F HAN CE
n’a conservé que quelques-unes des reliques qu’il possédait.
Saint-Aignan , fondée sous le règne des fils de Constantin , a été plusieurs fois rebâtie. Louis XI, Charles VIII et Louis XII ont élevé l’édifice actuel, mutilé pendant les guerres de religion et pendant la Révolution ; on travaille à sa restauration. Saint-Aignan renferme, dans une châsse de bois doré et sculpté, les reliques du saint auquel elle est consacrée. La partie la plus ancienne est la crypte , qui présente dans son ensemble lin chœur à abside circulaire, une galerie collatérale qui l’enveloppe et cinq chapelfes rayonnantes. — Saint-Euverte, fondée au ivc siècle, rasée pendant le siège de 1428, rebâtie depuis, vient d’être rendue au culte. On remarque èncore à Orléans : les églises Noire -Dame 'de Recouvrànce, inaugurée en 1519; Saint-Pierre le Puellier, la plus Ancienne des églises de la ville; la crypte de l’église Saiht-Avit, construite par Childebert ( l’église a été démolie au xvi'. siècle) ; les boiseries de la chapelle du grand séminaire.
L’hàtel de ville ou hôtel de là mairie, bel édifice construit en 1530.
dans le style de la Renaissance, est l’ancien lïôtel île Jacques Groslot, bailli d’Orléans,;, il a été restauré de 1850 à 1854. Au-dessous du perron, orné de délicates arabesques , et entre ses deux rampes, on a placé (1841) une reproduction en bronze de la statue de Jeanne d’Arc, exécutée en marbre par la princesse Marie, fille de Louis-Philippe. L’intérieur mérite une visite (s’adresser au concierge).; on y voit : dans une salle inoccupée, une statuette équestre en bronze de Jeanne d’Arc, œuvre remarquable, mais peu connue, de la princesse Marie; la salle où Marie Stuart vit mourir François II, et le grand salon de réception. — L’ancien hôtel de ville, achevé en 1498, renferme le musée d’Orléans fondé en 1825. Cette collection, ouverte les dimanches et les jeudis de midi à quatre heures, possède des tableaux de Philippe de Champagne, Teniers, I.uca Giordano, Bassan, Gérard, Anligna , des statues de Roguet et de Pradier, et des antiquités remarquables.
— Le lycée , de construction moderne , est décoré à l’entrée des statues de Charlemagne et de François I". — Le théâtre est établi dans une ancienne église. — Le palais de justiàe a été construit de 1821 à 1824; la prison qui l’avoisine est considérée comme une dés plus sûres et des plus saines de France.— VMpital général, qui acoùté lusieurs millions, est un dés plus eaux établissements de ce genre que possède la France. ’ *
Les étrangers visitefont en outre avec intérêt : la maison de Diane de Poitiers, rue Neuve , la maison d’Agnès Sorel, rue du Tabourg, nu 15, celle de Jeanne d’Arc, même rue, 45, celle de François Itr , rue Recouvrance (cette dernière a été terminée en 1550); enfin; lés deux statues élevées par la ville d’Orléans à Jeanne d’Arc. La première fut inaugurée efi 1804 sur la place du Martroy; elle est de- M. Gçis fils. La seconde , par M. Foyatier (statue équestre), a remplacé celle de M. Gois, reléguée sur l’autre rive de la Loire; la statue a 4 mèt. 33 c.. et l'e piédestal 4 mèt. 66 [c. Elle acoùté 60 000 fr., et les bas-reliefs au nombre de 14, qui ornent le piédestal , ont été payés 50 000 fr.
Orléans possède un muséum d’histoire naturelle, un jardin botanique et une bibliothèque de 33 00Q vol. et 486 man. , •
■ On peut d’Orléans aller .visiter la curieuse source du Loiret , située à 8 kil. seulement de la ville.
D’Orléans à Vierzon, Bourges, Limoges, Clermont, voir R. 79.
129 kil. La Chapelle-Saint-Mcsmin .
v. de 1450 h., qui possède, outre une église remarquable par son antiquité, des ruines de l’abbaye de Saint-Mesmin.
135 kil. Saint- Ay-tur-Loire , v. de 1200 h., station d’où l’on peut aller à !%otre I>«nie ile cléry , V. de 2700 h. , dont la belle église gothique renferme le tombeau de Louis XI.
141 kil. Meung, V. de 5065 h., située sur la rivière des Trois-Mauves. On y remarque l’église romane de Saint-Liphard (beau portail).
149 kil. Beaugene>,V. de 5072 h. ,
jadis fortifiée, et dans laquelle se tiennent sept foires annuelles, il ne lui reste de son vieux château fort, incendié en 1568, qu’une tour massive, qui avait autrefois 42 met. de hauteur et qu’on appelle à tort la tour de César, car elle n’est pas de construction romaine. L’hôtel de ville date de 1525. Un pont de 26 arches y unit les deux rives de la Loire. Sur la rive opposée est situé le v. de Lailly, qui renferme le tombeau de Condillac.
On traverse le ruisseau les Mauves sur un viaduc de 25 arches, long de 290 met. Plus loin est le viaduc de Travers, qui a 12 arches et 165 mèt.
de long.
161 kil. Mer (hôt. : de la Croix-Verte et du Commerce), V. de 3965 h., n’a de remarquable que le ■ piocher de son église (style gothique flamboyant).
On y trouve des voitures poür Chambord.
171 kil. Menars, v. de 600 h. Dans le beau château qu’y fit bâtir Mme de Pompadour et qui appartient à M. de Chimay, M. Ficnet a fondé une école professionnelle.
180 kil. Blola (buffet à la gare, hôt. : d’Angleterre , de Blois) , V. de 17 749 h., bâtie en amphithéâtre sur une colline escarpée au pied de laquelle coule la Loire, est aujourd’hui le chef-lieu du départ, du- Loir-et-Cher, et le siège d’un évêché suffragant de Paris. On vient surtout y visiter un magnifique château royal, dont les constructions actuelles, commencée^ au xir siècle , furent augmentées par Louis XII, François I" (façade nord), et Gaston d’Orléans. Ce dernier, qui fit élever la façade de l’ouest sur les dessins de Mansart, avait, conçu le projet de reconstruire tout le château dans ce style. Heureusement il mourut avant d’avoir réalisé ce caprice.
