‹ Guide du voyageur en EuropeChapitre 299 sur 816 · DE CASSEL A LEIPSICK · texte numérisé non relu

DE CASSEL A LEIPSICK

37 milles S/io. 3 conv. par jour; traj. en s h. 50 m., s ti. 30 m. et io h. r* cl. 9 th. 17 sgr.; 1* cl.sth. î3 sgr.; s* cl. 4 th. io sgr.

Le chemin passe par la station de

Wilhelmshcehe , voir R. 224 A, avant d’arriver à

45 milles 8/10. Guntershausen , station après laquelle on traverse deux fois la Fulda et l’on pénètre dans un tunnel.

47 milles 8/10. Melsxingen, V. industrielle de 4000 hab. , possède un château de 1550.

49 milles 3/10. Mnrschen.

51 milles 1/10. Rotbenburg , V. de 3700 hab. On sort de la charmante vallée de la Fulda.

51 milles 8/10. Bebra , petit v.

54 milles 8/10. Gerstungen , station près de la petite V. de Berka : on franchit la Werra.

56 milles 5/10. Herbshausen , dominé par de belles ruines. On traverse encore la même rivière.

58 milles 1/10. Klnenurh (hôt. :

Halber Mond , Rautenkranz), V. de 10000 hab., patrie de Sébastien Bach.

A quelque distance se trouve le château de la Warlburg , célèbre par la captivité de Luther , le miracle des roses de sainte Élisabeth de Thuringe et la lutte des Minnesænger , en

On laisse à dr. le chemin de fer de Cobourg et Bamberg, voir R. 227.

60 milles 6/10. Frnttsledt , v. où aboutit le chemin de fer américain de Waltershausen (30 m. à la montée , 15 m. à la descente).

62 milles l/lu Gotha (hôt. ; Deutscher Hof, Riese, Molir. — Droschken â 5 sgr., la course; 15 sgr. l’heure), V. de 16000 hab., sur le canal de la Leine. Sa principale curiosité est le Friedemtein, château qui renferme de belles collections (visibles en été les mardis et les vendredis de 9 h. à 1 h. ; les autres jours en hiver , 1 th.) :

1“ une galerie de 800 tableaux de Cranach, VanDyck, Rembrandt, Fiesole, Rubens, Holbein, le Dominiquin, le Guide, Michel Ange, l’Espagnolet, Caravage, Jules Romain. Dow, Potter, de Heem, Claude Romain; 2° un cabinet d’estampes; 3* un cabinet de curiosités historiques et artistiques; 4" une bibliothèque de 160U0Û vol. et plus de 2000 manuscrits presque tous recueillis en Orient: 5” enfin un musée d’histoiro naturelle, un musée

japonais et chinois, une collection de plâtres, un médaillier de 50 0(10 numéros. On remarque encore à tîotha le palais des ducs; le nouvel observatoire; le théâtre; près du théâtre la statue de son fondateur, le négociant E. Amoldi (-}- 1841); une maison qui a appartenu à Cranach et la maison du peintre Jacobs, artiste de Gotha, dont on peut voir un tableau (Crucifixion ) dans la Klosterkirche, 3 fois par jour. Diligence pour (2 h. 1/2) ilühlhausen (hôt. Schwan), V. manufacturière de 16000 hab.

On laisse à dr. en quittant Gotha, sur la colline de Seeberg, l’ancien observatoire, jadis le plus célèbre de l’Allemagne.

64 milles 1/10. Neudietendorf, station après laquelle on voit les trois vieux châteaux nommés Gleichen.

65 milles 8/10. Krfiirt (hôt : Silber, Rœmischer Kaiser), V. forte de 32500 hab., située sur la Géra. Ville anséatique, importante au xin* siècle, elle comptait alors 60000 hab., et possédait une Université supprimée en 1816; Luther y étudia. Il s’y tint en 1 808 un congrès célèbre. — Le dom , situé sur une éminence, date du xii” siècle pour les tours, de 1353 pour le chœur, de 1472 pour la nef.

Il possède une cloche fameuse, la grosse Suzanne, appelée aussi Marie la Glorieuse : à l’intérieur on remarque le Couronnement de la Vierge, chef-d’œuvre de Vischer ; une soin'e Famille de Cranach, une chaire en bois. — La Barfusserkirche renferme de remarquables statues ; la Predigcrkirche , la Severikirche du xivc siècle, méritent une visite. Les autres édifices sont : le couvent des Augustins, qui a gardé divers souvenirs de Luther; le Packhof qui possède une bibliothèque de 60000 vol., et le théâtre. On passe par un tunnel au-dessous des remparts.

