LES EAUX-CHAUDES.— VALLÉE D’ASPE
Troisième route. — Moins fréquentée que les deux précédentes, elle olIVe aussi moins de charme. On passe par Bielle et B il Itère*; [>uis on gravit le mont Benou, au sommet duquel sont de vastes et fertiles pâturages qui nourrissent de nombreux bestiaux, richesse des habitants de la vallée.
— En descendant pour retourner aux Eaux-Chaudes, on passe par Escot, village sans importance, où l’on peut se reposer un instant. De ce point, on peut également aller aux Eaux-Bounes.
Durée de l’excursion, une journée.
Par les trois routes que nous venons de décrire rapidement, on peut, avec un égal avantage, visiter la vallée d’Aspe, visite qui exige aussi un jour.
Marbrières de Gabas. — Ces carrières de marbre, situées à 12 kil. euviron des Eaux-Cliaudes, à l’entrée du vallon de Brousset, furent découvertes en 1842, et sont exploitées par MM. Cazaux et Fabrége, de Laruns. Le marbre qu’elles renferment, d’un grain lin etsaccharoïde, peut être employé avec succès pour l’architecture; plusieurs essais heureux ont déjà été tentés, notamment dans l’érection du piédestal de la statue de Henri IV, à Pau, et dans la construction du Palais-de-Justice de la même ville. Tout fait espérer que, d’ici à quelques années, l’ exploitation de cette industrie nouvelle pourra prendre un certain développement, surtout si le gouvernement et l’administration locale lui viennent en aide. — Celte intéressante excursion demande deux heures au plus en voilure, et une heure et demie à cheval.
Bains de Panticosa (Espagne). — Cette excursion, fort intéressante, mais fatigante, ne demande pas moins de trois à quatre jours, et ne doit être entreprise que par des tempéraments robustes — La route se fait alternativement à pied et à cheval, selon les difticullés du chemin.
Un guide est nécessaire.
11 faut partir des Eaux-Chaudes de très-grand malin, aller sans s’arrêter jusqu'à Gabas, s'y reposer quelques minutes et pousser jusqu’à la Case de Jl roussette , où vous déjeunerez frugalement à moins que vous n’ayez emporté des provisions.
— Bientôt on atteint le port d’Anéoi , par où l’on entre en Espagne. A partir de ce point, le chemin devient plus facile jusqu’à Salient, joli village d'Aragonais, dont l’église mérite une visite.
De Salient, pour atteindre Panticosa, le chemin redevient un peu plus difficile; on traverse plusieurs villages et la pittoresque vallée de Thène, six heures environ de marche depuis Anéou.
Du village de Panticosa aux Mains, il faut au moins une heure et demie. — La route olfre de grandes difficultés et quelque danger. On arrive aux bains par un sentier escarpé pratiqué dans une gorge effrayante, et qui longe un torrent. De sombres rochers qui surplombent donnent à ce chemin, nommé dans le pavse/ Escalar (l’Escalier), un aspect redoutable.
De même qu’après avoir franchi les Alpes, l’œil ébloui découvre tout à coup les splendides plaines de l’Italie, de même ici , à peine avez-vous atteint l’extrémité de cette gorge affreuse , qu’apparaissent il vos regards enchantés l’établissement des bains et le riant paysage qui les entoure.
L’établissement des bains de Panticosa est situé sur les bords du lac du même nom. Il n’offre, par lui-même, rien de bien curieux, et naturellement il n’est fréquenté que par les étrangers. — Le charme de l’excursion gît plutôt dans les beautés sauvages de la route, dans celles du lac, entin dans l’attrait qui s’attache toujours à l'étude des mœurs et costumes d’un peuple étranger, que dans la vue de l'établissement lui-même.
Nous dirons seulement que les bains de Panticosa sont efficaces pour la guérison des dartres , des maladies de l’estomac et du foie : elles sont très-fréquentées chaque année par un grand nombre de malades.
Le bourg de Panticosa possède une église remarquable et richement ornée , comme toutes les églises espagnoles. Les maisons portent le type de l’architecture mauresque, et forment un contraste frappant avec le caractère des constructions françaises.
Avant de quitter Panticosa, ne pas oublier de se faire servirune tasse de ce chocolat espagnol si renommé, accompagné du verre d’eau dans lequel trempe le boludo, espèce de biscuit qui s'évanouit dans les doigts lorsque vous voulez le saisir. — J’avoue que je préfère infiniment le chocolat français, et surtout celui fabriqué par Marquis.
On revient par Cauterels.
LES EAUX-CHAUDES. — LAC D’Al'LE. 2ll Route pour le retour.
De Panticosa au Marcadau I h. 3/i
Aux cabanes de Marcadau 2 1/2
Au pont d’Espagne I 3/4
A Cauterels 3 1/2
A Argelèz 2 1/4
A Arrens 3 1/2
A Arbéost 2 1/4
Au col de Toi le 3 1/2
Aux Eaux-Bonnes 3 1/2
Des Eaux-Bonnes aux Eaux-Chaudes (V. p. 212.)
Cette excursion, l’une des plus fatigantes des Pyrénées, exige de fréquents repos et un séjour de vingt-quatre heures à Caulerets. Elle demande trois jours, et ne doit être permise qu’aux personnes bien portantes qui ne sont point venues aux eaux pour raison de santé.
De Panticosa au port de Marcadau, le chemin se fait à pied.
Du pont d'Espagne a Cauterels on voit la chute célèbre du pont d’Espagne, et la belle cascade du Cerizet.
Le plus grand nombre des touristes reculent devant les fatigues de celte excursion, et reviennent des bains de Panticosa par la même roule qu’ils ont prise en allant.
La case de Broussette. — La case de Broussette est construite sur la route d’Espagne, dans un site des plus sauvages; elle fut fondée par la commune de Laruns, pour servir de refuge aux voyageurs pendant la saison des neiges et pour les abriter jusqu’à ce que les chemins deviennent praticables. — Cette course demande neuf à dix heures en tout et se fait à cheval.
Le lac d’Aule. — On va jusqu’à Gabas, et prenant à droite on atteint le vallon de Bious-Artigues, d’où l’on découvre en entier le pic du Midi. Cette vue est de toute beauté. — Parvenu au plateau de Bious-Artigues, on se rend à pied au cirque de Bious-Vermielte, où existait autrefois un lac. Les forêts séculaires et les pics dénudés qui entourent ce lieu sauvage forment un paysage d’un sombre aspect et de l'effet le plus grandiose. — De ce point, prenant à droite, on parvient au lac en moins de deux heures ; puis, si l’on veut jouir de la vue des montagnes, il faut gravir les rochers qui dominent le lac.
i\2 PYRÉNÉES.— ROUTE 9.
Le retour se fait par le même chemin ou, pour varier, par les pâturages de Gazie.
Cette excursion est pénible et 11e demande pas moins d’un jour. — Un guide est nécessaire.