CUBAGE
Source n. 1 servant aux douches. . . .
Lilres.
Source n. 2, du vaporarium
Source du jardin n . 3, supérieure . . .
Source du jardin, n. 4, inférieure
Ces sources alimentent les bains neufs, concurremment avec d’autres qui suivent.
N. 3 au cabinet n. 1, le plus près
N. 4, idem
N . 3, au cabinet n . 6, le plus éloigné
N. 4, idem
Source de la remise n. 5, au griffon. .
Source inferieure du jardin n. 6, idem.
Source Elisa n. 7, a la source
Idem, idem , au bain n. 2
Idem à lu buvette
Dépense totale, en 2
heures
Analyse de l'ancienne source fiiiibanys1, en 1 83 i, pur M. Bouts , professeur de chimie à Perpignan.
« L’eau de cette source, dit M. Rouis, est parfaite-
« ment transparente, incolore, elle lient en suspens des lila- • ments de glairine, qui se déposent avec assez d’abondance « dans les canaux d’écoulement. Son odeur, sa saveur, pre- « sentent le caractère significatif des sulfureuses des Pyré- « nées, qu’on ne peut méconnaître avec un peu d’habitude. « Son poids spécitique se rapproche sensiblement de celui « de l’eau distillée. Elle est onctueuse à la peau. Sa lempé-
t Aujourd’hui relie source, appelée source mère, appartient h MM. Coudere et de Lacvivicr.
a rature est à 55° c.; la source fournil 80 litres par minute. <• Celte source doit se placer au premier rang parmi nos « sulfureuses favorablement situées; par ses propriétés mé- « dicales, elle est l'émule des eaux de Barèges, Arles, Ver- « net, anciens bains. »
Source de la Comtesse. — On sait que les eaux minérales prises en boisson secondent très-utilement, dans un grand nombre de maladies, l'emploi des bains, des douches et des vapeurs, et que même, dans beaucoup de cas, elles opèrent isolément des cures très-remarquables. Ces propriétaires, en même temps qu’ils travaillaient à étendre, à perfectionner et à compléter leur système balnéaire, ont dû, par conséquent, ne pas négliger de faire placer aux différentes sources des fontaines avec des robinets pour le service des malades. Ces fontaines ou buvettes sont aussi nombreuses que les sources mêmes; mais il en est quatre principales qui doivent être signalées. La première est celle de la Comtesse. Sa température, «le 8° c. seulement, son goût agréable et ses qualités digestives. Ioniques et diurétiques, la font particulièrement rechercher. Comme elle est peu chargée en principes, les personnes les plus délicates peuvent en faire usage. On en lait usage aux repas.
La seconde est celle de la source Elisa, dont la température de 33° c. se trouve abaissée, par des réfrigérants souterrains mis en contact avec le tuyau de conduite, à 16° c. sans altération de principes.
La troisième est celle de la source Agtaé, découverte en 1850. Sa température est de 20° c., elle offre ies mêmes avantages que la source Elisa, et peut, par la suite, être utilisée en bains.
La quatrième enfin et la plus importante est celle de la source n° i des anciens thermes, que représente exactement, sauf une plus grande élévation de température, les Eaux Bonnes, source vieille. Cette dernière, ainsi que celle d’Elisa et la source Aglaé, mises soigneusement eu bouteille, conservent toutes leurs propriétés, et peuvent s’expédier sans inconvénient à de grandes distances.
Comme on peut le voir d’un seul coup d’œil, ces différentes sources, parleur composition et leur température, offrent au praticien dans un étroit espace, un véritable spécimen des eaux sulfureuses les plus accréditées des Pyrénées, telles que
Baréges, Ludion, Saint-Sauveur, Eaux-Bonnes, etc., etc.; il peut donc avoir eu même temps sous la main l’équivalent des sources qu'on ne trouve ailleurs que séparées, et qu’on regarde comme les plus propres à combattre les rhumatismes itiijus ou chroniques ; ou les névralgies et les névroses; ou bien les affections île la peau et des membranes muqueuses ; ou bien encore les maladies des organes de la respiration . delà digestion, de la génération dans les deux sexes.
