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ENVIRONS DE BAYONNE

Biarritz, à 8 kil. sud. — ( Omnibus et voit., V. cidessus.)

La route qui conduit de Bayonne 5 Biarritz est belle et bien entretenue ; pendant la belle saison elle est littéralement sillonnée de voitures et de voyageurs pédestres. 11 n’y a guère plus de quinze ans que celte route était pour ainsi direimpralicable, et le trajet ne pouvait s’accomplir qu’à pied, à cheval ou en cacolet. Le cacolet, ce moyen de locomotion particulier au pays basque, mérite une description :

« Prenez, dit M. Germond de Lavigne, un cheval hors d’âge, d’une naissance inconnue, ferré peu ou point, les genoux couronnés, bronchant souvent, s’abattant quelquefois. Sur

son échine un bât mal attaché, tournant au gré de la charge. Aux deux côtés de ce bàt, deux objets innommés : cages à poulets, paniers de bois, deux sièges, puisqu'il faut tout avouer, bourrés de paille, drapés d’une toile à carreau : c’est là le cacolet.

« A côté de cette bête si pauvrement équipée, court une femme. Elle était autrefois jeune, fraîche, agaçante; elle avait un joli nom : Gracieuse ou Mariannelle ; elle est vieille aujourd'hui, et son nom jure; le cacolet se meurt et la cacoletière ne se renouvelle pas ! elle porte d’une main un fouet pour réveiller les ardeurs endormies de sa bête, de l’autre main une branche garnie de feuilles, pour défendre Brillant (c'était son nom jadis) des piqûres des taons.

« Ainsi dressé, monté, conduit, le cacolet servait, il y a des années, à tous les transports dans la moûtagne et sur les sables. Avant qu’une route solide ne se fût ouverte entre Bayonne et Biarritz, le cacolet, aujourd’hui chassé de son empire parlant d’appareils roulants, conduisait doucement à la mer les curieux et les rares baigneurs.

« A la Porte d’Espagne, Gracieuse, appuyée sur la croupe sèche de son cheval, vous criait : U cacoulet, moussu ? vous acceptiez de la tête; l’animal était conduit entre deux bornes , vous vous bissiez sur un panier, Gracieuse s’élançait sur le second, prenant avec elle un pavé on deux pour compléter son poids, inférieur au vôtre. Puis :Anem, pariim, Brillant, per mm proumena aou coustat de le ma! et Brillant s’en allait pas à pas, balançant sur son dos cette étrange machine ; portant, les jambes pendantes, le dos sans appui, le promeneur et la jolie fille d’Anglet.... Et si le voyageur, séduit parle minois de Gracieuse, par son sourire agaçant, risque un propos trop hardi ou se permet une tentative audacieuse, la jolie fille glisse doucement de son siège, laissant glisser l’édilicesans contrepoids et rouler dans la poussière l’entreprenant voyageur. »

Hotels de Biarritz : des Princes ; des Ambassadeurs ; Monhau; Dumont, tous très-bien tenus, et cuisine excellente.

Restaurateurs : au Port-Vieux ; à la Côte du Moulin : dîners comfortables de 3 à 6 fr.

Pendant la saison des bains, presque toutes les maisons de ce village coquet sont a la disposition des étrangers, ses habitants en font une spéculation ; à moins donc d’un cou-

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