‹ Guide du visiteur musée de BoulaqChapitre 59 sur 78 · ROYALES · texte numérisé non relu

ROYALES

§ I. — Salle funéraire.

La salle funéraire a été formée par la réunion de l'ancienne Salle de rEst et d'un couloir étroit où Mariette avait déposé provisoirement quelques objets

Vitrines AN, AO, AP. 225

d'époque gréco-romaine. L'arrangement n'en est pas encore définitif et plusieurs monuments de grandes dimensions y ont déjà leur place marquée : ils ne pourront toutefois venir l'occuper d'ici quelque temps, faute d'argent pour les transporter.

Tous les petits objets que renferment les vitrines proviennent des chambres sépulcrales ou ont été ramassés sur les momies elles-mêmes. Chacun d'eux avait pour le mort sa signification que j'essaierai de déterminer à mesure que l'occasion s'en présentera.

A droite, en entrant, on ira vers un meuble plat, composé de huit vitrines, rangées autour d'une statuette en calcaire de l'Ancien empire.

Vitrines AN, AO, AP,

Collection de scarabées en matières diverses. Le scarabée s'appelait en égyptien Khopirrou, Khopri, de la racine khoprou, devenir : aussi est-il devenu de bonne heure en Egypte l'emblème de la vie humaine et des devenirs successifs de l'âme dans l'autre monde. Le scarabée était donc avant tout un symbole mystique de vie, et les plus gros, ceux que nous rencontrerons dans les vitrines AR et AT, ont gardé le caractère primitif d'amulette. Les petits ont fini par n'être souvent que de simples bijoux, sans véritable valeur religieuse, comme chez nous les croix que les femmes portent au cou comme complément de leur toilette. Une fois détourné de sa signification première, le scarabée fut mis à toutes sortes d'usages industriels : on l'employa comme chaton de bague, comme pendeloque de boucle d'oreille,

226 Salle funéraire.

comme perle dans les colliers. Les signes gravés sur le plat sont, tantôt de simples combinaisons de lignes, des enroulements, des entrelacs sans signification précise; tantôt des symboles auxquelles le propriétaire de Tobjet attachait un sens mystérieux et que personne, sauf lui, ne pouvait comprendre; tantôt le nom et les titres d'un individu; tantôt des cartouches royaux ayant un intérêt historique (cfr. Salle du centre, Vitrine P, p. 87 — 97); tantôt des souhaits de bonheur, des sentences pieuses, des formules magiques. Je n'ai pas la prétention d*en essayer ici le classement : il me suffira d'indiquer en passant que le cartouche Menkhopirrîy si fréquent à toutes les époques, n'a pas été gravé le plus souvent en l'honneur du Pharaon Thoutmos III, qui a porté ce prénom : c'est une phrase de bon augure, dont les trois signes expriment un des dogmes fondamentaux de l'orthodoxie égyptienne, Durable à jamais est le devenir de Râ. Les scarabées les plus anciens ne sont pas ordinairement recouverts d'une pâte vitreuse : ils portent autour du nom ou des signes qu'ils renferment ou une série d'enroulements caractéristiques. Les scarabées en améthystes sont de la XI" et de la XII** dynastie pour la plupart. Les vernis verts deviennent fréquents à partir de la XII" dynastie, et les vernis bleus à partir de la XVIir. La fabrication des scarabées faux a pris dans ces derniers temps un développement considérable et a été poussée «-un degré de perfection étonnant : le visiteur trouvera, dans la Salle grecque, quelques spécimens de scarabées faux provenant des ateliers de Thèbes. La vitrine AP renferme les

Vitrine AQ. 227

scarabées grands et petits du travail le plus fin et des matières les plus précieuses. Beaucoup d'entre eux sont de véritables œuvres d'art : tous les détails de rinsecte y sont traités avec une justesse et une habileté de main merveilleuses.

Vitrine AQ.