"Mutilé pendant la Révolution, le château de Blois a été un des premiers édifices classés parmi les monuments historiques. En effet il a été le théâtre d’un grand nombre d’événements mémorables de notre histoire. Il fut habité tour à tour par Valentine de * Milan, qui y apprit la mort de. son époux; par le trouvère Charles d’Orléans, le fils aîné du duc d’Orléans
assassiné par le duc de Bourgogne, qui en fit une sorte de cour galante, où accoururent de tous les pays les ménestrels, les jongleurs et les poètes; et par le roi Louis XII, fils de Charles d’Orléans, qui y naquiten 1462, etqui y reçut en 1510 Machiavel, envoyé de la République florentine. Charles-Quint s’y arrêta en 1539. Henri III, qui avait rassemblé à Blois les Etats généraux de 1576, s’y déclara chef de la Ligue, et y promulgua l’édit connu sous le nom d'édit de Blois. Le 23 octobre 1588 . le duc de Guise y fut assassiné par Henri III. Marie de Médicis, qui ,y avait trouvé une prison au lieu d’une retraite, s’en évada en 1619. Louis XIV y vit, dit-bn, pour la première fois Mlle de La Vallière. Les travaux de restauration, si habilement dirigés depuis 1845 par M. Duban, ne sont pas encore achevés. On remarquera : le corps de bâtiment construit sous Louis XII"; c’est celui par lequel on entre; la façade extérieure est de 1501; la chapelle Saint-Cajais, bâtie par le même roi , et à laquelle le génie militaire a retranché deux travées et sa façade: la salle des Etats de Blois (20 met. de longueur sur 40 de largeur); l’aile, de François I", terminée vers 1518, et renfermant, au 1er étage : les salles des gardes, le cabinet de toilette et lâ chambre à coucher de Catherine de Médicis; au 2* étage : les salles des gardes, le cabin^ du roi, où Henri III se tint enfermé pendant l’assassinat du duc de Guise, le cabinet où Guise reçut les premiers coups, la chambre à coucher du roi, dans laquelle le duc de Guise vint mourir; dans la tour des Moulins, la prison où fut enfermé et assassiné le cardinal de Lorraine; dans les combles :
un musée, plus que pauvre. Le château de Blois est visible tous les jours pour les étrangers (moyennant un pourboire).
La cathédrale de Blois a été fondée en 1016, et rebâtie en 1678. Le calots épiscopal, construit par Colbert, fut la retraite de Marie-Louise, en 1815.
Les autres églises sont celles de Saint - Laumer ou Saint-Nicolas, d’architecture romane", l’église de Saint-V,incent de Paul, et la chapelle du grand
Dii
FRANCE
séminaire. On peut visiter encore à Blois : la fontaine de Louis XII, la préfecture (1830), la halle au blé, l’asile des aliénés, la tour Beauvoir, les hôtels d’Alluye , Denis-du-Pont, d’Amboise, de Guise. La bibliothèque compte 23000 vol.
On trouve à Blois dans tous les hôtels des voitures pour (19 kil.) Chambord (hôt. : de Saint-Michel ou du toumc-bride du château). Ce beau château, dont l’architecte est inconnu et qui est si mal situé dans une plaine sans vue, fut commencé par Franois I" (1800 ouvriers y travaillèrent, it-on, pendant 12 ans), continué par Henri II, puis par Charles IX, abandonné par Henri III et par Henri IV ; habité souvent par Louis XIII et par Louis XIV. Ce dernier, qui y donna des fêtes brillantes, et qui y assista aux premières représentations de Pourceaugnac et du Bourgeois gentilhomme, y fit exécuter, pour loger toute sa suite, des travaux qui révoltent aujourd’hui les gens de goût. Le roi Stanislas Leczinski et le maréchal de Saxe, qui y résidèrent tour à tour, y commirent aussi d’affreux dégâts.
La Révolution le laissa debout, mais en vendit le mobilier. Napoléon le donna au prince de Wagram. 11 apartient aujourd’hui au duc de Boréaux (le comte de Chambord), auquel la France en a fait hommage en 1821. Il^avait coûté 1 542 000 fr. à la souscription nationale organisée pour l’acheter. Il forme un carré long de 156 met. sur 117 mèt., dont les angles sont flanqués de quatre grosses tours de 19“, 50 de diamètre. Un second édifice moins grand et flanqué de quatre grosses tours, est entouré en partie par les bâtiments du premier; leurs deux façades se confondent en une seule. Ce qui le caractérise surtout à l’extérieur, c’est le nombre et la variété de ses ornements, qui l’ont fait appeler une fantaisie de pierre. On y remarque à l’intérieur : l’escalier en spirale à double rampe superposée, dont la construction est telle que deux personnes peuvent y monter en même temps, sans -se rencontrer et sans se voir (les dispositions actuelles empêchent de le saisir dans son ensemble); deux cha-
pelles, dont l’une, située dans la tojir de l’ouest, et achevée par llenri II, est bien conservée. On compte dans le château 440 pièces, toutes à cheminées, et 13 grands escaliers montant du rez-de-chaussée aux étages supér rieurs. En 1855 une jolie petite église a été bâtie auprès du château aux frais du comte de Chambord.
190 kil. Chousy, v. de 1460 h.
195 kil. Onsain , V. de 2193 h., d’où l’on aperçoit le château de Chaumont, situé au sommet d’une colline de la rive g. de la Loire. On remarque dans ce château, qui fut habité ar Catherine de Médicis et Diane e Poitiers, et que ses derniers propriétaires ont fait restaurer, la grande galerie, la chambre de Catherine de Médicis, des tapisseries de haute lisse du temps dè Charles VIII, la chambre de la tour , et la chapelle , qui possède de curieux bas-reliefs et des vitraux remarquables. On y jouit d’une belle vue.
207 kil. Limeray-sur-la-Cisse , v. de 1600 h. On aperçoit sur la g. le château de la Hoche, qui a appartenu à Mme des Ursins.
213 kil. Aiubolae, Castrum Ambaciacum , Âmbacia (hôt.: du Lion-d’Or), V. de 4433 h., située sur la rive g.
de la Loire, fondée 60 ans environ av. J. C. , par César qui y bâtit un château, et célèbre surtout par la conspiration de 1560, à laquelle elle a donné son nom. Elle a vu naître, dit-on, Mlle de La Vallière.
