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DE MADRID A CORDOUE

3*9 kil.

Les diligences qui font le service de Madrid à Cordoue (V. pi 1037) sont transportées par le chemin de .fer (R. 509) jusqu’à Tembleque (100 kil.); elles iront même jusqu’à Alcasar de San Juan.

2 kil. de la station (102 kil.). Tembleque, V. de 2935 hab. renfermant quelques telles maisons. La place est régulièrement carrée et tout entourée de galeries en bois au rez-de-chaussée, et au premier étage; La route et une rue la traversent, sous des portiques.

2 h. env. après avoir quitté Tembleue on rencontre la maison de poste e la Canada de la Hiyuvra. A droite on aperçoit le village et le château de Consuegra, qui datent de T rajah, et où l’on retrouve des restes d’uu amphi-

théâtre et d’aûtrep travaux du temps des Romains.

22 kil. 1/2 (124 kil. 1/2) Madridejos, pet. V. de 5200 hab.

17 kil. (141 kil. 1/2). Puerto Ltipiche. On passe un pont assez long, jeté sur le Guadiana, avant d’atteindre

11 kil. (152 kil. 1/2). Villarta de San Juan (150 maisons.)

14 kil. 1/2 (181 kil.) Mantanarès , V.

de 9100 hab., bien bâtie, avec une vaste place , des couvents , une église gothique moderne. On -rencontre à 11 kil. la maison de poste de la Consolacion, et plus loin •

11 kil. (203 kil.) Val de Pena»

(posada del Uediodia) , V. de 1 1 200 hab., célèbre par ses vins. Ses maisons sont bien bâties, ses rues larges et bien empierrées; la place lie la Cônstitucion est vaste et d’un bel aspect. Les vignes de Val de Peiias proviennent de plants apportés de la Bourgogne; la récolte en est considérable.

11 kil. (214 kil.) Santa Crut de Mu* dela, pet. V. de 2000 hab. L’église, dont le maître autel est d'un bon style, date du commencement du xv* siècle.

Coutellerie commune; on y vend aussi des ligat ou jarretières tissées, brodées et ornées de devises. On atteint le commencement de la Sierra Morena à

8 kil. (222 kil.). Âlmuradiel, v. de 450 hab.

Avant de pénétrer dans les défilés les plus étroits de la montagne, on.

s’arrèteà (17 kil.) la venta de Cardenas.

Au delà de la venta de Cardenas on franchit un ravin ,’ laissant à droite uns autre vénta e» ruines ; . la montagne devient sombre , de plus en plus accidentée; les rochers grandissent,- les ravins sont plus profonds, et les précipices bordent de très-près la route.

Celle-ci est bien tracée, mais mal entretenue; elle fait de nombreux détours pour éviter des précipices d’une profondeur effrayante. Le défilé de Despeûaperros est placé sur la limite des deux provinces de Ciudad Real et -de Jaen. Le point de partage est indiqué par une pyramide sur un côté de lauelle on a sculpté l’image de Fa Vierge e Tolède, et sur l’autre une sainte face.

ESPAGNE

11 kil. (256 kil.) Santa Elena, première localité de l’Andalousie: sur le versant méridional de la Sierra (550 h.)

8 kil. (264 kil.) Las Navas de Tolosa, v. dç 210 hab., auprès duquel s’étendent ces grandes plaines où l’armée chrétienne des rois Alfonse VIII de Castille, don Pedro d’Aragon et don Sancho de Navarte mit en complète déroute les bandes musulmanes de Mohammed el N'assr.

5 kil. 1/2 (269 kil. 1/2) La Carolim, V. de 2000 bab. L’entrée en est régulière et presque monumentale; la rue principale est tirée au cordeau: les maisons sont toutes pareilles. La place, au centre de la ville, est octogone, entourée de deux étages de galeries.

5 kil. 1/2 (275 (kil.) Carboneros, v.

moderne de 520 hab.

3 kil. (27a kil.) Los Rios (140 hab.).

3 kil. (281 kil.) Guarroman, groupe de hameaux, formant une agglomération de 1 000 hab.

11 kil. (292 kil.) Ballen, V. de 5000 hab. A la sortie de la ville on aperçoit une pyramide commémorative du combat néfaste pour les armes françaises qui a donné une célébrité européenne au nom de cette ville.

