MOSCOU
607 verstes. Moscou , en russe Moskva, en allemand Moskau (hôt. :
de France, à la Pétrowska; de Dresde, à la Swerskoï; Chevalier, dans la Gazetnoi Péreoulok ; Anglais ; Howard ; Pigeon : Metcalf; table d’hôte à la Loubienka chez Mme Billet et chez Mme Rousselle ; Schuwaidischoif dans la Twerskaia. — Cafés : Doublet; Giles, pont des Maréchaux ; Fayet, à la üwerskaïa. — Cabinets de lecture :
librairie Urbain ; Gauthier et Manighetti, pont des Maréchaux. — Poste aux lettres à la Miasnitskata ; bureau ouvert tous les jours, le dimanche excepté), V. de 354 927 hab., d'après le recensement de 1850, située sur la Moskowaou Moskwa, affluent del'Oka, ancienne capitale et V. sainte de la Russie. Feintée en 1147 par lonun l,r (Dolgorouky) , elle devint au xiv* siècle la capitale de la Moscovie; jusqu’alors Kiew et Wladimir avaient porté ce titre. Moscou, la merveille des cités slaves, a souffert de terribles catastrophes; envahie et saccagée à plusieuis reprises par Tamerlau et les tribus tartares, ruinée eu 1536 par un incendie oé périrent 10 OUI habitants; réduite en cendres eu 1616, puis en 1812 pendant l’expédition française, elle a perdu des J trésors immenses, sans gagner beau- j coup en régularité, telle quelle est aujourd’hui, après s’étre rapidement relevée, elle est une grande cité entourée de murailles, qui renferment de vastes terrains fortement ondulés, traversée par une rivière et un canal, coupée de .ardins, de lacs, de boule-
vards concentriques qui l’enfermeni dans une double muraille.de verdure.
Elle se distingue, entre toutes les capitales de l’Europe, par son étrange pêlemêle d’églises, d’édifices d’une architecture sans nom, pleine de caprice et d’un surprenant ellet, par des bazars peuplés de marchands de tous les pays, des rues brillantes aboutissant à nés ruelles, des échoppes adossées à des palais: c’est une cité vraiment russe et presque orientale, surmontée par une forêt de dômes, de tours, de clochers et de clochetons dorés ou semés d’étoiles métalliques; le nombre de ces tours ne s’élève pas à moins de 3600.
Au point de vue administratif, Moscou est le siège d’une partie du sénat dirigeant et du Saint-Synode dirigeant, le chef-lieu d’une éparchie grecque, le siégo d’une académie ecclésiastique, d’une université, d’une académie impériale de médecine et de chirurgie, d’un institut arménien, d’une école impériale d’architecture, d’une école théâtrale, etc. Son commerce d’entrepôt est considérable; c\ st la ville manufacturière la plus industrieuse de l’empire.
Au centre et sur une colline s’élève
l.G KREMLIN.
Palais. — Le Kremlin (Kremle) est une enceinte fortifiée, fermée par une haute muraille de 1700 mèt. de circuit, contenant lis antiques palais des tzars et les vieilles basiliques : aux yeux du Russe , il est ce que l’Acropole était pour Amènes et le Capitole pour les Romains. La porte du Bédempteur {tpass ïo rota) en est la porte sacrée ; elle vit passer les triomphes de Wassili, vainqueur de Kasan, et de Michel, vainqueur de i’Lkraine. Son architecture est bizarre et curieuse. Elle est ornée d’une vieille peinture sous verre, objet de la vénération de tous les Russes, et devant laquelle brûlent continuellement des cierges.
La porte de Saint-Mcolas , moins remarquable comme construction , est aussi 1 objet d’un religieux respect, et possède une image à laquelle on attribue un pouvoir miraculeux.
Les vieux palais du Kremlin furent
ruinés en 1812, et n’ont pu être rétablis entièrement; il n’en reste plus que la'l'érémaetle Granovitaia Palata, qui durent leur restauration aux empereurs Alexandre 1" et Nicolas I,r»
La Terema.— La Téréina est, dans les maisons russes, la chambre d’en haut, d'ordinaire occupée par les jeunes filles: elle est souvent chantée dans les poésies nationales. Le palais de la Téréma est formé de quatre étages ,qui s’élèvent en diminuant toujours de largeur, et se terminenlparuueseule chambre.