Après avoir appartenu d’abord aux comtes d’Anjou, puis aux comtes de Berri , le chateau d’Amboise fut confisqué, en 1434, et réuni à la couronne par Charles VII ; agrandi et embelli par Charles VIII, qui y naquit et qui y mourut, puis par Louis XII, qui préféra toujours Blois; habité souvent par François I", qui y passa une partie de sa jeunesse; abandonné par la cour après le sanglant dénoûment de la conjuration d’Amboise transformé en prison d’Êtat; cédé par Louis XV au duc de Choiseul, racheté à la mort du duc et donné au duc de Penthièvre; confisqué par la Révolution; octroyé sous l’Empire, par Napoléon, à son ancien collègue au consulat Roger Ducos. qui, pour ne pas l’entretenir,
en pt jeter bas une partie et mutila indignement ce qui restait: rendu, après la Restauration, au duc d’Orléans, héritier du duc de Penthièvre; restauré sous le règne de Louis-Philippe , et habité pendant cinq ans par ADd-el-Kader prisonnier. On y visite principalement : la chapelle, dont la façade est ornée d’un curieux bas-relief représentant la chasse de saint Hubert; la grosse tour, haute de 4ümèt.
et dans laquelle charrettes , mulets et litières montent aisément; les salles occupées pendant sa captivité par Abdel-Kader, ses femmes et ses serviteurs; les terrasses d’où l’on découvre de beaux points de vue sur la Loire.
On peut visiter encore à Amboise :
les greniers de César , situés auprès du château et composés de quatre étages souterrains les uns au-dessous des autres, reliés entre eux par un escalier de 120 marches, et destinés à renfermer des grains; la chapelle de Saint-Florentin, près du quai, construite sous Louis XI, et renfermant un curieux monument en terre cuite de Michel Colomb; l’église de Saint-Denis (du xii” siècle) qui appartenait autrefois à la. ville et qui sert maintenant à une commune voisine; l’hôtel de ville, établi en 1852 dans une maison située sur le quai, fondée au xve siècle et jadis nommée le palais ducal.
[On trouve à Amboise des voitures de correspondance pour Bléré, Château- Renaud , Montricnard , Loches et Chenonceaux.
On passe près de la Pagode de Chanteloup (dernier débris du château de ce nom , construit par la princesse des ' Ursins) , et par Bleré en allant d’Amhoise à (17 kil.) Chenonceaux, château construit en 1496 par un architecte inconnu, dans le style de la Renaissance, et situé dans le lit même du Cher. Le connétable de Montmorency en prit possession au nom du roi, en 1535. Après la mort de François Ier qui y venait souvent chasser, Henri II le donna à Diane de Poitiers, qui fit élever la façade de l’est et les arches du pont sur le Cher. Cathe-
rine de Médicis, ayant forcé Diane de Poitiers à l’échanger contre Chaumont, l’embellit et l’agrandit à son tour, puis elle y donna des fêtes brillantes. Après diverses vicissitudes, il eut pour propriétaires M. et Mme Dupin, qui y reçurent les hommes les plus éminents de leur époque. Mme Dupin y mourut en 1799. 11 appartient aujourd’hui au petit-fils de Mine Dupin, M. le comte René de Villeneuve.
Il est, ainsi que le parc, toujours ouvert aux étrangers. On y remarque surtout : le vestibule , ancienne salle à manger; la chapelle du xvi* siècle (tête de Christ attribuée à Michel-Ange); le salon de Catherine de Médicis, avec une cheminée de Jean Goujon; la bibliothèque; la salle du trône; le théâtre, où J. J. Rousseau fit représenter pour la première fois le Devin du village.
A 9 kil. de Chenonceaux se trouve situé Montrlctaard ,V. de 2854 h., qui possède : les ruines d’un château fort, fondé au Xe siècle par Foulques Nerra (un escalier monte jusqu’au sommet du donjon, d’où l’on jouit d’une belle vue sur la vallée du Cher); et une vieille église , dont une partie date du xi* siècle. En face de Montrichard et sur la rive g. du Cher s’élève l'abbaye d’Aiguevives.
39 kil. LochcH (hôt. : de la Tour) est une V. de 5156 h., située sur l’Indre. On y visitera avec intérêt le château, ancienne résidence royale ui a servi de prison d’Etat (beau onjon, oubliettes, cachots); l'église Saint-Ours et le tombeau d’Agnès Sorel. En face de Loches est Beaulieu (hôt.: du Croissant), V. de 2300 h., mii ossède les restes d’une remarquable glise abbatiale.
On peut aussi d’Amboise aller visiter la belle fonderie de Pocd (2 kil.), qui occupe 500 ouvriers.]
219 kil. Noisay, v. de 1200 h.
222 kil. Vernou, v. de 1850 h.
225 kil. Vouvray, V. de 2500 h.
Ses vins blancs sont estimés. Le chemin de fer franchit la Loire sur le beau pont de Montlouis, composé de
FRANCE
12 arches ayant chacune 24”, 80, long de 383 mèt. , et haut de 25 met.
au-dessus des basses eaux.
22G kil. Montlouis, b. de 2166 h., situé sur la Loire. On aperçoit à g. le château de Cangé; puis on traverse la partie du canal du Berri qui réunit la Loire au Cher.
236 kil. Tours, JJrbs Turonum (buffet à la gare; hôt. : de l’Univers, rès de la gare, du Faisan, de Lonres, de la Boule-d’Or, de Bordeaux, de la Poste), V. de 38055 h. (elle en a possédé jusqu’à 80000 avant la révocation de l’édit de Nantes), située sur la rive g. de la Loire, entre la Loire et le Cher, est aujourd’hui le cheflieu du dép. d’Indre*et-Loire, le siège d'un archevêché, de l’un des cinq grands commandements militaires qui ont été créés en 1858, et d’une division militaire. Elle a vu naître le peintre Robert Pinaigrier, le graveur Bosse , les poètes Grécourt et Destouches. Ses fabriques d’étoffes de soie, de passementeries et de rubans, sont importantes; ses fruits secs et ses pruneaux renommés.
