LONDRES
Mudie , King Street, Holborn-, Cotes, Horne et Hebert, Cheapside.
Poste. Le bureau central est situé au milieu de lâ ville, rue Saint-Martin’s le Grand. Toutes les lettres portées à l’un des bureaux avant 5 h. 30 min. du soir sont expédiées le jour même. L’affranchisserilent par timbre-poste (2 d. pour l’Angleterre, 4 d. pour la France) est obligatoire.
Télégraphe. Le bureau central des télégraphes anglais est à Lothbury, visà-vis de la Banque d’Angleterre. Les autres bureaux principaux sont aux gares des chemins de fer, à l’hôtel des Postes, et à 448, West Strand.
• i.on lires , London, la métropole de la Grande-Bretagne et de l’Irlande , la ville la plus peuplée, la plus riche et la plus commerçante du monde entier, est située sur la Tamise, qui la divise en deux parties, à 55 milles de son embouchure. — Sa partie septentrionale, la plus considérable, se trouve dans les comtés de Middlesex et d’Essex, et sâ partie méridionale dans ceyx de Surrey et de Kent. Cette grande capitale . formée par les cités dé Londres et de Westminster et p,ir les bourgs de Tower Hamlets, Southwark, Lambeth, Finsbury et Marylebone, a été décrite en ces termes par J. B-. Say : « Londres n’est plus une ville, c’est une province couverte de maisons. En effet, sa population, d’après le recensement de 1851 , s’élevait au chiffre énorme de 2363141 habitants, dont 1 104 358 du sexe masculin , et 1 258 785 du sexe féminin. En 1849, elle avait consommé : 174500 hectol. de blé, 240000 bœufs, 1700000 moutons, 28 000 veaux, 35000 porcs, 4024 400 volailles/un seul marené),. 3 000000 saumons, 1 961 280 hectol. de porter et d’ale, 90800 hectol. de spiritueux, 65000 muids de vin, le lait de 13 000 vaches, 3000000 de tonneaux de charbon , dont la fumée s’aperçoit quelquefois à 32 milles de distance. 2 025000 hectol. d’eau par jour, etc.; ses 360000 becs de gaz brûlent, toutes les 24 heures. 13 000 pieds cubes de gaz. j> Acluellemerrt, la population dépasse 2 800000 hab.; elle augmente d’environ 50 000 par an.
ANGLETERRE
La C\{é de Londres, située presque au centre de la métropoledu Royaume- Uni, n’en forme qu’une très-faible partie, car sa superficie n’ést que de 228 hectares. Elle a pour limites, au S., la rive septentrionale de la Tamise; àl’O., MiddleTeippleLane, Temple Bar, Southampton Buildings ; au N. , Sqiithfield , Barbican Lane , Finshury Circus: àl’E. , Petticoat Lane et Mrnories.
Sa population s’élève à 120 000 hab., qui nomment quatre déptités au Parlement ; ses murs ont depuis longtemps disparu; il ne reste des anciennes
Sortes que Temple Bar. La corporation e la Cité, le corps municipal le plus riche et le plus puissant qui existe dans aucune ville du globe, se compose d’un lord maire (lord mayur), de 29 aldrrmen (y compris le lord maire), de 2 shéniïs pour Londres et Middlesex, de 209 conseillers municipaux ( coin mon cauncilmen) , nommés tous les ans par les 26 t tards (divisions) de la Cité; d’un recorder et d’autres fonctionnaires d’un ordre inférieur. Les aldermen (il y en a un pour chaque ward) sont élus pour la vie;, le lord maire est élu tous les ans, le 29 de septembre ; il doit être pris dans le corps des aldermen, et avoir rempli les fonctions de shériff. Son autorité, égale à celle d’un lord lieutenant de comté, s’étend sur toute la Cité et sur une partie des faubourgs Bans l’intérieur de la Cité , il a le droit de préséance sur tous les . membres de la famille royale . le roi excepté. Ce droit, contesté par George IV, alors prince de Galles, dans la cathédrale de Saint- Paul, mais maintenu par sir James Shaw, a été confirmé pat George III.
A la mort du souverain, il siège au conseil privé et’ il signe le premier. Il touche, pour son année, une somme de 800U liv. st. ; mais il dépense beaucoup plus que ses appointements La revenu actuel de la corporation s’élève à 4 millions de francs par an.
A l’O., la Cité de Londres touche à la Cité de Westminster, nui se trouve bornée au N. par Oxford Street, de Tottenham Court à Kensington Gardens; TE., par la Serpentine; au S. et fcl’O., par la Tamise. Quoiqu’elle ait une population hien supérieure à
celle de la Cité de ladres (on y compte 3Q0QQ0 hab.) , la Cité fte Westminster ne possède pas de municipalité, et elle nomme seulement deux députés au Parlement.
Les ."> bourgs qui., avec ces 2 cités, composent la vijle de Londres, nomment chacun 2 membres de. la chambre des communes. Les 3 plus importants, Marylebone, Finsbury et Tower Hamlets, forment une ligne continue au N. et àl’E. des deux Cités, tandis que les deux autres, Lajnbeth et Southwark, se trouvent situés sur la rive méridionale ou la rive dr. de la Tamise.
