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MUSÉES

lirai noieo.- Le musée de Madrid est le plus riche de l’Europe. 11 n’est' 'ni complet ni proportionné ; les origines des différentes écoles n’y sont pas

représentées, et dans ces écoles, tandis que tel maître a presque tout son œuvre, tel autre, aussi illustre,' n’a pas même une esquisse. Au point de vue historique et chronologique, le musée de Madrid est inférieur à celui du Louvre; mais considéré comme réunion de» chefs-d'œuvre , il lui est préférable.

Dans l’organisation du musée il y a , à notre avis, un grand défaut, c’est le pêle-mêle; le hasard a présidé à la distribution des tableaux sur les murailles, plutôt qu’un système quelconque; puis, ce qui frappe dès le premier moment, c’est l'absence complète de dévers, c’est-à-dire de cette inclinaison calculée de manière à ce que le regard arrive plus directement au tableau, et sans miroitage.

Nous devons dire néanmoins que toute cette magnifique collection est parfaitement entretenue; les repeints sont rares, les restaurations, en trèspetit nombre, sont faites avec une grande réserve et une habileté remarquable. Le climat sec et pur de Madrid est certainement pour beaucoup dans ce magnifique état de conservation.

Nous citerons parmi les principaux maîtres et les ouvrages les plus importants :

École Espagnole.— Vicente Macip. Une Cène, qui n’est pas inférieure à celle de Léonard de Vinci, et une vie de Saint Étienne.

José Ribera , appelé l’Espagnolet. Prométbée. Saint Paul ermite priant devant une tête de mort. L’Échelle de Jacob, et surtout le Martyre de saint Barthélemy.

Velasipuz de Silva. Presque tout son oeuvre est au musée de Madrid. Velasquez s'est essayé dans tous les genres : histoire paysage, portrait, animaux, intérieurs, nature morte, et dans tous il est mattre. Le Christ en croix. Portrait d’un sculpteur inconnü. Portrait de Philippe IV. Portrait à cheval du comte-duc d’Olivarès. Réunion de buveurs (loi borrachos). Les Meninas. « A gauche est Velasquez, la palette à la main, faisant l%portrait de Philippe IV et de Ja reine, que l’on voit répétés dans une glace placée au fond de l'atelier. Sur le premier plan et aù centre la jeune infante dofia' Marguerite-Marie

d'Autriche, que ses femmes cherchent à ampser. La Forge de Vulcain. Reddition de Bréda (fa* Lamas). Les Filandières, ou une fabrique de tapis. On y signale surtout une espèce de tour de force de Velasquez, c'est le mouvement de la main de l'une des (lieuses, qui fait tourner son rouet au premier plan.

-Antonio Pereda. Saint Jérôme entendant la trompette du jugement dernier.

Alonzo Cano, à la fois peintre, sculpteuri et architecte. Le Christ mort.

José Antolinez. La Madeleine.

Bartoldmé-Etteban Murillo. La Sainte Famille au petit chien. Le Martyre de saint André. L'Adoration des Bergers.

L’Immaculée Conception, aussi beau qué celui du Louvre et moins retouché. Les Extases de saint Bernard et de saint Ildephonse.

Francisco Goya n'est guère cânhu en France que par ses eaux-fortes, les caprices, et ses lithographies, la Tauromachie.- Le Catalogue du musée royal n’indique que trois tableaux de cet artiste fougueux.' .Marie-Louise, femme des Charles IV. Elle est représentée à cheval, en uniforme de colonel des gardes. Charles IV , faisant pendant. Un Picador à cheval.

École italienne. — Giorgione. Sujet mystique, sainte Brigitte offre des fleurs à l’enfant Jésus.

Titien. è3 tableaux. Le portrait équestre de Çharles-Quint à la bataille de.Mulhberg. La Gloire. Allégorie Chrétienne en l'honneur de Charles-Quint et de Philippe IL Salomé portant la tête de saint Jean-Baptiste. Vénus et Adonis. Offrande à la fécondité. I.a victoire de Lépante. La Bacchanale. La Vierge des douleurs.

Sébastien del Piombo. Le Christ descendant aux limbes. .Jésus portant sa croix. ,

Le -Kntoret. La Sagesse mettant les Vices en fuite. La Gloire, esquisse du tableau qui orne la salle du grand conseil dans le palais des doges. Bataille dé terre et de mer. Portrait de Sébastien Benieri, général vénitien.