La cathédrale, autrefois consacrée à saint Maurice, aujourd’hui à saint Gratien, et dont la reconstruction a duré 377 ans (de 1170 à 1547), offre des spécimens du style romano-byzantin et du style ogival à leurs différentes phases; ses tours, ciselées comnie des pièces d’orfèvrerie , ont l’une 69 , l’autre 70 mèt. d’élévation. Le portail, récemment restauré et décoré de statues, est surmonté d’une rose flamboyante', ornée de vitraux du xv' siècle. Le vaisseau a 29 mèt. de hauteur. On remarue surtout à l’intérieur : les tombeaux es fils de Charles VIII et d’Anne de Bretagne. — L’archeréché , situé à côté de la cathédrale , date du iv" siècle ; il fut habité par saint Martin et saint Grégoire.— L’ég lise abbatiale de Saint- Julien , fondée par Clovis en 509 , a été rebâtie après l’an 1224, dans le style ogival le plus pur. — L’église Notre- Dame la Riche, de 1570, est à demi ruinée à l’extérieur. — L’église de Saint- Clément , de style ogival flamboyant, possède un beau portail. — L’église de Saint - Symphorien , du Xit' siècle, a un curieux portail de la
Renaissance. Tours, qui a possédé 15 églises, a conservé, entre autres débris de ces édifices : la tour Charlemagne et la tour de l’horloge, restes de la riche et célèbre abbaye de Saint- Martin, fondée au v* siècle et détruite au in' par les protestants.
Les principaux édifices civils de Tours sont : l’hôtel de ville , la préfecture, le palais de justice (1840). On peut aussi y visiter : la fontaine du marché, l’hôtel Gouin, 35, rue du Commerce, l’hôtel Gallon, place Foirele-Roi, la maison de Tristan l’Ermite.
— La bibliothèque compte'37 300 vol. et 1200 man., dont quelques-uns fort curieux (heures de Cnarles V et d’Anne de Bretagne). Le musée, peu riche d’ailleurs, possède des tableaux d’Albert Diirer, Rubens, Philippe de Champagne, Claude le Lorrain, Poussin. — La maison Marne (imprimerie, librairie et reliure) , dont les galeries contiennent plus de 2 millions de livres imprimés, et dont les seuls ateliers de reliure occupent 1200 ouvriers, est aussi une des curiosités de Tours.
Excursions de Tours : à Plessis-lez- Tours (10 min.). Il ne reste du célèbre château fort qui fut la résidence favorite de Louis XI , qu'une petite propriété rurale assez mal entretenue ;
— à Marmoulier (2 kil.) , sur la rive dr. de la Loire. De la célèbre abbaye de ce nom, fondée par saint Martin au iv' siècle et plusieurs fois pillée-T il ne reste qu’un portail du xm* siècle, le donjon et deux tourelles; — à Rochecorbon (4 kil.), vallon à l’entrée duquel se voient lès ruines de l’ancien château des Roches et la lanterne, tour carrée de 8 à 10 mèt. de hauteur. Non loin de Rochecorbon, l’escalier de Saint- Georges, composé de 122 marches divisées en. 6 paliers, a été en partie creusé dans le roc; il sert à monter de la partie inférieure de la vallée au sommet du coteau; — à la colonie agricole de Mettray , voir R. 143.
De Toursàvierzon. R. i%3 ; — à Nantes.
R. t36; —au Mans. R. i43; — à Chartres. R. 141.
A Tours1, le chemin de fer se bi-
l. De Tours à Bordeaux, 317 kil. 4 conv. par jour, trajet en 7 h. 10 m. par les trains
furque; l’embrançh. de dr. se dirige sur Nantes, voir R. 136.
On franchit le Cher sur un pont de 6 arches; puis on aperçoit à g. le château de Candé, construit en 1508 : àdr.
celui de la Roche , après avoir traversé dans des tranchées un plateau monotone qui sépare la vallée de la Loire et du Cher de celle de l’Indre, et avant de franchir la vallée de l’Indre sur un magnifique viaduc dont la longueur est de 751 mèt. , et qui se compose de 59 arches de 9 mèt. 80 cent, a’ouverture.
250 kil. Monts, v. de 800 h. , à 8 kil. duquel est Montbason (1180 h.), cheflieu de canton dominé par les ruines de son vieux château.
259 kil. Villeperdue, v. de 800 h.; des omnibus conduisent de cette station (10 kil. pour 40 c.) b. Sainte-Catherine . de Fierbois, où Charles Martel s’arrêta en 732 pour remercier Dieu de sa victoire sur les Sarrasins, et où Jeanne d’Arc (en 1429) envoya chercher, derrière l’autel, l’épée dont elle s’arma pour délivrer la France. L’église gothique de Sainte-Catherine, reconstruite sous Charles VII, attire un grand nombre de pèlerins et d’archéologues!
A 1 kil. de Sainte-Catherine se trouve le château de Comacre, construction moderne, imitation du style du xii' siècle.
270 kil. Sainte-Maure, V. de 2750 h., possède des carrières de pierres dures.
Plus loin, à dr. du beau viaduc, long de 303 mèt. sur lequel on traverse la vallée de la Manse, on voit le château de Brou , flanqué de 9 tours et fondé, par Boucicault. — Voit, de corresp.
pour Richelieu, Ligueil, l’Ilé-Bouchard, Chinon et Saint-Epain. Vlle- Boucmrd, v. de 1706- h.,, situé sur la Vienne, possède, outre la chapelle Saint-Lazare et l’église Saint-Gilles du xi' siècle, dont le portail, le clocher et la flèche méritent la visite des archéologues, les Tuinçs de l’église romane de Saint-Léonard et un dolmen fort curieux.
282 kil. Port-de-Pilei , v. de 250 h.,
express, en 12 h. environ par les trains omnibus. ir« cl. 38 fr. 85 c.; 2' cl. 2» fr. 10 c.; 3* cl. 21 fr. 40 c.
station où l’on trouve des voit, de corresp. menant à Preuilly par : La Haye Descartes (9 kil. ),' bourg de 1700 h. , situé sur la Creuse; patrie de Descartes, qui y naquit en 1596 dans une maison qu*on peut voir encore.
