‹ Guide du visiteur au Musée du CaireChapitre 23 sur 141 · Gramt noir. — Haut. 1 m. 20 cent. — Tanis · texte numérisé non relu

Gramt noir. — Haut. 1 m. 20 cent. — Tanis

Statue assise de la reine Xofrit , femme du roi Ousirt^sen I", découverte par Mariette en i863. Le buste de la

même princesse qu'on voit à côte a la même origine. On y peut déjà remarquer quelques-uns des caractères de Técole tanite (voir n"' 1 33-109). Un autre fragment d'une statue de la même reine, de même provenance, est exposé contre le mur est de la salle. — XIP dynastie.

Pilier nord-est.

1600. — Grès peim. — Haut. 1 ni. 7 .5 cent. — Déir el-Bahari.

Statue découverte à Tlièbes. en décemlire 1900. par M. Carter, dans Thypogée dénommé Bab-el-Hocàn , qui })araît avoii* appartenu à Montouhotpou 1" de la XP dynastie. C'est le portrait de ce roi, mais liabdlé en Osiris de la Basse-Egypte, et c'est pourquoi les chairs sont peintes en noii% le vêlement en blanc , la com^onne cai'actéristique en rouge. Le manteau coiu-t dans lequel le buste et les bras sont serrés , est celui queles Pliaraons revêtaient lors des fêtes de fondation . au cours desquelles ils étaient déifiés et identifiés avec Osiris : c"est probablement l'une des statues qui servaient dans la fête célébrée à cette occasion en l'honneur de Montouhotpou. et (pii fut ensuite déposée dans le tombeau en qualité de statue de double. Elle était enveloppée d'une couche épaisse de linges très fins, comme s'il se fût agi d'une momie, et couchée sur le flanc : bien quon eût soutenu le bonnet avec des pierres, ce support s'était trouvé insuffisant à la longue . et la tête s'était sépai-ée du tronc par son propre poids. La cassure s'est produite à la bouche: les quelques éclats qui s'étaient détachés ont été recueillis et remis en place.

C'est une œu\Te rude et forte, qui porte les marques caractéristiques des écoles de sculpture de la Haute-Egypte à cette époque. — XP dynastie.

SALLE L

Le milieu de celte salle esl occupé par l'ensemble que forment le tombeau de Harholpou et les statues du roi Ousirtasen I", ces dernières découvertes à Licht par MM. (iautier et Je'quier.

114. — Calcaire. — Profondeur de la chambre 3 m. 90 cent., larg. i m. 66 cent., haut. *? m. 5o cent., long, du sarcophage a m. oo cent.

Tombeau de Harbotpou, fils de la dame Sonîtshe, découvert en février i883, à mi-côte de la montagne cjui borne au nord la vallée de Deir-el-Bahari. presque au débouché de la route qui conduit de la plaine aux tombeaux des rois. La chapelle extérieure, s'il y en eut jamais une, a été complètement détruite. Un couloir raide, grossièrement taillé dans le roc , Tnenait , par une peu le d'environ trente mètres, à une sorte de vestibule d'où il ressortait sur la droite, pour aller tomber dans la chambre où s'élevait l'édicule aujourd'hui conservé au Musée. Le corps de la montagne est formé en cet enchoit d'une sorte de roche brune, très friable, dans laquelle sont infiltrés par milliers des filons de calcah'e blanc : je ne saurais mieux la comparer cpi'à une pâte feuilletée , tant certains des filons sont minces. Gomme cette matière ne se prétait nullement à la taille et à la décoration, l'architecte, après y avoir creusé une cavité de dimensions convenables, y construisit, en blocs de calcaire blanc bien parés, le sarcophage et l'édicule que nous voyons. Ces blocs enlevés un à un et dûment empaquetés, ont été transportés par eau de Thèbes à Boulak puis remontés dans l'ordi^e même où ils étaient à l'origine.