68 milles 5/10. Weimar (hôt. :

Erbprinz, Russischer Hof. — Fiacres à 5 sgr. pour 1 personne) , V. de 13000 hab., située sur l’Ilra , capitale du grand-duché de Saxe Weimar, dont la superficie est de 66 milles carrés, et la population de 263755 hab. Fondée en 880 , détruite en 1299 , elle

doit sa célébrité aux écrivains qui l’habitèrent sous le règne de Charles Auguste (Goethe, Schiller, Wieland, Herder). — La Stadtkirche, église de la ville, construite en 1400, renferme une Crucifixion de Cranach. — Le palais grand- ducal, beau bâtiment décoré avec goût , possède plusieurs salles consacrées à Herder, Schiller ’ Gœthe, Wieland, et ornées de fresques (15 sgr. de pourboire). — La Kunstsammlung . ouverte le jeudi, renferme une collection de gravures, dessins et tableaux; la bibliothèque, dont Gœthe fut bibliothécaire, compte 143000 vol., 8000 cartes, et un grand nombre d’objets curieux. On visite encore à Weimar la maison de Schiller sur l’esplanade; celle de Herder, près de laquelle on lui a érigé une statue; celle de Wieland, au N. du théâtre; la statue de Wieland, inaugurée le 4 septembre 1857 (modelée par Casser, fondue par Miller), le même jour où l’on inaugurait la place du théâtre, le groupe de Gœthe et de- Schiller. dû au sculpteur Rietschel: la maison de L. Cranach en face de l’hôtel de ville. Le nouveau cimetière, au S. de la ville, renferme le caveau grand-ducal (Schiller et Gœthe y sont ensevelis) , les tombeaux de Musaeus le conteur ( + 1787 ) , et de Lucas Cranach (+ 1553). Ce dernier tombeau est décoré de la statue du peintre.

Excursion de Weimar à (2 milles 1/2 par la diligence) Jena (hôt. Sonne), v. de 6500 hab., située sur la Saale, célèbre par son Université, fondée en 1548 (elle compte 400 étudiants) et par la victoire que Napoléon remporta sous ses murs (14 octobre 1806). L’armée priissienne était commandée par le prince de Hohenlohe. 12000 Prussiens ou Saxons, 4000 Français furent mis hors de combat; 15000 soldats prussiens furent faits prisonniers.

70 milles 6/10. Apolda , V. industrielle de 4000 hab.

7 1 milles 1/10. Sulsa, V. de 1200 hab., près de laquelle on laisse à g. le champ de bataille d ’Auerstadl, où le duc ae Brunswick fut vaincu par le maréchal Davoust (14 octobre 1806).—

ALLEMAGNE

On traverse plusieurs fois la Saale, en aval de son confluent avec l’Ilm.

73 milles 3/10. Kœsen, qui possède des salines et des bains fréquentés.

74 milles 1/10. lWaumburg ( hôt.

Sæchsischer Hof ) , V. industrielle de 15000 hab. , sur la Saale. Elle possède une cathédrale de 1249; l’église de la ville renferme un tableau de Cranach.

75 milles 9/10. Wolaecnrel» (hôt.

Schâtze) , V. industrielle de 1 1 000 hab. L’ancien château des comtes de ce nom sert aujourd’hui de caserne.

Le chemin de fer de Zeitz (2 milles 1/2), V. de 13000 hab., située sur PElster blanche , et de Géra , v. de 14000 hab., située à 3 milles 1/2 plus au S. sur la même rivière, sera inauguré incessament.

77 milles 1/10. Corbetha , voir R.

Le chemin de fer se divise en deux embranch., celui de Halle, qu’on laisse à g. .voir R. 224 C. et celui deLeipsick.

78 milles 6/10. Durrenberg.

79 milles 9/10. Markrannstadt.

81 milles 6/10. Leipsick, voir R.

DE LEirSICK A DRESDE.

IS milles t/2. 4 conv. par jour; traj. en 3 h. et S h. tsm. cl. S th.; 2» cl. 2 th. g sgr.; 3* cl. t th. 15 sgr.

» On traverse la plaine où furent livrées (les 16, 18 et 19 octobre 1813) trois batailles acharnées qui décidèrent du sort de l’Europe, et qui se terminèrent par la retraite des Français. Dans les trois jours de cette bataille, la pins terrible des temps modernes, et que les Allemands appellent la bataille des Nations (Vôlkerschlacht), les Français perdirent 50000 h., dont 20 000 tués. Les Alliés n’eurent pas moins de 60000 tués ou blessés. — Il faut 4 h. à pied , 3 h. en voit pour visiter le champ de bataille de Leipsick.

