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HUITIÈME SECTION-. — SICILE

Almaço gCxCral.

La Sicile (Siciliat, Sicania-, Trinacria, Triquetra), lapins grande tle de la Méditerranée , séparée pat lé détroit de Messine des côtes de la Calabre-, est une prolongation et forme l’extrémité méridionale de l’Italie. L’analogie- remarquable entre les roches des deux côtés du détroit atteste que la séparation entre l’Italie et la Sicile n’est qu’accidentelle. La Sicile a la forme d’un triangle

SICILE

dont les sommets sont déterminés par trois promontoires célèbres : celui (le Pélore (aujourd'hui capo del Faro), au N., vis-à-vis des côtes de l’Italie; celui de Lilybée (capo di Marsala), regardant l’Afrique, et celui de. Pachynum (capo Passaro), regardant la Grèce. I.e petit côté oriental du triangle a 145 mil. de longueur; le côté méridional, 190 mil.; le côté septentrional, 215 mil. L’tle entière a donc 550 mil. de tour. Mais, en tenant compte des découpures des côtes, des caps et des golfes, la circonférence de la Sicile est estimée à 085 milles.

La Sicile est montueuse en majeure partie; l’Etna forme un groupe indépendant. C’est le- seul volcan en activité de l’île; le Macaluba, près la côte S. O., est un volcan de boue. — Un grand nombre de rivières torrentielles, désignées sous le nom de fleuves, descendent des montagnes.

La popnlatlon de la Sicile était, en 1853, de 2 231 020 hab.

Division* administratives. — Les Sarrasins partagèrent la Sicile en trois vais ou cantons : le val Demona au N. E.; le val di Mazzara à l’O., et le val di Noto au S. E. Depuis 1819 elle est divisée en sept intendances ou provinces; celles de Païenne, de Messine, de Catane, de Noto (jusqu’en 1837, Syracuse), de Girgenti, de Trapani, de Caltanisetta.

HlMtoire. — La Sicile est la terre classique de la mythologie. Après les dieux, ses premiers habitants sont les Sicaniens, que soumettent les Sicules chassés d’Italie. Des colonies grecques s’y établissent 8 siècles av. J. C.; les Carthaginois y débarquent à leur tour; mais le génie grec prédomine. La Sicile rivalise avec la mère patrie pour les œuvres de l’intelligence et de l’art. Elle est agitée aussi par les mômes discordes intestines, par les mêmes luttes entre la démoçratie èt l’aristocratie. Des tyrans usurpent le pouvoir; les villes puissantes oppriment les villes plus faibles. Les populations, menacées, appellent à‘ leur aide tantôt les Grecs, tantôt les Carthaginois. Dans ces conflits périssent Sélinonte, Ségeste, Himère ; la riche Agrigente elle-même est presque entièrement détruite. Syracuse, la plus puissante des villes siciliennes, étend pendant un certain temps sa domination sur la presque totalité de la Sicile. La fortune d’Athèaes vient se briser contre elle.

Devenue le théâtre de la guerre acharnée entre Rome et Carthage, la Sicile, destinée à’Ôtre la proie du vainqueur, tombe au pouvoir des Romains. Absorbé dans la grande unité romaine, ce pays si intéressant perd sa vie propre et son intérêt.

Après la mort de Théodose, dans le partage de l’empire, la Sicile appartient aux empereurs grecs. Le flot des barbares qui se répandit sur l’Italie s’étendit à la Sicile. Les victoires de Bélisaire, en chassant les Goths, la rendirent à Justinien. Au milieu de la dislocation du vieux monde, une nouvelle ère d'invasions parties de l’Afrique commence pour la Sicile. De même que les Carthaginois y faisaient dans l'antiquité des incursions continuelles, ce sont les Sarrasins qui , maîtres de l’Egypte et d’une partie de l’Afrique , y débarquent pour la première fois vers l’an 630 de notre ère. Deux siècles plus tard, ils sont maîtres de tout le pays. Us font faire à l’agriculture de grands progrès. En 1061, les divisions entre les chefs musulmans introduisent les Normands en Sicile.

Avec les rois normands commence pour la Sicile, réunie pour la première fois sous un seul chef, un nouvel ordre de choses fondé sur la féodalité. Le pays se couvre de forts et de couvents. La noblesse et le clergé forment, pour

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ainsi dire , une nation dans la nation , et le peuple , opprimé par les barons , est réduit au plus dur état de servage. A la domination normande succède la domination allemande (1194); à celle-ci une domination angevine éphémère, à laquelle met fin le massacre des vêpres siciliennes (1282). Pour se soustraire à la vengeance de Charles d’Anjou, la Sicile se donne à Pierre d’Aragon.

