‹ Guide du voyageur en EuropeChapitre 311 sur 816 · DE BERLIN A DRESDE · texte numérisé non relu

DE BERLIN A DRESDE

25 milles i/io. 3 conv. par jour ; trajet en 5 h. 50 m. et 7 h. 30 m., pour 5 th. 15 sgr., 3 th. 20 sgr. et 2 th. io sgr.

8 milles 3/10 de Berlin à Jüterbcgk, voir R. 224 C.

A Jüterbogk , on laisse à g. le chemin de fer de Ccethen, voir même R.

11 milles 7/10. Holzdorf, stat. après laquelle on traverse l’Elster.

13 milles 4/10. Herzberg, V. de 5000 hab. , stat. de (2 milles 3/4) Torgau (Ilôt. Anker), V. forte de 70G0 hab., sur l’Elbe; son ancien château, Uartenfels, sert aujourd’hui de caserne.

16 milles 7/10. Burxdurf , station de Mühlberg , V. de 3000 hab.: Charles Uuint y remporta en 1547 une victoire sur les protestants commandés par Jean-Fréderic de Saxe.

18 milles 7/10. Rœderau , où le chemin de fer se bifurque: l’un des embranchements se dirigeant sur Leipsick et Chemnitz, l’autre sur Dresde, voir R. 226.

25 milles 1/10. Dresde, voir R. 226.

DE DRESDE A PIUCl'E.

25 milles i/2. 3 conv, par jour, 5 pour Bodenbach; traj. en 6 h. io m. et 9 h. io m. De Dresde a Bodenbach , i th. 12 ngr.,

1 th. 3 ngr., 25 ngr. ; de Bodenbach a Prague, 5 fl. 4o kr., 4 fl. 15 kr., 2 fl. 50 kr. (En été, le voyage en bateau à vapeur sur l’Elbe jusqu'à Aussig est prélérable.)

On passe par Miigeln, v. après lequel on traverse la Müglitz.

27 milles 5/10. Pirna (hôt. Adler), V. de 6173 hab., une des plus anciennes de l’Allemagne , jadis fortifiée , s’élève en amphithéâtre sur une colline.—L’église gothique, llauptkirche , de 1546; ['église de V hôpital , dernier reste d’un couvent de 1300, la forteresse de Sonnenstein , bâtie par les rois de Bohème, et transformée en asile d’aliénés, méritent une visite.

28 milles 6/10. Pœtzscha, en face de Wehlen.

29 milles. 8/1Ç. Kvnigstein , en face du Lilienstein. est dominée par une antique piladelle d’où l’on découvre une vue admirable.

30 milles 7/10. Krippen, stat. de Scliandau, située sur la rive opposée.

On enfre en Bohème à Niedergrund, et l’on traverse dans un tunnel une arête de rochers. Le paysage devient magnifique.

33 milles 310. Boiienbach. stat.

où la douane visite les passe-ports et les bagages. Le visa de l’ambassadeur autrichien est nécessaire pour l’entrée en Autriche. De l’autre côté de la rivière, à une petitedistance, au S. E., se trouve la vihe de Tesehen, dont le château, situé sur un rocher escarpé, renferme une bibliothèque, une galerie de tableaux et des collections intéressantes.

36 milles 3/10. Aussig (hôt.: Krone, Engel), V. de 1800 hab., patrie de Raphaël Mengs.

On laisse à dr. l’embranchement de (2 milles 1/2, 4 conv. par jour; trajet en 40 min. ; prix 50 kr. , 38 kr. et 25 kr.) Tt-plitx (hôt. : .prince de Ligne, Stadt London, Post, Hirsch), V . de 5000 hab. , agréablement située surle Saubach, entre les Jeux chaînes de l’Erzgebirge et du Mittelgebirge , importante par ses eaux thermales, alcalines et salines, fréquentées tous les ans par 5000 baigneurs. Elle ne renferme aucun monument remarquable, si ce n’est le château du prince de Clary, où le roi de Prusse et les empereurs d’Allemagne et de Russie siguèrent, en 1813, le traité de la

Sainte-Alliance. Les principaux établissements de bains-sontle Stadtbad, le Kürstenbad , le Gürtlerhad , le Herrnhausbad : et. dans le faubourg de Schoenau, le Steinbad, le Stephansbad et le Sandbad (1 bain le matin, 18 kr. ; l’aprés-midi , 12 kr.). Les environs de Teplitz sbnt charmants. On y visite plusieurs villas et d’anciens châteaux en ruines. Excursion à (2 milles) Culm, où l’armée française, forte de 140000 hommes, fut battue par les alliés, le 30 août 1813. Trois monuments rappellent cette bataille.