— Un monument commémoratif, exécuté en pierre, a été récemment élevé à Probsteyde, à l’endroit d’où Napoléon contemplait la lutte. — A 20 min. de Probsteyde, on a érigé (18'47) un obélisque de fer à la place où les souverains alliés reçurent le même jour la nouvelle de la victoire.

Au delà de la station de Machein on franchit la Mulde sur un pont do plus de 400 môt. avant d’atteindre

85 milles. 1 Vurzen, V. de 4868 hab.

87 milles 3/10. Luppa-Dahlen , simple station entre le v. de Luppa et le v. de Dahlen (2000 hab./.

88 milles 6/10. Oschatz, V. de 5800 hab. , qui possède une belle église remarquable par ses tours, et l’ancien château de Hubertsburg.

90 milles 6/10. Riesa , V. de 2300 hab., sur l’Elbe et la Jahna.

On laisse à dr. le chemin de fer de Chemnitz, v. R. 224. D.

On franchit l’Elbe sur un pont de 11 arches et de 400 mèt. de long.

91 milles 6/10. Rirderau, station où s’embranche à dr. le chemin de fer de Berlin, voir R. 237 et 224 C.

93 milles 1/10. Pristeicitz, station de Grossenhain, V. industrielle de 6943 hab.

95 milles 1/10. Niederau, station de Heltaen (hôt. : Hirsch, Stern), V. de 9000 hab., sur l’Elbe, patrie des Schlegel et de Hahnemanri. Son vieux château de l’Albrechtsburg , d’une architecture remarquable, devint en 1710 une manufacture de porcelaine, la première qui ait existé en Europe.

.Vleissen possède une belle cathédrale gothique du xiu* siècle, renfermant d’excellents tableaux.

507 kil. et 97 milles 1/10. nrcBde (hôt. : de Saxe, Neumarkt; Victoria, See Gasse; Stadt Rome, Neumarkt; British, Pirnajsche Gasse; de Pologne, de Russie, de France, Stadt Wien, Bellevue, Stadt Berlin, Neumarkt; Goldner Engel, Wildsruffer Gasse; Stadt Gotha, Schloss Gasse; Stadt London , Grosse Meissner Gasse ; de Paris, Stadt Leipsick, Preussischer Hof, Scheffel Gasse; Hamburger Haus, See Gasse. — Restaurants ; Belvédère, terrasse de Brühl. — Cafés sur la terrasse de Brühl et l’Altmarkt.— Droschken , 4 sgr. par course dans l’intérieur de la ville; 6 sgr. à l’extérieur; course en fiacre à I cheval , 5 sgr. ; à 2 chevaux, 7 sgr. 1/2; voitures de louage à 4 th. par jour. — Domestiques ae place, 1 th. par jour. — Journaux au musée littéraire, Altmarkt, 6 (2 sgr.

1/2 par séance). — Bains. Bæuer,

Gasse . 30 . et Ostraallée , 25) , grande et belle V. de 109000 hab., sur la rive g. de l’Elbe , à l’embouohure de la Weisseritz, une des plus agréables de l’Allemagne pour ses promenades , des plus riches pour ses collections, capitale du royaume de Saie et résidence du roi.’ Elle fut incendiée en 1491, bombardée en 1760. Napoléon, en août 1813 , y gagna sur les alliés la bataille de Dresde, dans laquelle Moreau fut tué par un boulet français, à côté de l’empereur de Russie.

Le royaume de Saxe (en allem.

Sachsen , appelé aussi Saxe Royale , pour la distinguer des autres Saxes) est divisé en 4 cercles d’une superficie totale de 272 milles carrés géographiques, avec une moyenne de 7 420 nab.

par mil. carré géographique. En 1855, sa population était de 2 039075 hab. Les dépenses annuelles du royaume s’élèvent à 9365 243 th.; les recettes, au même chiffre ; la dette présente un total général de 61 324013 th. L’effectif de l'armée est de 15748 hommes d'infanterie, 4005 hommes de chasseurs, 3208 hommes de cavalerie, et 2420 hommes d'artillerie; en tout, 25396 hommes, non compris la réserve. Le gouvernement de la Saxe est une monarchie constitutionnelle avec deux chambres.

Monuments religieux. — La Hofkirche , église catholique, réunie par une arcade au château royal, bâtie en 1730, est surmontée d’uhe tour haute de 90 mût. ; la balustrade circulaire est ornée de 59 statues colossales des apôtres et des saints, d’après les dessins de Torelli. L’église possède une belle A session, de Raphaël Mengs; la musique de cette église (messe et vêpres les dimanches et jours de fête) est justement renommée. L'orgue est de Silbermann. — La Sophienkirche , de 1230 et 1351, rèstaurée en 1831, renferme un orgue du même facteur:

c’est l’église évangélique de la cour.

