IG
•le l'émail voulu. Lbahilelé de l'ouvrier a été telle que nulle des couleurs n'a fusé, ni bavé sur les voisines. C'est un des chefs-d'œuvj'es de la céramique égyptienne.
Les pièces bleues abondent : en jiremier lieu, celles qui remontent aux XVII1% XIX* et XX' dynasties, parmi les- ({uelles on remarque les beaux gobelets en fleur de lotus épanoui provenant de Tonna (n" i385), le couvercle de l)oite en forme d'anthérion (XMIP dynastie), la plaquette de Ramsès 11, les étuis à collyre. Les découpures figurant des déesses, les images des quatre génies funéraires, les scarabées avec ou sans ailes, sont de l'époque saïte et de l'époque grecque; la couverte en est (ine, pure, mate, répartie également. On reconnaîtra au contraire les émaux bleus de Tépoque gréco-romaine à l'épaisseur et à l'irrégularité de la couche colorée. La couverte est grossière; mêlée et noircie de fumée pendant la cuisson , elle a empâté les lignes et coulé dans les creux.
Quelques verres à fond bleu conqilètent la collection : un étui à collyre en forme de colonne à chapiteau, des fi^uilles de palmiers, un poisson qui provient de Sakkarah, un vase à décor de fougères.
Cage G.
On a réuni provisoirement dans la cage G des oljjets d'époc[ues diverses, provenant pour la plupart des fouilles de ïEffypt E.i'i)lo)YiUo)i Fund, en Haute-Egypte.
Dans la partie sud, sont exposés les monuments découverts par Quibell à Kom-el-Ahmar. Au centre, la grande palette en schiste duroiBouzaou de la IP dynastie thinite. Sur la face qui est tournée au public, le souverain, coiffé du bonnet de la Haute- Egypte 4f , lève la massue à tète blanche
conlrc un piisoniiier de type asiatique qui. d'après l'inscription tracée à côté de lui. semble èlre un Hirou-Shaîtou. un nomade du désert arabique; devant le roi. un épervier. ])osé sur un buisson de feuilles de lotus, parait anieneides pi'isonniers enchaînés qu'on peut croire avoir été au nombre de 6000: derrière lui, son serviteur porte les sandales royales, et un vase à eau, comme c'est aussi l'usage (m Chaldée chez les vieux rois de Lagash. Au-dessous de cette scène, deux ennenu's se sauvent en tendant la main en sig-ne de supplication. Sur la face opposée, qu'on a[>f'rçoit réllétée dans la glace, le même roi. coiffé de la couronne de la Basse-Egypte ^ . et suivi de son serviteur, audessus duquel est la caisse L qui sert de demeure au double. se rend au lieu du sacritice . précédé des quatre étendards consacrés aux dieux des quatre points cardinaux , les deux Horus (Horus et Set), Anubis et Saptou, qui marquent sa domination sur les quatre maisons du monde ; dix cadavres d'ennemis, décapités ajjrès la bataille, sont étendus sur le sol, la tête entre les iand)es. et au-dessus d'eux la barque qui contient l'image des dieux. Dans le registre du milieu, deux personnages essaient de retenir deux animaux à corps d'antilope, à tètes de félin et aux longs cf»us de serpents entrelacés, de ces monstres fantastiques dont l'Egypte peuplait le désert. Au-dessous, un taureau démolit à couj)s de cornes un camp fortifié; il est probable qur les deux fuyards de l'autre face se sont échappés de celle enceinte. C'est, comme on voit, un moimment des vicloiro de ce vieux i-oi. Dans la partie ouest de la vitrine. nou> avons mis le moulage d'une autre palette plus petite, provenant dos mêmes fouilles et conservée aujourd'hui ;i Londres. Le champ en était fermé par deux renai^ds ou deux chacals dressés sur leurs pattes de derrière et atïron-
tes, mais dont les tètes ont disparu. Sur les deux faces sont fif^urés les animaux du désert, d'abord les deux monstres de la palette précédente, dont le cou démesuré enveloppe le godet central, puis des daims, des bouc^uetins, des gazelles forcés par de gros chiens. Sur l'autre face, une girafe se mêle aux antilopes et aux taureaux sauvages, mais la chasse est menée par des lions, par un chacal fantastique, et par un grilfon à ailes et à télé d'épeivier. Pour compléter cet ensemble, on remarquera, sur le coté est de la cage, une statuette en schiste de fort bon style représentant un Pharaon , probablement Khàsaklnnoui de la HP dynastie, en Osiris coiffé de la couronne de la Haute-Egypte : des prisonniers sont entassés le long des tranches du socle, tordus en toutes sortes de postures <liverses. Bien que la moitié de la face ait disparu , fensemble donne une bonne idée de ce qu'était déjà la scidpture (•gyptienne à cetle époque reculée. Des ligures en ivoire sculpté ont la même provenance : elles sont malheureusement en si mauvais état qu'on désespère de pouvoir les conserver longtemps.
La plupart des menus objets ont été découverts à Dendérah par M. Pétrie : on y i-emarquera le vase à libations en bronze -^ au cartouche de Iiamsès II, et les plaquettes de verre multicolores qui servaient, vers l'époque grécoromaine, à la décoration des stèles, des cercueils ou des murailles, enlin un bel encensoir en bronze.
1383. -- IvoiRK. — Haut, o m. i o cent. T/ièbes.
Statuette du dieu Bisou , ayant servi de manche de miroir. Elle est dun foi't beau travail, mais d'une fragilité qui eu rend la conservation très précaire. — X\ IIP dynastie.
