DE PARIS A BA YONNE.— SAVIGN Y-S.-ORGE
sc divise à Juvisy, on laissant à sa gauche l'embranchement de Corbeil.
Juvisy , Seine-et-Oise) — i 00 liai». — station : 19 kil. de Paris. — Situé sur la droite du chemin de fer, ce village est paré de jolies maisons, de jardins délicieux, et semble devoir être un charmant séjour. Son origine remonte à la plus haute antiquité; le pont sur lequel on y traverse P On/e formait jadis la limite des royaumes de Paris et d'Orléans. C’est là qu’en 1405, Jean sans Peur, duc de Bourgogne, arrêta Louis de Bavière, Montagut et le comte de Dammartin, qui conduisaient le dauphin près de sa mère Isabeau de Bavière, retirée à Corbeil. — On remarque à Juvisy, sur la droite du chemin , le pont des H elles- Fontaines, ainsi nommé parce que de chaque côté se trouve une fontaine monumentale : il a été construit au commencement du règne de Louis XV, en 1728.
Juvisy est à l’entrée de la vallée de l’Orge, dans laquelle le chemin de fer se développe jusqu’à Hrétigny. La nature et l’art en ont fait un panorama délicieux, qui va oiïrir à nos yeux, dans celte partie du voyage, de jolis sites, des châteaux et une belle culture. Ici le chemin est situé à mi-côte, et malgré la rapidité avec laquelle on est entraîné, l’on distingue au-dessous de soi des paysans et des bestiaux qui animent la campagne et en forment un joli tableau.
Fromenteau, à droite du chemin , est le seul village que nous rencontrons avant d’arriver à Savigny.
Saviffuy-sur-Orjïc (Seine-et-Oise) — village de 950 hab. — station : 22 kil. de Paris. — Ici le chemin traverse une avenue conduisant au château qui a donné son nom à la station. Cet édifice, restauré et fortifié en 1480, par Etienne de Vèse, chambe'lan de Charles VIII , appartient maintenant, avec ses vastes et riches dépendances , à Mm* la princesse douairière d'Eckmühl. Il reste de son ancienne construction la tour d’honneur, qui sert maintenant d'entrée principale, et deux tourelles; les deux ailes, d’inégale grandeur, ont été ajoutées vers le milieu du siècle dernier. Une grille s’appuyant sur deux pavillons sert d’entrée à une vaste cour d'honneur dans laquelle sont distribués de beaux massifs.
Quelques rochers bordent le chemin du côté droit ; mais
(Jti PYRÉNÉES.— BOUTE 1 .
bientôt la scène change, et l’on aperçoit <Ju même côté le château de Grand-Vaux, qui appartient à M. Vigier.
Un peu plus loin, nous traversons l’ Yvette, ensuite l'Orne, que nous côtoyons depuis Petit- Mous, près A'Athis, et qui passe de la gauche à la droite du chemin sur un viaduc remarquable conduisant à Epinay.
Epinay-sur-Orge (Seine-et-Oise) — 500 hab. — station : 24 kil. de Parts. — Ce village, situé sur la petite rivière d 'Orge, est assez considérable. Il comprend une foule d’habitations isolées et de petits hameaux, tels que : le /treuil, Petit-Vaux, la Grange-dn-BreuH , Charentru, Villiers, et l’ancien lief de Sillery. — L’église d’Epinav, réparée avec soin , renferme un tableau remarquable représentant saint Jean-Baptiste, attribué au Cuide ou à Murillo. Epinay possède aussi un château ayant un parc dans ses dépendances.— Voit, de corrf.sp. pour Longjumeau, par Bulisis.
Quand nous quittons la station d’Kpinay, le chemin passe devant le village de Villemoisson , s’enfonce dans la tranchée de ce nom, bientôt après domine les franchises, le /treuil, le Perrmj, I i Hier s. sur-Orge et Longpont. Pendant quelque temps il borde la forêt de Séquigny-Sainte-Geneviève, située à gauche, et traverse le parc de Launay à une petite distance de Saint-Michel.
Saint-michel (Seine-et-Oise) — 600 hab. — station : 28kil. de Paris. — Ce village n’olTre rien de remarquable; la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans y a établi des ateliers qui donnent lieu à une grande activité.
Voit, de corresp. pour Marcoussis, par Monllhéry.
A partir de Saint-Michel, nous quittons la vallée de l’Orge; la scène s’agrandit : on distingue dans une plaine accidentée et coupée par de nombreux bouquets de bois, Montlhénj, dont nous venons de parler, Linas, Arpajon, et plus près du chemin le beau château de Loinnoy. Nous [îassons h droite devant le village de la Fontaine et il gauche devant celui de Rosières.
Brétiguy (Seine-et-Oise) — 750 hab. — station : 31 kil. de Paris. — Cette commune comprend les hameaux de Rosières, Cassigny, Lugarde, le Ménil-, le moulin de Gowryes et quantité de maisons isolées. L'église, située sur une hauteur, se nomme le Guet-Saint-Pierre. — Le château de la Fontaine est environné d’un beau parc et baigné d’eaux
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\ives el abondantes. — Le vin fort peu estimé de ce canton a fait naître le proverbe si connu : Le vin de Brétigny fait danser les chèvres.
