ROUTE 366 : DE NEUCHATEL A BERNE
après avoir dépassé Botsingen , en fr. Bovjean, v. de 1192 hab., on entre dans une tranchée en deçà de
8 kil. de Bienne, Pieterlen, en franç. Perles , v. de 633 hab., situé au pied des escarpements du Jura. On laisse ensuite à dr. Lengnau, en fr.
Longeau, v. de 816 nab., où, le 12 mars 1798. un corps de troupes françaises, commandé par le général Schauenburg , battit un bataillon de milice bernoise.
12 kil. Grenchen, en franç. Granges, v. de 1581 hab. , dont l’église es!
l'une des plus belles du .pavs. Fur la. pente de la montagne s’élève l’église d’Allerheiligen, pèlerinage trèsfréquenté, d’où l’on découvre une belle vue.
Entre Lengnau et Grenchen, sont les beaux bains de Grenchen ou d’Allerheiligen ou de Bachthalen.
Au delà de Grenchen, on laisse à g.
BeUlach , v.. de 596 hab., puis Haag, ham. en face duquel est Altreu, Sur l’Aare, v. où l’on trouve encore des traces d’une ancienpe voie romaine qui allait d’Avenches à Soleure, .
17 kil. Selsacb, v. de 1052 hab., Salsæ Aquæ du temps des Romains.
Ensuite on laisse à g. Bellach, v.
de 686 hab. , où l’on a trouvé un grand nombre d’antiquités romaines.
23 kil. Soleure, en ail. Solothurn (hôt. : la Couronne, la Tour-Rougë.
Libraires: L. Jent, Scherer), cheflieu du district et du canton de ce nom, V. dé 5330 hab., située au pied du Jura, sur l’Aare, qui la divise en deux parties inégales.
Il est probable que Soleüre est de fondation romàme.
Le servage n’a été complètement aboli dans le- canton de Soleure qu’en l’année 1785. « De tous les anciens gouvernements de la Suisse , c’est celui de la Soleure qui a fait le plus en grand , dit Lutz , la traite des blancs connue sous le nom de capitulations militaires. » Il fournissait la plupart des pays étrangers, surtout la Krance. La dernière capitulation , celle de Naples, datait de 1825; elle a cessé en 1855.
Le canton de Soleure est le neuvième par Tordre de son admission
dans la Confédération, le quinzième par son étendue (14 milles carrés) . le treizième par sa population (69 674 hab. , dont 61 556 catholiques, 8097 réformés et 21 juifs, — Il professe la religion catholique . et parle la langue allemande. ' ■ ' ' t ■ j
Les fortifications de Soleure, commencées en 1667 , ont été récemment abattues. Les principaux • édifices de Soleure sont:, l 'église de Saint-Ours ou la cathédrale, construite de 1762 à 1772, par l’architecte Pisoni, d’Ancôhe. La façade est décorée de douze colonnes corinthiennes et d’un nombre égal de statues. On remarque à l’intérieur plusieurs tableaux de Gorvi et de Joseph Esper, onze autels, l’orgue ' de Bossart, les basreliefs du chœur , etc. ; l 'église des Professeurs , terminée eu 1689, possédant un tableau de Corvi et un Christ attribué à Holbein; la Tour de l’Horloge (Zeit glocken thurm) , sur la place du Marclié. dont une inscription allemande fait remonter la construction cinq siècles après J. C. , date de l’époque tou rguignonne; l’Arsenal ( Zeug haus) , où l’on voit une riche et curieuse collection d’armures anciennes :
un portrait de Charles le Téméraire, par Van Eyck , un curieux automate placé en sentinelle, eto. ; le Muséum, bâti près' du pont de l’Aare . possédant une magnifique collection des fossiles du Jura etdes'roches des Alpes, réunie et mise en ordre par le célèbre professeur Hugi ; VH fi tel - de - Villa (Rathhaus), édifice irrégulier, avec plusieurs tours. On y remarque des inscriptions romaines, le bas-relief de Cléobis et Biton, les bustes de Nicolas de FluS , par Eggenschwyler : un escalier tournant, construit en 1634, par le célèbre .architecte Gibelin, etc,1 Les autres édifices publics ou curiosiés de Soleure sont: la caserne. , la place dis Marché et ses fontaines, la résidence de l’évêque de Bâle, établi à Soleure depuis 1828; la maison de Kosciusiko, près de la po*te, n" 5, Gurzelengasse, dans laquelle il-mourut. Les restes de ce grand homme avaient été inhumés dans le cimetière du village de Zuchwyl, sur. l’autre rive de l’Aare ; mais Us ont été depuis
SUISSE
transférés à CracOvie, Voir R 254; le théâtre, qui peut contenir 1000 spectateurs; la bibliothèque de la ville, qui renferme 15 000 vol. . un bas-relief du Saint-Gothard , de belles peintures sur verre, des antiquités; les bibliothèques de la cathédrale, des professeurs, des étudiants, etc., riches en manuscrits et en imprimés. Enfin on remarque encore dans la rue des Écoles, enchâssé au milieu d’un mur, un monument de l’an 129 de l’ère chrétienne, et dans la rue du Lion, le mur' du païen, fragmentd’un mur romain, etc.