^ iTP.i>E H.
Elle renferme provisoirement des objets provenant des fouilles entreprises dans ces dernières années et qu'on n'a pas encore répartis entre leurs séries.
1387. — Bois. — Haut, o m. i li cent. — Gournali.
Pot à collyre, découvert par M. Daressy à Tlièbes. dans ]e tombeau de Hatiaî : un homme agenouillé porte sur son épaule une grosse outre. Travail charmant. X\ IIP dynastie.
1388. — Bois dork. — Gournah.
Ces deux pectoraux ('(aient attachés au cou de la momie du prêtre Hatiaî, par une double chaîne composée de perles d'émail, de cornaline et de bois doré qui est exposée dans la partie gauche de ]a vitrine. Au milieu du plus giand est encastré un gros scarabée en ambre , cjiii était intact au moment de la découverte ; il a été brisé pendant la confection du catalogue général. — XVllP dynastie.
1389. — Bois. — Gournah.
Cuiller à parfums. Le manche représente un bouquet de Heurs de lotus: le bol est formé par une feuille de plante aquatique à bords ondulés. — X\ IIP dynastie.
1390. — Bois, Cuir, Corne. — Gournah.
Arc à double courbure, formé d'mi morceau de bois serré entra deux lames de corne et recouvert d'écorce d'arbre; il a encore sa corde antique. Il a été trouvé.
avec lo brassard en cuir qui lui appartenait et qui est exposé également dans la vitrine, à Gournah, dans le tombeau d'un archer. — X\ HP dynastie.
On remarquera également la palette du scribe Hatiaî. en bois et en bronze, avec ses calâmes en roseaux: un beau rasoir en bronze avec son manche et sa garde en bois; des balles de fronde en plomb, d'époque romaine: la coupe en bronze de Hatiaî, dont le fond est décoré d'animaux sauvages gravés à la pointe sur un champ de plantes aquatiques: enfin:
1407. — Bronze. — Diam. o m. 970 mill.
Coupe à fond plat, décorée d'oiseaux et de Heurs sn mboliques. Les anses ou charnières sont garnies de sphinx ailés à tète de dieu Bisou : les ailes se terminent pai- des téhjs de taureau, et on sent dans l'ensemble une influence assyrienne. — Époque saïle.
PORTE QLI MÈiNE A LA SALLE A.
Les deux armoh-es dressées à plat dans l'embrasure de la porte qui mène du grand salon à la chambre A contiennent la suite des bijoux et objets civils :
Armohîe a.
On y voit une belle collection de miroirs. Les miroirs égyptiens étaient formés d'un disque en métal, généralement en cuivre ou en bronze, parfois simplement poli, parfois revêtu d'un vernis d'or: le manche était de bois, d'ivoire, de terre émaillée ou de bronze. Il figurait d'ordi-
naire une colonnelte ou une lig^e de lotus, souvent surninntée d'une léte d'Hathoi- (n" 8/»0), la Aénus égyptienne aux oreilles de vache, ou de Bisou. THercule grotesque et le dieu de la toilette (n" 8^17): quelquefois c'e'lait une staluelte de femme ou de déesse, en ivoire {n" 848) ou en bronze ( n" 8^9). On peut encore signaler le manche à jour du n" 800 , le n" 85 1 avec légende hiéroglyphique de la <lanie Hathorholpou , prêtresse d'Halhor, et le n" 80!?.. qui piovient de la trouvaille des momies royales de Dcîr-el-Bahari .
Armoire B.
Elle contient, à la rangée supérieure, luie séi'ie de chevets en albâtre et de statuettes en bois peint de la XIP dynastie, provenant des fouilles fîiites à MeJV en i8()îî. Le texte hiéroglyphique gravé sur la tablette qui occupe le centre a pour objet de présenter à Osiris une offrande m faveur d'un défunt.
On voit sur la deuxième tablette la lin des statudles dr .Meïr: deux d'entre elles représentent le même personnage, nommé Nakhîti. l'une en bois (n" Ç)io), l'aulreen bronze et qui est une pièce unique (n" 910 bis). Le gros scarabé'c ptolémaïque en pâte de verre bleu ])rovient ('gaiement de Meïr (n" 91-4 ); il faisait partie d'un mas([ue de momie. Sous ie scarabée, un joli chat en lerre émaillée bleue mouchetée de noir, et un lion en bronze provenant de la trouvaille de Tell-Moqdam (voir plus bas n" 9-^0. p. 169 ); un peu j)lus loin, une petite table d'offrandes en bronze sur laquelle sont rangés une grenouille, un lion et deux ('perviers en relief.
Pièces du mobilier funéraire trouvé avec la momie de la dame Amonît , préti'esse d'Hathor, dont on verra plus loin
la iiioniic et le cercueil. Miroirs ( ii"' 910 et 910 bis); \p nianchf du 11" 910 bis, surmonté d'une télé d'Hathor aux yeux rapportés, est en bois revêtu d'incrustations bleues et rong^es: un autie manche en bois jaune a la forme du support d'honneur. Vases à parfums en albâtre; l'un d'eux, fermé d'un linge, est encore scellé (n" 716). Ils se trouvaient dans les jolis filets n"' 917, 918 et 918 bis, ornés de perles bleues. Deux anses de fil servaient à soulever ou à suspendi-e ces filets: à l'extrémité inférieure, une sorte de couronne, également en fil, était le socle ou le support sur lequel se tenaient ces vases au fond arrondi.
()n disting-ue à la rangée inférieure, entre autres objets curieux :