— La Frauenkirche ( Notre-Dame ) , sur le Neumarkt , ne fut achevée qu’en 1745; la voûte de sa coupole a résisté aux bombes de Frédéric IL Le belvédère a 80 mèt. de hauteur; il offre une belle vue sur Dresde. L’orgue de Silbermann compte 43 registres

et 6000 tuyaux. — La Krmtskirche (Eglise de la Croix), église paroissiale de Dresde, a été consacrée en 1498. — La Synagogue, de 1840, dans le style oriental , est remarquable à l’intérieur.

Monuments et établissements civils. — Le Château Royal ( Kœnigs Schloss ) . qu’on appelle aussi Georgen • burg, a été bâti <4 différentes époques; il est dominé par le Schiossthurm , de 107 mèt. A l’intérieur, dans la salle du trône, se trouvent les belles fresues de Bendemann. et, au premier, es tabieatix de Rubens, Rembrandt, Carrache , Mengs, Guido Reni. Le Grüne Gewœlbe (voir Collections) occupe une partie de ce château. — I.e palais de Brühl, de 1737, est orné des deux statues de la Science et la Vigilance, par Mattielli ; il a été habité par Frédéric II et l’empereur Alexandre.

— Le palais Japonais, d’une charmante architecture, est situé sur la rive dr. du fleuve, au milieu d’un beau jardin; il renferme des collections publiques. — Le Zwingcr, sur la place du théâtre, devait, dans la ensée d’Auguste II, son fondateur v evenir un vaste palais; mais il n’a pas été achevé. Quatre fontaines jaillissent dans la cour do l’angle S. O., où l’on a érigé une statue en bronze à Frédéric-Auguste le Juste (+ 1827).

11 fut en partie incendié pendant l’insurrection de mai 1849. L’aile neuve a reçu la galerie de tableaux autrefois placée dans le Stallgebæude , voir ci-dessous. — Sur la même place s’élève le palais des Princes, de 1715, contenant une belle bibliothèque, et le théâtre (Schauspielhaus), bâti en 1838 sur les dessins de Semper, orné de statues, dont quelques-unes de Rietscliel (Schiller. Gœthe , Glüclt et Mozart). C’est un des plus beaux théâtres de l’Europe : la troupe est en général bien composée : c’est là que joue le célèbre Décrient. Les représentations ont lieu tous les jours (amphithéâtre, 1 th. ; stalles de parterre, (5 sgr. : parterre 10 sgr.). V hôtel des postes, sur le Wildsruffer-platz , est une belle construction de 1831 , non loin de laquelle s’élève la Gutschmidtsche Rmnnen ou colonne du

ALLEMAGNE

choléra, érigée par M. de Gutschmidt, et ornée de 4 statuettes de sainte Élisabeth, Wittekind, saint Boniface et saint Jean-Baptiste. — On remarque encore à Dresde : la Kcenigsvache (cnrps.de garde royal); VAlsterdter Rathhaus; l 'arsenal (de 1559); YAcadémie de médecine ; le Logenhaus, hôtel des francs-maçons, bâti en 18J8, dans le style byzantin, et orné d’un sphinx de Rietschel ; Yhôpital de la ville, ancien palais Marcolini ; YEIbbrùcke , de 460 met. de long, et le pcnt du chemin de fer ou Marienbrücke,' de 447 mèt. : la belle terrasse de Brühl, plantée d’arbres, à laquelle on arrive par un bel escalier de 31 marches, et la statue équestre de Frédéric-Auguste le Fort (1733), par Wiedemann.

Musées et collections, — La Gem.rlde Galerie est la plus belle et la plus célèbre des collections de Dresde , et la mieux disposée, sinon la plus riche de toute l’Allemagne. 11 y a tout au plus 100 ans que l’électeur de Saxe et roi de Pologne, Auguste III, la commença, en achetant pour l million ‘700 000 th. la collection des ducs de Modène. A ce fonds primitif, ses successeurs ont ajouté de nouvelles acquisitions, et la galerie de Dresde est aujourd’hui la gloire de leur pays. Elle renferme 1900 tableaux et près de 200 pastels. - •

Cette collection, longtemps mal logéeau premier étage du Stallgebæude, ui s’élève sur le Neumarkt, en face e l’hôtel de Saxe, a été placée, en 1855, dans le palais du nouveau musée qui lui était destiné. Le Neue Muséum occupe l’aile neuve du Zwinger, voir ci-dessus. lia été commencé en 1847 par le professeur Semper et continué sur ses plans par l’architecte Nicolaï, Il a 135 mèt. de long, 30 mèt. de large et 25. mèt. de haut sans la coupole. Il est orné d’un gnnd nombre de statues et de bas-reliefs, dus en grande partie aux ciseaux de Rietschel et de Hælinel.