La dynastie aragonaise règne en Sicile jusqu’en 1516. Ferdinand le Catholique réunit alors ce pays à la couronne d’Espagne. Au contact des mœurs espagnoles, le caractère national reçoit une dernière empreinte. Qu’elle fasse partie de la monarchie espagnole sous Charles-Quint , ou bien que, sous les Bourbons, elle suive le sort du royaume de Naples, la Sicile n’est plus gouvernée que par des vice-rois, et elle cesse d’avoir une histoire indépendante. Au xm* siècle, la Sicile avqit eu un parlement composé de 3 ordres. En 1812, sous l’influence des Anglais, elle obtint une constitution, approuvée d’abord, puis annulée par le roi de Naples.

La révolution qui éclata à Naples en 1820 gagna bientôt la Sicile, dont l’antipathie pour les Napolitains devint de plus en pins prononcée. De nouvelles tentatives d’indépendance eurent lieu en 1831 et 1837, au moment de . l’invasion du choléra.

Le 5 janvier 184f), l’insurrection éclata de nouveau. A la fin de janvier les troupes abandonnaient Palerme. La Révolution de février qui éclatait à Paris, et devait avoir tant de retentissement en Europe, vint bientôt précipiter les événements. Le 29 janvier 1849, le roi de Naples s’était engagé à publier une charte; elle fut promulguée le 11 février. Il confirma (6 mars) l’acte de convocation du parlement sicilien et la constitution de 1812, avec les modifications proposées par le comité palermitain. Le 13 avril, le parlement sicilien rendit un décret de déchéance de Ferdinand de Bourbon et de sa dynastie. Dans les premiers jours de septembre 1848 , 24 000 hommes de troupes napolitaines, commandés par le général Filangieri, prince de Satriano, furent dirigés sur la Sicile. Les habitants firent une courageuse et inutile résistance.

Le 5 mai 1849, l’armée de Filangieri était près de Palerme : le peuple, abandonné à lui-même, se défendit trois jours. Le 11 mai les propositions d’arrangement furent acceptées ; le la , Palerme fut occupée par les troupes napolitaines. Depuis lors la constitution est restée suspendue.

»u voyage en Sicile. — Si l’on arrive par Messine, on devra gagner Catane en suivant la côte qui, dans cette partie, est riche en scènes pittoresques. et en visitant Taormine; on devra faire l’ascension de l’Etna, pousser jusqu’à Syracuse, et, en revenant ordinairement à Catane, traverser l’intérieur de la Sicile pour gagner Pâlerme. (Au milieu de ce trajet on pourra faire une excursion jusqu’à Girgcnti.) Après avoir visité Palerme et les environs, on pourra faire une excursion aux ruines de Ségeste, à Trapani et au mont Ëryx, et pousser jusqu’aux ruines de Sélinonte. Dans cette tournée, ainsi conduite, on aura vu tout ce qui mérite le plus particulièrement l’attention. —

Si l’on arrive par Palerme , on devra combiner son voyage en sens inverse : de ce côté le voyage offre plus de facilités sous le rapport des moyens de transport : on peut, en partant de Palerme par le courrier, traverser toute l’îie et aller directement à Catane, où les moyens de communication avec Messine ne manquent point.

Monnaies. — Pour simplifier les comptes, il faut tout réduire en tarins

(tari) ou carlins,' et baïocchi (=s les grani de> Naples). Les monnaies sont exactement les mêmes qu’à Naples. Les monnaies d’ argent sont : ’ ' <

La piastre (piastre, p e/7.0) , la monnaie la plus répandue, — 12 carlins ou 12 tarins, et ne vaut que s fr. 06 c. environ. Mais par suite du change sur les États napolitains, elle coûte davantage aux Français, La 1/2 piastre, = 6 carlins; le 1/6, = 2 carlins-, le 1/12, = 1 carlin.

Le carlin ou le tarin- sont identiquement la même chose : il- vaut 42 centimes.

Il se divise :

( à Naples, en 10 grani ou 20 tornesi ; k en Sicile, en lo baïocchi ou 20 grani.

La confusion provient de ce que le grano sicilien ne vaut que la 1/îdu grano de Naples ou 1 tomese.

Les monnaies de cuivre sont très-pesantes et mal frappées. Ce sont :

Le 1/2 carlin (intitulé dieci tornesi) = 5 baïocchi.

Otto tornesi = 8 grani de Sicile = 4 grani de Naples '= 4 baïocchi.

Sei tornesi = 2 gtani = i baïoccho.

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