Elle contient une collection de divinités et d'emblèmes divers, la plupart en bronze. Outre des types déjà décrits, on y remarquera :

Parmi les objets inscrits sous ce numéro s'en trouvent trois qui ont une certaine valeur :

10 La déesse Noub, assise sur le signe de l'or r-ts-^ et levant les deux bras (Schiste, H. o" 078). La déesse Noub, ou déesse d'or, était une forme d'Hathor ou d'Isis : elle est souvent représentée aux pieds des cercueils ou des momies. Après avoir refondu (noub, fondre, par calembourg avec noub, or) les membres d'Osiris, séparés et mutilés par Sit, elle rendait le même service au défunt. — Ep. saïte.

Saqqarah.

20 Une petite stèle d'Hor sur le crocodiles (cfr. Salle du centre, no 1841, p. 191) en pierre saponaire et destinée à être portée comme amulette <H. 0™ 087; larg. 0™ 042). — Ep. grecque.

Saqqarah,

30 Un Ammon ou Khnoum (cfr. Salle du centre, Armoire G, no 1904, p. 167) à tête de bélier, en bronze (H. o" 18) d'un travail assez fin. — Ep. saïte. Thèbes.

228 Salle funéraire.

4585. — Bronze. — H. o"» 35.

Une déesse, Isis ou Nephthys, debout, éiend ses bras garnis d'ailes, pour protéger et couver le corps d'Osiris, tué par Typhon : un monument conservé dans la Salle du centre donne à la déesse le surnom de Khouît, la protectrice. Le bronze a été évidé en plusieurs endroits : il avait dû recevoir des émaux ou des pierres dures de couleurs variées^ que les Arabes ont volées au moment de la découverte. — Ep. saïte. Zaga:{ig,

4587. — Bois.

Deux plaquettes (H. o°* 054) sur lesquelles est dessiné au trait un dieu Bis, dansant (cfr. Saîle du centre, Armoire I, no 1709, p. 155). — Ep. grecque.

Saqqarah,

4591. — Bronze. — H.o™ 074; larg. o°» 079.

— (Mariette, Ahydos^ t. III, p. 1494, n^ 586). Un poisson lépidote, posé de champ sur un naos quadrillé : devant ce groupe, une femme debout, présente un miroir. Le poisson n'est autre que la déesse du Nord Mihtit. — Ep. saïte. Abydos.

4592. — Bronze. — Long, o"" 058.

Modèle de la pique avec laquelle Hor combattait Typhon. La haste est surmontée d'une tête d'éper- vier, du milieu de laquelle sort une pointe de lance triangulaire. — Ep. grecque. Saqqarah,

Vitrine AR.

Les gros scarabées étaient le symbole du cœur. Après avoir enlevé le cœur du mort, on le rem-

Vitrine AR. 229

plaçait par un scarabée, sur lequel était gravée une formule magique (Livre des Morts, Ch. XXX, et Ch. LXIV, l. 33 — 36) : « O mon cœur qui me vient » de ma mère, mon cœur de quand j'étais sur terre, » ne te lève pas contre moi, ne porte pas témoignage » en ennemi contre moi, par devant les chefs divins ; »ne m'abajndonne pas devant le Dieu Grand, Sei- » gneur de TOccident ! Salut à toi, cœur d'Osiris, qui »vis dans rOccîdent; salut à vous, viscères divins; » salut à vous, dieux à la barbe tressée, puissants »par votre sceptre; dites du bien du mort et ac- » cordez qu*il prospère par Tintermédiaire de Nahb- »koou» (cfr. Salle du centre, Armoire I, no 171 5, p. 157). Le cœur était placé dans la balance, au moment du jugement suprême (cfr. p. 195), et son témoignage décidait du sort de Thomme : la formule avait pour effet de le contraindre à ne dire que le bien devant les dieux et à taire les mauvaises actions. Pour plus d'efficacité, on joignait souvent à la prière des représentations de divinités qu'on gravait sur les élytres, sur le corselet, même sur le plat du scarabée. Ainsi le scarabée n^ 4540 (Schiste, H. o™ 082) porte : sur le corselet, le disque û., adoré par deux cynocéphales à genoux; sur les élytres, deux figures d'Ammon accroupi, coiffées du diadème Atef; sur le plat, la barque solaire et, dessous, Osiris- momie, assis entre Isis et Nephthys qui l'enveloppent de leurs ailes. Le scarabée no 4545 (Schiste, H. o™ 069) a : sur le corselet, le disque lunaire O entre les deux yeux mystiques; sur l'élytre de droite, Osiris accroupi, coiffé du diadème Atef; sur l'élytre de gauche, Rà

230 Salle fanéraire.

à tête d^épervier, couronné du disque solaire. Quelques scarabées ont une tête humaine (no 4542, Schiste^ H. 0™ 057); rarement une tête d'épervier ou une tête de bœuf. Plusieurs sont cerclés d*or.

