DE GENÈVE A LAUSANNE
✓/. Par le chemin de fer.
60 kil. Cinq départs par jour. Même embarcadère que le chemin de fer de Lyon à Genève. — Trajet en 2 h. 10 min. % fr. S0 C. ; 3 fr. 05 C. ; 2 fr. 45 C.
Au sortir de Genève , on laisse sur la droite la route de poste. Mais on ne tarde pas â s’en rapprocher pour venir presque côtoyer le lac. Après avoir dépassé Prégnu et Chambésy, on longe Genthod, village de 228 hab. (restaurant de Bellevue), patrie du célèbre naturaliste Charles Bonnet. Au-dessous de ce village, la rive du lac , oTnée de bains élégants , forme une baie appelée Creux de Genthod.
Durant cette première partie du trajet, on découvre de mieux en mieux les glaciers de la Savoie , cachés en partie à Genève par la première chaîne des Alpes. A g. , ou découvre toute la chaîne du Jura. On traverse la Versoix en deçà de
8 kil. vrmolx (hôt. : le Lion-d’Or), b. de 937 hab.rèf. , qui appartenait autrefois à la France, et qui a été cédé à la Suisse en 1815. Le duc de Choiseul, ministre de Louis XV, conçut le projet de métamorphoser Versoix en une ville rivale de Genève: mais les premiers travaux ne tardèrent pas â être abandonnés.
A 1895 mèt. de Versoix, on sort du canton de Genève pour entrer dans le cai ton de Vaud.
13 kil. rappel, Copetium en 1191 (hôt. : l’Ange, la Croix), ancienne baronnie, v. de 471 hab., qui n’a
SUISSE
d’intéressant que son château , a été brûlé parles Bernois en 1536, après avoir soutenu un siège opiniâtre; Necker et Mme de Staël ont été ensevelis dans un bosquet fermé, situé à l’O. des bâtiments.
T.e château de Coppet a compté successivement parmi ses habitants l’illustre philosophe Bayle, Necker, depuis 1790 jusqu’à sa mort (1804); enfin Mme de Staël.
On trouve à Coppet des voitures pour rétablissement hydrothérapique de Divanne, v. p. 739.
En quittant la station do Coppet, on longe sur la droite l’extrémité du parc du château de Mme de Staël.
On a de charmants points de vue sur le lac, les Alpes elle Jura.
* 17 kil. Céligny, village génevois de 312 hab. , enclavé dans le territoire du canton de Vaud. Le Mont-Blanc commençe à reparaître à la gauche des Voirons. En se tournant du côté de l’O. , on voit presque en face de soi le sommet nu et un peu arrondi de la JDôle , qui domine une sombre forêt de sapins.
Après avoir franchi deux cours d’eau, on arrive à la station de :
22 kil. lyon, Novidunum , Noio- dununij en allemand Neuss (hôtel de la Navigation ) , V. de 2461 hab. , construite en partie sur une colline, en partie au bord du lac, entre l’Aasse et le Corjeon , et divisée en ville basse et en ville haute. On y remarque une vieille tour bâtie, dit-on, avec les débris d’un édifice, romain. L’église date de 1471. Le château est du xvl* s.
Nyon a été fondée , dit-on , par Jules César, détruite au v* siècle par les barbares , rebâtie en 628 , de nouveau détruite par un épouvantable incendie durant la dernière année du xiv* siècle. Sous la domination de la Savoie, elle devint l’une des quatre bonnes villes du pays de Vaud.
De l’esplanade, on jouit d’un charmant point de vue.
Quand on a traversé l’Aasse, qui descend du pied de la Dôle, on s'enfonce dans une longue et profonde tranchée courbe, au sortir de laquelle (15 min. de Nyon) on aperçoit à droite la toiture du château de" Frangins, - habité par Voltaire de 1754 à 1755.
On traverse la PromenthOuse.
26 kiU Gland, V. de 425 hab.
Sjur la gauche commence le fameux vignoble de la Côte, qui se continue jusqu’à Aubonne, et dont les vins sont justement renommés en Suisse.
Dullit , v. de 180 hab., qu’on laisse à dr. , a un beau château récemment restauré.
33 kil. Roilt^ Rotulum, ou Rotula, en ail. Roll (hôt. : la Tête-Noire, la Couronne), v. de 1398 hab., se compose d’une seule rue, large et bien alignée, que termine une jolie promenade du côté de Morges. Son principal édifice est le château, fondé en 1261 , et rebâti au xvi* siècle. Ses bains, restaurés en 1818, jouissaient d’une grande réputation dans le siècle passé.
En face de la ville, sur une petite lie, construite en 1839 pour former un port, on a élevé, il y a quelques années, un monument à la mémoire du général Laharpe (1796).
On passe sous les beaux vignobles de Bougy et de Fécliy, et on laisse à dr. Perroÿ, v. de 467 hab., d’où l’on découvre le lac presque tout entier.
38 kil. Allaman, v. de 292 hab., situé sous l’ancien et vaste château des Menthon. C’est à Allaman qu’il faut quitter le chemin de fer si l’on veut aller visiter (45 m.) Aubonne (hôt. : la Couronne), V. de 1830 hab. , bâtie en amphithéâtre au-dessus de la rive dr. de la rivière dont elle porte le nom. D’Aubonne op monte, en 30 m. , au fameux tUgnnl de Bougy (712 mèt.). Un remblai élevé précède le beau viaduc sur lequel le chemin de fer franchit ensuite la vallée de l’Aubonne. Ce viaduc est le principal ouvrage d’art de la ligne de Genève à Lausanne. Il a 135 mèt. de long et 23 mèt. de haut.
48 kil. Morgos, Morgia, en ail.
.Wnrsec (hôt.: des Alpes, du Port), V.
de 3241 hab., q de sa situation avantageuse et l’activité de ses habitants rendent l’une des principales places commerciales du lac de Genève. Son port, dessiné en 1680 par Duquesne, et fermé par deux môles, peut contenir cent barques. Commerce de vins très-impOrtant. L’ancien château de