— Diligence pour Carlsbad, 2 fois par jour eu été, une fois en hiver; trajet en 13 h. , voir R. 238.

39 milles 2/10. Lobositi (hôt.: Eisenbahn, Schiff), V. de 1800 hab., sur l’Elbe ; elle appartient au prince de Schwarzenberg ; son église , Stadtkirche, bâtie en 11 33, est consacrée à saint Wenceslas. Les environs de Lobositz s’appellent le Paradis ou la terre d’or de la Bohême. Au delà de la petite station deBauschnwitz, on aperçoit la belle V. de Leitmeriti sur l’Elbe’(5000 h.), dont la cathédrale date de 1054.

41 milles 7/10. llaudnits, V. de 3000 hab., possède, outre une belle église paroissiale , le château du prince ne Lobkowitz, dans lequel on trouve 80 salles richement meublées, une galerie de tableaux (portraits historiques), une collection d’armes et une bibliothèque de 45 000 vol. — On asse ensuite par Wegstatdtl et Vntererschkoirits. — On laisse à g. sur la rive dr. de l’Elbe, au confluent de la Moldau, la ville de ilelnik, célèbre par ses vignobles. On y remarque un vieux château.

46 milles 2/10. Weltrus , v. sur la rive g. de la Moldau . où l’on visite le château et le parc du comte Chotek.

On passe ensuite devant le château de Muhlhausen et l'on traverse les petites stations de Kralup. d’où partàdr.

l’embranchement des mines de houille de Kladno, Libschitz, llostock , Babencz, puis la Moldau et ses Iles, sur un viaduc de 87 arches, long de 1150 mèt.; il a coûté 3 500000 fl.

50 milles 6/ 10.. Prague, eu allem.

ALLEMAGNE

Prag , en bohème Prah (hôt. : Isolas.

Blauer Slern, de Saxe, dans !a Pflaster Strasse, Schwarzes Ross, Kolowrat Strasse. — 2* clas. , F.nglischer Hnfet Kaiser von Œsterreich,Scnellings Gasse, Bad, sur la rive g. de la Moldau; — en général ces hôtels sont malpropres. — Restaurants dans les principaux hôtels; — Cafés : Bahnhof Kaffee Haus; Français, près du Pujverthurm:

Blaue Traulte, en face du théâtre; Braithut , Pbstgasse. — Fiacres du chemin de fer aux hôtels, 30 kr. En ville, 15min. : 1 2 kr. ; 30min.: 16kr.,

1 h. : 34 kr. ; les heures suivahtes : 30kr. — Poste : Schillingsgasse, â côté de la Douane), V. de 124000hab. , et de 143000 (dont 4/7 Bohèmes et 3/7 Allemands), avec les faubourgs, capitale de la Bohême, est située sur les deux rives de la Moldau. Sa circonférence est de 1 mille 5/8 ; elle est entourée de fortifications , percées de portes que l'on ferme pendant la nuit; elle se divise en' 4 villes ou quartiers : 2 sur la rive dr. de la Moldau, l’Altstadt et la Neustadt, et 2 sur l’autre rive, la Kleinseite et le Hradschin; le Hradschin est la partie la plusancienne etlà moins peuplée; la Kleinseite, la plus riche en palais. Par l'aspect général de la ville , par ses souvenirs historiques et par ses monuments, Prague est une des villes les plus intéressautes de l’Allemagne.

