as été faite et Ton en ignore la composition exacte.
1/objet exposé à gauche de Tarmoire H ne j)rovient ]ins dn tombeau de Mailiarpiri. C'est une sorte de cliapeîle, comme il y en avait dans toutes les maisons égyptiennes poiuun fétiche domestique :
1276. — Bois. — Haut, o m. 90 cent. — Snklarah.
Petit naos en bois, qui contenait la momie dim singe. La porte à deux battants était fermée, suivant l'usage, au moyen de deux verrous. Lu chacal est accroupi sur le toit.
SALLE V
La salle V renferme, avec quelques monuments intéi-essants de lemph^e memphite, l'une des séries qui excitent le plus la curiosité des visiteurs, celle des scarabées.
Côté nord de la Salle.
2. Bois. -- Haut. nioy. 1 m. AT) conL. lai-g. moy. o m. ko cent. — SaHaïah.
Ces cinq panneaux étaient encastrés dans les stèles ou fausses portes du tombeau de Hosi, à Sakkarah, nécropole de Memphis. Le style est d'une finesse remarqualde, mais le groupement incertain des hiéroglyjilies indique une é|)oque oii l'art de l'écrivain n'était pas encore soumis aux règles rigoureuses qu'on ol)serva plus tard. Ce monument est antérieur à Tépoque des grandes pyramides. — IIP dynastie.
Vitrines A-B.
Les deux vitrines A-B contiennent nne collection de ces stèles d'Horus sur les crocodiles , dont nous avons rencontré plus d'un beau spe'cimen dans le vestibule septentrional (v. p. 3i4, 817): celles-ci sont de petite taille, mais elles n'avaient pas pour cela moins d'eOicacité que les autres, et. lorsqu'elles étaient placées à la ])orte ou dans une pièce de la maison, elles en défendaient Faccès à tous les animaux fascinateurs, représentés au tableau ou visés dans la légende. Quelques-unes portent , au lieu de THorus enfant, le dieu Bisou dont les autres se bornent à nous montrer le masque grimaçant au-dessus de la tête de rilorus.
Vitrines C-D.
Les mains en bois, en os ou en ivoire, droites ou courbes, sont les castagnettes avec lesquelles les danseuses égyptiennes rylbmaient leurs mouvements : un cordon, passant dans les trous dont elles sont percées à Tune des extrémités, les assemblait par paires. Elles sont quelquefois décorées avec assez de goût, et même incrustées de pâtes bleues : la tête d'Hathor, ou plutôt le chapiteau en forme de télé d'Hathor, y forme un motif fréquent de décoration, ce qui n'a rien d'étonnant. Hathor étant la déesse de la musique et de la danse.
Les pièces en ivoire et en bois demi-circulaires qui accompagnent les mains sont des boumérangs votifs, qu'on plaçait sous la tète des vivants et des morts, afin d'écarter d'eux pendant leur sommeil les spectres et les revenants qui se glissent parmi les vivants pour leur sucer le sang, pour leur causer des maladies, ou pour leur susciter des
rêves leiTifiaiils. Les figures, quoii y voit gravées au Irait el releve'es de noir, sont celles des ge'nies allachés au boume'rang par la fomiule de consécialion , crocodiles gardiens de la léle d'Osiris. dieux Bisou qui sont le prototype d'Kercule étouffant les secpeuts, lionnes de Sakhît; génies à corps humain et à léte de taureau; Thouéi'is; griffons au corps mouchelé de léopard, aux ailes d'épervier, au long cou de serpent, à la léte d'épervier; grenouilles, sphinx, lions, tortues, sceptres ], yeux mystiques ^^, tous ai-més de couteaux pour détruire le malin. Un de ces boumérangs, qui se termine en tête de renard finement ciselée, porte le cartouche d'un roi Sabkaî P J y M , f'ont il est le seul monument connu.
\ ITMIXKS E-Z.
Ces vitrines renferment notre collection de scarabées. Nul parmi nos petits objets nest devenu plus populaij-e : il représente pour beaucoup de personnes ce qu'il v a de plus intéressant ou de plus précieux aux bords du Sil. et il est à lem-s yeux comme le type le plus caractéiistique de r Egypte antique.