- !ik —

Il nous est facile de nous représenter la façon dont s'y sont pris les ouvriers pour Tédifier. Le mur du fond et les deux murs de droite et de gauche furent élevés et décorés tout d'abord, puis les blocs introduits et ornés au moyen desquels on bâtit le sarcophage. C'est en effet une des particularités du moyen empire de substituer l'réquemment aux grands sarcophages monolithes , des sarcophages formés de blocs réunis par un peu de ciment ou pai* des queues d'aronde. Le sarcophage une fois en place , on a bâti le mur de face, en n'y réservant comme porte qu'une sorte de baie, juste assez large pour laisser passer la momie. La chandjre fut ouverle et pillée pendant la première moitié du \ix'' siècle, car M. Wilbour a reconnu dans la collection Abbott, à .\ew-\ork . un bloc qui porte le nom du propriétaire et qui provient soit du sarcophage, soit d'une des parois. Le cercueil de bois fut rompu en petits morceaux , tous les menus objels furent brisés ou détruits: j"ai retrouvé dans les décombres un bras de statuette en bois d'un travail admirable, les rames et une partie de l'équipage d'une barque également en bois, et d'autres débris, qui prouvent Texistence dun mobilier funéraire, j^es voleurs défoncèrent les deux bouts du sarcophage, cassèrent à coups de pic deux pierres du mur de droite et une pierre du mur de gauche. Les fi'agments fm'ent laissés à terre à l'exception du morceau qu'a signalé M. \A'ilbour. Ils m'ont servi à reconstituer prescpie entièrement la muraille : les parties manquantes ont été refaites en plâtre et teintées dans le ton des parties originales . à Boulak , par MM. Vassalli bey et Emile Brugsch bey. conservateurs du Musée, au Caire par MM. Fanghaenel et Oropesa.

Les visitem^s qui ont déjà vu le tombeau de Ti à Sakkarah, ceux même (pii ont examiné seulement les bas-reliefs

exposés dans nos salles de l'ancien empire, reconnaîtront sur-le-champ quelles différences profondes il y a entre le style des hypogées de l'époque memphile et celui du tombeau que nous examinons. Au lieu d'être sculptées et peintes, les parois sont peintes seulement: au lieu de scènes vai'iées, entremêlées de rares hiéroglyphes, on ne voit qu'une maigre série d'objets d'offrandes, accompagnés d'interminables inscriptions. Le sarcophage ne présente plus une masse presque nue ou décorée de dessins mais il contient aiitant de textes que les nmrailles; il est même garni d'une corniche multicolore que je n'ai pas retrouvée ailleurs. Ces différences, souvent observées sur d'autres tombeaux, avaient fait croire à Manette quil y avait eu, entre la VI" et la XP dynastie, ruptiu-e des traditions ai'tistiques . et que les monuments thébains étaient le produit d'un art local , indépendant , à l'oiigine , de l'art memphite des anciennes dynasties. Cette théorie n'a pas été justifiée par les faits. Jai ouvert (1882-1 883) dans la plaine de Sakkarah, autom' du Mastaba-el-Faraoïin, des mastabas en briques, dont la chaml)re sépulcrale est décorée de la même manière que la chambre de Harhotpou, mais avec une moincbe profusion de légendes. Ils portent les cartouches de Nofi'rkeri Papi II et ils appartiennent, par conséquent, aux derniers temps de la VI' dynastie. Si peu nombreux qu'ils soient encore , ils n'en suffisent pas moins à prouver que cet art soi-disant thébain du moyen empire avait son prototype dans lart memphite de l'ancien.