On lui a élevé une statue sur la place principale; etPressigny le Grand, dont le château est maintenant en ruines, l’reultly, v. de 2378 h. possède, outre une église fondée en 1001 et regardée comme un chef-d’œuvre, d’intéressantes ruines du beau château des seigneurs de Preuilly, les premiers barons de la Touraine.
286 kil. Les Ormes, v. de 1705 h.
sur la Vienne , possédait un beau château en partie détruit, qui appartient à la famille* Voyer d’Argenson.
290 kil. Dangé, v. de 800 h., situé sur la Vienne.
297 kil. Ingrandes-sur-Vienne , v. de 900 h.
304 kil. Ch&tcllcrnalt (hôt. : de la Tête-Noire, de l’Espérance), V. de 14 087 h., située sur la Vienne, cheflieu d’arrond. du dép. de ce nom, possède une belle manufacture d’armes à feu et d’armes blanches , des fabriques de coutellerie estimée, d’horlogerie et de dentelle , des carrières de pierres meulières et lithographiques. On y visite l’église Saint-Jacques et l’église Saint-Jean. L’hôtel de ville est un ancien couvent. — Corresp. pour Blanc , Montmorillon, Mirebeau. Après avoir traversé l’Auzon et la Vienne, on remonte la vallée du Clain.
312 kil. Les Barres, ham. situé àpeu de distance de Moussais-la-Bataille , où Charles Martel remporta en 732 sur les Sarrasins une victoire qui décida du sort de l’Europe.
318 kil. La Tricherie , ham. de 250 h.
321 kil. Dissais, v. de 1200 h.
325 kil. Clan, ham.
329 kil. Chasseneuil , v. de 1200 h.
337 kil. l*ottlera, Limonum (buffet à la gare; hôt. : de l’Europe, de France, des Trois- Piliers ), V. de 30 875 h. , située au confluent du Clain et de la Boivre, célèbre dans l’histoire par la bataille qui se livra à 7 kil. de ses murs, et dans laquelle le prince Noir, fils d’Edouard d’Angleterre, dé-
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fit l’armée du roi Jean. Charles VII y fut proclamé roi; Jeanne d’Arc y subit un examen solennel devant le Parlement. Calvin y prêcha la réforme. Elle était autrefois la capitale du Poitou, elle est aujourd’hui le chef-lieu du dép. de la Vienne; elle possède d’importantes fabriques de drap. Ses principaux édifices sont : la cathédrale Saint-Pierre, fondée au ni* siècle et reconstruite en 1162; le temple de Sainl-Jean, monument gallo-romain; l’égliseSainte-Radegonde, qui renferme le tombeau de la sainte et des vitraux remarquables; l’église de Notre-Dame la Grande, beau spécimen d’architecture romano-byzantine; l’église Saint- Porchaire, où l’on voit une Descente de croix par Boucher; l’église collégiale de Saint-Hilaire le Grand, qui remonte, dit-on, au delà du vi* siècle; le palais de justice , ancien palais des comtes de Poitou, bâti, selon certains auteurs, par l’empereur Julien, reconstruit au xi* siècle et au xiv* siècle. On remarque à l’extérieur de cet édifice la façade méridionale de style gothique et le donjon de môme style, flanqué de quatre tours et affreusement mutilé; à l’intérieur, la grande salle des Pas-Perdus, qui a 49 mut.
30 cent, de longueur et 17 mèt. de largeur, et qui rappelle la salle de Westminster (Westminster- Hall) de Londres : la prévôté, monument du xvi' siècle; le musée d’antiquités; la bibliothèque publique (ouverte tous les jours). Elle compte 22 670 vol. et 419 man. On peut visiter un dolmen remarquable dans le faubourg de Saint- Saturnin; mais les restes d’un amphithéâtre romain qui pouvait contenir jusqu’à 52 000 spectateurs, ont été récemment abattus. Le parc de Blossac est une belle promenade, située dans la partie haute ae la ville. On y découvre une belle vue.
De Poitiers à Moulins. R. 88 ; — à Limoges. R. 88 et 97; — à la Rochelle. R. «32 ; — à Rochefort. R. 133.
Au sortir de Poitiers, on entre dans un tunnel au delà duquel on se retrouve dans la vallée du Clain.
On laisse à dr, , près du village de Saint-Benoit , l’embranchement de la
Rochelle et Rochefort, par Niort, voir R. 132 et 133.
344 kil. Liguai , v. de 650 h. , sur le Clain, possède deùx ohâteaux, une église du xvi* siècle et une tour habitée jadis par Rabelais. On traverse le tunnel des Bracliées (429 mèt. de longueur) avant
356 kil. Vtronne, b. de 2736 h., situé sur la Vonne et le Clain, et qui fait un grand commerce de grains. Il a vu naître la marquise de Rambouillet. On laisse à g. le v. de Voulon, où Clovis, en 507 , défit complètement Alaric, roi des Visigoths. Au delà de Voulon, on traverse la Dive, puis la Bouleur.
371 kil. Couhé-Vérac, b. de 1887 h.
388 kil. Clvray (hflt. : de France et du Chemin-Vert), V. de 2227 h., située sur la Charente, fait un important commerce de grains et bestiaux. .
On y remarque une église du xu* siècle.
403 kil. Rulfee (hôt. : des Ambassadeurs, de la Poste), V. de 3109 h., est renommée pour ses pâtés truffés et ses marrons; ses foires mensuelles sont très-fréquentées. On traverse au delà de Ruffec le -tunnel des Plans, de 500 mèt. de longueur.
412 kil. Moussue.
421 kil. Luxé, v. de 900 h., sur la Charente. Voit, de correspond. pour Mansle (6 kil.), V. de 1860 h., également située sur la Charente, et près de laquelle se voient les restes d’un château, bâti en 1494. On franchit à Luxé la Charente sur un pont de 4 arches de 11 mèt. d’ouverture.