Paul Véronèse. Portrait de femme. Jésus-Christ et le Centurion. Vénus et Adonis. Jésus au milieu des docteurs.

Léonard de Vinci. Portrait de Monna Lisa. C’est une répétition ou une copie de la Joconde du Louvre. Sainte Famille.

André del Sarlo. Pqrtrait de Lucrezia

ESPAGNE. '

Fede, sa femme. La Vierge, l’enfant Jésus, saint Jean et deux Anges. Sujet mystique. Sacrifice d’Abraham.

■Michel Ange. Le Christ à la colonne.

Raphaël Sanzio. Trois portraits et sept tableaux. Il n’y a que Rome qui puisse offrir une telle réunion des œuvres du divin jeune homme. La Vierge à l’agnus Dei ou au lézard. Une Sainte Famille surnommé la Perla. Il appartenait à Charles 1" d’Angleterre, Philippe IV l’acheta à lq mort de ce prince et dit en le voyant: « Voici la perle de mes tableaux. » La Vierge au poisson. Spasimo de Sicilien Jésus succombant sous, le poids de la choix et secouru par Simon de Cyrène. Le célèbre Spasimo est sans nul doute aujourd’hui la pièée capitale du Musée royal, il occupe la place d’honneur au salon d’Isabelle. — La Vierge à la rose. — La Sainte Famille. La Visitation. Portrait d'homme.

Corrige. Jésus et la Madeleine. La Vierge, l’enfant Jésus et saint Jean.

Ànntboi Carrache. Vénus et Adonisi

L'Alba ne. Toilette de Vénus. Jugement de P&ris.

Le Gurrehin. Suzanne au bain.

École allemande — Martin Schœn. Le Sauveur, la Vierge et saint Jean.

Albert Durer. Portrait du peintre. Deux panheaux représentant Ève recevant la pomme du serpent et Adam tenant la pfcmtn*. /

Raphatl Mengs. L’Adoration des Bergers.

École hollandaise. — Rembrandt. La Reine Arthémise.

Philippe Wouwermans. Passage d’un gué. Chasse au lièvre.

École flamande. — Rubens. Le musée de Madrid possède de lui 62 tableaux. Le serpent d’airain. L’Adoration des Mages.

Danse de Paysans. Portrait équestre de Philippe II. Portrait de Thomas Morus.

Rodolphe de Hapsboufg et son écuyer. Le Jardin d'amour. Persée délivrant Andromède. Nymphes et Satyres. La Voie lactée. Les Trois Grâcès.

Kan Dyck. Le Couronnement d'épines.

La duchesse d’Oxford. Van Dyck et le comte de Bristol. Portrait deLiberti. Prise de Jésus dans le jardin des Oliviers.

Jordalns Le Mariage de sainte Catherine. Famille particulière. Méléagre.

Jean Breughel. Guirlande de fleurs. Vé-

us et Cupidon dans un jardin.

David Tenter s. Fête de Paysans. Fête champêtre. Galerie de tableaux de l'archiduc Albert.

École française. — Nicolas Poussin.

Le Parnasse: Paysage couvert et agréable. La Chasse de Méléagre.

Gaspard Duguel. Madrid possède de ce peintre un véritable chef-d’œuvre : Paysage agréable.

Claude Lorrain. Paysage ou Tobie et l’Ange. Sainte Paule la Romaine s’embarquant pour la terré sainte. ,

sculpture. — Sans doute ce n'est pas à Madrid qu'il faut aller pour voir des statues; mais tout pauvre qu’il est, son musée renferme quelques œuvres remarquables.

Cialcrle de peinture* de l'académie de flan Fernando. — Blas del Prado. Fondation de Notre-Dame de Lorette.

Ribera. Saint Jérôme.

Zurbaran. Quatre portraits de moines.

Murillo. Sainte Élisabeth Soignant les teigneux.

Rubens. Hercule et Oraphale.

Galeries particulières. — On doit citer parmi les collections particulières celle de feu M. de Madrazo , ancien directeur du musée, celle de M. de Salamanca, dans son hôtel du Paseo de Recoletoâ; les galeries du duc d’Albe, de M: Urzaiz, du duc de Pastrana, du duc d’Uceda, du marquis de Javal- Quinto, du duc de Medinaceli, du marquis de Villafranca, de don Valentin Carderera, etc.