Les scarabées du cœur étaient fabriqués à Tavance et s'achetaient tout faits chez le marchand. On en trouve où les lignes sont marquées mais non remplies (no 4527, Ardoise, H. o" 086), où la formule a été gravée et le nom laissé en blanc (nos 4525^ 4528, 4530, 4531, etc.), où la formule est incomplète (nos 4516, 4529, 4538, 4539, etc.), où les signes n*ofFrent aucun sens (no 4534, Schiste, H. 0™ o65),

45x5. — Jaspe vert. — H. o™ 045.

Scarabée du domestique d'Ammon, Amennakht* La tête manque. — XX« dyn. Thèbes.

4519. — Jaspe vert — H. o™ 065.

Le nom et les titres du propriétaire ont été grattés avec soin, mais aucun nom nouveau n*a été inscrit à la place. — XX« dyn. Thèbes.

4521. — Schiste. — H. o™ 048.

Scarabée de Ourshou «dont la voix est juste » comme celle du juste qui vit dans sa forteresse en »la nécropole, Tesprit de TOuest», — XX® dyn.

Saqqarah.

4523. — Schiste* — H. o"™ 055.

Scarabée de la dame Nephthys. La formule n'est pas celle du chapitre XXX du Livre des Morts : «Mon cœur est à moi dans la maison des cœurs; » mon viscère est à moi dans la maison des viscères.

Vitrine AR. 23 1

»I1 est à moi mon cœur et il repose en moi et il > ne se sépare point de la défunte Nephthys à jamais, >dans la tombe». — Ep. saïte. Saqqarah,

4551, — Jaspe vert. — H. o™ 058.

Vase cordiforme; échange avec le scarabée et joue le même rôle que cet amulette. Sur une des faces est gravé le scarabée, sur l'autre le nom du possesseur, le scribe du trésor Atef. Un autre monument du même genre dans la Salle du centre {Armoire Vy no 3080, p. 118). — XX« dyn. Thèbes.

4555- — Améthyste. — H. o™ 026.

Cœur surmonté d'une tête humaine. — XI* dyn. (?)•

Thebes.

4556, — Améthyste. — H. o"" 035.

Cœur humain. — XI* dyn. (?). Thèbes,

4562. — Jadéïte noire et calcaire noirci.

— Long. moy. O"" 09.

Vingt-quatre amulettes représentant deux des doigtsde la main droite, Tindex et le médius, allongés et réunis. Au moment de la mise au tombeau, le prêtre célébrant exécutait sur la momie diverses cérémonies,, destinées à lui rendre Tusage de ses membres dans l'autre monde : la principale était Vouverture de la bouche, qui lui permettait de respirer, de manger, de boire, surtout de parler. On se servait pour cette opération de plusieurs instruments, de l'herminette '^— ^, d'un ciseau à tête de serpent analogue aux serpents exposés Salle funéraire, Vitrine AL, sous le no 4195, ou des deux doigts. Les deux doigts^

232 Salle funéraire.

déposés dans le cercueil, étaient une protection suffisante contre le mauvais œil et ses conséquences fâcheuses. — Ep. saîte. Abydos et Saqqarah.

Vitrine AS.