A fiailen la route se bifurque. D’un côté elle passe le Guadalquivir à Mengibar pour atteindre Jaen, et au delà Grenade, Malaga et Alméria. De l’autre côté elle rencontre le fleuve à Andujar pour continuer vers Cordoue et Séville.

28, kil. (320 kil.) Andujar, V. de 9500 hab., sur la rive droite du Guadalquivir. On y remarque la Maison de "Ville , qui occupe un d.es côtés de la place de la Constitution, et l’église principale, Santa Maria, ancienne mosquée; l’intérieur est gothique: On y signale un saint sépulcre en relief, île la première époque de la restauration des arts en Espagne. La campagne environnante est une des plus agréables et des plus peuplées de l’Espagne.

On traverse le Guadalquivir, au delà d’Andüyar, sur un vieux pont de quinze arches, eu mauvais état, ayant au milieu une espèce de place d’armes.

Arrivé sur la rive gauche du fleuve, ou est en pleine Andalousie, sur le territoire de la province de Cordoue.

25 kil. (345 kil.) Villa del Rio , pet.. V. de 3500 bab. Son église est un ancien château arabe.

La route s’écarte du Guadalquivir, et passe en vue de Montorvo, pet. V.

située sur la droite et sur les nords du fleuve.

17, kil. (362-kil.) Pedro Abad, bourg de 1596 hab. On. aperçoit sur la gauche, à env. 8 kil., la V.,de, Bujalarrce (8 à 9000 hab.), au-dessus de laquelle s’élève un vieux château ruiné, 'flanqué de sept tours, qui fut bâti en 935, par Abderâme III, roi de Cordou,e.

5 kil. (307 kil.) fi Carpio , maison de poste, dépendant d’une petite ville de 2600 hab. , qui occupe une colline voisine de la route, et que surmonte une tour de style mauresque.

La route repasse le Guadalquivir, à la Casa blanca 14 kil. (381 kil.). A cet éndroit existé uft magnifique pont de marbre noir de vingt arches, au delà duquel se trouve la venta de Alcolea. En avant, à demi cachée par les mouvements du terrain, on découvre un instant Cordoue, sans aspect, ramassée, sans clochers ni monuments élevés. Au fond, et au S. E. de la vallée, que limitent au S. les montagnes de Grenade , on aperçoit un grand rocher conique isolé, couronné par les ruines du vieux château arabe d’ Almodovar , avec une tour presque intacte de 100 pieds de haut.

8 kil. (389 kil.) Cordoue (Fonda de la düigencia), V. de 42 000 hab. ! ?!tuée sur la rive droite du Guadalquivir. Le . climat y est excessivement sain ; les chaleurs sont néanmoins très-fortes pendant la saison d’été.

Cordoue est un véritable et somptueux musée d’antiquités ; mais, la ville actuelle n’est plus rien auprès de la Cordoue d’autrefois, qui comptait, disent les traditions populaires, deux cent mille maisons, quatre-vingt mille palais, neuf cents bains, et qui avait douze mille villages pour faubourgs. Eu pénétrant dans l’intérieur, nous citerons la place de la Constitution, autrefois nommée la Corredera. Elle est entourée de maisons régulières, dont les rez-de-qhaussée forment 50 arceaux et qui présentent trois rangées de balcons.

L’intéressante enceinte qui porte le nom d ’Alcasar viejo est remarquable par l’immense quantité (Je souvenirs anciens qui s’y reucontrent. L ’Alcasar nuevo, prison aujourd’hui, autrefoisrésidence du Saint-Office, fut, 'fondé par Alfonse XI. On remarque également, en avant des tours de l’Alcazar nuevo, le Cavnpo Santo, yaste espace où les Arabes martyrisaient les chrétiens.

Le palais épiscopal, somptueux édifice dont l’aspect extérieur est à peu près nul, a été plusieurs fois reconstruit, et sa dernière restauration date de 1745; il possède une bibliothèque publique de plus de 15000 volumes, et une collection curieuse d’assez beaux portraits de tous les évêques de Cordoue.

Auprès du palais épiscopal, on rencontre le Triunfo , joli monument de jaspe et de marbre , surmonté d’une colonne qui porte la statue en bronze doré de saint Raphaël, le patron de Cordoue.

Parmi les édifices de la ville on cite surtout la casa de Geronimo Paes, l’hôpital de San Sébastian, l’ancien oratoire de Saint-Philippe de Neri.

La plaza de Toros est moderne et date de 1846.