Fondée vers le vil* siècle, elle avait dès l’an 1000 une certaine importance; elle fut assiégée inutilementau xr siècle par Henri 1", au xni' siècle, par les Tartares. Charles IV (134(3-1378) y appela des artistes et des savants :

la plupart des paysans eux-mèmes savaient à cette époque lire le bohème et le latin ; mais les guerres des Hussites , les incendies de 1419 et de 1541, la guerre de 30 ans, qui commença (1018) par la défénestration de Prague, la guerre de la Succession d’Autriche, la guerre de Sept ans, l’ont successivement dévastée. Ûn congrès y fut tenu en 1813 ; en 1833. la branche aînée des Bourbons, exilée, vint se retirer dans le Hradschin; en 1848, un mouvement populaire, d'abord couronné de succès, se termina par la sanglante insurrection du 2 juin. Au-

jourd’hui, Prague est le siège des autorités du royaume de Bohème et de l’archevêché primatial du royaume: on ÿ compte 50 églises, 22 chapelles, 17 couvents , 2 oratoires protestants,

11 synagogues, 189 tours, 3 bibliothèques publiques et 19 particulières, 354 fabriqués, tant dans la ville que dans les faubourgs.

Neustadt, ville neuve (dans laquelle descendent d’ordinaire les étrangers), date de 1348: elle fut longtemps ennemie et séparée de l’Altstadt.

IJnterc tcuxtadt. — C’est là que se trouvent les principaux hôtels et le Kænigshof, ancien palais des rois de Bohème, ensuite propriété de l’archevêque, aujourd’hui transformé en caserne.— Le National muséum, dans, la belle rue de Kolowrat (ouvert le mardi et lè vendredi, de 9 h. à midi; les autres jours, moyennant 20 kr.de pourboire), renferme de belles collections d’histoire naturelle, d’objets d’art, de manuscrits et d’autographes.

11 fut le théâtre des principales scènes de la révolution de 1848. — Le Rossmarkt, marché aux chevaux, l’une des plus vastes places de l’Europe , est orné des statues de saint Jean Népomucène et de saint Wenceslas; cette dernière statue est équestre.— Ve'alise Notre-Dame des Neiges, Maria Schneekirche, fondée en 1347, a été plusieurs fois partiellement démolie.

Obéré .Meuwtndt.— Le Viehmarkt (marché au bétail) ou Caris Plats, est une place longue de 570 mèt., et large de 160 mèt. On y remarque : le Neustwdter Ratlihaus , reconstruiten 1806, et servant aujourd’hui de prison. 11 reste une tour de l’ancien édifice : — V hôpital général, contenant 900 lits; — l’institut des sourds et muets, fondé en 1787. — L’église Saint-Étienne, élevée par Charles IX, et rebâtie en 1612, n arien d’intéressant.— Non loin de l’église se trouvent le beau jardin Salin , , dont les terres renferment 24 000 plantes, et l’Asile des aliénés, Irrenhaus , un des plus beaux établissements de ce genre en Autriche. Il peut contenir 500 malades. L’église de l’Assomption , à l’extrémité E. de Prague, a été bâtie en 1351 , dans le style gothique ; sa voûte, presque plate ,

est an chef-d’œuvre d’architecture. Elle j a beaucoup souffert des divers sièges que la ville a éprouvés, surtout de celui de 1757 ; elle reçut alors 807 boulets rouges qui y mirent cinquante fois le feu. — On voit encore dans l’Obere Neustadt : l’églisede Saint-Apollinaire, l' Elisabetherinnen (hospice fondé en 1719 par la comtesse de Wallenstein), l’abbaye de Bénédictins de Saint-Emmaüs, bâtie en f348, souvent saccagée, restaurée en 1635; la maison de détention provinciale ,Provinzial Straf haus, qui peut renfermer 1000 détenus (elle fut autrefois un palais de Wenceslas IV', et le bain Wenceslas, source minérale découverte par ce monarque en 1389.

Le lYyssehrad, faubourg situé sur une colline, au-dessus de la rive dr.

de la Moldau, renferme les ruines de l’Acropole de Prague. C’était autrefois le plus beau quartier de la ville; maintenant il en est le plus misérable.— Le Carolincnthal, faubourg de 1 1 000 h. , groupe ses 2000 maisons nouvelles autour de l’embarcadère du chemin de fer. On y remarque: l’hôtel des Invalides , pouvant admettre 2000 vétérans; l’eglise de Saint -Méthode et Saint -Cyrille, encore inachevée, et le, viaduc du chemin de fer, de 1080mèt., reposant sur 87 arches de hauteur et d’ouverture inégales.