11 était réservé aux princesses filles des tzars. On montre au premier étage la salle du trône et les salies d’audience des premiers souverains de la Moscovie; les murs en sont couverts de décorations aux cou.eurs brillantes, qui rappellent celles de l’Alhambra ; c’est une incroyable profusion de feuilles, de fleurs, de fruils, d’arabesques, d’or, d'argent, d’azur, spécimen rare aujourd’hui de l’ancien style national; la Téréma renferme aussi une collection de portraits des tzars; la terrasse , célèbre par la beauté du panorama dont on y jouit, est cehe d’où Napoléon coutempla les merveilles de la cité qu’il venait de conquérir. — On entre ensuite dans la peine église du Bédempteur, richement ornée à l’intérieur et remarquable à l’extérieur par ses douze coupoles.
Le (-ru n ut ttuïu-i'alHiu est rattaché au grand palais par une galerie.
C’est un édifice de construction bizarre, et de forme à peu près cubique.
Au second étage se trouve la salle du couronnement des empereurs, basse, voûtée et soutenue par une seule colonne. Les murs sont tapissés de velours cramoisi brodé d'aigles d’or; le trône s’élève sous un dais de velours, entouré des écussons de diverses provinces de la Russie: après la cérémonie à laquelle elle est consacrée , cette salle 'ne s’ouvre plus qu’aux visiteurs étrangers.
Le grand p»lalm(Bolshoï Dtoreti), nommé encore palais d’Alexandre, du nom du loudateur, est vaste, très-élevé et d’un bel aspect. Les domestiques du palais conuuiseut dans la salle du trône de l'empereur Alexandre , dans la salle de bains de l'impératrice Ma-
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rie, et dans le boudoir de la même impératrice, orné de quelques belles copies des maîtres italiens. L’appartement de l’empereur Alexandre est conservé intact, tel qu’il le laissa à son départ pour son voyage en Crimée.
Le petit palalt» ( Maloi-Dvorets) fut construit par l’empereur Nicolas, qui y passa les premières années de son mariage. L’intérieur, d’une extrême simplicité, renferme, outre une bibliothèque intéressante, quelques peintures estimées d’artistes russes, et une toile de Canaletto (Bernardo), représentant l’élection de Stanislas-Auguste de Pologne par la diète de Varsovie.
Églises. — La cathédrale de l’Assomption, Uspenski Sabor, est située sur la Sabornoï Ploschad (place de la cathédrale) , où se groupent les plus célèbres églises de la Russie: | celle de l’archange Michel, et celle de Notre-Dame de la Cave ; la place entière a été, parles soins de l’empereur Nicolas, entoûrée d’une grille en fer, d’un beau travail. L’église de l’Assomption, fondée en 1325, rebâtie en 1472, présente un luxe et un assemblage d’ornements étranges , des arabesques dorées, et sur des fonds d’or, des personnages saints de laplus grande dimension, peints par des artistes nationaux sous le tzar Wassili Iwanovitch. L’architecture intérieure est-d’un style gréco - italien. On y remarque' un mont Sinaï formé de l’or le plus pur; une bible, don de Nathalie Narislikine, mère de Pierre le Graud, si lourde et si chargée d’or et de pierres fines, que deux hommes suffisent à peine à la porter ; le trône de Wladimir le Grand; une peinture attribuée à saint Luc; environ 2300 portraits de saints et d’hommes célèbres, parmi lesquels figurent les historiens Thucydide et Plutarque ; les tombeaux des patriarches de la religion grecque.
L’église de l’Assomption est celle où les empereurs de Russie sont couronnés.
La cathédrale de l'archange Saint- Michel , Archangelukî Sabor, est un édifice d’un aspect mesquin. Les murs sont noircis à l’intérieur par la fumée de l’encens et des cierges. Elle contient les portraits des souverains
qui régnèrent en Russie jusqu’à Pierre le Grand, et leurs tombeaux en simple brique blanchie au dehors. On .montre aux visiteurs le corps du faux Dmitri , objet de la vénération du peuple.
L’église de l’Annonciation est
également riche en reliques et en débris historiques et curieux : le siège des anciens tzars ; des peintures . à fresques d’une composition naïve; le pavé formé de pierres précieuses, jaspes, agathes et cornalines. v
Autres édifices. — La Maison du Saint-Synode ( Synodalni dom ) était autrefois la maison des patriarches de Moscou ; c’est aujourd’hui le siège d’une partie du Saint-Synode. Elle renferme le trésor et la bibliothèquedes patriarches, collection magnifique de bibles en différentes langues. Une église est attachée à cette maison. On y conserve, dans trente vases d’argent, don de l’empereur Paul, le mir, huile sainte qui ne se compose qu’au Saint-Synode de Moscou, et sert au baptême de tous les enfants de la Russie.