Etablissement thermal. — Sous l’immense voûte des anciens thermes on a construit, en granit, un vaste vaporarium, à huit loges, sur les données des eaux d’Aix en Savoie. 11 reçoit une vapeur abondante à la température de i4 degrés, et procure, en quelques minutes une sueur qui ruisselle de tout le corps. Sur les côtés du vaporarium. des cabinets de repos, à 24 degrés de chaleur constante, permettent au malade de se reposer enveloppé de couvertures, en continuant à transpirer mollement étendu, avant de l'exposer à la température moins élevée des escaliers et des corridors, pour regagner sa chambre.
C’est ainsi que les Orientaux entendent et pratiquent le kief avec tant de délices en sortant de leurs étuves, pour gagner ensuite des salles de moins en moins chaudes. — A Vernet, par ces transitions ménagées, il est impossible, même en hiver, que la transpiration soit arrêtée ou trop brusquement ralentie.
Au-dessus du vaporarium, on a construit une salle d’aspiration, de 7 met. carrés d’étendue et de o met. de hauteur, pour les malades qui ont besoin de respirer des vapeurs d eau sulfureuse, et s’échappent par des ventilateurs ménagés à la voûte, en sorte que l’air et la vapeur sont continuellement renouvelés. Celle quantité de vapeur, ainsi que la température de l’air, sont réglées à volonté, par le moyen de» tubes d’émission et des ventilateurs.
Si les eaux sulfureuses sont très-utiles contre les alfeclions chroniques des poumons et du larynx, lors même qu’elles ne sont administrées qu'en boisson, comme Eaux- lionnes, combien leur action ne doit-elle pas être plus rapide et plus puissante quand elle est directe, quand ces eaux sont mises en contact immédiat avec les organes affectés; c’est ce que tout le monde comprendra; c’est ce que les malades eux- PYRKNéES. 36
mêmes avaient pressenti, ou plutôt expérimenté, — car ils se tenaient autant que possible autour du vaporarium, sous celte immense voûte des anciens thermes, toujours remplie d’épaisses vapeurs, dégagées des éluves et des cabinets des douches; — mais s’ils se trouvaient bien de respirer ces vapeurs, leur présence gênait le service, et c'est pour cela que fut construite, au-dessus du vaporarium, la salle d’aspiration qui leur lut exclusivement consacrée.
Sous la même voûte des anciens thermes, en face du vaporarium, on a construit trois salles de douches terminées en arceau. Chacune d’elles a 1 met. d’élévation. Des réservoirs établis au-dessus de chaque salle permettent d’administrer les douches à toutes les températures, et même de les faire varier, au besoin, pendant la durée de la douche, par le mélange d’eaux thermales venues de plus haut. La température est exactement indiquée au surveillant par un llotleur muni d'un thermomètre. — Dans ces trois salles, on peut administrer des douches locales de vapeur; des douches en arrosoir, d’autres à jets pleins, de toutes les dimensions; des douches latérales sur toutes les parties du corps; enfin des douches ascendantes, périnéales, anales ou vaginales.
Les réservoirs partiels disposés au-dessus de chaque salle permettent aussi d'administrer alternativement, au même malade, des douches froides après les douches les plus chaudes, sur la même partie, ou sur des parties différentes.
La source la plus chaude des anciens thermes, celle qui fournil aux douches, est située plus haut que rétablissement et peut être amenée, par conséquent, dans toutes ses dépendances. Le professeur Lallemand et le général Poncelet, se trouvant en même temps à Yernel, conseillèrent aux propriétaires d’utiliser celte source, en hiver, pour chauffer ieur établissement. Pleins de confiance dans les prévisions médicales de l’un, aidés par l’expérience de l’autre en hydraulique, ils établirent, en etîet, un système de chauffage complet, dans le genre de celui de M. Duvoir, avec cet avantage qu’ils n’avaient pas à s’occuper des frais de combustible.