On entre au musée par le grand vestibule, qui divise naturellement le rez-de-chaussée en deux parties , de chacune desquelles un escalier monte au premier étage. Le côté oriental

renferme une collection de 1000 plâtres environ, moulages des statues les plus célèbres de l’antiquité exécutés dans le milieu du siècle dernier par Raphaël Mengs (ou sous sa direction) ; et, pour cette raison, connus sous le nom de Mengsische Ahgüsse. Le côté O. renferme : 1* la collection de gravures, Kupferstichsammlung, une des plus riches et des plus curieuses ui soient en Europe. Elle compte plus e 250000 gravures, et, en outre, une belle collection de dessins à la main (50 portefeuilles), et do portraits des principaux personnages du xtx*siècle par Vogel : — 2” la collection de Canaletto et de Thiele (les paysages de Canaletto, au nombre de 50, représentent, pour la plupart, des vues de Dresde: ils n’ont pas tous la même valeur artistique) ; — 3° la collection de pastels, parmi lesquelson remarque ceux de Liotard et de Latour, de Raphaël Mengs, de la Vénitienne Rosalba Carriera (1757). Les derniers sont au nombre de 143. — Le premier étage est réservé à la galerie de tableaux proprement dits. (Catalogue Hübner, 25 sgr. ; Guide Linden, 10 sgr.)

Après avoir traversé la salle d’entrée . on trouve sous la coupole une autre salle de forme octogone, où sont exposées des tapisseries. Les grands salons de g. sont tous consacrés à l’école italienne, ainsi que six des petits salons : les trois autres sont réservés , l’un à l’école française, les deux autres à l’école hollandaise: le grand salon, situé immédiatement à dr., contient des œuvres des maîtres espagnols: tous les autres, grands et petits, ne renferment que dgptableaux des écoles allemande et flamande.

La salle de la coupole est ornée de six tapisseries copiées, comme celles de Berlin, sur les dessins de Raphaël, dont les cartons sont conservés dans le palais de Hampton-Court . et six tapisseries de Flandre , dont le pape Léon X fit présent à l’archiduc de Saxe : deux sont attribuées à Quentin Messys.

Peintres italiens. Francesco Francia , l’Adoration des Mages (4tl); le Baptême de Jésus-Christ, un des chefs-d’œuvre de ce

jogle

maître ,'4io).— (DossoDossi,Dossode Ferrare), saint Ambroise, saint Grégoire, saint Augustin et saint Jérôme méditant sur l’immaculée Conception (n6). — Cima da Conegliano, la Présentation de la Vierge au Temple (196). — Titien (Vecelli), le Christ à la Monnaie (202) t il Christo délia Monetajd'un effet et d'un Gni prodigieux: saint Jean et la Sainte-Vierge tenant l'Enfant Jésus; l'Amour couronné de Geurs (209); l’Amour présentant un miroir à Vénus; Vénus endormie. — Palma le vieux, ses trois ülles (223); Vénus 1224).

— Giorgio Barbarelli , le salut de Jacob.

— Benvenuto Garofalo , la Sainte-Vierge mettant l'enfant Jésus dans les bras de sainte Cécile. — Carletto Cagliari, tableau allégorique, représentant la reine Cornara, remettant la couronne de Chypre à la République de Venise. — Vérouèse , le Calvaire; Moïse sauvé des eaux (283); la Vierge glorieuse (218) avec l'enfant Jésus ; à côté d'elle saint Jean-Baptiste et saint Jérôme ; puis la Foi, l'Espérance et la Charité conduisent la famille Cincinnati devant le trône de la Sainte- Vierge; Jésus-Christ en croix (279); l'Adoration des Mages (276). — Tintorel, saint Étienne en prière ; dans le haut du tableau apparaît la Vierge glorieuse (le tableau est connu sous le nom de Vierge au Croissaut) ; la Femme adultère (268,. — Giovanni Baptista Langhetti , Apollon punissant Marsyas ( très-énergique composition). — Le Guide , Bacchus (446), Vénus i4So , deux Ecce Homo ^449, 450).

