‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 45 sur 226 · GO · texte numérisé non relu

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PVKÉNÉES.— ROUTE 3.

PROMENADES ET EXCURSIONS

1° A la Tréplerie mécanique de Soeur, 4 kilom. de Sainl- Christau.

2° A la Hourcade, colline d’oii l’on découvre Oloron, Sainte-Marie, la vallée d’Aspe et celle de Barelous.

3° Ascension du mont Binet. — Celte ascension, si on la fait à pied, demande environ 2 heures. Du sommet, vue délicieuse sur les vallées d'Aspe, d'Ossau et de Barelous, ainsi que sur les plaines de la Soûle et du Béarn. — 11 faut redescendre en suivant le cours du Lourleau (3/4 d’heure). — On admire, au bas de la montagne, un pont de rochers jeté par la nature sur un torrent qui sort d'un abîme.

4° Vallée d’Ossau. — Cette excursion demande environ B heures à cheval, aller et retour. — On va jusqu’à Bielle en suivant le vallon de Sainl-Chrislau.

Bielle est l’ancienne capitale de toute la vallée. Véijlise de ce village passe pour être la plus belle de toutes celles de ce district: on y remarque quatre colonnes de marbre, que Henri IV admirait tant, qu’il finit par les demander aux habitants, qui lui firent cette réponse ingénieuse : « Nos cœurs et nos biens sont à vous, disposez-en à votre volonté; quant aux colonnes, elles appartiennent à Dieu, entendezvous en avec lui. » Si l’histoire est vraie, les colonnes n’auraient pu frapper l’imagination de Henri que pendant son enfance, lorsqu’il parcourait ses montagnes natales, tant ces colonnes sont médiocres.

o» 1 allée de Barétons. — On longe la base du pic d'.lsdsp, ei l’on arrive à Ar/nos, village oii se voit encore remplacement d’un camp construit, dit-on, par les Maures. — Non loin de la Luvenlagne, montagne, se trouvent les ruines de plusieurs châteaux mauresques. — Au village d’j4ramits se voit une maison, dite maison Vallée, de la même époque. — Ou peut revenir par Oloron. — Durée de l’excursion, 6 heures au plus.

Vallée d'AspeK — Une journée suffit à la rigueur pour

1 Nous empruntons cet article à l'excellent ouvrage intitulé Manuel indicateur de l'Etranger aux Etablissements thermaux des Pyrénées, 1vol. in-! 8, à Pau, chez Vignancour.

BIELLE. — VALLÉE Ü'ASPE. <<>1

parcourir la vallée d’Aspc, aller jusqu’à Urdos, le dernier village de France, et revenir à Saint-Chrislau. Mais celle vallée, une des moins commues et des plus intéressantes des Pyrénées, vaut la peine d’être vue autrement qu’à la course. Deux et même trois jours ne sont pas trop longs pour visiter les beautés naturelles qu’elle renferme.

En sortant de Saint-Christau, vous passez à Lurbc: quelques restes d’une tourelle presque écroulée rappellent l’existence du château de-ce nom, appartenant à iipe noble famille du Béarn ; — le paysage devient de plus en plus sauvage. dominé des deux côtés par des montagnes qui tantôt s’éloignent et tantôt se rapprochent, pour ne laisser au voyageur qu’un étroit délilé. A droite, le rocher est le plus souvent taillé à pic : la rouie suit les sinuosités du gave, qu’on aperçoit coulant au fond d'un ravin, à plusieurs centaines de pieds de profondeur; entin, la vue plonge dans la vallée, et la Pêne d’Esquit, semblable à une gigantesque muraille, borne les regards à l’horizon.

Avant d’enlrer à tacot, vous passez le gave sur un pont fort étroit; remarquez à votre gauche, sur la Pêne d'Escot, une. inscription latine qui vous apprend que le Duumvir Valerius Vernus a par deux fois réparé cette voie, taillée dans le roc par Jules César.

Le village d’Escot, possède des eaux minérales dont Bordcu a parlé avec éloge, et qui ne sont fréquentées que par les paysans des environs; on y remarque une source qui sort du rocher, au-dessous de la route, assez abondante pour alimenter tout d’abord une papeterie et un moulin a farine; — vous passez à Sarrance , lieu de pèlerinage Tameux dans toute la contrée, ancien couvent de Prémonlrés. La Vierge de Sarrance, célèbre par ses miracles, attire, le 15 août, une foule de pèlerins. Louis XI, quand il visita le Béarn, alla faire ses dévotions aux piedsde la madone vénérée.

