‹ Guide du voyageur en EuropeChapitre 356 sur 816 · DE TRIESTE A ZARA ET A CATTARO · texte numérisé non relu

DE TRIESTE A ZARA ET A CATTARO

Bateaux à vapeur 2 ou 3 foi» par semaine pour Zara en 24 h. Prix : t6 fl. et 10 fl. 45 kr.; 1 fois par semaine de Zara à Cattaro, pour 13 fl. 40 kr. et 9 fl. 5 kr.

On longe la côte accidentée de l’Istrie, et l’on aperçoit de loin Capo d’Istria, V. de 7000 hab., dominée par une belle cathédrale, nouvellement restaurée. On y remarque l’hôtel de ville, le pénitentiaire, les salines et le phare. Passant devant la presqu’île d’Isola, on touche ensuite à Pirano, V. de 9000 hab. , délicieusement située sur une baie. Suivent : Saltore, où s’élève un phare; le château de üaila; Citlanova, Parenso, vieille V. romaine; le couvent de Nicolo et la résidence épiscopale d’Orsera, d’où l’on découvre gu loin le Monte Maggiore , haut de 1450 mèt. Au delà de Rorigno (hôt.

Sismondi), V. commerçante et industrielle de 11000 hab. ,1a côte s’abaisse. On passe devant les Iles Brioni , et l’on voit à un détour se développer en amphithéâtre le b. de

i*oia (aub. Anfiteatro), peuplé de 1200 hab. C’était autrefois la V. romaine de Pietas Julia ; elle compta, dutempsd’Auguste, prèsde 40000 hab.

Occupée en 1148 par les Vénitiens, elle fut ensuite longtemps disputée par les républiques rivales de Gènes et de Venise, et finalement détruite en 1379. Son port est magnifique, et

ALLEMAGNE

les Autrichiens travaillent maintenant à en faire un autre Portsmouth.

Parmi les antiquités romaines de Pola, on remarque surtout : le temple d’Auguste, fondé en l’an 19 de l’ere païenne; il est du style grec le plus pur, et sert «actuellement de musée; — les ruines du temple de Diane; — la Porta Aurea, arc de triomphe de style corinthien, élevé du temps d’Auguste;— la Porta Ifercutea et la Porta Gemina, anciennes entrées du Capitole ; — le magnifique amphithéâtre , élevé en l’an 89 de l’ère actuelle , long de 116 mèt. , large de 108, flanqué de 4 tours, et pouvant contenir jusqu’à 18000 spectateurs. Il est bien mieux conservé que celui de Vérone. Les principaux monuments du moyen âge sont la cathédrale, du xii* siècle, et le. couvent des franciscains, remarquable par son cloître du xm* siècle On montre près de là un laurier de 10 siècles d’existence ; qui , selon la tradition, aurait été planté par César. Du haut de la colline, on jouit d’une vue magnifique sur la mer, sur l’amphithéâtre et sur les ruines.

Au delà de Pola, le bateau à vapeur touche à des îles nombreuses.

znrn , capitale fortifiée de la Dalmatie , V. de 8000 hab. , possède de belles églises, des villas, et un vaste jardin public.

Sebenico,b. entouré de vieilles murailles, est dominé par une antique cathédrale et la tour Barone.

Traii est remarquable par sa belle église du xv' siècle.

Spalatro est une antique V.de fondation romaine. On y visite les ruines d’un palais de Dioclétien; un temple de Diane transformé en église; un temple d’Esculape ; un aqueduc et un musée renfermant un grand nombre d’antiquités. Près de la ville jaillit une source sulfureuse. A 1/2 h., on a découvert les ruines de l’antique V. de Salona, où s’élèvent de nombreux édifices romains.

nuKiiHe, V. fortifiée de 5000 hab. , siège d’un évôché, fondée au vi* siècle par des fugitifs d’Êpidaure, devenue plus tard capitale d’une république puissante, donnée sous l’Empire au maréchal Marmont, autrichienne depuis 1814. Ses curiosités sont: la cathédrale, l’ancien palais du gouvernement, la douane, le monument de Pruzzato. Raguse est la patrie de Baglivi et de Boscowish.

Traversant la baie appelée Bouches de Cattaro, et qui donna son nom à un département ae l’empire français, on arrive à la petite V. forte de cattaro, autrefois port important, d’où une route se dirige par les montagnes vers le Monténégro, voir la Turquie.

