DE PARIS A BAYONNE —POITIERS
tours que l’on attribue à Sully; le palais de justice et la ■mairie, constructions nouvelles. — Commerce : vins, eaux-devie, anis vert, chanvre, asperges, petits pois, pois, graines de toutes sortes, blanchisserie de cire, pruneaux, haricots, grains, farines, sel, ardoise, bois de sapin, merrain, plâtre, cuirs, quincaillerie; fabrique considérable de coutellerie renommée, qui occupe plus de 600 familles, et dont le produit se répand sur tous les points de la France. — Voit, de corhesp. pour le Blanc, par la Roche-Posay, Yzeures ; — Angles, par Pleumarlin ; — Mirebeau, par Clairvaux, Lancloitre; — Montmorillon , par Pleumarlin, Vicq , Angles, Saint-Savin. — Poste aux chevaux pour Richelieu, Mirebeau, les Barres, Ingrande.
Cenon, 5 kil. de Cliâtellerault. — C’est ici que fut livrée, selon M. Dufour, auteur de Y Histoire du Poitou, la bataille où Charles Martel défit les Sarrasins. — Près de là, entre le Clain et la Vienne, on trouve des débris de murs d'une haute antiquité et un portique de 8 mètres de hauteur. On découvre souvent dans cet endroit, qu’on appelle le Vieux Poitiers, des médailles romaines. Une voie militaire, qui conduisait de Tours à Poitiers, passait près de ce lieu.
Poitiers (Vienne), Picti , Pictavi * — 29,500 hab. — station : 313 kil. de Paris. — Hôtels : de France, bien tenu : lit 2 fr., dîner 3 fr., thé \ fr., café 75 cent.; — des Trois- Piliers, situé près de la place des Halles, avec de vastes écuries et remises; — de l’Europe. — Chef-lieu de préfecture, cour d’appel, tribunaux de première instance et de commerce, siège épiscopal , académie, école de droit , lycée , jardin botanique, pépinière sur le Cours, théâtre, fontaines publiques. — Irrégulièrement bâtie sur le Clain qui , avec la petite rivière de Boivre, l’entoure presque complètement, Poitiers est vaste et médiocrement peuplée, parce qu’elle a dans son enceinte des jardins et des terres labourables. Cette ville existait avant Jules César, et montre encore les restes de sa splendeur passée; elle est enceinte de mitrailles antiques flanquées de tours.
Poitiers renferme un grand nombre d’églises remarquables : les unes d’une haute antiquité, d’autres moins an-
1 Brulum adoletcenlem gallicis navibus, quos ex Pictonibus tonrenire jusserat, proficil. Cæsar
ciennes, et comparativement modernes ? Notre-Dame de Poitiers, sur la place du Marché, en face de V Ecole de droit. Ce noble monument offre dans sa façade O. un beau spécimen du style romain Henri, couvert de sculptures du haut en bas; il peut dater du milieu du xu* siècle; l’intérieur est d'un style beaucoup plus sévère. — La cathédrale, dédiée à saint Pierre, qu’on dit avoir été fondée par Henri II d’Angleterre, est un des beaux édilices de celte partie de la France. Le vaisseau présente un parallélogramme divisé en iroisailes, celle du centre beaucoup plus large que les autres; on v remarque plusieurs jolis vitraux, et une belle rosace qui se trouve un peu cachée par l’orgue, ouvrage très-esiimé, de Cliquot père. — A une petite distance de l’extrémité E. de cette cathédrale, se trouve Véglise de Sainte-Radégonde, dont on admire la tour byzantine, d'une grande élégance, bien que masquée par sou riche portail; elle date probablement (lu xi» siècle, ainsi que le bénitier de marbre blanc qui est dans l'église, où se trouve aussi le tombeau en marbre noir de sainte Hadégonde. lequel, pendant le mois d’août, y attire des milliers de fidèles. — L' église de Suitüe-Triaise ; façade du xt« siècle, corps de l’édilice moderne. Dans une espèce d’écusson carré incrusté dans le mur, du côté de l’ancien cimetière, sont les ligures de saint Hilaire et de sainte Triaise, bas-relief du xie siècle. — La vieille église de Saint-Jean, aucien tombeau romain suivant quelques archéologues, mais plus probablement l’un des plus anciens monuments religieux qui existent en France, aujourd'hui Musée des antiques, dans lequel on remarque la tombe de Claudia Varinilia, lille du proconsul Claudius Varenus, des fragments brisés de sculpture et d’architecture romaine, une pierre miiliaire du temps d’Alexandre Sévère, et quelques inscrip- . lions, un bas-relief byzantin très-curieux représentant saint Hilaire. — Saint-Hilaire, terminée en 1049, a perdu une portion de sa nef. — Montierneuf, où repose son fondateur Guillaume Guy-Geollrov, comte de Po'tiers et duc d’Aquitaine.
On doit voir encore : La belle promenade de Blossac , les Boidcvarts et les Cours, la place d' Armes, le palais de Justice. édifice de la tiu du xiv* siècle, bâti par Jean, comte de Poitou, et dont l’origine remonte, dit-on, à l’époque du gouvernement de Julien dans les Gaules; on y admire la salle