DK PARIS A PAU.— PAU
a devant soi le Pic du Midi, ce géant solitaire des montagnes et celte noble ville de Pau qui a donné le jour à deux rois. »
C’est à l’aspect de ce tableau magnifique, c’est en respirant l’air embaumé que vous envoie la riche llore des Pyrénées, que vous entrez dans la ville de Pau.
Pau. — Hôtels : Motel de France, tenu par Gardères, place Royale; hôtel de l’Europe, tenu par Pellannc, vis-à-vis de la préfecture; hôtel de la Daurade, tenu par Mmc Simonnet, rue de la Préfecture; hôtel de la Poste, chez Cordes, place Gramraonl; hôtel des Voyageurs , chez Lahorre, à la Basse-Plante; hôtel de la Pomme d'Or, chez Gardères père, rue Nouvelle-Halle.
Restaurateurs : Manet, place Graminont; Bernis, rue de la \ ieille-Halle ; Saint-Gaz, rue Tran.
Cafés : Café Henri IV, place Royale; café National, même place; café de la Comédie, place Grammont.
On recommande au gourmet le vin de Jurançon.
Pau (Basses-Pyrénees) (Palum) — 17,000 hab. — Cette ville , ancienne capitale du Béarn, aujourd’hui chef-lieu du département des Basses-Pyrénées, avec préfecture, tribunaux, académie, lycée, dépôt impérial d’étalons, bibliothèque de 1 8,000 volumes, est considérée comme le centre des établissements thermaux, et le point de départ le plus favorable pour les excursions des touristes et des baigneurs dans les Basses-Pyrénées.
Celte ville, dont la fondation remonte au xie sièle, n’en est pas moins jolie, assez bien percée et possède plusieurs beaux édifices. Sa situation est des plus pittoresques; elle s’élève sur un plateau qui domine la riante vallée qu’arrose le Gave de Pau. les sites qui l'environnent et les nobles et majestueuses Pyrénées qui s’élèvent orgueilleusement vers le midi, offrent un magnifique panorama qu’on ne se lasse point d’admirer. Le premier objet que l’étranger doit visiter en arrivant à Pau, est son antique château où naquit le Béarnais, roi dont la mémoire est si chère à la France, et si populaire, non-seulement pour tout le bien qu’il fit, mais encore pour celui qu’il voulait faire.
Château de Henri IV. — Ce château, de forme et de construction irrégulières, est situé sur une éminence à l’extrémité ouest de la ville, d’où la vue est vraiment admi-
GjX PYRÉNÉES. — ROUTE 6.
table. Ce berceau de Henri IV occupe un terrain inégal de plus de 160 mètres de longueur sur GO mètres environ de largeur; il est entouré de tous côtés par un fossé profond, par une des branches du Gave, et par le joli ruisseau le Hèdas. On y arrive aujourd'hui par un pont étroit, et après avoir passé sous la longue voûte de la Chancellerie , vous entrez dans une cour de forme irrégulière; là, vous vous arrêtez, et un sentiment de respect remplit votre âme en contemplant ces anciens murs qui ont abrité tant de têtes royales.
Ce vénérable édifice, que des mains vandales avaient mutilé en 93, sans respect pour l'histoire, sans respect pour les arts, était eu voie de réparation pendant la dernière année du règne de Louis-Philippe. Les appartements du roi et de la reine sont entièrement terminés; les meubles si curieux de l'époque ont été conservés et réparés à grauds frais; les objets qu’on remarque avec le plus d’intérêt sont/e berceau (le Henri IV, formé d’une écaille de tortue: on aperçoit encore dans l'intérieur de celt e coquille des fragments d’une inscription qui y avait été autrefois collée, ainsi conçue :
« Henri le Grand naquit dans celte chambre, entre minuit et une heure, du 13 au 14 décembre 1553; il fut baptisé par le cardinal d’Armagnac. Les rois de France et de Navarre furent ses parrains, une coquille de tortue fut son berceau, et Suzanne de Bourbon sa gouvernante, qui eut l’ordre de l’élever au château de Coarraze, en simple particulier. Là, allant souvent tête et pieds nus, son corps fut préparé à la vie dure et pénible de la guerre. Il prit 200 places sur la Ligue, se trouva à GO combats, commanda en 3 batailles rangées, constamment le premier à la charge et le dernier dans la retraite, toujours inférieur et toujours victorieux.
« Ce héros fut plus grand par la bonté de son cœur pour ses sujets, que par l’éclat de la victoire sur ses ennemis. Un monstre infernal ravit à la France, le 14 mai 1610, son bonheur et ses délices; aux monarques de l’univers le modèle des princes, et à l’Europe celui qui en aurait fait une même famille. »
Les autres objets remarquables sont le lit dans lequel ce prince est mort, et celui de Jeanne d’Albret, mère de Henri IV. La statue en marbre blanc de ce bon roi, qui date de son règne; de magnifiques tapisseries des Gobelins; des