Armeria. — Philippe II y fit transporter les armes et les souvenirs historiques qu’on conservait à Valladolid et à Simancas. Cette collection a été extrêmement riche. On y compte encore 2538 objets, parmi lesquels on doit signaler les suivants :

Armure de mailles d’Alphonse V d’Aragon/— Armure complète de l’électeur de Saxe, prisonnier de Charles-Quint. — Armure de don Juan d’Autriche. — Armure riche de Charles-Quint. — Brassart d’Ali Pacha, amiral des Turcs à Lépante. — Épée de Boabdil, dernier roi des Maures. — Épée de Pelage, trouvée à Covadunga.

Bouclier très-riche, à tête de Méduse,

qui a. appartenu à, Charles-Quint. — Épée du gradd capitaine Gonzalve de Cordoue, sur laquelle jurent les princes des Asturies. — La Colada, épée du Cid Campeador.

— Reproduction de. l’épée de François Ier, reprise en 1808 par Napoléon. — Épée de Fernand Cortès. — Épée de Tolède du comte-duc d'Olivarès. — Plats de fer, vaisselle de campagne de Charles-Quint.

— Armure de Christophe Colomb. — Litière de cuir de Charles- Quint. — Armure du grand capitaine. — Casque de François I*r.

Museo militar de artüleria. — Au rez-de-chaussée, on trouve une collection de pièces d'artillerie, depuis le xh* jusqu’au xvue siècle. Dans les salles du premier étage sont classés, avec assez d’ordre, un grand nombre d’objets intéressants, soit au point de vue de l’art, soit à cause des souvenirs qu’ils éveillent.

Cabinéte de historia natural. — Il occupe encore le deuxième étage de l’académie de San Fernando.' — La j collection des minéraux est remarquable par le nombre, la beauté et la valeur intrinsèque des échantillons. >

Jabdin botanico. — Son étendue est d’environ 1 hectare 1/2. C’est l’une des plus belles promenades de Madrid.

Bibliothèques. — Madrid a huit bibliothèques publiques, ouvertes tous les jours de 10 à 3 heures. — La Bibliothèque nationale n’a pas moins de 250 mille volumes; — celle de San Isidore, dépendante de l’Université, St) mille volumes; — celle de V Université , 25 mille volùmes , etc.

THÉÂTRES

Teatro real. — Entrée principale

SJaza de Oriente. Le théâtre royal ou e l’Opéra, commencé en 1818 et inauguré, en 1850, est le seul digne de Madrid. La salle est grande, bien décorée, et 2000 spectateurs peuvent y prendre place aisément; les abords du théâtre sont très-faciles, et des issues nombreuses permettent la sortie presque instantanée des spectateurs. — On

Î' joue d’une manière très-satisfaisante e grand opéra et le ballet.

Teatro de la Crus. — Sa scène est petite et ma^ disposée. Ce théâtre peut

contenir 1500 personnes, mais il est peu fréquenté.

Teatro del Principe. — On y joue, toute espèce de pièces, excepté le mélodrame et la féerie.— 1000 places.

Teatro del Instituto. — La salle est très-petite (800 places seulement).

C’est aux drames et aux bailes andaluces qu’il doit sa réputation.

Teatro de Variedades. — . Dans les dernières années il a été occupé par une troupè française.

, Teatro de Lope de Vega. — Ce théâtre ne contient guère que 800 personnes.

Teatro del Circo. — Plazuela del -Rey. On y joue des comédies et des vaudevilles traduits. Il .peut contenir 1600 personnes.

La Zarsuela. est l’Opéra-Comique espagnol. C'est un joli théâtre, élégant, bien distribué. On y joue des pièces lyriques dont les poèmes sont généralement traduits des nôtres, et dont ia musique seule est originale.

Toros. • — La Plasa est un cirque énorme, qui n’a rien de remarquable à l’extérieur. Les billets se prennent $ laPuerta del Sol, dans les rues, à la calle de Carreta6. Tout est numéroté, divisé en stalles; on arrive sans désordre par de nombreuses entrées, ohacun se place suivant son numéro. Le cirque peut contenir douze mille spectateurs. Les places sont tarifées en raison de leur position au soleil ou à l’ombre, et varient depuis quatre réaüi, al sol, jusqu’à vingt réaux, à la sombra.

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