Cordoue possède deux promenades, l’urte intérieure nommée le paseo del Gran Capitan, l’autre située hors des ifiurs.

La cathédrale fut d’abord un temple élevé en l’honneur de Janus. Plus tard, au temps des Goths, ce temple fut consacré à saint Georges. Lorsque les Arabes furent établis en Espagne, Abd-er-Rahmman rasa le temple d.® Saint-Georges, et sur ses ruines il commença, en 770, ce riche monument que son’ fils Hixem continua et compléta jusqu’en 795.

L’édifice est un quadrilatère. Il mesure 620 pieds en longeur, du N. au S-, et 440 en largeur, de l’E. à l’O; Les murs, qui ont 35 pieds de hauteur, sont soutenus par une quarantaine dé piliersqui les aident à supporter l’énorme charge de la toiture. Dans les es-

f laces qui s’étendent entre les piiers, sont percées dix-neuf portes de 6 pieds d’ouverture sur 12 de hauteur,

ayant la courbé classique de l’arc mauresque.

L’intérieur delà mosquée forme, dans le sens du N. au S., dix-neuf nefs ou allées, et trente-six beaucoup plus étroites dans le sens opposé. « Il vous semble plutôt, dit M. Théophile Gautier, marcher dans une forêt plafonnée que dans un édifice; l’œil s’égare à travers des allées de colonnes qui se croisent et s’allongent à perte de vue ; çes cplonnes, toutes d’un seul morceau , et de 1 pied 1/2 de diamètre, n’ont guère, plus de 10 à 12 pieds jus>qo’au chapiteau. Sur ces mille colonnes fluettes s’appuient deux étages d’arcs en pierre superposés. La hauteur totale des nefs atteint par la superposition des colonnes et des doubles arcs environ 30 pieds; elles se terminent en voûtes et en demi-coupoles d’un goût médiocre. La sixième nef du côté de l’O. est plus large que les autres; c’est la principale de la mosquée primitive d Abd-er-Rhamman. Au fond de cette nef les colonnes se resserrent, et entourent un espace ou cha-

Selle qu’on nommait le vestibule du Hhrab. Ce sanctuaire a été conservé avec une scrupuleuse intégrité. »

Le Mihrab, c'est-à-dire le saint des saints, el adoratorio, est au fond du vestibule, et pratiqué dans l’épaisseur du mur méridional. C’est un réduit excessivement orné. C’était là qu’était déposé le Coran. Le livre sacré était fixé par une serrure sur un escabeau de boisd’aloès, et recouvert d’un tapisdesoie. Les pèlerins étaientadmis dans, ce lieu solennel et devaient en faire sept fois le tour à genoux.

Lorsque le roi saint Ferdinand eut conquis Cordoue, le 29 juin 1236, la mosquée fut placée sous l’advocatioft de l’Assomption de la Vierge, et purifiée parl’évêque d’Osma. On la modifia selon les besoins du culte chrétien, Tout alentour du monument on employa les dernières rangées des colonnes en y élevant des cloisons pour lestransformèren cinquante-deux chapelles dédiées aux saints, il fallait au temple chrétieq un maître autel, un sanctuaire, une capillamavor; ce monument moderne fut enté au milieu de la merveille mauresque. Il forme

ESPAGNE

au centre de l’enceinte une nef de 57 pieds de largeur, occupée en lias par le coro, en haut par la capilla mayor, surune longueur de 195 pieds, depuis le trascoro jusqu'au chevet du maître autel; en un mot, au milieu de ee quinconce d'un millier de colonnes, l’église moderne a fait une trouée à la place de soixante -trois colônnes.

C’est du reste l’œuvre la plus complète et la mieux achevée dti style plateresque ou gothique flamboyant; mais elle contraste d’une façon étrange avec le monument arabe, dont on aperçoit les longues perspectives et les voûtes basses par les ouvertures de la capilla et les arcades du transsept.

Après la mosquée et la cathédrale, nous devons citer la colegiala de San Uipolito, qui possède, dans deux urnes de jaspe rouge et noir, les restes du roi Ajfonse XI et de son père Ferdinand IV. San Pedro, qui fut église chrétienne au temps des Romains etGoths., Santa Marina, église gothique, l’une desplus anciennes de la ville.

Les anciens couvents méritent aussi une visite ; celui de San Pablo, celui de San Pedro el Real, devenu fabrique de draps , et l’église de celui de San Aguslin.

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