Ce système procura, l'hiver suivant, dans toutes les parties de l’établissement, une température de 15 à 18°, constante dans les mêmes points, difiérenle suivant le voisinage de la source et la distribution des conduits. — Les escaliers abrités par une cage de verre; les corridors, les salons de réunion,
la salle à manger, elc., etc., participent à celle égalité de température, qui se trouve précisément celle qu’on avait désirée, comme la plus convenable aux malades. Les appartements des baigneurs, communiquant avec les douches, avec le vapoitirium, avec les bains, ainsi qu’avec la salle d’aspiration, sans interruption de celte température moyenne et constante, il était possible, il était même facile d'administrer les eanx de Vernet, sous toutes les formes, en hiver aussi bien qu’en été. les conditions cherchées par les deux savants, par les deux amis qui s’élaient rencontrés dans la même pensée, ces conditions étaient obtenues, réalisées par les propriétaires de l’établissement.
Une chapelle élégante en style gothique, peinte et décorée dans le même goût, vient d’être établie dans l’intérieur même de l’établissement, pour le service des malades en hiver. La température constante y est de 18° comme celle des chambres.
Toutefois, il faut en convenir, les malades ne peuvent rester indéfiniment confinés dans la même température, quelque agréable qu’elle puisse leur paraître d’abord, et quelle que soit l’étendue de l’espace dans lequel ils peuvent se mouvoir, se réunir et chercher des distractions. Ils ont besoin de respirer de temps en temps l’air extérieur, pour ne pas s'étioler et perdre leur énergie. C’est ici que le climat est venu fournir une de ces conditions de succès qu’on peut mettre à profit, mais qu’aucune puissance humaine ne saurait créer.
Le bassin au milieu duquel est situé le Vernet se trouve dominé, de tous côtés, par des montagnes très-élevées, qui le protègent contre les vents impétueux qui bouleversent si souvent la plaine du Roussillon; et l’on sait combien la rapidité des vents augmente l’impression produite par le froid. Au reste, la végétation d’un pays permet d’en juger le climat.
Il est peu d'habitants de Vernet qui n’aient, en plein champ, des lauriers de la plus belle venue, sans qu’ils s’occupent de les protéger contre le froid, ou de leur choisir une exposition favorable. Ce fait seul suffirait pour donner une idée de la douceur des hivers, de ses eiïets; la température descend rarement à 2 ° au-dessous de zéro pendant la nuit ; et la neige, assez rare du reste à Vernet, est bientôt fondue dans les parties déclives, où le soleil concentre son action
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comme au foyer d’un miroir à réverbère. Les roules, entretenues avec des matériaux granitiques, laissent écouler rapidement les pluies, qui durent peu d’ailleurs ; à peine le ciel a-t-il repris sa pureté, sa transparence habituelle et sa teinte bleue foncée, que les malades peuvent se promener à pied sec, ou du moins sans craindre la boue.
Ibrahim-Pacha, Soliman-Pacha, Ratib Effendi et bien d’autres Egyptiens, habitués au beau ciel d'Egypte, ont été guéris à Vernel, pendant l’hiver: le premier, d'une bronchite chronique, contractée dans la campagne du Liban, et que rien n’avait pu seulement diminuer depuis huit ans.
Il est reçu depuis longtemps que les eaux ne peuvent être administrées que dans la belle saison. On ne s’est guère élevé jusqu’è présent contre ce préjugé, parce qu’il est généralement fondé ; mais tout dépend des conditions dans lesquelles se présente le problème à résoudre. Quoi qu’on fasse, à Barèges, à Cauterets, à Luchon, etc., etc., on n’aura jamais, en hiver, un climat supportable, surtout pour des malades, et les praticiens qui connaissent les locablés se garderaient bien d’avoir seulement la pensée d’y envoyer leurs clients, dans une pareille saison. — (’.ela se conçoit parfaitement. — Mais il n’en est pas de même du Roussillon.
La première chose que doit faire l’étranger en arrivant aux eaux est de voir son médecin, puis de n'agir en tout que d’après ses conseils. M. le docteur Êiglowski peut être considéré comme l’un des créateurs de l’établissement de Vernet; ce titre, ajouté h ceux que lui donnent son savoir, une longue pratique et sa parfaite urbanité, le recommandent naturellement à la confiance des malades.
W\x àusé\oux iks Yuv’vtvs.
L’ancien établissement, qui permet de traiter les malades en hiver comme dans les autres saisons, contient 50 chambres. Dans une salle à manger, assez vaste pour recevoir 9o personnes, est la table d’hôte, commune à tous les baigneurs.
