‹ Guide du visiteur musée de BoulaqChapitre 54 sur 78 · Calcaire blanc. — H. i"* 68 ; larg · texte numérisé non relu

Calcaire blanc. — H. i"* 68 ; larg

Stèle en forme de fausse porte, venant du tombeau de Sokarkhâbiou (cfr. p. 32). — III* dyn.

Saqqarah»

1027. — Calcaire blanc. — H. i"^ 40; larg.

Stèle en forme de fausse porte : provient du tombeau de Shiri, prêtre du roi Send (cfr. p. 31 — 32). — II* dyn. Saqqarah,

1037— 1039. — Bois. — H. moy. i*" 15; larg, moy. o"^ 40.

Ces trois panneaux de bois étaient encastrés dans autant de stèles en forme de fausse porte. Un quatrième panneau, plus mutilé que les autres, est exposé (no 913) sur l'espèce d'étagère qui règne au fond de la salle.

Le scribe Hosi, assis ou debout, est le seul personnage représenté. Il a la figure rude, les traits accentués par l'âge : les hiéroglyphes sculptés audessus de sa tête nous donnent son nom et ses titres, qui sont ceux de beaucoup de personnages à la

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IV* dynastie et ne renferment rien d'inusité. Inscriptions et figures sont découpées avec une sûreté de main extraordinaire : Tartiste qui a exécuté ce travail ne le cédait en rien à celui qui a sculpté le Sheîkh el beled.

L'habileté des Egyptiens de l'Ancien Empire à tailler le bois est prouvée et par ces monuments et par un fragment (no 985, près de la fenêtre), qui provient des Grandes-Pyramides, et a conservé les restes de cinq registres d'ofirandes superposés. Ce sont les mêmes scènes que nous avons vues représentées sur pierre dans le tombeau de Sibou (p. 201 — 203, nos 881 et 1046). La gravure en paraît plus sèche que celle des panneaux de Hosi, mais cela tient au procédé employé de relief dans le creux : en réalité le faire est le même dans les deux cas, et je ne serais pas été étonné, si la même main avait travaillé aux deux œuvres. — IV" dyn. Saqqarah.

1043. — Calcaire blanc. — H. i"^; larg.

Stèle de Sitou (cfr. p. 33 et p. 20Ç, no 883).

1044. — Calcaire blanc. — H. o™ 69; larg.

o"^ 41. — (Mariette, Aôydos, t. II, pi. 43 û;

t. III, p. 85 — 86, n9 524.)

Au premier registre, le prince Aouou et la reine Papi-onkhnas sont assis en face Tun de l'autre, de chaque côté d'une table d'offrandes. Au second, le célébrant Sobkhotpou présente l'encens à Aouou, tandis que le célébrant Khouï rend le même office à Onkhnas. La reine Onkhnas est probablement iden-

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tique à la reine Mirirî Onkhnas, qui fiit femme de Papi 1er et mère de Mirinrî Sokarimsaf 1er et de Papi II. — Vie dyn. Abydos,

Pour vivre dans Tautre monde, le double avait besoin d'un corps. Le corps qui lui avait servi de support pendant l'existence terrestre, lui servait de support principal, et c'est pour cela sans doute qu'on essayait d'en retarder la destruction par les pratiques de l'embaumement. Mais la momie défigurée ne rappelait plus que de loin la forme du vivant. Elle était, d'ailleurs, unique et facile à détruire : on pouvait la brûler, la démembrer, en disperser les morceaux. Elle disparue., que serait devenu le double? On donnait pour suppléants au corps de chair, des corps de pierre ou de bois, reproduisant exactement les traits du défunt, des statues. Les statues étaient plus solides, et rien n'empêchait qu'on les fabriquât en la quantité qu'on voulait. Un seul corps était une seule chance de durée pour le double : vingt statues représentaient vingt chances. De là, ce nombre vraiment étonnant de statues qu'on rencontre quelquefois dans une seule tombe. La prévoyance du mort et la piété des parents multipliaient les images du corps terrestre, et par suite, les supports, les corps impérissables du double, lui assurant par cela seul une presque immortalité. La même raison multipliait parfois, autour des statues du mort, les statues de ses serviteurs, représentés dans différents actes de domesticité, pétrissant la pâte, broyant le grain, poissant les jarres destinées à contenir le vin.

On comprend quel caractère particulier cette con-

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ception de la vie de Tâme dut donner à Tart égyptien. La première condition à remplir pour que le double pût 8*adapter à son corps de pierre^ c'est que ce corps reproduisît, jusque dans leurs moindres détails, les traits et les proportions du corps de pierre. De là, ce caractère réaliste et idéal à la fois qu'on remarque dans les statues. Le corps et la pose sont idéalisés presque toujours. Il est rare en effet qu'on trouve un corps décharné de vieillard, le sein flétri et le ventre grossi des femmes sur le retour : les hommes sont toujours ou des adolescents aux membres élancés, ou des hommes faits dans la force de Tâge, les femmes ont toujours le sein ferme et les hanches minces de la jeune fille. Le corps est pour ainsi dire, un corps moyen qui reproduit le personnage au meilleur de son développement, et lui permet d'exercer dans l'autre monde la plénitude de ses fonctions physiques. C'est seulement dans le cas d'une difformité par trop forte, que l'artiste se départ de cet idéal : il donne à la statue d'un nain toutes les laideurs du corps du nain. Il fallait bien qu'il en ftt ainsi. Si l'on avait mis, dans la tombe d'un nain, une statue idéale, le double, habitué pendant la vie terrestre aux irrégularités de ses membres, n'aurait pu s'adapter à ce corps régulier, et n'aurait pas été dans les conditions nécessaires pour bien vivre dans le monde au-delà. Mais une fois admise cette manière d'idéaliser chaque personnage, le sculpteur devait rendre avec fidélité les traits de son visage et les particularités de sa démarche. Il le faisait parfois avec brutalité, le plus souvent avec une fidélité naïve. Les statues sont de véritables portraits, et nous permettent de reconstituer la popu-

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lation de TÉgypte aux premières dynasties, avec plus de facilité que nous ne reconstituons la population de ritalie aux premiers temps de Tempire romain» Les poses sont celles de la classe à laquelle appartient le personnage : la statue est accroupie, s'il s*agit d*un scribe, debout dans la pose de commandement ou assise sur le siège d'apparat, s'il s'agit d'un roi ou d'un noble qui reçoit les offrandes de ses vassaux.

Les statues avaient* leur place réservée dans la tombe. C'est un réduit ménagé dans la maçonnerie, derrière l'une des parois de la chambre de réception. D'ordinaire ce réduit, une fois rempli de statues, était muré complètement et ne communiquait plus avec le dehors; quelquefois, il était relié avec la chapelle par une sorte de conduit si resserré, qu'on a peine à y glisser la main. A certains jours, les parents et les amis venaient murmurer quelques prières et brûler des parfums à l'orifice : prières et parfums étaient censés arriver par là jusqu'à l'oreille des statues, et par suite, jusqu'à l'oreille du mort.

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