436 kil. Vars, sur la Charente, b.
de 2076 h., produit les vins estimés de l’Ermitage et du Roc de Vars. Correspond. pour Saint-Amand de Boixe, b. de 1720 h., sur la Charente, A moitié chemin de Vars à Angouléme, on laisse à dr. le v. de Balzac. On franchit la Touvre sur un pont de 6 arches avant
450 kil. .tngoDléme (buffet à la gare, hôt. : des Postes), V. de 2281 1 h., située sur un plateau haut de 22 mèt. , au pied duquel coulent la Charente et l’Anguienne, anc. capitale de l’Angoumois, et le chef-lieu du dép. de la Charente. Elle possède des papeteries im-
ortantes, des filatures, des fabriques
ë toiles, des raffineries de sucre. La cathédrale, bâtie par Clovis, a été reconstruite du xn” au xvi” siècle: on la restaure. L’église Saint-Martial a été bâtie de 1852 à 1853. L’évêché a été fondé par Octavien de Saint-Gelais.
Le château, ancienne résidence des comtes d’Angoulême, appartient à plusieurs époques; la grosse tour ronde date du xir siècle. Le palais de justice a été bâti en 1828. La bibliothèque compte 16500 vol. et 38 man. Voit, de correspond, pour Brives, Limoges, Périgueux, la Rochelle, Saint -Jean d’Angely, Rochefort, Royan, Saintes et Tulle.
A 6 kil. d’Angoulême est situé Magnac-sur-Touvre , V. de 980 h., où l’on remarque les trois sources1 de la Touvre, qui a 80 mèt. de large à sa naissance ; tout auprès se trouvent les belles papeteries ae Maumont et de Veuse.
Al kil. de Maumont est le v. de Ruelle, dont le châteaudeMaine-Gagnaud, et surtout la fonderie de canons, méritent la visite des étrangers. A 5 kil.
d’Angoulême, mais dans une autre direction, on trouve la poudrerie de Therouat, qui peut fabriquer plus d’un million de kilog. de poudre par an.
D'Angouléme à Royan. R. 134 ; — à Rochefort. R. 135.
Au sortir d’Angoulême, on traverse dans un tunnel long de 740”, 14, la montagne sur laquelle la ville est bâtie.
457 Kil. La Couronne, b. de 2550 h.
Le château de l’Oisellerie fut construit sous le règne de François I”r. L’église romane date, dit-on, "du vi* siècle. 11 ne reste que de belles ruines de l’ancienne église abbatiale des Augustins, fondée eh 1122.
464 kil. Moutiers, v. de 1639 h., sur la Boëme, possède : une importante papeterie; un château du ix” siècle, souvent rebâti , et restauré en 1 855 ; — le château de la Rochelandry. — et une église romane. A peu de distance on passe sur le viaduc courbe des Couteaubières, long de 303 mèt.
471 kil. Charmant, v. de 824 h., possède Une église du xn” siècle. Au delà on traverse le tunnel de Livernant, de 1471 mèt. de longueur. On
franchit ensuite le Chavenat sur un bel aqueduc.
481 kil. Montmoreau, b. de 640 h. , a conservé une église de style roman fleuri , récemment restaurée ; mais son château n’a plus de caractère.
500 kil. Cnalais (hôt. : des Trois-Colonnes), b. de 654 h., n’a plus à montrer aussi que d’insignifiants débris de son vieux château. On franchit la Tude, puis, au delà de
514 kil. La Roche-Çhalais , b. de 2427 h., laDronne, sur un pont de 5 arches.
531 kil. Contras, V. de 3532 h., sur la Dronne et l’Isle, possède des papeteries, des moulins, et fait un rand commerce de céréales et d’eauxe-vie. On y voit encore quelques débris de son château. En 1587 , Henri IV remporta à Coutras une victoire éclatante sur le duc de Joveuse. On aperçoit de la station le château de Laubardemont.
A Coutras le chemin de fer se bifurque; l’embranch. de g. se dirige sur Périgueux, voir R. 86.
540 kil. Saint-Denis de Piles, b. de 2650 h. , possède une belle église romane. Correspond, pour Guitres.
548 kil. Libourne (hôt.: des Princes, de l’Europe), V. commerç. (vins, eaux-de-vie. bois et céçéales) et indust. (fabriques de clous, corderies, chantiers oe construction) de 13 290 h., située au confluent de l’Isle et de la Dordogne, possède un port commode.
On y remarque : l’église Saint-Jean; l’hôtel de ville; la tour de l’horloge (sur le grand port); le pont suspendu jeté sur l’Isle, et le pont de pierre sur la Dordogne (200 met.) , commencé en 1820, terminé en 1824. On découvre un magnifique panorama au sommet du tertre voisin de Fronsac.
A 8 kil. est Saint-Émilion, V. de 3000 h. , jadis fortifiée et dont les vins sont estimés. On peut y visiter : une église monolithe taillée dans le roc, longue de 32 mèt., large de 14 mèt., et supportée par huit piliers énormes; une curieuse chapelle du xu” siècle; une belle église gothique ; guelques débris des cloîtres des Bénédictins et des Dominicains; des fragments de muraille du moyen âge.
FRANCE
En quittant Libourne, on franchit la Dordogne sur un pont de 9 arches, de 220 mèt. de longueur. On passe ensuite sur le viaduc a’Arveyres (1180 met.).
553 kil. Arveyres, v. de 1400 h., situé sur la Dordogne.
557 kil. Vayres ( Varadetum) , b. de 2000 h., possède un beau château de diverses époques.
562 kil. Saint-Sulpice , v. de 1076 h.
566 kil. Saint-Loubès , v. de 2515 h.
A dr. du chemin de fer, on aperçoit lç pont de Cubzàc, qui traverse la Dordogne, et sur lequel passe la route de terre : il a une longueur totale de 1545 mèt. Le tablier est à 29 mèt. audessus de l’étiage.
569 kil. La Grave-d'Ambarès , v. de 2666 h. — Voit, de correspond, pour Saint-André de Cubzac (6 kil. pour 30 cent.), et pour Blaye j(34 kil. pour 2 fr. 50 c.). En s’éloignant de cette station, le chemin de fer laisse à g.
le Carbon-Blanc, v. de 735 h., entouré de vignobles célèbres. On passe ensuite sur trois viaducs, et on traverse trois tunnels.
578 kil. Lormnnt (mons Laureus) , v.
de 2760 h,, sur la Dordogne, possède des chantiers de construction de navires. On franchit un tunnel de 400 mèt. , un autre tunnel de 280 mèt. , un viaduc de 40 mèt.; on découvre une belle vue fur la Garonne et sur Bordeaux, avant dè s’arrêter dansla gare établie sur la rive dr. de la Garonne.