« Après Sarrance, la gorge se resserre de nouveau; on dirait que ce délilé va se prolonger ainsi pendant des lieues entières, et l’œil fatigué ne rencontre de tous côtés que des roches qui bornent l’horizon. Tout à coup, les montagnes s’entr ouvrent, la vallée s’arrondit, et du haut d’une éminence le voyageur admire un ravissant panorama. On ne peut rien imaginer de plus gracieux ni de plus riant que l'aspect de celte charmante oasis. »

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Le délicieux bassin de Redanis est occupé par d’importants villages, Bedous, Accous (Aspa Luca, d’après l'itinéraire d'Antonin), Orcun, Jouers, Lées, Allias et Osse, groupés dans ce vallon, qu’il faut voir et non pas décrire. — Visitez, près d’Accous , patrie de Despourrins, la colonne élevée, il y a peu d’années, au poète béarnais. — Entre Bedous et Accous, se trouvent deux sources minérales dont l’une, celle de Suberlachr , mentionnée par Hordeu. « Cette eau, dit le célèbre médecin, est tiède, soufrée, ferrugineuse et très-recommandable par les cures qu’elle a laites dans les maladies externes et internes, pour les rhumatismes, (tour l’estomac et pour toute sorte d’affections chroniques où il est besoin de réparer le baume naturel du sang, son huile, sa lymphe, etc. » Les bains de Suberlaché, qui étaient en fort mauvais état, ont été réparés depuis quelque temps. — Près d’Accous, remarquez un sentier de chèvre, qui conduit à Aydius, petit village perché dans la région des sapins, au milieu des nuages; d’Avdiuson peut peut passer en deux ou trois heures dans la vallée d’Ossau, vis à-vis de Laruns, mais en suivant un chemin souvent très-difficile.

* En sortant de Bedous, la vallée se resserre, les montagnes se rapprochent, la Pêne d'Esquil se dresse comme un rempart infranchissable. Entre deux pics nus et décharnés, qui, des deux côtés, surplombent la route creusée dans le roc, le torrent impétueux et blanchi d’écume s’est frayé une roule malgré tous les obstacles. Sur le gave, dont les eaux bouillonnantes minent chaque jour ses piles de pierre, le pont d’Esquil s’élance avec hardiesse. À droite, une montagne escarpée, revêtue de quelques fougères pourprées; à gauche, le roc se recourbe en voûte au-dessus du chemin, laissant Botter au-dessus de votre tête les magnifiques panaches de la saxifrage qui croît çà et là dans ses fentes. Quelques rares rayons de lumière qui arrivent au fond de la gorge, après s’élre heurtés aux angles de la montagne, éclairent à peine d’une lueur douteuse celle scène imposante et grandiose. »

A 4 kilom. environ du pont d'Esquil, sur la droite, on rencontre un pont jeté sur un torrent tributaire du gave, (’.e pont conduit à la route de Lescun , village situé au liant d’une montagne escarpée , qu’il faut gravir presque à pic pour y arriver. Lescun, une des douze baronnies du Béarn,

VALLÉE D’ASPE.— URDOS. 1f>3

a été, en 179i, le théâtre d’un fait d’armes des plus glorieux. Le guide (pie vous aurez pris à Bedons vous racontera comment les compagnies franches de la vallée à'Aspe repoussèrent eu ce lieu l’agression de l’armée espagnole qui envahissait nos frontières. C’est par Lescun qu’il faut passer quand on va entreprendre 1 ascension si dilticilc du l'ic <i Anie, qu’une demoiselle de la vallée, Mlle Armance Lassalle, a exécutée en 183G. Cette seule ascension ne. demande pas moins d’une journée entière. Toutefois, le magnifique spectacle dont on jouit au sommet du pic, surtout si on y arrive avant le lever du soleil, dédommage amplement le voyageur des fatigues qu il a subies et du temps qu il a sacrifié.

Beaucoup de touristes se dispensent de visiter Lescun et de gravir le pic d’Anie; mais il n en est aucun qui ne se détourne pour aller admirer la magnifique cascade de Lescun. Du pont à la cascade, il n’y a guère plus de 3/4 d’heure de chemin. Peu de chutes d’eau dans les Pyrénées sont comparables à celle-là pour le volume, la hardiesse et la majesté.

Après avoir vu la cascade, il faut revenir sur la grande route, dépasser le village d ’Ef/gun et se retourner pour observer du côté de Lescun un site de prairies entremêlées de bosquets, relevé par des crêtes de rocher inaccesssibles. — Plus loin, retournez-vous encore et observez au-dessus d’Eygun le village de Cette, se présentant sur la rampe de la montagne en ligne horizontale, bordant des terres surmontées de pâturages et de bosquets. — Le village d 'Etsaut vient ensuite; il est parallèle à celui de /force . paraissant à une grande élévation sur l’autre rive. La construction de ces villages parait remonter au moyen âge. Remarquez à Etsaul, incrustées dans la façade "d’une maison de date assez récente, des pierres marquées de caractères arabes. — - D Etsaut à Urdos, on traverse le gave sur le pont de Sedé, au pied de l’ancien chemin de la Mâture. La route est tracée dans un défilé étroit et resserré, que surplombent deux montagnes taillées à pic : à gauche, se dresse un rocher couronné par une plate forme qui domine la gorge et qui est inabordable de tout côté. C’est là que s’élèvent les constructions encore inachevées du fort d’Urdos, que vous ne sauriez manquer de visiter. Deux compagnies du génie militaire et un grand

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nombre d’ouvriers du pays y travaillent depuis plusieurs

années pendant la belle saison.

l'rdos est un triste village, enseveli sous la neige pendant la moitié de l’année.

Arrêtez-vous à Urdos pour dîner ; allez ensuite visiter les ruines du Lazaret, établi en 1823, lors du cordon sanitaire; poussez, si vous voulez, jusqu'aux forges de M. d’Abel, et revenez coucher à Bedons, en suivant, sans vous arrêter cette fois, la roule que vous avez déjà parcourue.

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