Nous sommes arrivés sur le plateau de Marolles, qui sépare les vallées de l' Orge et de la Juine. Dans l’espace compris entre Brétigny el Marelles, station la plus voisine, le paysage est assez triste et n’oflre aux yeux du voyageur que des villages et des bouquets de bois lointains; mais si le voyageur regarde derrière lui, Montlhéry et la belle campagne qui l’environne le distrairont encore quelque temps.
Marolles -en - Htirepoix. (Seine -et- Oise i — 450 hab. — station : 30 kil. de Paris. — 11 existe plusieurs villages de ce nom aux environs de Paris ; celui dont nous parlons a acquis une certaine importance depuis le passage du chemin de fer sur son territoire. 11 a dans son voisinage le château de Gaillon-l'Alun, duquel dépend un beau parc et plusieurs fermes. Les bois de Hurepoix sont également situés auprès de Marolles.
Voit, ne corrf.sp. pour Arpajon, par la Norville.
Lard y (Seine-el-Oise) — 700 hab. — station : 40 kil. de Paris. — Ce village est le premier que nous rencontrons après le parc el le château de Ménil; il est situé au fond de la vallée et environné de plantations de peupliers ainsi que d’arbres fruitiers de toutes sortes.
On trouve à la station des voitures pour Malcsherbcs, M aisse, Girouville, la Ferté-Aleps et Pithiviers.
Nous voyons bientôt, sur la gauche, la Juine, les bois d’.li/rers, quelques hameaux et fermes, le château de Gillevoisin, appartenant à M. le comte Jaubert, el le village de Chanutrande, duquel dépend un autre château construit en briques et en grès, dans le goût du xvue siècle. Une avenue majestueuse conduit à l’entrée principale, de vastes dépendances l’entourent; le parc est d’une étendue considérable, el la campagne est semée de bois et rochers de grès qui procurent des points de vue très-pittoresques. Cette propriété appartenait à feu M. de Talaru.
A droite, à 2 kil. du chemin, on aperçoit Torfou, surmonté d’un télégraphe.
Etrecliy (Seine-et-Oise) — 1,200 hab. — station : 40 kil. de Paris. — Ce village est assez considérable et fermé de
murs; le chemin de fer le laisse à sa droiie. Il v existe des carrières Je grès en exploitation.
Les environs d'F.trechy sont charmants. —Le moulin de Pierre Brou, la fontaine Lt/mnifl . Malassis , le village de Mari : iy et une foule de fermes, ainsi que des maisons isolées dans la délicieuse vallée de la Juiue, sont des lieux de promenade qui se prolongent jusqu'à Etampes.
EUmpes (Seine-et-Oise) — 8,000 hab. — station: ô6 kil. de Paris hatels ■ de France , de la Ville-de- Rouen). Cette ville, située dans une plaine, est traversée par la J . . rivière à laquelle se réunissent deux autres petites rivières, la I. ■ et la Cha> i-tte, et elle est dominée par le chemin de fer. Sous-préfecture. Elle est environ; promenades plantées d'arbres et bordées d'eaux vives. Les petites riv eres sur lesquelles la ville est >ituée ue gelent jamais, et font mouvoir de nombreux moulins à farine, oljet principal du commerce d'Elatnpes. qui est l'un des
i. ren ers d'approvisionnements de Paris. — Il s'est tenu dans celte ville plusieurs conciles provinciaux et un concile national. dans lequel saint Bernard fit reconnaître le pape Innocent II par les Français et par les Anglais, et rejeter l'antipape Anacîet. — Fram s I r v fit bâtir pour Diane de Poitiers un château dont il De reste plus qu’une partie, dans laquelle on veït encore diverses sculptures, uolainment celles du p riai! Je l'ancienne chapelle, représentant la descente dm Saint-Esprit sur les a pitres. — Au N -O. de la ville on remarque la fo r de Gvni-üe. restes d'une ancienne forteresse détru te à la fin du règne de Henri IV. Ce donjon se coup --e de quatre tours semi-circulaires, et gagées l'une dans l'antre; c'est un reste précieux de l'architecture militaire du i! siècle. — Louis VI , dit leGros, j a tenu les étais. — Avant 1789, Etampes portail le titre de duché, était gouvernement de place, siège <T un bailliage royal qui ressortissalt an présidial de Chartres, et avait une coutume
j. arücullere ré: gœ en 1556. Cette v.Ue avét aussi de nomî reuses paroisses et p'usieurs couvents.