583 kil. Bordeaux, Burdigala(hàl.:
de France, rue Esprit-des-Lois, 11; de la Paix, Fossés-du-Chapeau-Rouge, 46, bon restaurant; Richelieu, Fossés-del’Intendance, 4; de la Marine et des Colonies, rue Esprit-des-Lois, 23; de Nantes, même rue; de Paris, Allée d’Orféans, 22; du Commerce, rue Gobineau; de Londres, place de la Comédie ; café sur' la même place. — Fiacres (de 6 h. du mat. à minuit), la course, 1 fr. 75c.; la J" heure, 2 fr.; les heures suivantes 1 fr. 75 c. — Citadines, la course, 1 fr. 50 c.; la lr* heure, 1 fr. 75 c. ; les heure ssuivantes, 1 fr. 5Q. c. Ces voitures se louent à la journée (de 12 heures), 15 fr. — Omnibus , la course , 15 cent. ; les omnibus spèciaux'des chemins de fer prennent 40 cent, par place jus-
qu’au bureau ; 60 cent, à domicile où à l’hôtel, et 25 cent, par colis, en sus du sac de nuit et du carton à chapeau. — Omnibus de famille A)4 places, une course en ville, 12 fr.).
Bordeaux, grande et belle ville de 149928 h., située sur la rive g. de la Garonne, et sur divers cours d’eau, s’étend le long du- fleuve, .qui forme en cet endroit de son cours un arc de cercle, d’où le port a reçu le nom de port de la Lune. Le chemin de fer de Paris s’arrêtant actuellement au faubourg de la Bastide (il sera relié par un pont aux chemins du Midi) sur la rivedr., on traverse, au sortir de la gare, la Garonne sur un pont qui est une des principales curiosités de la ville.
Projeté en 1776, commencé en 1810, et terminé en 1821 , il se compose de 17 arches en maçonnerie. Intérieurement, il est percé d’une multitude degaleries semblables à des salles de cloître et communiquant entre elles d’une extrémité à l’autre. En le traversant on découvre une vue admirable sur le port et sur la ville.
Bordeaux, appelée par les Gaulois Burs-Wall, par les Romains Burdigala, acquit une grande importance sous la domination romaine. Adrien •la visita au iic siècle. Elle devint ensuite la métropole de la seconde Aquitaine. Galien y bâtit des arènes au siècle; au iv*, elle possédait des académies célèbres, et des écrivains dont la renommée est venue jusqu’à nous, Ausone, Macrin et Saint-Paulin. Les Vandales la prirent et la ravagèrent en 412; les Wisigoths, en 466; les Franks, en 507. Après l’avoir détruite, les Normands en firent l’entrepôt de, leurs pillages. Elle fut ensuite la capitale de la Guyenne, et les Anglais la possédèrent pendant trois siècles.
Charles VII s’en empara en 1453.
Louis XI, François I*r, Louis XV -et Louis XVI contribuèrent à sa prospérité et à ses. embellissements. Son commerce, ruiné sous l’Empire, a ris depuis des développements consiérables. Bordeaux est aujourd’hui le chef-lieu du dép. de la Gironde , le siège d’un archevêché, dont le titulaire est primat d’Aquitaine ; d’une division militaire , d’une académie. Elle a vu naître
Ausone, Berguin, les girondins Gensonné, Boyer-Fonfrède, Ducos et Grangeneuve, de Sëze, les chanteurs Garat et Laïs, le danseur Trenitz.
C’est une ville industrielle et commer?
çante (ateliers pour l’armement général des navires, chantiers de construction, fabriques de machines à vapeur, {aïenceries, filatures de coton, fabriques de tapis, conserves alimentaires, vins et eaux-de-vie). Les caves de MM. Guestier, Pavé-des-Chartrons, 39; Cruse, façade de Bacalan; Johnston, route de Pessac, sont dignes d’une visite. Le port, accessible aux bâtiments de 600 tonneaux,. peut contenir de 1000 à 1200 navires. 11 est pourvu de grues remarquables, et d'une machine à màter. Un chemin de fer doit être établi sur toute sa longueur.
ÉDIFICES RELIGIEUX
La cathédrale Saint-André, consacrée en 1096 par le pape Urbain II, irebâtie et restaurée à diverses époques, est un édifice gothique de 126 mèt. de longueur, orné de deux flèches élégantes du style gothique fleuri et de 50 mèt. de hauteur. On y remarque une belle rosace, deux bas-reliefs de la Renaissance (sous la tribune de l’orgue), le tombeau du cardinal de Cheverus, et des peinturés de Véronèse et de Jordaens. — A 30 mèt. environ de la cathédrale s’élève le clocher de Pey-Berland (construit par un archevêque de ce nom, en 1440), tour quadrangulaire à fenêtres ogivales . dont lafoudre a frappé , en 1617, la flèche octogone. Ce clocher renferme un bourdon de 1 1 000 kilog. — L’église Saint-Michel , fondée en 1.160, d’architecture ogivale , présente trois portails extérieurs, et possède une belle Descente de croix sculptée, du xvi" siècle. Son clocher, isolé comme celui de la cathédrale, est une to.ur remarquable , dont le caveau contient une hideuse collection de cadavres desséchés, que le gardien fait voir pour 50 cent. — L’église Sainte-Croix , fondée au vit* siècle par saint Mommolin, qui y fut enterré , reconstruite à plusieurs reprises, offre un beau spécimen de l’architecture du plein-cintre. La .décoration en est curieuse; les fonts baptismaux, les fresques de la cha-
pelle de la Vierge, par Jean Vasette, méritent surtout d’attirer l’attention. — Saint-Seurin date des premiers temps du christianisme; l’édifice actuel a été construit du xi* au xvi* siècle; sa crypte, dite de saint Fort, renferme le tombeau de ce saint, œuvre délicate de la Renaissance. Le cloître de Saint- Seurin existe encore. — Sainte-Eulalie, église abbatiale du vu* siècle, a été reconstruite au xvi* siècle; son lutrin est remarquable. Bordeaux possède encore des églises consacrées à saint Éloi, saint Pierre, saint Bruno (ancienne église des Chartreux, renfermant des fresques, un tableau de Philippe de Champagne, des statues atiribuées au Bernin); — Notre-Dame (rebâtie en 1701 , par un dominicain qui en fut à la fois l’architecte, le peintre et le sculpteur); — de nombreuses chapelles, quatre temples protestants et une synagogue (rue Causserouge) ; — un grand séminaire dans l’aucien couvent des Capucins, un petit séminaire de construction moderne, et un archevêché (l’ancien hôtel Gary).