Les démarcations sociales ' de Londres ne sont pas moins utiles h connaître que ses divisions politiques. — Le quartier riche, de lion ton, fashionable , le West End , a pour limites (ces limites sont un peu vagues) , à l’E., Regent Street et Waterloo Place; au S., le ..Mail, dans Saint-James’s Park ; à l’O. , Park I.ane et Qtieen’s Walks; au N., Oxford Street, de Regent Street à Hvde Park. Ce vaste carré comprend la majeure partie des habitations de la noblesse, ou de ce qu’on appelle à Londres l 'élite de la fashlon. Au N. et au S. s’étendent deux quartiers neufs nommés Tyburnia et Belgravia. Tyburnia, qui a pour habitants les hommes de loi et les négociants de la Cité’, est bornée, à l’E. , par Edgeware Road ; à l’O. , par Bayswater: au N. , par Maida Hill; au S. . par Hyde Park et Kensington Gardens. Belgravia, ou l’aile méridionale du West End. se trouve comprise entre Grosvenor Place à PE. , Sloane Street à l’O. , Knight’s Bridge au N.,, et Kbury Street aub. E. ; on y remarque surtout Belgrave • Square et Eaton Square, dont les maisons, véritables palais, témoignent par leur seul aspect de la position sociale de leurs haliitants. Chelseac t II rom plan touchent à Belgravia, ainsi que le. quartier insalubre et mal habité de Westminster proprement dit. Enfin, au. N. E. de Tytiurnia s’étend le quartier de Regent’s Park , où l’on remarque quelques belles terraces. Les autres grands quartiers sont, à part celui de Bloomsbury , où se trouvent réunis un nombre assez. cou-
SU
sidérable d’hommes de loi, presque entièrement abandonnés au commerce ou à l’industriç; mais la Cité est le centre où viennent converger toutes les affaires commerciales . industrielles, contentieuses, etc. Chaque intérêt y a son représentant dans ses ruelles étroites, humides et sombres.
Patrons,' commis, clients y arrivent, pour la plupart, le matin et en repartent le soir. Tous les jours de la semaine, des milliers de voitures et de piétons $’y croisent incessamment dans tous les sens; la nuit, mais surtout le dimanche, c’est un véritable désert. ‘
Si toutes les rues de Londresne formaient qu’une seule ligne, elles auraient une longueur totale.de 4U00 milles; les grandes voies de communication sont ;
Sur la rive g. de la Tamise, en allant directemeut.de l’E. à l’O. : Commercial Road et Mile End Road, I.eadenhall Street, Corn Bill, Cheapside, Newgate Street , Hoiborn , Oxford Street; op Cheapside, Ludgate. Hill, Fleet Street, Strand; en allant également de Ï’JS. à l’O., par une courbe, City Road et New Road-
Sur la rive dr. : Westminster Road, Waterloo Road , Blackfriars Road , Bridge Street, Wellington Street, etc., routes ou rués qui, partant de chacun des ponts, vont aboutir à la taverne appelée Eléphant and Casile, située à une distance à peu près égale de tous les ponts (à l’exception de celui du Vauxhall).
« Les maisons anglaises, a dit un voyageur français, n’ont pas de portes cochères; presque toutes sont privées de cour; un fossé recouvert de barreaux ou garni de grilles les sépare du trottoir. C’est ’qu fond de cetta tranchée que sont placées les cuisines, l’office et les dépendances, charbon de terre, le pain, la viande, enfin toutes les provisions de bouché se descendent par là sans, causer aucun dérangement aux maîtres; les écuries sont habituellement placées dans d’autres bâtiments, quelquefois assez éloignés; la brique est la base ordinaire des constructions. Les étages ne dépassent guère le nombre de. trois, et
ne comportent que deux ou trois fenêtres de frpnt, car uno maison n’est ordinairement habitée que par une seiile famille. Les fenêtres affei tent cette forme connue chez nous sous le nom de châssis à guillotine. Un perron de pierres blanches, jeté comme un pont-levis sur le fossé où se trouvent Les offices, relie la maison à la rue, et la parte, peinte en chêne, est souvent ornée d'un écusson de cuivre, où sont écrits les noms et qualités des propriétaires ou locataires; tels sont les traits caractéristiques d’une vraie maison anglaise.
« Une chose qui donne à Londres un aspect tout particulier, outre la largeur de ses rues et de ses trottoirs, et le peu de hauteur des maisons.
c|est^fa couleur noire uniforme qui revêt tous les objets; rien n’est plus triste et plus lugubre; ce noir n’a rien des teintes rembrunies et vigoureuses que le temps donne aux vieux édifices dans les contrées moins septentrionales : c’est une poussière impalpable et subtile qui s'attache à tout, qui pénètre partout et dont on ne peut se défendre. On dirait que tous les monuments sont saupoudrés de njiiie de plomb;, l’immense quantité de charnon de terre que l’on consomme à Londres pour le chauffage dés usines et des maisons, est une des principales causés de ce deuil général dès édifices, dont les plus anciens ont littéralement l’air d’avoir été peints avec du cirage.
« L’architecture des maisons habi:
tées par les classes riches est tout à fait grandiose et monumentale , quoique d’une composition hybride et souvent équivoque; jamais l’on n’a vu tant de colonnes et tant de fron.tons, même dans une ville antique. Les Romains et les Grecs n’étaient pas si Romains et si Grecs assurément que les sujets de Sa Majesté Britannique.
Vous marchez entre deux rangs de Pâr.thénons, c’est flatteur. Vous ne voyez que des temples de Vesta et de Jupiter Stator; et l’illusion serait complète, si dans les entre-colonnements vous ne lisiez des inscriptions du genrie de celles-ci : Compagnie du gaz , Assurances sur la vie.
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ANGLETÈRRE.
« L’ordre ionique e?t bien vu, le dorique encoremieux: mais la colonne estummienne jouit (l’une Vogue proigieuse, on en a mis partout ..comme la muscade dont parle Boileau. Ces colonnadeset ces frontons ne manquent pas, au premier coup d’œil, d’un certain aspect splendide; mais toutes ces magnificences sont, pour la plupart, en mastic ou en' ciment romain, car la pierre est fort rare à Londres.... »