Ce n'est plus d'objets ayant un caractère religieux et funéraire qu'il s'agit dans cette vitrine : elle ne contient que des poids trouvés au milieu des ruines de plusieurs villes. La métrologie égyptienne a été l'objet de travaux importants, mais dont les résultats sont souvent contradictoires, selon les idées théoriques particulières à chaque auteur. Sans entrer dans la discussion, je me bornerai à donner les faits admis en général. L'unité de poids adoptée était Vouten ou tonou, dont la valeur varie, suivant les exemplaires, entre 87 et 95 gr. : en prenant la valeur moyenne de 91 gr., on ne commettra pas de trop fortes erreurs dans la transcription des pesées égyptiennes en poids modernes. L*outen se divisait en dix kite, et audessous de la kite, on trouve, dans certains textes éthiopiens, le pok, qui vaut la cent vingt - huitième partie de Vouten^ soit environ o gr. 71. L'étude des objets eux-mêmes nous montre qu'on employait couramment, dans le commerce, des poids représentant des multiples et des sous-multiples de Vouten et de la kite; mais nous ne savons pas jusqu'à présent si chacun d'eux avait ou n'avait pas de nom particulier.

Les poids ég>'ptiens avaient des formes assez variées et étaient de matières assez différentes. Il y en a de carrés avec ou sans bouton, de ronds, d'ob-

Vitrine AS. 233

longs en amande; le bronze ne se rencontre que rarement dans nos collections, mais toutes sortes de pierres y figurent. Les plus gros poids n'étaient pas fabriqués sur un module géométrique : on leur donnait des formes de fantaisie, telles que celles du bœuf

couché ^-p^ , du demi-bœuf i\, de la tête de veau

éy. Ces animaux-poids sont fort rares et je n'en avais jamais vu, jusqu'en 1881, au moment où M. Wilbour donna au Musée une tête de veau en granit gris, du poids de trois cents outens (cfr. Cage AD, no 4475). Un certain nombre des objets réunis par M. Mariette dans la Vitrine AS, et qu'il considérait comme étant des poids, n'avaient pas évidemment cet usage : ainsi le no 4391 en hématite (poids 10 gr. iio = i kite), le no 4394 en cornaline (poids 9 gr. 731 = i kite), les nos 4398, 4399, en silex et en calcaire rose. Je les ai laissés pourtant à leur place dans la série, comme termes de comparaison pour les poids véritables. Presque tous les objets que renferme cette vitrine ont été reproduits avec soin par Mariette dans ses Monuments Divers, pi. 97, 98, 99 et 100.

Au milieu des poids (no 4361) figure le matériel nécessaire à la construction d'une balance de petites dimensions, telles que celles qu'employaient les orfèvres ou les pharmaciens : un fléau en bois, long de o>n 278, percé au milieu d'un trou, par lequel passe la cordelette destinée à soutenir l'instrument, et six plateaux de bronze, percés chacun de quatre trous pour les chaînettes de suspension. Les dimensions de ces plateaux ne sont pas entièrement identiques; ils ont respectivement o" 52, o«» 62, o"» 68,

234 ^^^'^ funéraire.

0" 67, 0™ 61, 0" 57 de diamètre. Il est probable cependant qu'ils étaient appareillés deux à deux. Les anciens n'avaient sur la précision des exigences aussi fortes que nous : ils en auraient eu, que toute leur habileté n'aurait pas suffi à les satisfaire. Je ne me rappelle pas avoir rencontré dans aucun musée un modèle des grandes balances à pied qu'on voit parfois dessinées sur les monuments : pour se faire une idée de la forme et des proportions qu'elles avaient, il faut examiner, sur le papyrus funéraire de la Salle du centre (no 1847, p. 194—197), la scène du jugement et la pesée de l'âme.

Vitrine AT.

Outre les scarabées du cœur (cfr. Vitrine AR, p. 228—229) et les doigts (cfr. Vitrine AR, nP 4563, p. 231), la vitrine AT renferme des pectoraux en forme de naos.

Le scarabée, pris comme emblème divin, représentait Khopri, le soleil levant, le soleil qui se produit (Khoprou) au matin de chaque jour, et qui renaît, après être mort le soir du jour précédent. Enfermé dans le disque solaire et posé sur la barque divine, il recevait les prières d'Isis et de Nephthys, dont la protection l'avait aidé à passer sans danger les heures de la nuit. Cette scène d'adoration est le motif principal que les Égyptiens ont employé à la décoration des pectoraux. Le scarabée est isolé ou debout sur la barque entre Isis et Nephthys. Plus souvent il a été taillé séparément et rapporté dans un creux ménagé à cet effet au centre de la pièce;

Vitrine AT. 235

s'il est écrit, il porte sur le plat tout ou partie du chapitre XXX du Livres des Morts, {Vitrine AR, p. 229). Dans certains cas, Tadoration au scarabée est remplacée par une scène d*offi:ande aux dieux, à Anubis (no 4352), au bœuf Hapi (no 4340). Quelle que fut rimage, le pectoral avait pour vertu de mettre le mort sous la protection des divinités représentées, et de ridentifier au soleil levant pour la résurrection.