Ce lut auprès d'Etampes, dans on château appelé l iguai, que le chancelier de l'Hospital se retira eu 1568. On r accusait «de modérantisme en religion et en poüt qoe; des . ssas-ins furent envoyés j>our le tuer lors du nu?saere de t-Barthrlcmi ; ses domestiques voulant fermer les
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portes de la maison , il s’y opposa, en leur disant d'ouvrir la grande portes i la petite n’était pas assez large. — Pendant les troubles de la minorité de Louis XIV, en I6.'>2, l’armée des princes s’empara de celte ville. M. de Turenne, qui commandait l’armée du roi, l’assiégea ; les faubourgs furent forcés; quelques milliers d’hommes y perdirent la vie, lorsque l’arrivée des troupes du duc de Lorraine força tout à coup M. de Turenne à lever le siège.
Etampes est la patrie de Geoffroy Saint-Hilaire, célèbre naturaliste. Une souscription a été ouverte pour lui élever un monument, mais l’indifférence des habitants a seule répondu à cet appel, qui est resté sans résultat. — C’est dans cette ville que périt, au commencement de la révolution, le maire Simonneau, victime de son dévouement à ses fonctions.
Sur la droite, à la porte d’Etampes, en allant à Orléans et dans une direction parallèle à celle du chemin de fer, s’ouvre un vallon charmant où coule la Juine, que nous avons quittée en arrivant en ville. Il n’est pas de voyageur qui , descendant la rapide montagne d’Etampes, n’ait désiré de s’enfoncer dans ce vallon.
Les convois des voyageurs s’arrêtent 10 minutes à Etanipes; un buffet est établi à la station. — Voit, de corhesf. pour Pithiviers, corresp. avec Beaune et Boiscommun; — pour Dourdan avec corresp. pour Rambouillet.
Quand nous quittons Etampes, le chemin traverse la vallée et les petites rivières de la Lonette et de la Chalouette dont nous avons parlé plus haut, et parcourt une colline en laissant à sa droite la profonde vallée de l’Hémery.— Ici nous montons une rampe de 8 ni i I 11 m êtres par mètre : les trains de toute nature doivent la franchir lentement pour éviter les accidents qui pourraient se manifester sans celte précaution : ainsi nous ne marchons qu’à la vitesse de 20 kilomètres à l’heure. Celte rampe a 9 kilomètres d’étendue et se termine aux aiguilles de GuUlcrval, où le chemin atteint une hauteur de I io mètres 81 cent, au-dessus du niveau de la mer.
Ce point culminant est la limite de la vallée de la Juine et du plateau de la Beauce sur lequel nous 'arrivons; le chemin ne le quittera que pour entrer dans la vallée de la Loire, après la forêt d’Orléans. Pendant ce long parcours de
55 kilomètres environ, le chemin ne rencontrera pins de ees sites pittoresques qui nous ont occupés jusqu’à présent, et va s’enfoncer dans une longue tranchée.
Itlonucrville , (Seine- et- Oise) — arrondissement d’r.lampes, canton de Merville. — station: 70 kil de Paris. — Celte station est la première que nous rencontrons après Étampes ; elle n’a pas une grande importance.
Voit, de corresp. pour Méréville.
Un peu plus loin, la ferme de Relrevilte est située à gauche du chemin. — Avant d’arriver à la station A'Angerville , la route impériale de Paris à Orléans passe à notre droite, et ne nous quitte plus jusqu’à Orléans.
Augerville, (Seine-et-Oise) — 1,600 hab. — station: 75 kil.de Paris. — Jolie petite ville dans la plaine dcBeauce, arrondissement d’Étampes, canton de Méréville, — Fabrique de bonneterie en laine, draps, brasserie, etc. — Commerce de grains et de laines.
\oit. de corresp. pour Chartres, par Reandreville, Gouillons, Ouarville, Santeuil, Voise, Francourvillé, Sours.
Pendant toute la traversée du plateau de la Beauce, les yeux ne rencontrent qu’une triste uniformité qui invite au sommeil. C’est, sans contredit, le meilleur moyen de se soustraire à l’ennui causé par cet horizon monotone.
Les endroits devant lesquels nous passons après la station d’Angerville, sont, à droite du chemin : Bassonville, Guei'treville . Bois-de-la-Justice. Ici nous entrons dans le département d’Eure-et-Loir.
Tonry, (Eure-et-Loir), arrondissement de Chartres, canton de Janville. — station: 88 kil. de Paris. — On y voit les ruines d’un ancien chàleau-fort détruit sous le règne de Louis le Gros, et un télégraphe.
Voit, de corresp. pour St-Calais par Janville, Orgères, Corminville, Chùtcaudun, Courtalin, Droué, Mondoubleau , Savigny; — Chartres par le Puiset, A Maine, Ymonville, Alloues;— Janville ; — Pitliiviers par Outarville.
Quand nous avons quitté la station de Toury, nous rencontrons la Chapelle-Saint- Biaise, Maison-Xeuve , Château- Gaillard, et plus près du chemin , en face de ce dernier village, un télégraphe et un moulin. Aussitôt après nous passons du département d’Eure-et-Loir dans celui du Loiret. A la gauche du chemin se trouvent le village de Tivernon, la