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ROUTE 477 : DE SPARTE A PATRAS

du mont Khelmos, couronné de ruines helléniques à droite, et la chaîne du Taygète à gauche, on découvre soudain, à un tournant de cette montagne (2 h. 35 min.),

Léondari (8 h. 20 min. de Sparte), qui présente un aspect vraiment pittoresque avec son vieux château en ruines; on y remarque une charmante église byzantine.

De Léondari, on se dirige à 150. à travers des montagnes arides, et par les khani de Unkriplagi et de (3 h.) Sakona, et par (1 h. 30 min.) le v. de Uéligala, on atteint le pont antique de Mavrosnuména , formé de trois branches; de là, contournant la base du mont Ithôme, on arrive (2 h.) au couvent de Vourkano, et franchissant l’antique porte de Laconie , On se trouve sur l’emplacement de

neRséne (6 h. 50 min.de Léondari).

Cetté ville, fondée par Épaminondas pour tenir en échec la puissance de Sparte, n’est plus aujourd’hui qu’une vaste enceinte de ruines dispersées au milieu de champs fertiles et de bois d’oliviers et do chênes, dont le v.

de Mavromati occupe à peu près le centre. La ville occupait toute la pente du mont Ithôme, creusée en forme de coquille; au N. de Mavromati, et sur le sommet de l’Ithôme, le vieux monastère de Vourkano occupe l’emplacement du temple de Jupiter Ithomate, antérieur à Épaminondas. Les soubassements et les ruines voisines appartiennent en effet aux constructions les plus anciennes. Les restes de l’enceinte d’ Épaminondas , qui se trouvent un eu plus au N. O., nous offreht le plus eau spécimen connu de l’architecture militaire des Grecs : c’est une muraille épaisse de 2 mèt. , flanquée de tours carrées, percées de meurtrières. La’ porte d'Arcadie, avec ses deux entrées, séparées par une cour ronde et flanquées de tours , est la partie la mieux conservée. A Mavromati, on voit encore la fontaine Clepsydre, et au S. du village, les restes informes d’un petit théâtre, d’un temple et d’un stade, et des tombeaux antiques.

De Messène, on se rend par (45 min.) Siamari (jolie église byzantine dans un bois à l’O. du village), par (2 h.)

Logi, par le mont Kadzo-Vouni, et la magnifique, forêt de Koumbès, à (tO h.

25 min. de Messène).

xivartn ( Néo-Kastro ). Khani médiocre. On reçoit les voyageurs dans une maison à droite en entrant dans la ville.

Navarin est construit sur un promontoire rocheux peu élevé; il renferme une place publique et quelques jolis édifices; la citadelle, reconstruite par les Français en 1829 , est très-forte ; son port, où s’est livré la fameuse bataille navale de 1829, mesure une lieue dans tous les sens; deux passes don- ‘ nent accès dans la rade. Celle-ci est protégée du côté de la mer par File de Sphaotérie , célèbre dans la guerre du Péloponèse, et par la presqu’île de Corvphasium, qui porte les ruines du Vieux-Navarin , bâti lui-même sur l’emplacement de la Pylos de Nestor.

En sortant de Navarin du côté N. et longeant le rivage de la mer, dans une plaine fertile et bien cultivée, on atteint le gros village de Philiatra, et (9 h. de Navarin)

Arkadia. (Le khani est médiocre.

On trouve dans le haut de la ville quelques bonnes maisons où l’on peut loger).

Arkadia, l’antique Cyparissia, n’a de remarquable que sa position pittoresque au milieu d’une végétation luxuriante. Son vieux château en ruines couronne au S. un rocher assez élevé; on y voit encore quelques assises de l’antique acropole; à l’entrée de la ville se trouve une belle source.

En sortant d’Arkadia, on quitte le rivage de la mer pour s’enfoncer au N. E. dans un pays montagneux , franchir une vallée, puis une chaîne de montagnes, pour redescendre dans la vallée de la Néda, sur la rive opposée de laquelle, au-dessus du v. de Paulitsa, se trouvent les ruines de l’antique

phtgalée (6 h. 15 min. d’Arkadia), dont les murailles , comparablesà celles de Messène, couvrent le sommet d’un plateau haut et abrupt. Le mur d’enceinte , qui a environ une lieue de tour et deux mètres d’épaisseur, est de construction polygonale. La partie la mieux conservée du côté de l’E. , est

GRÈCE

flanquée de plusieurs tours rondes et percée d’une porte pyramidale. Au N.