AltMtadt^ ou vieille ville. — La Grosse Hing ou grande place, très-remarquable par tous les souvenirs historiques qui s’y rattachent , est décorée d’une statue de la Vierge. La Teynkirc lie, à demi cachéepar la Teynschule et quelques maisons . est l’église paroissiale de l’Altstadt ; fondée au ix” siècle , rebâtie au xv* , elle est surmontée par 2 tours de 84 môt., dont l’une, colle du N. , a été réédifiée en 1823 1 la plus curieuse îles entrées est celle de la Teyugæsschen. On re- ’marque à l’intérie’ur : le tombeau de TyChoBrahé (+ 1601',, la chaire, restaurée en 1846, le baldaquin du tombeau de l’évêque Lucianus( + 1492), la chapelle de la V ierge avec les statues de saint Cyrille et de saint Méthode.- — L'hôtel de ville ( Altstædter Rathliaus) date de 1338, et fut reconstruit peu après l’incendie de 1399; la tour

carrée de 1474 renferme le célèbre : Rathhâusuhr, horloge mécanique, exécutée en 1490 par maître Hanuscht; la façade orientale est ornée des statues des six souverainsqui ont le plus affectionné la villede Prague; ce fut devant cet hôtel de ville, qu’en 1420 , les Hussites se réunirent pour aller détruire les églises et les couvents catholiques.

— L Université ou Carolinum, la plus ancienne de l’Allemagne, fut fondée en 1348 sur le modèle de celle de Paris; elle était alors composée de 4 nations principales: Bohèmes, Bavarois, Polonais et Saxons, et comptait 200 professeurs et 30000 étudiants.

Jean Huss, en 1409, ayant essayé de restreindre le privilège des étrangers, 25 000 étudiants abandonnèrent Prague et fondèrent, en se dispersant , les Universités de Leipsick, Heidelberg et Cracotie. Le nombre des étudiants s’élève aujourd’hui à 2000. L’Aula renferme les portraits des rois de Bohême, des recteurs et des chanceliers de l’Université. — L’église Kreuiherrenkirche, imitée de Saint-Pierre de Rome, a été construitede IG72 à 1688.

— Le théâtre (de 1783), en face de la Itotter Casse, peut contenir 2000 personnes; on y joue l’été , en allemand , à 7 h., en bohème, de 4 à 6 h. — Le Clementinum , ancien collège des Jésuites, situé Jesuiten Gasse, forme tout un quartier, renfermant 2 églises et 2 chapelles , 7 cours, un grand nombre de collections, la bibliothèque de l’Université de 20 000 vol. et 3500 manusc. (on y voit Un magnifique manuscrit hussite d'hymnes sacrées), l’observatoire. — Le Caris Monument élevé en 1848, ensouvenirdu 500* anniversaire de la fondation de l’Université, a été fondu et ciselé & Nüremberg et à Dresde ; il est surmonté d’une statue de l’empereur Charles IV; des figures allégoriques de la Théologie, de la Philologie, delà Jurisprudence et de la Médecine, ornent le piédestal. — Le monument de l'empereur François I" ,. obélisque gothique en fonte de 23 mèt. , sr-

• tué sur le quai, est orné de nombreuses statues, également allégoriques. — Le I Pulrrrthum ^poudrière), appelé aussi I Neuthor (porte neuve), est curieux;

ALLEMAGNE

il date du jtv' siècle. — La Judenstadl, ville des juifs, labyrinthe de maisons obscures et malpropres, est une partie de l’Altstadt, habitée par 70U0 Israélites entassés les uns sur les autres; le cimetière où les lombes se comptent par centaines de mille, la synagogue et l’hôtel de ville de la Judensladt, d’où l’on peut contempler cette ville étrange , méritent une.

visite.