Chacune des pai'ois a l'un des côtés occupé par un panneau de dessins géométriques, dont l'ensemble représente une porte. Les détails en sont curieux à étudier pour des architectes, car ils nous rendent assez exactement l'aspect qu'avaient les portes décorées dans les maisons

particulières. La décoralion de chacune des parois est fort simple. Sur la face delà porte, au-dessus de la baie, des armes sont peintes, arcs, flèches, casse-tétes, etc.: c'est Tarsenal du mort . auquel donnent accès les deux panneaux en fig-ure de porte places à droite et à g-auche de la porte réelle. La paroi de di-oite est à la fois un magasin d étoffes, de bijoux et d'armes, où sont entasse's des coupons de linge blanc , des colliers , des miroirs en or et en ai^gent , des sachets de parfums et de poudre noire et verte pour les veux, des bracelets en verroterie, des sandales, des arcs, des casse-tétes, des boucliers, etc. La paroi dii fond est la salle à manger : elle ne porle aucune figure, mais l'espèce de tableau quadrillé qui en recouvre la partie supérieure nous donne la liste des denrées nécessaires à la table du mort , vins , bières . liqueuj's , viandes de boucherie , gibier, volailles, légumes, laitages, gâteaux de toute espèce. La paroi de gauche est comme une officine de parfumeur : on V voit, dans de grands vases peints de manière à imiter le jaspe, le granit, la poterie fine, les sept essences et les deux fards noir et vert dont le mort avait besoin pour se parfumer dans l'autre monde et pour assurer à ses membres une jeunesse éternelle. C'est en résumé, sous une forme nouvelle , l'expression des mêmes idées qui avaient présidé à la décoration des mastabas de lancien empii*e. Les prières sont en partie des extraits du Livre des Morts, en partie des chapitres de ce Rituel des funérailles dont les pyramides d'Ounas, de Téti, des deux Papi. de Métésouphis. nous ont livré la plus ancienne édition, et quelques papyrus de l'époque romaine, l'édition la plus récente. Les vertus magiques dont ils sont doués transforment en offrandes réelles les simulacres d'offrandes peints sur la min*aille.

Le sarcophage est un résumé de la tombe entière, ou

plutôt une seconde tombe enfermée dans ia première. li n'avait point de couvercle, selon un usage assez frérpient pendant la durée du moyen empii'e, et la momie ny avait d'autre défense que ses bandelettes et son cercueil de bois. Celui-ci a disparu, sauf un éclat encore couvert d'une écriture hiératique aussi fine d'aspect que l'écriture de la XXVP dynastie; quant au cada^Te, je n'en ai trouvé nulle trace. Les parois intérieures du sarcophage sont décorées de portes d'offrandes comme la porte elle-même ; elles ont été brisées en partie par les voleurs et rajustées pour le mieux d'après les peintures analogues du sarcophage de Dagi (voir p. 7, n° lie). Les textes de l'intérieur sont tracés dune écriture beaucoup plus fine que celle des parois : ce sont encore des chapitres du Livre des Morts ou du Rituel des funérailles, le Chapitre d'amener la barque afin que le mort passe à l'orient du ciel, le Chapitre de se rappeler les charmes magiques nécessaires dans l'autre monde, le Chapitre de ne pas manger d' excréments , et, comme corollaÙT, celui de manger du pain d'offrande.

Tel est cet hypogée curieux, le mieux conservé peut-être des tombeaux du moyen empire thébain que l'on connaisse aujourd'hui. Neuf statues d'Ousùiasen 1" sont rangées à i'extériem' le long des parois :

1365. — Calcaire. — Haut. 1 m. 90 cent., iarg. 0 m. 53 cent. — Licht.

Ces dix belles statues assises ont été découvertes par M. Gautier, en décembre 1896, dans une cachette voisine de ia chapelle funéraire de la pyramide sud de Licht ; l'une d'elles qui était brisée a été "rajustée. Elles représentent

toutes le roi Ousii-tasen ï", ie constructeui^ de la pyramide. Sur les côtés des trônes , de beaux bas-reliefs nous montrent tantôt le Nil du sud et le Nil du nord, tantôt Horus et Set, personnifications de TEgypte du sud et de celle du nord, unissant les deux régions sous le sceptre d'Ousirtasen I". Cette union est exprimée plus fortement encore dans un des bas-reliefs où Horus et Set sont Tun et fautre coiffés du pschent , double diadème indiquant la domination sm^ les deux régions. Les neuf arcs sous les pieds du roi symbolisent les nations barbares qu'il a écrasées. — XIP dynastie.