Les environs de Soleure offrent dé nombreuses promenades.'— On peut aller visiter la promenade construite en 1824 autour de la ville , sur les ouvrages extérieurs, plantée de mûriers; le Wasserplatx , autre promenade où ont lieu les exercices militaires; le Kreuxacker , sur la rive dr. de l’Aare; la promenade qui conduit à la Treibenkreux , sur la route de Büren ; les carrières de marbreries bains d’A<(tsholz, d’Ammansegg.
Mais de toutes les excursions que l’onpuissè faire, non-seulement à Soleure, mais dans toute la Suisse,l’une des plus intéressantes est sans contredit celle qui embrasse tout à la fois l’ermitage de Saint-Vérène, le Wengistein et le Weissenstein. r' - - 1 A min. au N. O. de Solepre, se prouvé le village de Saint -Nicolas, situé à l’entrée d’une gorge s’ouvrant à l’O.
et arrosée par le Kreutzenbach. On aperçoit, après avoir marché pendant 5 à 6 min., un monument simple élevé à la mémoire de l’historien Glutz Blotzheim. Passant ensuite devant une jolie petite cascade, et traversant une porte formée par deux-
rirois de rochers élevés, on découvre, l’extrémité de la gorge , la demeure de Termite ainsi que les deux petites églises de Sainte- Vérène et de Saint- Martin. Derrière l’autel de l’église, à laquelle le rocher surplombant sert de toit, est la grotte qu’Arsenius, ermite venu d’Égypte, s’occupa à creuser, dit-on , pendant trente ans.
En montant le long du flanc droit du vallon, on voit, dans une grotte bien voûtée, la statue de grandeur naturelle de la Madeleine pécheresse ;
puis, après avoir passé devant un ancien sarcophage qui représente le tombeau du Sauveur, on atteint bientôt une église, près de laquelle sont , à dr. , les Steinbrüche, belles, carrières de marbre. De là, un sentier conduit au Wengistein [pierre de Wengi), élevé en 1813 par la ville de Soleure. Une colonne de granit porte deux inscriptions en mémoire de deux événements célèbres de l’hisloire soleuroise: le siège de Soleure en 1318, et l’action héroïque de l’aVover Wengi, oui, en 1523, empêcha les catholiques de canonner les réformés pour les contraindre à l’abjuration. La vue du Wengistein est en petit ce que cellé du Weissenstein est en grand.
Le weleaenntrln est une sommité du Jura qui s’élève au N. O. de Soleure, en face du centre des Alpes suisses, à 857 mèt. au-dessus de Soleure, et 1283 mèt. au-dessus de la mer. On y découvre un admirable panorama, le plus beau etlq plus étendù assurément de tous ceux que peuvent offrir les principales sommités du Jura. La remarquable gravure qu’en a. faite Relier contient les noms de cent quarante mohtagnes appartenant à là Savoie et à seize des cantons de la Suisse, do sept lacs, de trois rivières, de douze villes, de plus de quarante bourgs ou villages. D’après les calculs d’Ebel, on voit toute la chaîne des- Aipès se développer de l’E. à l’O. sur une ligne de plus de 130 à 140-1. de long, depuis les confins du Tyrol jusque bien au delà du Mont-Bfanc au S. O.
DE SOLEURE A EERXE.
54 kil. Chemin de fer. 3 conv. par jour. Trajet en 2 h. 10 m. et 2 h. 40 m. Prix : 5 fr. 65 o., 3 fr. 95 o. et 2 fr. 85.
Au sortir de Soleure, on franchit l’Aare en amont des deux ponts de bois qui relient la ville à son fauhourg de la rive drt, puis on traverse les fortifications, et on laisse àdr. Zuchwyl T' v. de 435 hab., dont le cimetière renferme un monument élevé à la mémoire de Kosciuszko, mort à Soleure, le 15 octobre 1817, F. ci-dessus.