E. on voit deux chapelles et les ruines d’une forteresse moderne; près du v.

de Paulitsa se trouvent trois chapelles renfermant des débris antiques.

Revenu à Paulitsa, au pied de la montagne de Phigqjée, on se dirige au N. vers le (45 min.) y. de Boïka, d’où l’on peut envoyer le bagage directement a Andrilséna, tandis qu’on ira visiter, à 1 h. à droite, sur le mont Cotylium,

Le Temple de Uu.ksu-, l’un des mieux, conservés de la Grèce- La beauté de l’édifice est encore relevée par sa position isolée sur une montagne sauvage. 156 colonnes surmontées de leur architecture sont encore debout. La partie inférieure dè la ceila et les bases des colonnes engagées sont intactes :

une de ces colonnes est eneore entière. l)e l’esplanade on découvre une vue superbe sur le mont Lycée , la Messénie , le mont Itliôme, le Taygète et la mer. Sur la hauteur au 14. du temple, (10 min.) on trouve quelques traces d’un sanctuaire de Vénus. Laissant à droite celte hauteur et se dirigeant vers te S. , (45 min.) on traverse une série de collines arides, puis on débouche dans une charmante vallée, entourée de montagnes boisées, où s’élève (45 min.) le v. de

Amlritoéna (3 h. 20 nain. de Phigaléeet9 b. d’Arkadia). Ce gracieux village se compose de plusieurs hameaux éparpillés sur une pente escarpée. Toutes les maisons sont remarquables par leur propreté. Il possède un bazar assez bien approvisionné. ,

On sort d’Andritséna du côté du N- O. , et par les v. de, Makhalas et de Tsakha on descend dans la vallée de l’AIphée , que l’on franchit près du v.

de Nemesa et des ruines de l’antique Héræa. U faut suivre ensuite la r.

droite de l’Alnhée, franchir successivement ses affluents, le Ladou, l’Êrymanthe et le Cladéus, pour atteindre (6 h. 30 min. d’Andritséna) la plaine et les ruines de

olympte. Le temple de Jupiter, découvert par les fouilles de l'expédition de Morée , ne présenté plus qu’uii vaste soubassement de 70 met. de long

sur 29 de large, avec quelques colonnes et débris de sculpture que les aliuvions de r Alphée recouvrent chaque jour.

D’Olympie, on se dirige au N., par la vallée pittoresque et fertile du Cladéus, jusqu’au v. de Lala (3 h. d’Olympie). Traversant ensuite la plaine de Lala, et le plateau du mont Pnoloé, on redescend par un sentier en zigzag dans la gorge de L’Erymanthè, dont on remonte, le cours par une route fort mauvaise èn quelques endroits, et coupée par des ravins profondément encaissés, jusqu’au

Hlunl île Trlpotamo (2 b. 30

min,), placé dans une position sauvage et pittoresque, à la jonction de deux torrents, avec l’Êrymanthe. A quelques minutes du khâni , se trouvént les ruines de Cantique rsoÿbts ou Krymunthe. On retrouve encore des traces considérables du mur d’enceinte et des soubassements de temples antiques.

I.e chemin continue à remonter la vaHée de l'Êrimanthe jusqu’au joli v.

d’d nav tas ota (l h. 45 min.),, puis., franchissant un petit col, descend (1 h. 15 min.) dans la vallée du Kalavryta- (Buraicus), dont il suit la rive droite jusqu’à (3 h. 15 min.)

tLa luvryta (11 h. 15 min. de Lala).

(On peut loger chez le parèdre, qui possède une maison à trois étages meublée à l’ouropéenne.) Ce bourg, situé près de la rivière du môme nom, sur une pente douce au pied du mont Vélia . possède (Je jolies maisons et un bazar bien approvisionné. On remarque près de là les ruines de deux châteaux francs-.

F.n quittant Kalavryta, on descend une vallée nue et monotone, arrosée •par le Buraicus. Arrivé (2 h.) an v. de Zakhloron, on traverse la rivière sur un pont pour monter , par un chemin en zigzag très-abrupt, au (30 min.)