— Annibai Carrache, le Christ, l'Assomption (429), la Renommée (424) , la Vierge glorieuse (4i5./, saint Roch(426). - Caravage, des soldats jouant aux cartes ; des Fripons trompant au jeu un jeune soldat (i58;, saint Pierre reniant Jésus- Christ ;is7).— Albane , des Amours dansant autour de la statue de Cupidon. — Paris Bordone, Apollon; la Vierge adorant l’enfant Jésus. — Le Guerchin , la naissance d'Adonis; les 4 Évangélistes; Loth et ses tilles (4ao); la reine Sémirarais 1 492 ; — Carlo Dolce, sainte Cécile (44); la Cène 1 45 j. — Carlo Cignani , Joseph fuyant la femme de Putiphar ( 503). — Marc Antonio Franceschini , sainte Madeleine entourée de femmes qui cherchent a la consoler. — Raphaël 1 49), la Vierge de saint Sixte (Madonna de san Sisto), connne encore sous le nom de "Vierge de

Dresde, peinte dans la plus haute manière du maître, et si admirablement belle, que Muller, occupé à la graver, s'éprit d'un amour insensé pour son modèle et perdit la vie avec la raison en achevant son ouvrage. Ce tableau fut peint par Raphaél pour le maître autel de l'église d'un couvent de Plaisance, placé sous l'invocation de saint Sixte ; il représente l'apparition de la Vierge a saint Sixte et a sainte Barbe , agenouillés ; l'électeur roi Auguste III Gt a grands frais l'acqüisition de cette toile célèbre, la plus belle de toutes celles des galeries du Nord. — École de Ha/ihaèl : Copie de sainte Cécile (5i); copie de la Madone à la Chaise (52), la meilleure des reproductions de ce chef-d'œuvre qu’on voit a Florence. — Jules Romain, la Vierge au bassin (64). — Bagna-Cavallo, la Vierge et l’enfant Jésus sur des nuages (67), bel ouvrage très-énergique. — Léonard de Vinci, portrait d’un homme âgé, qu’on croit être le duc de Milan Ludovic Sforza. — Le Corrége . dans aucune collection du monde Le Corrége n'apparaît plus glorieux qu'à Dresde. Les quatre grands tableaux, quatre chefs-d'œuvre, et sa Madeleine repentante, proviennent de la collection des ducs de Modène : .Vierge glorieuse bénissant saint François (U2) ; Vierge glorieuse au-dessous de laquelle on voit saint Germinien , saint Roch et saint Sébastien (133.; la Nativité , 1 34), tableau connu sous le nom de la Nuit du Corrége; Vierge glorieuse (136), au-dessous de laquelle on voit plusieurs saints, parmi lesquels saint Georges ( tableau connu sous le nom de saint Georges) ; Madeleine repentante (134), le plus beau des petits Corrége ; portrait du médecin du Corrége.

Peintres espagnols. Velasquez , portrait de Gasparo de Guzman, comte d'Olivarès ;

— Morales, un Ecce Homo. — Juan de las Ruelas , un portrait d'homme. — Ribera, saint Jérôme tenant une tête de mort à la main; martyre de saint Barthélemy (591) , sainte Marie l'Egyptienne et sainte Madeleine (586).

Peintres français. Nicolas de Largillière, un portrait d'homme. — Louis Syl- „ vestre, portrait de Louis XV. — François Gérard, l'empereur Napoléor. — Callot, Exécution militaire. — Le Poussin, Adoration des mages; Moïse sur le Nil(6i8), belle composition ; Narcisse. — Claude Lorrain, repos en Egypte (634,; Polyphénie

assis sur un rocher. — Watteau , hommes et femmes assis sur une terrasse.

Ancienne* école s allemande et flamande.

Jean Van Eyck , triptyque, la Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux. Charles-Quint emportait dans ses voyages ee précieux tableau ( 1612). — Lucas Cranach l’aîné, Martin Luther (1664), Ph. Mélanchton ( 1665', Jésus bénissant les enfants, la femme adultère, Dalila, portrait du margrave George de Brandebourg. — Lucas Cranach, le jeune, le prince Maurice de Saxe et sa femme. — A. Durer, le Christ portant sa croix (1622); portrait d’homme, un lapin. — Bans Bolbein, Jacques Meyer, bourgmestre de Bâle et sa famille â genoux devant la Vierge et l’enfant Jésus ( 1693). Ce tableau est la célèbre Madone , la Vierge protestante du Nord; du même peintre, plusieurs portraits curieux.