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ILES BRITANNIQUES

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

t. Situation, limites, étendue.' — 2. Aspect physique, montagnes et eaux. — 3. Climat, t 4. Divisions principales. — 5. Population. — 6. Histoire. — 7. Gouvernement. — 8. Religion, instruction publique. — 9. Finances. — 10. Armée et marine. — 11. Productions naturelles, agriculture. — 12. Industrie, commerce. — 13. Monnaies, mesures et poids. — 14. Passe-ports et visas, douane. — 15. Moyens de transport : chemin de fer, postes, diligences, bateaux à vapeur. — 16. Hôtels. — 1-7. Télégraphie électrique. — 18. Bibliographie.

1. Situation, limites, étendue. — Le royaume britannique, British united Kingdom , united Kingdom of Gréai Britain and Ireland , est situé au N. de la France, entre 49° 55' et Cl* de latitude N. ; 0* 15' et 12* 56' de longitude O. Baigné par l’océan Atlantique, il est séparé à l’E. de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Allemagne, du Danemark, de la Suède et de la Norvège, par la mer Germanique; au S., de la France, par la Manche. Il se compose de deux grandes îles , la Grande-Bretagne et V Irlande. La première de ces îles comprend l’Angleterre et l’Êcosse.

La superficie du Royaume-Uni est de 119286 milles carrés anglais, en ce qui concerne les 3 royaumes : elle est, en y comprenant les possessions européennes de Gibraltar. Malte, Gozzo, Helgoland, les îles Ioniennes, de 123882 milles carrés anglais. En ajoutant à ce chiffre les possessions anglaises hors de l’Europe, 204SÔ04 milles carrés anglais, on arrive à un total général de 2 171 386 milles carrés.

2. Aspect phy nique, montagnes et eaux. — Le sol des îles qui forment la presque totalité du territoire du Royaume-Uni en Europe, est peu élevé; il forme de vastes bassins ondulés, que séparent des faites peu considérables. Dans la Grande-Bretagne, qui renferme les principaux massifs du relief de l’archipel, ces massifs occupent l’extrémité septentrionale, l’Ecosse, et les deux presqu’îles de sa côte occidentale , le pays de Galles et de Cornouailles. Dans l’Irlande ces massifs sont moins considérables, moins nombreux, presque isolés , et répandus sur le contour de l’île. Le sommet culminant des montagnes de Galles, le Snowdon, s’élève à 1089 mètres; celui des montagnes d’Ecosse, le Ben Macdhui, là 1332 mètres; le point culminant de l’Irlande à 1517 mètres. C’est à la disposition des bassins qu’est due l’étendue et le volume proportionnellement considérable de plusieurs fleuves : la Tamise, par exemple, navigable pour les plus gros bâtiments jusqu’à Londres, à 72 kil. de son embouchure , et le Shannon que les bateaux remontent presque jusqu’à sa source.

3. Climat. — Le climat, humide en général et pluvieux, est cependant salubre : il n’a pas les mêmes variations de température qu’on observe dans les régions continentales à latitude égale ; les étés y sont moins chauds , et les hivers moins froids. Du S. au N. , la température moyenne varie de + 12* à + 7* C. Dans la Grande-Bretagne (au niveau de la mer) les chaleurs dépas-

Iles britanniques.

sent rarement 27* C. Les vents froids d’avril, mai et juin, sont les plus défavorables et les plus nuisibles.

4. »lvlnlon» principales. — Le territoire du Rovaume-Uni se partage en 52 comtés ou Shires pour l’Angleterre, 33 pour l’Ecosse, et 4 grandes provinces ou 32 comtés pour l’Irlande.

5. Population. — La population des trois royaumes est de 28416058 hab., dont 19304000 pour l’Angleterre proprement dite, 3064566 pour l’Ecosse, 6047 492 pour l’Irlande.— Celle des possessions européennes est de 146591 hab., ce qui porte l’ensemble de la population en Tîurope à 28562649, et, en y ajoutant les possessions anglaises hors de l’Europe (soit 215299 500 hab.) à 243862149 hab-

6. Histoire. — La Grande-Bretagne, Prydain, nom que les Romains traduisirent par Britannia, ne comprenait que la partie méridionale appelée aujourd’hui Angleterre; le reste de l’Ile à partir de la Clyde était désigné sous le nom de Calédonie. Elle ne possède pas d’histoire authentique avant J. César, qui parut en 55 et 54 av. J.-C. Claude (43 après J.-C.) poussa plus avant ; de 78 à 85, les armées romaines sous la conduite d’Agricola pénétrèrent jusqu’aux Grampians. Honorius (411) abandonna la Bretagne qui, incapable de se défendre contre les Pietés, appela à son secours les Saxons (448). Ceux-ci accoururent (449) et fondèrent 4 royaumes (455-527) : les Angles qui les suivirent en formèrent 3 autres (542-584). Ces royaumes ( Heptarchie ) furent réunis en un seul, sous Egbert le Saxon (827). Jacques I (Jacques VI en Ecosse), fut le premier qui réunit sous un seul sceptre" l’Angleterre , l’Ecosse et l’Irlande. La reine Victoria, dont l’avénement au trône date de 1837, est aujourd’hui reine du Royaume-Uni.