4328. — Email vert incrusté. — H. o"* i o ;

larg. o^ 098,

Pectoral au type d'Isis et Nephthys adorant le scarabée. Le naos est orné d'incrustations en pâtes de verre. Le scarabée est en jaspe vert sans légende.

— Ep. saïte. Abydos.

4325. — Email bleu. — H. o^ 066 ; larg.

Scarabée aux ailes éployées : les deux ailes étaient rattachées au corps de la bête par de simples fils de lin. Le scarabée volant, étant un emblème du soleil, jouait sur la poitrine du mort le même rôle que le pectoral en forme de naos. — Ep. saïte.

Thèbes.

4326. — Email bleu. — H. o™ 034; larg.

Scarabée, aux ailes éployées, en une seule pièce.

— Ep. saïte. Saqqarah,

4327. — Perles de couleur. — H. o"* 08 ; larg. o"* 212.

Scarabée aux ailes éployées provenant d*un mail-

236 Salle faaéraire.

lot en perles de couleur, analogue à celui qui recouvre la momie de Tripi (Salle du centre, no 3967, p. 189). — Ep. grecque. Saqqarah.

4338. — Calcaire blanc. — H. o^ 09;

larg. o"* 075.

Pectoral en forme de naos : le scarabée, placé entre deux plumes d'autruche, est taillé dans le même morceau que le reste. — Ep. grecque.

Saqqarah.

4339. — Schiste émaillé. — H. o^ 065 ;

larg. o™ 085.

Pectoral en forme de naos : la barque est au milieu, avec Isis et Nephthys, mais elle porte deux petits scarabées au lieu d'un gros, un pour chaque déesse. — Ep. saïte. Saqqarah.

4350- — Email vert — H. o™ 088; larg.

Pectoral divisé en trois registres. Au premier, Isis et Osiris reçoivent Tof&ande du défunt; au second, la barque solaire avec le scarabée posé sur le lotus épanoui; au troisième, le défunt en adoration devant Anubis et Thot à gauche, devant Thot et un génie armé du couteau à droite. Le tout est d'un travail très fin : le scarabée, en feldspath vert, n'est pas le scarabée original. — Ep. saïte. Abydos,

Vitrine AU,

Elle renferme des sceptres et des emblèmes de divinités.

Vitrine AU. 237

4259. — Bois. — Long, o"* 13.

Serpent à tête de bélier : c*est le symbole de Khnoum ou d'Ammon. — Ep. saïte. TTtèbes.

4262, — Bronze incrusté d'émail. — H.

Le dieu Râ à tête d'épervier coiffée du disque : il tient sur ses genoux la plume de justice. — Ep. saïte. Zaga3[ig.

Osirîs et tous les dieux en forme de momie, Mîn, Khons, Sokari, tiennent dans une main une sorte de fouet ou plutôt de fléau >f\, orné de diverses

manières. C'était, paraît-il, un emblème de fécondité. La vitrine AU contient beaucoup de fouets, provenant de statuettes en bronze aujourd'hui détruites. Les uns étaient fort ornés : le no 4263 (H. 0" 113) est incrusté d'or, de cornaline et de lapis-lazuli, les nos 4264 (H. 0™ 182), 4265 (H. 0™ 16), 4287 (H. 0° 063), 4288 (H. 0™ 195), étaient garnis de pâtes de verre. Les autres étaient simplement décorés au trait : un seul est à charnière (no 4291, H. 0™ 092).

4266 — 4267. — Bronze. — H. o"* 084 et o"" 114.

Bout de sceptre, formé par un chapiteau de colonne en feuilles de palmier. — Ep. saïte.

Zaga^ig.