Peintres hollandais et flamands. Jac ques Ruysdaël, le Cimetière juif (1366), paysage empreint d’un profond caractère de tristesse ; le cloître (1375) ; vue du château de Bentheim ; paysage connu sous lenom de la Chasse (Adrien Van der Welde a peint les personnages et les animaux). — Paul Potter, une chasse dans une forêt de hêtres (figures de Van-der- Welde) ; des boeufs gravissant une colline; des bestiaux au pâturage.— Terburg , un soldat assis à une table ; une jeune femme se lavant les mains (tiso). — Adrien Van der Werf, le jugement de Paris; Diogène cherchant un homme. — David Teniers, le fils, deux tableaux représentant des paysans jouant dans une auberge. — Adrien Van Ostade, sonatelier(i2i8).— David Teniers, paysans hollandais fumant et jouant aux cartes; soldats jouant dans un corps de garde; deux paysages; deux tentations de saint Antoine (879 et 885); un laboratoire d’ alchimiste (878) ; saint Pierre délivré de la prison (869). — Pierre Paul Rubens, ses deux fils (809); sa deuxième femme, Bélène Forman (817); saint Jérdme à genoux devant un crucifix ; Bethsabée auprès d’une fontaine; Bercule ivre (792); saint Roch; le Jugement dernier (805); le jugement de Pâris (8o2), en figurines très-délicates; Neptune (788); Méléagre présen-.

tant à Atalante la tête du sanglier calédonien; l’Amour puni; vue de l’Escurial (»oo); une chasse au lion (787); une chasse au sanglier (801). — Jordaens, saint Joseph d’Arimathie et la Sainte-Vierge

viennent embaumer le -corps de Jésus ; la- Présentation au temple ; Ariane entourée de faunes et de bacchantes ; Diogène (904). Van Dyck, portrait du peintre David Ryckaert, portrait du peintre Engelbrecht, portrait de Thomas Park à l’âge de 1 51 ans; portrait de Benriette Marie de France , épouse de Charles 1« d’Angleterre (93t), un de ses plus beaux portraits ; les trois enfants de Charles Ier d’Angleterre (933) ; portrait de Charles i*r, roi d’Angleterre (93l); Silène ivre; saint Jérôme à genoux devant un crucifix: Danaé (999).— Balthazar Denner, portrait de femme. — Rembrandt, son portrait (1165); portrait de sa fille; Rembrandt,. ayant sa femme sur ses genoux (1159) ; l’Enlèvement de Ganymède (i 154) ; le sacrifice de Manoab et de sa femme ; le repas d’Esther et d’Ahasverus ou Assuérus (n54), un chefd’œuvre. — Ferdinand Bol, l’échelle de Jacob; Joseph présentant son père Jacob au Pharaon; repos pendant la fuite en Égypte.— Godefroi Schalken, une jeune femme tenant une lettre à la main. — Honthorst, une femme âgée tenant une chandelle à la main ; un dentiste ; Moïse sauvé des eaux (1060).— Gérard Dow, son portrait; l’arracheur de dents (1076); le maître d’école taillant une plume (1078) ; une jeune fille près d’une fenêtre (1086).,

La Grüne Gewu-lbe ou la Voûte verte (ouverte tous les. jours) est une suite de salies au rez-de-chaussée du palais royal, et renfermant une précieuse collection de près de 3000 objets, qu’on estime à plus de 3 millions de thalers. On y remarque surtout :

2“ salle , salle des ivoires : un crucifix attribué à Michel-Ange, une bataille par Albert Durer, deux têtes de cheval par Michel-Ange; — 4* salle :

de la vaisselle d’or et d’argent, une coupe d’or ornée de saphirs, présent de Pierre le Grand à Auguste le Fort ; — 5* salle : le plus grand émail connu représentant une Madeleine, par Dinglinger, et des vases eu pierres demiprécieuses, agate, chalcédoinc, cristal de roche , lapis-lazuli ; — 7* et 8* salles : les insignes de la royauté, qui servirent au couronnement d’Auguste 11 comme roi de Pologne, les insignes de la royauté saxonne, l’armoire des bijoux et des ouvrages de Dingliuger,

qu’on a surnommé le Benvenuto Cellini de la Saxe.

Le musée historique , historisches Muséum, appelé aussi Rüstkammer, occupe l’aile septentrionale du Zwinger (ouvert, de mai en octobre, les jeudis de 8 h. à 10 h. et de midi à 2 h. ; les cartes se délivrent le matin de 7 à 8 h.). C’est une des plus riches et des plus intéressantes collections de ce genre qui existent en Europe.

Elle comprend des portraits, des armes de chasse (2* salle) ; des armures qui ont servi dans les tournois (3* salle); des armures de bataille, entre autres, celle que portait Jean Sobieski au siège de Vienne (4* salle) ; des armes à feu, des armes ae nations sauvages et des vêtements qui ont appartenu à des personnages historiques , la tente de K.ara Mustapha prise aevant Vienne, l’épée de Charles XII, etc. (5*. G", 7% 8' et 9' salles). — La collection de porcelaines (Porzellansammlung) , comprenant plus de 600000 pièces rangées dans 18 salles par ordre chronologique (et visible , en été , le mercredi de 2 h. à 6 h.), occupe l’étage inférieur du palais japonais. — La galerie des an tiques (visible en été le mercredi et le samedi, de 9 h. à I h.), placée au rezde-chaussée du même palais, a été formée en grande partie avec la collection du prince Chigi, achevée par Auguste II , en 1725, au prix de 90000th.