L'insecte qu'il représente est fréquent : c'est ïateuchus sncer, qu'on rencontre si souvent, vers la lisière du désert, roulant la boule de fumier où il a dé])osé son œuf, ou qui , le soir, dans la vallée, vole aux fenêtres ouvertes, attiré par la lumière, el vient s'abattre lourdement dans les maisons. Les Egyptiens l'adorèrent dès la plus haute antiquité, comme ils adoraient d'autres insectes, la sauterelle, le criquet, la mante religieuse, certaines variétés de capricorne et de gros cerfs-volants, mais un jeu de mots fortuit lui donna
une impoi-tance à laquelle les autres esj>èces n'atteignirent jamais. Son nom ég-yptien est Khoprirou ^ ^^ W. , et le verbe qui signifie exister, cire, est Khopirou ^ : l'assonance identifia les deux mots dans resj)rit du peuple, et fil proniptement du scarabée l'expression de tout ce qui existe, ou l'ait exister, l'organe sans lequel l'homme ne serait point, le cœur, et le dieu qui est lui-même et qui donne Tétre k tout ce qui est. On en multiplia limage sur les vivants et sur les morts afin de leur assurer la perpétuité de Tètre, et , comme tous les emblèmes religieux, honore's de tous, il lut employé' en motif d'ornement et de bijoux. Oji eut des chatons de bague eu scarabées , des pendants de collier en scarabée; ceux qui les portaient avaient là une parure en même temps qu un amulette. La mode en passa à l'étranger : la Phénicie. Chypre, la Grèce, l'Etrurie, Cai'thage. la Sardaigne, fabriquèrent des scai-abées à Timitation des scarabées égyj)tieus. Ceux-ci sont de toute matière et de toute taiOe : en pierre dure, en ivohe, en os, en bois, en métal, en ambre, en frittes sableuses recouvertes d'une glaçure vitrée, en pâtes de verre colorées, eu verre incolore et transparent, en terre émaillée. 11 faudrait un volume entier pour en décrire exactement les vaiiétés. et nous ne pouvons «•n indiquer ici que les séries principales.
.^ I. Vit RI \E s ES.
Elles ne contiennent guère que les scarabées du cœur. Au moment de la momification , les embaumeurs aiTachaient le cœur du cadavi-e et ils le joignaient d'oi'dinaire aux viscères qu'on répartissait entre les vases canopes ( v. p. 209 , armoires C-D. ). Le mort restait donc incomplet de ce chef, et il n'aurait jamais pu revivre, si on ne lui avait pas restitué.
à dëtaut (Je i organe liii-iuènie, iiii aiiuiletle (|ui lui liiil lien de iVu'gaiie : cet amulette était un scarabe'e : K/topinou ou Khopriroii, grâce à qui 1 homme existait Khopirou de nouveau. Il ne sendjlc ])as que Tusage de celte sorte de scarabée remontât au-delà du second enq)ii'e thébain : de toule mainère, il ne devint fréquent que sous la XX" et sous la XXP dynastie. A cette époque, toutes les momies un peu soignées le présentent collé sur la peau même, non pas vers l'endroit du cœur, ainsi qu on le croit d'ordinaire, mais vers le haut du thorax h la naissance du cou. 11 est alors de laille assez forte, et il mesure parfois jusqu'à douze ou quinze centimètres de longueur. 11 est le plus fri'quemment en une pierre verdàtre, malachite, schiste, ser[)entine, feldspath, ou bleuâtre, lapis-lazuli natm'el ou ai^tificiel, plus rarement en calcau'e ou en une pierre noire, obsithenne ou jayet. Le détail de l'insecte est souvent d'une précision et dune délicatesse étonnante; quelquefois on voit des ligures gravées au trait sur le corselet et sur les élytres, la barque solaû-e avec son disque sur le corselet, deux ligures accroupies de [\i\ à tète d'épervier et dOsiris sur les élytres, c'est-à-dire l'image des dieux les jdus utiles aux morts pendant leur vie d'outre-tondje. Quand le plat est gravé, on y lit parfois le nom seul et les titres du proju'iétaire, le plus souvent, le chapitre XXX du Livre des Morts, celui qui. récité sur l'anuilette, lui prêtait toute sa valeur et lui assignait son emploi : "0 mon cœur qui me vient de ma mère , mnon cœur qui est mon existence, ne le (h*esse pas contre '^moi en témoin, ne t'oppose pas à moi en juge, ne querelle ff point contre moi en présence du dieu grand, maître de "î'Hadès, ni en face du gardien de la balance! ïu es le "double qui est dans mon ventre, le dieu Khnoumou mo- ''deleur qui donne la sanlé à mes mend)res; quand tu te "manifestes vei's celte place heiu'euse [du jugement] *ù\