Le Sénat est un immense assemblage de constructions de styles divers, occupé par les bureaux du gouvernement de la ville et de la province. — La Trésorerie ou Orovjie Palast (une autorisation du gouverneur est nécessaire pour y entrer) est un vaste palais plein ue trésors d’une magnificence inouïe.
Le vestibule est orné de bustes d’un travail remarquable, représentant des gentilshommes polonais du xvn* et du xviii* siècle. On y voit , en outre, les voitures de cérémonie des souverains et des patriarches; l’une, Tort petite est celle de Pierre le Grand; l’autre, de dimensions inusitées alors, appartenait à l’impératrice Élisabeth: elle y prenait ses repas avec 12 personnes de sa suite pendant de longs voyages entre les deux capitales. La grande cloche de la puissante Novogoroa , considérée par les citoyens de cette ville comme leur palladium , est conservée à la Trésorerie ; — l’étage supérieur est un véritable musée historique, où sont rangées, dans une suite de salles, des objets curieux, entre autres: le portrait de Catherine II en costume d’homme; celui d’Alexandre I*r, au-dessous du-
quel sont suspendues les clefs de Zamosk et de Varsovie; les couronnes des différentes contrées devenues provinces du vaste empire, et celles des tzars de Moscou; U’autres offertes à Wladimir le Grand par l’empereur Coinnène ; la couronne de Kasan, apportée à Moscou par Iwàn Wassil»; celle de Wladimir li Monomaque, qui servit aux empereurs jusqu’à Pierre le Grand; celleU Alexievitch, enrichie de 881 diamants et d’un énorme rubis; celle de Pierre le Grand, et celle de Catherine lr*, sa veuve, ornée de 2536 pierres fines; celle de Pologne, d’or poli, sans aucune espèce d’ornement; le trône d’iwan Wassili, œuvre remarquable d’un artiste grec , présentée par les ambassadeurs, qui accompagnèrent la princesse Sophie, tille de Thomas Paléologue Porphyrogénète ; celui de Boris Godunoff , revêtu d’or et de 2536 turquoises et pierres fines; celui de Michel Romauoff, qui en compte près de 9000; ceux d'Alexis sou fils, de Pierre le Grand et lwan son frère , de l’empereur Nicolas ; le sceptre de Pologne ; une selle de Catherine II , brodée de pierres précieuses; enfin des costumes île tzars et des trophées de la plus rare beauté.
L'arsenal ou Orusheinaia Palata (palais des armes) est situé près de la Trésorerie; ou y voit rangés eu grand nombre des canons pris sur les 1 urcs, les buédois, les Polonais, les Prussiens et les Français. L’arsenal proprement dit, à ur. du Sénat, contient des magasins d’équipement pour ÎUUUOO hommes et un grand nombre de drapeaux conquis.
La tour d lwan Veliki, ou lwan le Grand , est la plus remarquable de toutes celles de Moscou. l> une hauteur d’environ 70 mèt. , fort simplement construite , et dépourvue de toute espèce d’ornements, elle est surmontée d’un dôme doré terminé par le croissant et la croix. Au premier étage se trouve uoe cloche colossale, laineuse dans toute la Russie, qui ne se fait entendre que trois fois ,.ui an, et toujours seule. Deux cloches sont suspendues au deuxième etage ; elles sont de dimensions infé-
rieures à la première, mais considéra- , blés encore; les autres étages n’en contiennent pas moins de cinquante, de différentes grandeurs. La sonnerie d’Iwan Veliki, qui appartient à l’église de Saint-Nicolas-le-Magicien .
fondée en 1600, est la plus belle de l’Europe, et particulièrement chère aux fidèles de la cité sainte. Du sommet de la tour, on jouit d’une vue splendide sur le Kremlin, sur ses jardins, ses 60 dômes et minarets semés d’étoiles d’or, sur la ville, ses bazars et ses édifices , presque tous encadrés dans leurs massifs de verdure. On peut visiter ensuite le
Tzar M.olokol , ou la reine des cloches, nette cloche célèbre, fondue en 1730, puissante masse de bronze, s’élève sur un piédestal, non loin de la tour d’iwan. La tour qui la renfermait fut détruite par un incendie en 1737 ; ce n’est que sous l’empereur Nicolas, juste un siècle après, en 1837 , qu’elle fut replacée sur le piédestal actuel. Elle mesure 7 mètres de hauteur et un diamètre d’un peu plus de 7 mètres ; il faut s’approcher de cette montagne de métal pour en apprécier les dimensions, tant les édifices qui l’environnent sont eux-mêmes colossaux.