Elle comprend 10 salles. On y remarque surtout (3* salle) : le torse de PaUas Promachos, connu sous le nom de Minerve de Dresde; (7* salle, 283) un torse de gladiateur blessé, fragment d’une grande valeur, etc. — Les Sculptures d'Elgin, Elgin’schen Bildwerke, moulages en plâtre des débris du Parthénon et du temple d’Érechtée d’Athènes, qui se trouvent actuellement au Musée de Londres, sont exposées dans le Zwinger, près du Nymphenbad. — Le musée des Antiquités, Alterthümer Muséum, situé dans le château du Grand-Jarain (voir ci-dessous Promenades) , se compose de curiosités ecclésiastiques du moyen âge, qui se trouvaient dans les églises de la Saxe avant la Réformation. — Le musée d’histoire naturelle (dans le Zwinger) , qui a beaucoup souffert dans

l’incendie de 1849, ne mérite qu’une mention. — La Bibliothèque occupe le premier et le second étage du palais japonais (3 salles et 24 chambres).

Elle renferme environ 300000 vol., 2000 incunables, 2800 manuscrits, et une très-belle collection de cartes (elle est ouverte tous les jours sur demande préalable; 10 sgr.de pourboire).

Promenades. — Les principales promenades de Dresde sont : les jardins,

ui ont remplacé les anciennes forti-

cations; le jardin du palais japonais, et surtout le Grosse Garten, le grand jardin, beau parc situé sur la rive g. de l’Elbe , et au milieu duquel s’élève un château royal, bâti en 1M9, sous l’électeur Jean-Georges 111, et restauré sous le roi Antoine. Ce château, qui a la forme d’un H, servait autrefois de résidence royale. Dans les jardins et dans le palais, on remarque plusieurs statues et des groupes, par Corradini; les plus belles sont celles de Silène et de Bacchus.

Excursions : au monument de Moreau, près de Rceknitz (30 min.). Il est composé de morceaux de marbre brut, sur lesquels reposent, surmontant un cube de granit rose poli, une épée, une couronne et un casque en bronze. Il a été élevé à l’endroit même où Moreau (27 août 1813) fut frappé par un boulet qui lui fracassa les deux jambes ; — aux bains de Lincke (1/2 h.) ;

— au v. de Loschwits (1/2 h.), où naquit le poète Kœrner, et où Schiller composa sa Cloche, le Camp de Wallenstein et une grande partie de Don Carlos; — à Hosterwitz (3/4 d’h.), où Weber composa Oberon et Freyschiitz ;

— à Moritzburg (3 h. au N.), dont le château construit en 1542 par l’électeur Maurice, agrandi en 1772, renferme des collections intéressantes.

DK DRESDE A FREIBERG.

S milles. Chemin de fer jusqu'à Tharand (2 milles); trajet en i/2 h. pour 12 sgr , » sgr. et 6 sgr. Diligences et omnibus de Tharand à Freiberg s fois par jour, pour n sgr. et |2 sgr. i/2,

On traverse Plauen , situé dans une charmante vallée entourée de magnifiques rochers. (2 milles) Tharand (hôt.:

ALLEMAGNE

Deutsches Haus, Bad) , dont les bains sont très- fréquentés, possède une académie forestière avec un beau musée d’histoire naturelle. 5 milles *'relfoerg (hôt. : Hirsch. Stem, Schwarzes Ross) , V. de 13*00 h., située à 327 mèt. sur la Mulde, centre de l’industrie minière du royaume de Saxe; elle a perdu les trois cinquièmes de sa population par suite de la diminution continue du produit de ses mines d’argent, dont les filons les plus riches sont exploités à une si grande profondeur qu’il est devenu impossible d’épuiser les eaux qui les inondent. On a commencé, pour remédier à cet inconvénient, le percement d’un tunnel qui se continuerait jusqu’à l’Elbe; 19 années (1851) sont nécessaires à l’achèvement de ce gigantesque travail. — On remarque à Freiberg ; la Domkirche , bel édifice gothique de 1484, où se voient les monuments de l’électeur Maurice et du géologue Werner; — Vhôlel de ville, situé près de la Domkirche et bâti en 1410, curieux échantillon de l'architeçture gothique de l’Allemagne du Nord; — l’ancien château de Freudenstein, transformé aujourd’hui en magasin de blé.

De Dresde à Berlin, R. 224 ; — à V ienne, a Francfort, à Posen et à Breslau, R. 233, 234 et 235.

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