frnoiis arrivons, ne dispose pas mal [contre moi] ces cheikhs frqui donnent an\ gens la condition durable, mais que ton frnom nous soit bon c[uand nous entendons la félicité du ff jugement, et ne dis pas de mensonge contre moi , en prérrsence du dieu grand. «
Je signalerai rapidement quelques pièces importantes : dans la vitrine I, le n" 760, qui est en lapis-lazuli artificiel et qui porte les cartouches du Pharaon Apriès de la XX\P dynastie: dans la vitrine K , le n° 992, qui est l'oimé d'un noyau en calcaire, auquel s'adapte un placage de verre bleu ; dans la vitrine M , des scarabées en terre émaillée bleue, flanqués de deux ailes de même matière rattachées au corps par des fils. Ces scai^abées apparaissent vers la XXII' dynastie, et quelques-uns sont de véritables scarabées du cœur, mais la plupart ont un rôle et une signification différente. Le scarabée volant ^^ , âpai en égyptien, représente le soleil qui traverse le ciel sur ses ailes et qui se dirige d'orient au sud et en occident à travers le jour : cousu sur le maillot du mort, au milieu de la poitrine et en pendelocpie au collier large OMrt.s/t/i/f, il attribuait à qui le portait la faculté d'entrer au jour et d'en sortii' sans dommage comme le soleil. A partir de la XXM' dynastie, limage du scarabée volant est flanquée parfois de quatre figurines en émail, qui sont les quatre enfants d'Horus, Amsîti. Kabhsanouf, Hapî et Douaoumaoutf. qui présidaient aux quatre points cardinaux et aux quatre inaisons du monde, à travers lesquelles le mort devait circuler avec le scarabée : ils veillaient à ce f[ue le voyage s'opérât sans danger. On en voit c[uelques bons spécimens dans la vitrine 1 , les uns isolés, les autres en compagnie de leur scarabée. Les cladou I et les nœufs p épars dans les vitrines J-0 , sont
associés assez ëlroitement au scarabée du cœur, les premiers en tant qu'emblèmes d'Osiris, les seconds comme symboles du sang d'Isis , grâce auquel le mort pouvait se diriger à volonté sur les voies du ciel et de la terre. La vitrine L renferme, à côté du magnifique scarabée n" looo en feldspath, des vases cordiformes §, -Ç, ■^, en terre émaillée bleue ou verte, ou en améthyste, qui remplacent parfois le scarabée ou racconq)agnent : l'un des vases en améthyste (n"' 1000 et ioo3 bis) est surmonté d'une tête humaine coiffée de la coufiyéh.
Les vitrines Q, R et S ne renferment que des variétés des types que je viens de décrire.
.^ IL VlTRI\ES T-D .
Les vitrines couchées contiennent les scarabées-amulettes et bijoux, ceux qui portaient un nom d'individu, des souhaits de bonne année ou des emblèmes destinés à protéger le propriétaii'e contre un danger quelconque.
Les scarabées, noms ou cachets, paraissent avoir été en usage longtemps avant les autres. L'opinion courante est qu'on n'en possède point qui soient antérieurs à la première époque thébaine: j'en connais jiourtant qui remontent certainement jusqu'à l'époque memphite, à la VP et même à la ÏV' dynastie. Ils sont souvent fort difficiles à chisser, et les caractères d'après lesquels on a proposé de les distinguer sont trop incertains encore poui* qu'on s'y fie entièrement. On peut diie pourtant, d'une manière générale, que les scarabées où la légende est entourée d'un enroulement continu appartiennent plutôt à lâge memphite et au premier empire thébain. L'inscription
ne doiiiK' dijidiiiaii'f que le nom du propriétaire et ses titres : rh gai-dien de maison Soubou- ^ ^^^ |l j . ou ^-Ir policier de Toasis Oaabhatpou^ S \ «^11 ^^ ^i ç ■• Les raisons qui ont déterminé les Eg'\ [)tiens à choisir le scarabée comme cachet, peuvent (Hre indiquées sommairement, ^ous avons vu plus haut (v. p. 192. D), que le nom est indispensable à la perfection de Tindividu : rien de ce qui n'est nommé n'existe, mais tout ce qui est nommé existe par la vertu seule du nom qu'il a reçu, lléunii' en un même ensemble le nom qui donne l'existence et le signe de l'existence, en d'autres termes gravei- un nom sur un scarabée, c'était créer un amulette qui assurait à son possesseur le bienfait de l'existence aussi longtemps qu'il n'était pas détruit : l'existence, que le scarabée indiquait d'une manière générale, devenait le bien particulier du personnage qui gravait sui- le plat du scarabée le nom et les titres dont l'ensemble constituaient sa personnalité.