4272 — 4273. — Bronze. — Long, o^ 12,

Deux mondt (cfr. Salle du centre, Armoire 7, no 1732, p. 158) surmontés d'une égide, d'où sortent

238 Salle funéraire.

les têtes du dieu Shou et de la déesse Tafnout (cfr. Salle du centre, Armoire I, no 1724, p. 157). — Ep. saîte. Zaga^ig.

4284. — Bronze. — H. o"* 19.

Les sceptres que tenaient en main les rois, les dieux et les déesses, se composaient d*une tête de forme variée, généralement en bronze, d'une haste en bois, et d'une partie inférieure terminée par une sorte de crochet, en bronze. L'objet no 4284 est la partie inférieure d'un sceptre (cfr. Salle du centre. Armoire X, no 301 1, p. 126), — Ep. saïte.

Zagœ{ig.

4289. — Email vert. — H. o^ 096.

Le plus fréquent des sceptres J est celui que les

textes appelent ouôb, ois, :{âdmou : il est surmonté d'une tête de quadrupède au museau allongé, aux yeux longs, aux oreilles carrées, que l'on croit être la gerboise, consacrée au dieu Sît. ChampoUion l'appelait, sur une indication erronée de Kircher, le sceptre à tête de coucoupha, et ce nom est encore

usité dans l'école. Le sceptre J, signifiant la puissance et la fermeté ; il assurait au porteur l'empire sur l'univers. On l'assimilait aux piliers du ciel : c'est pour cela que certaines stèles sont encadrées

à droite et à gauche entre deux 1 , sur lesquels pose

le signe du firmament F=^ ou de la voûte étoilée <^=v^ . — Ep. saïte. Saqqarah.

Vitrine AU. 239

4295 — 4296. — Bois. — H. o"^ 275 et

Sceptres à tête du chacal |, ousir en égyptien. Il signifie la force et la richesse. — XX* dyn.

Thèbes.

4297. — Bronze. — H. o™ 094.

Sceptre en forme de fleur de lotus, dont le bout inférieur est brisé et tordu. Un serpent s'enroule autour de la tige et se redresse sur la fleur en gonflant le cou. — Ep. saïte. Zaga^^ig.

4298. — Bronze. — H. o"^ 116.

Sceptre du même type : le serpent a sur la tête une couronne blanche de la Haute Egypte. Cfr. no 4301, où le serpent est couronné du pskhent. — Ep. saïte. Zaga^ig.

4302. — Email vert. — H. o"» 054.

La coiffure de plume du dieu Bîs (cfr. Salle du centre. Armoire /, n» 1709, p. 155) : une lionne est couchée devant et regarde en face. — Ep. grecque.

Saqqarah,

4307. — Bronze. — H. o"' 13.

Sceptre hiq, f, celui qu'on appelle communément

la houlette : il désigne la royauté et il est mis aux mains d'Osiris souverain des vivants et des morts, en même temps que le fléau (cfr. p. 237). — Ep. saïte. Zagasçig,

240 Salle fanéraire.

4312. — Bois. — H. o"" 124.

Sceptre composite y > A » nommé Amsou, et formé du casse-tête ë ou II et du fléau a\. Il marque Tautorité d*un chef sur ses subordonnés et, comme tel, est Temblème du pouvoir que le mort exerçait sur les mânes. — Ep. saïte^ TTièbes,

4313. — Bois. H. C" 123.

Casse-tête (), qu'on voit très fréquemment dans

la main des grands seigneurs égyptiens sur les basreliefs de TAncien empire (cfr. Salle de l* Ancien empire, no 881). — Ep. saïte. Thèbes,

Armoire AE.

L'armoire AE ne renferme guères que des objets dont j'ai déjà expliqué la signification, des statuettes d'Osiris (cfr. Salle du centre, Armoire Af, n^ 1220, p. 142), des boîtes à canopes (no 4407, cfr. Salle du centre, Armoire O, p. 128) ou à statuettes funéraires (no 4413, 4427, etc., cfr. Salle du centre, Armoire 0, no 1651, p. 136 et Armoire M, no 12 15, p. 142), des éperviers accroupis (no 4424) ou debout (no 4422; cfr. Salle du centre, Armoire N, n© 11 22, p. 139). On remarquera pourtant :

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