On entre par une porte de fer dans l’intérieur de cette cloche, consacrée comme une église. Les Russes l’ont surnommée la «. cloche éternelle. * La valeur vénale du Tzar Kolokol est de 9 millions de francs.
ÉDIFICES SITUÉS ES DEBOKS DU KHEMUN.
La cathédrale de Balnt-Ba-
nlle, ou Wassili Blagennoi, sur la place Rouge, oflre un curieux spécimen d’architecture fantastique, qui ne se rapporte à aucun style : c’est un amas de grands et de petits dômes des formes les plus extravagantes, bariolés, ainsi que le reste île l’édifice, de dorures et de couleurs vives. La principale tour, d’environ 50 mètres , porte à sa coupole l’image de la « Vierge protectrice. » En 1554, lwan IV la fit bâtir en souvenir de la prise de Kasan; il la trouva si belle, dit la légende nationale, qu’il creva les yeux à l’architecte, de crainte
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u’il n’enricliît quelque ville voisine 'une aussi rare merveille.
A l’intérieur, même aspect étrange, même amas de petites et de grandes chapelles. Les murs sont tapissés de tableaux et d'images de saints, portant des auréoles de diamants, qui ont perdu toute espèce d’éclat sous leur couche épaisse de fumée, produite par l’encens et les cierges.
La chapelle de lverakaïu noahiu mater, de la mère de l)ieu, au pied de la colline de la place Rouge , est en grande vénération par tout l’empire. à cause de l’image sainte qui j fut apportée du mont Athos sous Alexis Michafjlowitcli, en 1650. Treize lampes d’argent brûlent devant cette image, dont les traits sont à peine visibles. Les empereurs même n’entrent pas à Moscou sans venir se prosterner à ses pieds. Pour l’étranger, la chapelle n’a de remarquable que la richesse de ses monuments et de ses vases sacrés.
Moscou compte un grand nombre d’autres églises; et même une mosquée : tous ces édifices sont curieux; la pdupart sont reliés entre eux et composés de plusieurs églises; de là vient que les uns en portent le nombre à 1600, d’autres à 260 seulement.
Le couvent du Donmkul, à l’extrémité S. de Moscou, près de l’enceinte fortifiée, ressemble par l’intérieur plutôt à une forteresse qu’à un monastère. 11 a reçu son nom d’une imagé de la vierge* des Cosaques du Don. Ses murs contiennent, dans un espace immense, de vastes jardins, des cours, les bâtiments d’habitation de l’arcbimaudrite et des moines, et six églises, dont la principale, construite en briques rouges, est à l’intérieur enrichie de peintures sur fond d’or d'une valeur contestable et de reliquaires en orfèvrerie. LaVietge du l)ou est couverte d habillements d’or, semés de gros diamants. La Donskoï renlerme un cimetière de la noblesse où, sous de magnifiques tombeaux, reposent les personnages constdérables de l’empire.
Le couvent de Kcmlnolf est
au bord de la Moskowa ; ses rempaits sont garnis de canons; il est célèbre à cause de la beauté des voix d’hom-
mes qui y officient (on n’y entre que les jours de fêtes et les dimanches). De l’une des tours du SetninofT et de la terrasse de la principale église, la vue embrasse le panorama de la grande cité.
Tous les couvents appartiennent au même ordre : celui ae Saint-Basile; on en rencontre à chaque pas dans Moscou; un des plus intéressants est encore le courent de Devitchei, situé à l’extrémité S. O. de la ville j c’est près de là, dans une grande plaine de verdure, que les empereurs donnent à leur peuple, à l’occasion de leur couronnement, un festin gigantesque auquel prennent part 30000 personnes.
L'hoaplcc de» Enfantii'Tronvé», sur le bord de la Moskowa, non loin de la cathédrale de Saint-Basile, est un magnifique établissement qui reçoit tous les ans plusieurs milliers d’enfants, et compte environ 25000 personnes participant à ses bienfaits. Des revenus considérables sont affectés à son entretien. Une école d’ingénieurs, qui a fourni plusieurs officiers distingués, est attachée à cet hospice. A quelque sexe qu’ils appartiennent, les enfants qui manifestent quelque aptitude y reçoivent une éducation lmérale. Les jeunes gens sont envoyés aux écoles de l’Université ou des beaux-arts, les jeunes filles sont instruites dans la maison même.
