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SIXIÈME SECTION. — ÉTATS DE L’ÉGLISE

APERÇU GÉNÉRAL

limites. La partie de l’Italie centrale désignée sons le nom d'ÊiATS de l’Eguse, États pontificaux. Etats romains, est bornée au N. par la Lombardie vénitienne, dont elle est séparée par le Pô; au N. E. et à l’E. par la mer Adriatique; au S. E. par le royaume de Naples; à l’O. par le duché de Modène, par le grand-duché de Toscane et par la mer Tyrrhéuienné (Méditerranée). Leur longueur, du N. au S., des bouches du Pô au cap Circeo, est de 95 lieues; leur plus grande largeur, qui est celle de la péninsule italienne, d’Ancône à Civita-Vecchia, est de 47 1. Ces deux villes sont deux bons ports s.ur les deux mers opposées, dont les côtes, sur un développement de 1.25 lieues (70 sur l’Adriatique), ^'offrent point d’enfoncement, n’ont ni golfes ni caps prononcés, et n’ont point d’îles. Les États de l’Église comprennent les contrées antiques du Latium, de l'Umbrie, du Piceuum , la partie méridionale de VÉtrurie et le S. E. de la Gaule cisalpine.

Division territoriale. Les États de l’Eglise sont divisés en vingt provinces, sous les noms généraux de legazioni ou delegasinni.

Administration. A la tête de chaque légation se trouve un cardinal avec le titre de Ugat du saint-siegc, assisté d’un conseil composé de quatre tonseillers. Les légations sont administrées par un fonctionnaire nommé par pape, portant le titre de délégué. Il est assisté par un conseil provincial, nndgrt. Les finances sont une des plaies dont gémit l’administration romaine. Le budget pour 1857 donne pour les recettes : 68311 639 lire ; dépenses ; 70803456 lire; les produits de la loterie sont portés pour 1857 à 5846169 lire. . .

Histoire. Les États de l’Église se. sont accrus avec le pouvoir des papes. Dans le principe, ils n’étaient que les évêques de Rome. Ce fut Pépin le Bref qui, en 755, fonda leur puissance temporelle en donnant au saint-siège l'exarchat de Ravenne et de la Pentapole, dont il venait de s’emparer. Charlemagne confirma les donations de son père et y ajouta la marche d’Ancône, se réservant néanmoins le droit de suzeraineté sur ces domaines. Grégoire VII étant en guerre avec Henri IV, la princesse Mathilde, ennemie irréconciliable de l’empereur , fit au saint-siège, en 1077, donation des domaines considérables qu’elle possédait en Italie; cette donation, qu’elle renouvela en 1102, et qui fut la cause ou le prétexte des guerres entre les empereurs et les papes, qui ont si longtemps désolé ce pays, fut enfin ratifiée par l’empereur Rodolphe 1", en 1279, et augmenta les États de l’Église de cette partie du patrimoine de saint Pierre comprise entre Viterbeet Orvieto, du duché de Spolète et de toute la marche d’Ancône. En 1293, les États de l’Église s’augmentèrent du combat Venaissin , que Philippe le Hardi donna à Grégoire X. Les successeurs de Martin V, jusqu’à Jules II, no firent guère que se maintenir avec peine dans leurs possessions. Jules II, au contraire, les augmenta de Bologne et regagna Ravenne. A ce domaine de l’Église furent successivement réunies : Città di Castello, en 1502; Imola, Faeuza et Forli, en 1504; Bologne, en

1512; Rimini, en 1522; Pérouse, en 1529; Ancône, en 1532; Camerino, en 1538; Ferrare et Comaccbio, en 1598, et, en 1631 , le duché d’Urbin, qui avait été détaché par Jules II, en faveur de la maison de Rovère. — Les États de l’Église furent réunis à l’Empire français en 1810; ils furent restitués au pape eii 1815.— En 1832, Ancône fut occupé par les Français.

Le pape régnant aujourd’hui est Pie IX, do la maison comtale de Mastaï Ferretti; né àSinigaglia, le 13 mai 1792; évêque d’Imola, 17 décembre 1832; élu pape après le décès de Grégoire XVI, le 16 juin 1846. Il a quitté Rome le 24 novembre 1848 et y est rentré le 12 avril 1850.

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