La Moldau traverse Prague du S.

au N. La Carlsbriicke , ou Kcenigsbrücke , pont de Charles ou du Roi, date de 1171 ; sa reconstruction , commencée en 1368, ne futterminée qu’en 1503. Deux hautes tours s’élevaient à ses deux extrémités, et il était décoré d’un crucifix en face duquel s’élevait une statue de la Justice; on y érigea au xvm* siècle des statues de saints, parmi, lesquels la plus vénérée est celle de saint Jean Népomucène qui fût, selon la tradition, jeté à cet endroit dans la Moldau , par les ordres du roi Wenceslas IV, pour avoir refusé de livrer le secret de la confession de la reine.— Les piétons sont tenus de prendre la droite sur ce pont. — La Schùtsen Insel, île du Tir, que traverse le beau pont suspendude rempereur François, s’appelait autrefois la petite Venise % Ferai nand I"la donna ;ila sociétédes arquebusiers; la partie N. , transformée en promenade, est ornée de la statue de saint Jean Népomucène. — Vile de Sophie, réunie à l’Altstadtpar un petit pont, est le rendez-vous du beau monde de Prague.

La H.Ieln»elte, ou petit côté , est la ville de la noblesse et de l’administration : on y trouve réunis dans un petit espace : le palais du comte Nostitx- Rinek. bâti en 1660 sur le Maliheserplatz : il renferme une galerie (20 kr. de pourboire) d’environ 400 tableaux, parmi lesquels on remarque des toiles de Holbein , Durer , Cranuch , Van Dyck (un saint Bruno), Breughel, Steèn, Schalken, Miéris, Van Ostade, Potter, Rembrandt , Hondekooter , Titien , Tintoret , Salvator Rosa . le Guide , l’Espagnolet, Ribera,le Poussin; une collection de statues, un cabinet d’estampes , un autre de médailles et une .bibliothèque. — L 'église parois-

siale de Saint-Nicolas , Stephansplatz, la plus vaste de Prague, bâtie en 1673, est dominée par une tour de 77 mèt.

Sur la môme place s’élèvent le Landhaus, palais des Etats, et la colonne de la Sainte- Trijiité , haute de 22 mèt., érigée en souvenir de la peste de 1713. — Le palais de Wallenstetn , Wallenstein Palast ou Waldstein Palast, construit en 1623, pour le célèbre Albert duc de Friedland, dont les revenus dépassaient 6 millions de th. (32000000 environ), était orné de nombreuses fresques et de peintures. 11 ne reste, dans leur état primitif, de cette habitation splendide, que le salon, une salle, une chapelle , une chambre de bains et une sorte de' grotte donnant sur le jardin.

Le jardin de Wallenstein est ouvert au public le dimanche, le jeudi et les jours de fête ( entrée 10 kr. ). — Le Volksgarten , jardin du peuple , créé en 1833 par l’Oberstburggraf Chotek, est divisé en deux parties que réunit un pont de bois.

Sur le Pfarrplatx se trouve le palais des Étals de Bohême, ancien palais des comtes de Thun. Le palais du comte Tliun dè Hohenstein est dans la'Pfarr liasse ; on entre dans son beau jardin par le 3' étage. — Le palais du prince Lobkowitx , sur le Woelsche Spital nlatz, bâti en 1769, renferme une collection de tableaux et de plâtres, et une précieuse bibliothèque. Dans le même quartier, on peut visiter l’arsenal de l'artillerie; le jardin botanique possédant 15 000 espèces de plantes; le parc du prince Kinsky (entrée, dimanche , mardi et jeudi, sur la présentation d’une carte délivrée au palais de la ville, Grosse Ring), le plus beau de la ville. Bientôt on y verra également le monument Radetzky , fondu avec 100 canons pris sur les Piémontais, et représentant le maréchal porté sur un bouclier par 9 soldats.

Le lirndMcüln. C’est l’Acropole de Prague; elle couronne la colline où la reine Libussa jeta les fondements de la capitale de la Bohême; Rodolphe 11 l’éleva au rang de ville. La place du Hradschin (Hradscliinerplatz) est formée par le château impérial , le palais archiépiscopal, le palais du prince de Schwarzenberg, et le couvent des Car-

raélites. Un escalier de 195 marches, le neue Stieg, y conduit. — Le château impérial de Saint-Wenceslas, St-Wenzels Hofburg (entrée de 11 h.