Couvent de VtégoMplllan. Une grande porte extérieure, garnie de meurtrières, donne accès sur une magnifique terrasse ombragée de vieux arbres. Le couvent IuL-mème n’est qu’une vaste grotte, haute de 30 mèt.

et large de 60 mèt. , creusée dans une grande paroi à. pic de 100 mèt. de bau-

teur. L’entrée de la grotte est fermée par un mur percé de fenêtres, sur lequel viennent s’appuyer des galeries, des escaliers, des pavillons de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Ces constructions en' planches, toutes sales et toutes misérables qu’elles sont, produisent pourtant, de loin, un effet pittoresque et original.

Le voyageur ne peut pénétrer dans le couvent avant d’avoir déposé ses armes entre les mains d’un moine. Le couvent offre au voyageur Je couvert , le pain et le vin, mais il doit apporter et préparer lui-même ses provisions. I En outre, il est d’usage ae donner 5 francs' par personne et par jour au caloyer chargé de recevoir les étrangers. L’intérieur du couvent est un dédale de chambres, de corridors et d’escaliers délabrés et malpropres. On montre d'ans l'église un portrait de la Vierge attribué à saint Luc.

On sort de Mégaspition par une route escarpée qui descend au N., franchit le Btiraïcus, et atteint (1 h. 25 min.) un plateau d’où l’on découvre le golfe de Lépante. Laissant à droite (1 h. 15 min.) un piton, où quelques ruines informes marquent seules l’emplacement de nmn, oh descend, par une gorge profonde et sauvage, jusque, . (45 min.) dans le lit du Géryniles, qui débouche bientôt dans une plaine fertile. Le chemin passe près des v. de Rhizomylo et de Zergolatio, franchit (1 h.) la rivière Sélinus et conduit, à travers de belles plantations de raisin de Corinthe, à (1 h.)

i.Klum. autrefois Voslitsa (5 h. 25 min. de Mégaspilion. — On y trouve un beau khani). Cette ville s’élève entre deux promontoires, sur un plateau coupé à pic à la hauteur de 15 mèt. , au-dessus d’une plage étroite qui ht sépare de la mer. Sur ce terrain, coulent plusieurs sources abondantes, dont la principale s’échappe dhin mur antique par quatorze robinets, à l’ombre d’un platane gigantesque qui compte plusieurs siècles d’existence. Le tronc , qui n’a pas moins de 13 mèt. de circonférence, est creux et contient une chambre.

11 ne reste de l'antique Ægium que de rares débris des anciens murs,

quelques soubassements du temple et un souterrain antique près d’une des églises nouvelles.

Au delà d’Ægium , la jroute longe le pied des hauteurs, franchit plusieurs ruisseaux sans importance , laisse à droile le château de MorZe, vieille forteresse du moyen âge, bâtie sur le cap Rhium, à l’entrée du golfe de Corinthe, en regard du cap Ànti-Rhium et du château de Roumélie, traverse ensuite des prairies marécageuses et uu pays sans intérêt jusqu’à (7 h. 45 min.)

vntrns (en italien Patrasso, en grec llarpai). On trouve deux hôtels prèsdu port. L’hôtel Britannique est le meilleur, et possède une table d’hôte. Cette ville , la plus belle et la plus commerçante de la Morée . est bâtie entre la mer et l’emplacement de la cité antique. Ses rues larges sont bordées de jolies maisons à arcades. Malheureusement la promenade publique, située près du port, est encombrée de magasins et d’affreuses masures qui masquent la vue de la mer. On y voit encore quelques vestiges de l’acropole

Erès de la forteresse, et quelques souassements du temple de Cérès dans l’église de Saint-André.

De Patras, on peut, par les paquebots du Lloyd, regagner Corinthe et Athènes, ou bien Missolonghi et Corfou. La route par terre de Patras à Corinthe est de 26 h. On couche à Ægium, au khani de Zakholi ou d’Akhouria. Cette route ne présente rien d’intéressant que les ruines de Stojono (3 h. avant Corinthe), consistant dans une esplanade, avec des voies antiques taillées dans le roc, les restes de bains romains, et ceux d'un théâtre et d'un stade.

HBtrra 478.

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