ÉDIFICES CIVILS
La préfecture a été bâtie en 1775. — La mairie a été en 1853 installée dans l’archevêché, construit en 1770 sous l’archiépiscopat du prince de Rohan, et devenu tour à tour hôtel du Département, palais Impérial, puis palais Royal. Elle renferme plusieurs collections, entre autres le musée, voir cidessous.— Le palais de justice, terminé en 1 846 , est un énorme et lourd bâtiment, décoré de quatre statues colossales. La salle des Pas-Perdus a 46 mèt. de longueur, sur 18 mèt. de largeur.— Les prisons départementales , situées derrière cet édifice, peuvent contenir 280'détenus. — La Bourse a été construite, en 1789, sur les dessins de Jacques Gabriel ; elle renferme une cour couverte de 34 mèt. de longueur et une bibliothèque de 6000 vol. , ouverte tous les jours au public. Mentionnons encore : la douane, bâtie en même temps que la Bourse, par Gabriel; — V hôtel des monnaies, établi depuis l’an VIII dans l’ancien.séminaire de la Mission; — l’entrepôt réel, des marchandises-, — l’hôtel de la bain pce.
FRANCE
La porte Royale , porte du Palais et porte Oaiihau , était destinée à servir d’entrée au palais de l’Ombrière, résidence des ducs d’Aquitaine: elle a survécu à ce palais démoli en 1800. Sa hauteur totale est de 84 mèt. — La tour de l'hôtel de ville , coiffée de trois tourelles, appartenait à l’ancien hôtel de ville; sa base est du xii* siècle, sa hauteur totale de 41 mèt. — La porte Bourgogne s’élève en face du pont.
Le duc ne Bourgogne, fils de Louis XV, lui donna le nom qu’elle a conservé; elfe servit d’arc de triomphe, en 1807, aux troupes françaises partant pour l’Espagne.
L'hôpital Saint-André (sur la place d’Arroes), fut fondé en 1390. Enrichi d’une rente de 50 000 fr. par Richelieu , rebAti en 1829, il présente une façade monumentale, contient 650 lits, 18 chambres pour les malades payants , 5 cours et 8 jardins. Bordeaux possède un grand nombre d’autres -établissements de bienfaisance, parmi lesquels trois hospices; un dépôt de mendiants pour 200 hommes et 200 femmes; un asile d’aliénés; une institution de sourds-muets, des crèches, et quatorze salles d’asiles.
Le lycée renferme une élégante chapelle dans laquelle se trouve le tombeau de Montaigne, avec deux épitaphes en vers grecs et en prose latine.
Le minée, qui ne date que des premières années de ce siècle, accru de la galerie du marquis de Lacaze, se compose aujourd’hui de 461 tableaux (Gorrége, Vérbnèse, Titien, Murillo, Rembrandt, Rubens, Teniers, Ruysdaél, Le Poussin, Lesueur; tableaux modernes de Gros, Eugène Delacroix, Jérôme, Gudin, Rosa Bonheur), de quelques sculptures, et d’une collection d’armes antiques; il est ouvert aux étrangers tous les jours, le lundi et le samedi exceptés, au public le dimanche. Bordeaux possède aussi un musée des antiques.
La bibliothèque, une des plus riches de France, compte 45000 ouvrages formant 123000 vol. et 123 manuscrits.— Le musée d’histoire naturelle est ouvert tous les jours aux étrangers de 10 à 4 heures. — Le jardin botanique, fondé en 1629, possède une collection
de plantes indigènes et exotiques digne d’intérêt.
Le grand Théâtre, le plus beau de France, a été bâti en 1777, par l’architecte Louis. Il a coûté 2500000 fr.
Sa façade est formée de 12 colonnes d’ordre corinthien, auxquelles correspondent 12 statues colossales. La salle est un cercle parfait; le pourtour est décoré de 12 colonnes composites. — Le théâtre des Variétés, rebâti en 1793 , fut incendiéen 1855, et réédifié l’année suivante; — celui du Gymnase, est desservi par la troupe des Variétés.
Bordeaux compte neuf grandes places, dont la plus belle est celle des Oumconces, qui forme sur la Garonne une partie du quai Louis XVIII. Elle est ornée de quinconces de 280 mèt.
de long. Deux colonnes rostrales de 20 mèt. sont surmontées des deux statues du Commerce et de la Navigation.
Cette place occupe l’emplacement du château Trompette, démoli en 1816.
On y a inauguré le 5 septembre 1858 les statues de Montaigne et de Montesquieu. Les allées de Toumy datent de 1744 à 1753. Le jardin publie, autrefois planté d’arbres magnifiques, a été nouvellement restauré sur le modèle du bois de Boulogne. On y remarque une très-belle serre;
L’amphithéâtre, ou palais Galien, est le plus ancien monument de Bordeaux.
Il avait environ 132 mèt. dans le sens de son grand axe, et de 105 à 114 mèt. dans le sens du petit, sur une élévation totale de 21 mèt.
On peut de Bordeaux aller, en descendant la Gironde , visiter la tour de Cordouan, élevée à l’embouchure de la Gironde sur une lie de rochers. Elle a environ 7S mèt. de hauteur. Elle fut construite au xyi* siècle, sur les dessins de Louis de Foix. Le feu de la tour s’aperçoit à 38 kil. en mer : la tour se voit à‘ 12 kil. pendant le jour.
Bateaux à vapeur de Bordeaux à Nantes, — à Rotterdam, — et à Amsterdam.
De Bordeaux à Lyon , R. 86 ; — à Agen, R. 9» ; — à Toulouse et à Cette, R. 99; — à Bayonne, R. 124;.— à Arcachon, R. 13'*;
— à Royan, R. x3i ; — à Angers, R. r37 ;
— à Nantes, R. 138.