à 1 h. , pourboire, 30 kr.), comprend, outre le château proprement dit :

45 bâtiments publicsouprivés, 4 églises et .3 rues. Souvent pris et pillé, il fut, en 1837, habité par Charles X exilé; en 1848, par l’empereur Ferdinand; un incendie en détruisit une partie en 1855; dans une des cours, sur la terrasse, s’élève la statue équestre de saint Georges. L’intérieur du château renferme 440 chambres,

3 salles et diverses galeries. La plus curieuse des salles, au point de vue historique , est l’ancienne Landstube, par les fenêtres de laquelle les nobles de Bohême jetèrent deux des gouverneurs impériaux (défénestration de Prague). Deux pyramides de grès surmontées'd’une croix sont élevées dans les fossés à l’endroit où ils tombèrent sans se tuer. L’association des arts de la Bohême a entrepris 'la restauration de ce château. — La cathédrale de Saint-Vit, fondée en 930 par saint Venceslas1, fut reconstruite en 1344 par Peter Arler de Smünd ; malheureusement elle n’est point achevée; vrai modèle de l’art gothique, elle possédait autrefois d’étonnaijtes richesses, successivement pillées parles Hussites, les Protestants, les Suédois, les Allemands et les Hongrois. En 1757, pendant le siège qu’il fit de cette 'ville, Frédéric le Grand en perça la voûte <le 215 boulets. — On remarque à l’extérieur de cette cathédrale : la tour, haute de 128 mèt. ; elle en avait 156 avant l’incendie de 1541/, — les fresques de la façade, restaurées en 1771; — la mosaïque de la chapelle de la Sainte- Trinité, et la chapelle de saint Adalbert, devant la cathédrale; à l’intérieur, qui présente un aspect saisissant: — i le mausolée royal, construit en 1589 , par Rodolphe II ; — le monumei’t en argent de saant Jean Népomucène^ qn’ôn estime à 2 00 000 fl.; sur la balustrade , 4 statues d’argent représentent la Sagesse, la Discrétion , la Force et la Justice; 32 lampes d’arent et une lampe d’or pendent autour u njonument; — la chapelle de saint

Wenceslas , le Clovis de la Bohême fondée en 1367 : on y voit le casque et la cuirasse du saint, une colonnette monumentale, faite avec le cuivre des canons pris sur les Hussites, despeintures â fresques de Thomas de Mutina et de Nicolas Wurmser (ces dernières très-curieuses) : dans cette chapelle s’ouvre la porte de la salle où sont gardés les joyaux ou regalia du couronnement des rois de Bohême; — la cha- ■pelle Martinitz; — la sacristie ornée de portraits d’archevêques, et le trésor, renfermant de nombreuses reliques, parmi lesquelles des pages du manuscrit de l’évangile de saint Marc, la langue de saint Jean Népomucène parfaitement conservée, un clou de .la vraie crpix, une épine de la couronne d’épines; et en outre, lés statues d’or des saints Adalbert, Venceslas, Vit dt Ludmilla. — Les autres édifices du Hradschin , sont : le palais archiépiscopal; l’ancien palais Sternberg, qui renferme une galerie de 600 tableaux, visible tous les jours pour les étrangers, moyennant un pourboire de 20 kr. ; le palais du grand-duc de Toscane, aujourd’hui palais impérial, et celui du prince de Schwarzenberg ; le palais du comte Csternin ; le monastèi'e de Strahow, avec l’église de l’Assomption, fondé en 1140 par le duc WladislasII; pillé en 1419, rétabli en 1586, ce -monastère possède une galerie de 500 tableaux , une bibliothèque de 6.5 000 vol. -et un cabinet de minéralogie. L’église renferme le tombeau de saint Norbert, et un orgue, le plus beau de Bohême, comptant 50 régistres et 3177 tuyaux. On peut visiter encore, sur le Hradschin, l’église de Notre-Dame de Lorette et le Belvédère, ancien château où Tycho-Brahé faisait ' ses observations astronomiques. On en décore maintenant la grande salle de fresques , d’après les cartonsde Rubens.

Les environs de Prague offrent peu de promenades : c’est entre le Ziskaherg et Wolschan (rive dr. de la Moldan) que se livra la bataille de 1757 , où périt le comte 'Schwerin; le flawmgarten, sur la rive g., est tpès-fréquenté.

De Prague à Carlsbud, R. 238; aux

402 ALLEMAGNE

houillères de Kladno, Libschitz, Rostock, Bubencz, chemin de fer américain, voir ci-dessus.

DF. PRAGl'R A VIENNE.

54 milles par Brünn (61 milles par Olmutz), voir R. 251.

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