C'est d'après le même principe que des iigui'es ou des légendes inscrites sur un scarabée acquéraient la force et l'etïicacité. Voici, par exemple, dans la vitrine U, un scal'abée sur lequel on lit j ^^ ^ J^ "^^ » dure ton nom , subsiste ta postéi'ité''. Ce souhait, isolé, n'avait qu'une valeur générale, mais inscrit sur le scarabée, Klioprirou , il prend l'existence dont l'insecte est la marque, il ej-isle — Khopirou — pour la personne qui le porte ordinairement. On nndtipliait donc les formules pieuses, dans l'espoir de s'en pi'ocurej-ia réalité au moyen du scarabée (pi'on avait au doigt , au poignet, au cou, sur n'importe quelle partie du corps, et, à défaut de formules pieuses, on gravait des images dont la réunion était un secours souverain contre l'attaque de telle divinité mauvaise, de tel spectre, ou de telle maladie que la
présence d'un specli'e pouvail occasionner. Nous savons, par exemple, qu nne main et im crocodile ^J|^, superposés et gravés sur un chaton de bague , écartaient des enfants les ravenants qui auraient pu s'attaquer à eux : la formule de consécration récitée siu* cet amidette lui valait une puissance invincible. Ceux de nos scarabées sur lesquels on voit ces deux images condjinées ont donc servi de charmes protecteurs contre les âmes en peine qui errent sur terre nuit etjour. La figure d'un sistre Y à tète liathorienne chasse les malins , par la vertu d'Hathor à t[ui le sistre est consacn». Celle du dieu Bisou # éloigne les songes mauvais par la vertu de Bisou. Celle des deux scorpions contrariés ^^ préserve de la piqûre des scorpions , et celle du scorpion marié au crocodile 3M écarte la fascination du crocodile et du scorpion. Celle de roM::;««7^^ combine , contre le mauvais œil , les puissances de Youzait et du scarabée. Par malheur, il y en a beaucoup parmi ces représentations dont nous ignorons le sens : le scarabée nous demem-e alors inintelligible , et il nous faudra attendi-e pour Tintei'préter la découverte d'un livre magique où son usage soit incUqué. C'est le cas pom* quatre-vingt-quinze sur cent de nos scarabées et la plupart ne seront jamais compris de nous, car, à côté des combinaisons courantes dont tout le monde en Egypte saisissait le sens , il y en avait de singulières , qu(! chaque individu composait lui-même ou se faisait composer par un sorcier pour son usage personnel, et dont seul il possédait la clef. Nos visitem-s peuvent être convaincus (|ue beaucoup parmi les légendes de nos scarabées sont un mystère aussi impénétrable pour nous que pour eux.
Les vitrines Y et W contiennent des empreintes de cachets, probablement des scarabées pour la plupart, que nous avons recueillies dans les tombeaux ou dans les ruines.
Celles de la vitrine V scellaient les boîtes à statuettes des grands-prétres d'Amon découverts par M. Grébaut à Deîrel-Babari. Celles de la vitrine \\, sur lesquelles on décbiffre les noms de Pharaons de la XX\ 1' dynastie, fermaient des rouleaux de papyrus ou de parchemins, lettres ou actes notariés.
S ///. VimiyEs E'~H'.
Les deux vitrines (h'oites E'-F' contiennent un choix de scarabées, scarabées ailés ou scarabées du cœur, d'une linesse particulière : je citerai le beau scarabée n'' 998 en verre irisé, le scarabée à tête humaine en schiste vert poli, et le scarabée en émail vert clair à tète d'épervier.
On a rénni dans les deux vitrines G'-H' , la série prescjue complète tle nos scarabées historiques. Si les particuliers croyaient obtenir la perpétuité de Tétre en gravant lem* nom sui- rinsecte de l'être, à plus forte raison en était-il de même des rois : ceux-ci inscrivaient snr des scarabées lenrs noms et leurs prénoms divers , quelquefois de courtes allusions à des faits historiques. Tous les scarabées qui portent les noms d'un Pharaon n'ont pas été nécessairement taillés de son vivant. Outre qu'un certain nombre de rois ont été adorés comme dieux à toutes les époques, beaucoup de prénoms royaux forment des professions de foi religieuse ou des souhaits de bonheur qui en faisaient de véritables formules magiques : ainsi Noferkerî O I [J signifiait: t Bon est le double de Rà r, , Manakhpirrî o iiiiMU ^ prénom de Thoutraosis III : rr Stable est le double de RA^i, et, par suite, on fabriqua, longtemps après la mort de ces princes, des scarabées à ces noms. De phis, vers la lin de l'empire
égyptien, les vieux rois ihinites et mempliites devinrent Tobjet (Voue vénération spéciale, et Ton crut les honorer en leur ftiisant des scai'abées : c'est ainsi cju on a renconti'é, dans les tondjeaux Uiébains de la XXïP et de la XX\ P dynastie, des scarabées aux noms des souverains de la IV*" et de la \ ' dynastie , Sanofroui , Cliéops , Chéphi'én , Mycérinos, Tanchérés , Ouuas. Noti'e collection ne possède aucun scarabée royal authenticjue qui soit antérieur au premier empire thé])ain.
Les scarabées à légendes historiques furent toujours assez l'ares. Pourtant Aménôthès III se plut à en fabriquer sur lesquels on lit des inscriptions de dix à quinze lignes. Nous en avons de deux types :