L'WnlvcrHlté, fondée en 1775 sous le règne d’Elisabeth, compte 900 étudiants. Ses collections sont peu nombreuses, il est vrai; mais celle de minéralogie est digne d’intérêt, et celle d’anatomie de Lieberkultn, professeur allemand, est unique en son genre; elle renferme une belle série de préparations microscopiques
L’ccolo «Tctiuliulion est un immense édifice, dont la salle, regardée comme la plus grande qui soit au monde, n’est supportée par aucun pilier. Elle ne mesure pas moins de 14 met. de hauteur, 53 de laigeur et 136 de longueur. Plus de vingt poêles de faïence y entretiennent dans les ■journées d'hiver une température de là" C. Deux régiments de cavalerie y peuvent manœuvrer à l’aise; elle est ornée de bas-reliefs et de trophées.
Il y a deux théâtres à Moscou , si- i tués l’un près de l’autre, et dans le voisinage de l’ancienne ville tartare.
Us sont tous deux impériaux; les prix sont à peu près les mêmes qu’à Saint- Pétersbourg.
Le théâtre Alexandre est un vaste monument surmonté d’un char de victoire; la salle est élégante, et l’orchestre. bien composé, n’a pas moins de HO exécutants. On y joue l’opéra et le drame russes. — Le théâtre fran çais n’est qu’une maison particulière, adaptée tailt mal que bien à sa destination : la troupe y est excellente.
Le Gontlnnoï tlvor. sorte de marché-bazar, est, après celui de Nijni, le plus considérable de l'eihpire^; il forme un bâtiment gigantesqueà trois étages et à trois rangs de boutiques placées l’une sur l’autre. Il s’y fait un important commerce de marchandises venues de la Baltique ou de la mer Noire, des pays d’Orient, de Silésie, de Tartarie et de Chine.
On y compte plus de 1000 marchands.
Le Btadl est un bazar où sont rangées d’innombrables boutiques de papeterie , d’articles de toilette , de peintures de saints, de eroix, de lampes, de chandeliers, de couronnes nuptiales. Toute la population des marchands, assez malpropre, en hiver surtout, fait de grandes avances aux acheteurs, et ne se contente pas d’exhorter à entrer pour faire quelques, emplettes, elle tire par les habits et entraîne dans ses boutiques les chalands qui y mettent un peu de bonne volonté.
Une des curiosités du Riadi consiste dans la physionomie de ses changeurs, dont on rencontre à chaque pas les petites échoppes ; ils appartiennent pour la plupart à une secte religieuse étrange et fort poursuivie, celle des staraviers. Riches et âpres au gain, ils sont presoue imberbes, d’un embonpoint maladif, et gardent toute leur vie une voix de soprano.
Les voyageurs ont l’habitude d’acheter dans les bazars quelques échantillons des broderies ou de l'industrie nationale : ceintures de brocart d’or ou d’argent, brochées de soie, d’un
aspect brillant et tout oriental, pantoufles de cuir de différentes couleurs ou de velours brodées d’or et d’argent. Ces travaux, qui sortent des mains des femmes de Torjok, non loin de Moscou, sont remarquables par la beauté de l’œuvre et l’étonnant bon marché.
Aux environs de ces bazars et dans tou si es quartiers populeux de Moscou, se tiennent les traktirs, restaurants où les marchands de toutes lés classes et de toutes les nations viennent boire le thé en parlant d’affaires. Oufre le thé, on vend chez les traiteurs du champagne de Crimée, du kwas, du t codkn et du sbeelen, liqueurs exclusivement russes.
Les fêtes à Moscou sont surtout des fêtes religieuses; plusieurs méritent l’attention, entre autres la bénédiction des eaux, ou fête du Jourdain (6 janvier) , qui a lieu sur la Moskowa près du Kremlin; la bénédiction des fruits au mois d’août; les fêtes de Noël et de Pâques.
En été, un grand concours de peuple assiste aux courses de chevaux au S. de la ville, près du couvent de Donskoï.
Les promenades les plus fréquentées sont : les jardins du Kremlin, te jardin d’Alexandre, le boulevard de Twer et les jardins d’hiver de l’impératrice Élisabeth, au N. E. de Moscou.