Les six figui^es osiriennes rangées le long des piliers, trois au nord, trois au sud, proviennent de la même fouille. Elles décoraient probablement les deux parois d'an des couloirs de la chapelle funéraire, de la même manière que les figures osu-iennes du tombeau de Siranpouît . à Assouan , mais elles avaient été arrachées de leur position première dès f antiquité, et leurs pieds n'ont pas été retrouvés. Elles représentent, comme les précédentes, le Pharaon Ousirtasen I". — XIP dynastie.

Les quatre boites rectangulaires, deux en granit, deux eu grès siliceux , blanc ou peint à imitation de granit , sont des boîtes à canopes découvertes pai' M. de Morgan au cours de ses fouilles de Dahchour. La plus curieuse est dans l'angle sud-ouest, sous le n° 1 345, et porte le nom de Khnoumhotpou , intendant du palais d'Ousirtasen I".

Quelques stèles d'un travail plus soigné ou d'une valeur historique plus considérable sont réparties le long des pai'ois ou sur les faces des piliers.

Côté sud de la Sidle.

110. — Calcaire. — Haut, o m. 82 cent., long, o m. 57 cent. — Goumah.

Stèle funéraire au nom de Khouou, filsd'Antoufetpetilfils d'Antouf, découverte par M. Grébaut, en 1887. La p-ravure en esl en creux avec relief dans le creux. Le travail est analogue à celui de la stèle n" 1 1 1 . mais il dénote une main mieux exercée : avant de dessiner les figures de Khouou et de sa femme Doui . fartiste a tracé des carreaux à 1 encre pour régler les proportions. L'inscription réclame des offrandes funéraires pour le mort, car il a pratique la charité et il s'est fort bien acquitté de toutes les missions que son maître (le roi) lui a confiées. — XL dynastie.

111. — Calcaire. — Haut. 1 m. o^ cent. — Dralt nhou'l-^eggah.

Stèle du prince Antef^i, trouvée à Drah Abou 1-Neggah. Elle représente une façade du tombeau . et la porte d entrée e^t figurée au bas. A l'intérieur Antela, assis sous un dais, reçoit les offrandes de ses serviteurs. Il était gouverneur de la Thébaïde et tout parait indiquer qud fut le chet de la famille royale des Antouf . le premier de ceux qui sont mentionnés sur la Table des Ancêtres de Karnak. — X' dynastie.

112. — Calcaire compact. — Haut, o m. 96 cent., larg. 1 m. ^17 cent. —Drah aboul Neggah.

Cette stèle fut découverte par Mariette en 18G0 . à Drah Abou'l-Xeggah, dans la petite pyramide en briques située à la lisière des terres cultivées ; l^risée par un iellah qui en

mil les morceaux dans la maçomierie criine sakièh. les l'ragmeiits ftirent recueillis en 188-2 et apportés au Musée (le Boulaq. La partie supérieure manquait déjà au moment de la découverte. Linscription est datée de Tan 5o du roi Antouf IV , de la XP dynastie. Le roi est représenté entouré de ses chiens portant des noms berbères. L'un deux est nommé au papyrus Abbott, qui nous a conservé le procès-verbal d'une connnission chargée, sous le règne de Ramsès IX, de visiter les tombes royales qui avaient été exploitées par une bande de voleurs.

En 1887, un nouveau fragment fui i-elrouNé par (Irébaut entre les mains d'un particulier: un peu plus tard, M. Daress\ réussit à recueillir dans les décombres un cei'tain nombre des fragments qui complètent à peu près la pai'tie inférieure de la stèle, et même un fragment du visage du roi appartenant à la partie supérieure. Tout espou- de reconstituer le précieux monument d'Antouf I\ n'est donc pas perdu.

119. — Gramt noir. — Long. 0 m. 82 cent., larg. 0 m. 09 cent. — Khntanéh.

Très belle table d'offrandes . au nom du roi Amenemhaît II, découverte en i885. — XIP dvnastie.

Coté nord de la Salle

Page 1