JV. B. Nous donnons en tête de l’Angleterre, de l’Ecosse et de l’Irlande, quelques détails historiques spéciaux.

7. (gouvernement. — Le gouvernement est une monarchie constitutionnelle, héréditaire, par ordre de primogéniture (les femmes'sont aptes à porter la couronne). Le souverain est roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, défenseur de la foi. Il doit être anglican et ne peut épouser qu’une protestante; l’héritier présomptif de la couronne porte le titre de prince de Galles (prince of Wales). Les deux chambres du parlement sont : la chambre des lords ou des pairs et la chambre des communes. La chambre des lords (house of lords, house ofpeers), comprend les pairs spirituels (archevêques et évêques anglicans, et l’un des archevêques et des évêques d’Irlande), et les pairs temporels, les princes de la famille royale, les pairs et pairesses (celles-ci votant par délégués) du Royaume-Uni; 2“ les pairs écossais élus temporairement, les pairs Irlandais élus à vie; 3° les lords magistrats (lordsat-law) , juges (les 3 hautes cours d’Angleterre. — In chambre des députés ( house of Gommons ) , se compose des députés des comtés ( knights of the shires), des députés des populations agglomérées, soit des cités (cities), soit des bourgs (boroughs), et de ceux des trois universités d’Oxford, Cambridge et Dublin. Les ministres de la couronne n’ont entrée aux chambres qu’à leur titre de lords ou de députés. Le roi est inviolable et ne peut méfaire ( cannot do wrong); les ministres sont responsables. — Le Royaume-Uni n’a pas de corps de lois coordonnées ou de code; sa législation se compose de la loi commune (common law, unwritten law), comprenant les ordonnances roya-

vosle

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 493

les, les arrêts de cours , et les coutumes, et les statuts, loi écrite ( wrillen laïc), comprenant tous les actes du parlement.

8. Bellitlon, inMtruction publique. — Le souverain est chef suprême et gouverneur de l’église nationale (suprême Head and Governor of the national Church); l’exercice de tous les cultes est libre, cependant deux cultes sont déclarés religion de l’État ( established Church), celui de l’Église calviniste épiscopale, pour l’Angleterre et l’Irlande, celui de l’Église presbytérienne pour l'Ecosse. Les deux Églises établies jouissent de privilèges considérables; toutes les communions chrétiennes participent cependant aux droits civils et politiques; les israélites, par une exception au moins bizarre , sont mis en dehors de plusieurs de ces droits.

11 n’y a pas dans la Grande-Bretagne de système général d’instruction publique régulièrement organisée : l’enseignement y est libre. —Les universités sont celles d’Oxford , Cambridge, Londres, Durham, Edimbourg, Glasgow, Aberdeen, Saint-André et Dublin; cellçs d’Oxford, Cambridge et Édimbourg sont les plus célèbres. Les plus anciennes. Oxford, Cambridge et Dublin, ne confèrent les grades qu’aux membres de l’Eglise anglicane. Chaque école a son régime et son organisation particulière et reste dans les conditions primitives de sa fondation. Deux sociétés particulières, la British and Foreign- School-Society (fondée eu 1808), qu’on nomme encor» société britannique, et la National-School-Society , qui reçoivent une forte subvention du parlement , ont contribué à multiplier les écoles , surtout en Angleterre. Les enfants au-dessous de 11 ans employés dans les manufactures sont tenus dans tout le royaume de passer 2 h. par jour dans les écoles.

De très-nombreuses sociétés académiques et d’encouragement existent aussi , mais la plupart sont fondées en vue des sciences et des arts, appliqués à l’industrie et au commerce.

9. *’ln«neen. — Les recettes effectuées durant l’année financière de 1857-58

s’élèvent A... , €7 881 513 liv. st.

Les dépenses durant la même année A s,. 70378859

Le déficit est donc de 2497346

Le budget présumé pour 1858-1859 (chambre des communes, 13 février 1857) est de 63120000, dans lesquels sont compris 28550000 liv. st., intérêts de la dette.

La dette publique était au 31 mars 1856 de 775312694 liv. st., savoir :

Dette à 2 1/2 0/0...,* 3007 755

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