Le prix du logement et de la nourriture est de 6 fr. par jour. — Le logement se compose d’une chambre à un lit, confortablement meublée et pourvue de tous les accessoires
nécessaires à un malade. La nourriture consiste en un déjeuner et un dîner, abondamment servis par un excellent chef de cuisine à demeure pendant toute l’année; les consommations prises hors des repas se payent à part, mais à des prix très-modérés.
Ceux des malades qui seraient obligés de suivre un régime particulier, prescrit par le médecin, pourront être servis chez eux sans augmentation du prix ordinaire de la table d’bôle.
Les domestiques ne payent que moitié, à moins qu’ils n’occupent une chambre de maître. Dans ce cas seulement le prix est de 4 fr. au lieu de 3.
Le tarif des bains, douches et vapeurs, y compris le linge, est de 1 fr.
L’usage des eaux en boisson est tout à fait gratuit, pour les baigneurs. Il en est de même de la salle d'aspiration du tube de vapeur et du chauffage des chambres par l'eau chaude.
Un salon aussi vaste que la salle à manger, élégamment décoré, pourvu d’un excellent piano, de trictracs, d’échiquiers, etc., est ouvert à tous les baigneurs sans rétribution ni abonnement; les frais d’éclairage, d’entretien étant faits spontanément par les propriétaires.
Une remise, pouvant contenir quinze voitures, une écurie à l’avenant, sont groupées autour du bâtiment, et commodément placées pour le service.
Le bâtiment du Petit Saint-Sauveur est composé de trois étages au-dessus du rez-de-chaussée, où se trouvent les bains de cet établissement; il contient 40 lits de maître. Le premier étage, distribué dans le principe, meublé et décoré pour recevoir S. A. Ibrahim-Pacha, est conservé dans le * même état, avec ses meubles de palissandre, etc. Seulement, il peut être divisé en deux parties distinctes, ayant chacune leurs terrasses et des accessoires pour loger des familles riches et nombreuses. Ces logements, bien entendu, se payent plus cher que d’après le tarif, mais non dans la proportion de ce qu’ils ont coûté.
Le bâtiment appelé la Préfecture, parce qu'il fut construit par un des préfets des Pyrénées-Orientales, présente par cela même des distributions qui permettent de recevoir des familles ou des amis qui désireraient vivre en commun dans un site pittoresque et un peu isolé. Les propriétaires, désirant donner satisfaction à ce désir de retraite, mettent à la
disposition des malades cette maison, contenant six cliambres de maître, meublées et décorées avec goût, deux chambres de domestique, une salle à manger, un salon de compagnie, une cuisine. Le tout pour 20 fr. par jour, se chargeant de toutes les fournitures nécessaires dans un ménage, y compris le linge et l’argenterie ; excepté le bois, le charbon et les comestibles.
Un café pour l’été, construit près d’un torrent pittoresque, abrité par de grands arbres, et muni d’un excellent billard, est tenu, pour les baigneurs seulement, par un cafetier glacier bien au courant de tout ce qui concerne son état.
Enfin les propriétaires, voulant mettre les eaux à la portée de toutes les conditions, ont consacré l’établissement thermal dit la mère source à l’usage de ceux qui ont d’autant plus besoin de santé que leur avoir est plus modique ; diverses dispositions leur permettront de faire des économies sur des dépenses auxquelles ils ne sont pas habitués, sans que leur traitement en soit moins efficace, et sans qu’ils cessent d’être entourés d’autant de soins et d’attentions que les plus riches.
Des cuisines communes à chaque étage permettront à chaque famille de se nourrir à leur guise. — Les chambres du rez-de-chaussée sont fixées à I fr. par jour, le linge non compris. — Celles du second, par personne, bain et coucher, à I fr., sans linge. — Les bains des personnes logées au rezde-chaussée et au premier se payeront 7ii c.; les douches et vapeurs se payeront au même prix des bains pour les trois étages. — 60 personnes pourront se loger dans cet établissement, qui offre les mêmes avantages que celui des anciens bains, dans ce sens qu’on peut y suivre un traitement thermal complet en bains, douches et vapeurs, et tout cela sans sortir à l’air extérieur.