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ROUTE 517 : DE MALAGA A GIBRALTAR

On découvre en face la côte montueuse du Rif en Afrique; sur la droite, l’énorme rocher isolé de Gibraltar; et plus près, la ville d ’Estepona.

Marbella est bien bâtie; les rues sont larges et bien aérées. L’église est un vaste édifice moderne à trois nefs, avec une tour très-élevée.

On rencontre sur le chemin • les tentas de Quinones et de Casorla , à 5 kil. 1/2 l’une de l’autre; et dans l’intervalle, au bord de la mer, plusieurs tours-vigies.

28 kil. (79 kil.) Estepona, V. de 8600 hab. , assez bien bâtie , mais sans intérêt.

• En continuant de suivre la côte, on rencbntre la rivière de Guadiaro, toute bordée de lauriers-roses, mais qui est très-torrentueuse pendant la saison des pluies. Elle forme la limite entre la province de Malaga et celle de Cadix.

Par le chemin frayé, qui s’éloigne un peu de la côte, on arrive à

28 kil. (107 kil.) San Roque (hôtel Macre), Y. de 7800 hab., d’origine toute moderne; sa fondation date de l’époque où Gibraltar fut perdu pour l’Espagne. Elle est le chef- lieu d’un district nommé le Campo de Gibraltar et, pour ainsi dire, l'avant-poste d’ou les Espagnols observent cette possession qu’ils ne se consolent pas d’avoir perdue. Un grand hombre ae familles anglaises y ont établi leur résidence d’été. Si la' petite ville y a perdu presque entièrement le caractère espagnol, elle y a gagné en confortable et en apparence. La vie y est à très-bon marché.

On rencontre à peu de distance, en avant de San Roque, la rivière de Guadarranque, que l’on franchit sur le puente de Mayorga, point fortifié qui précède la ligne. Celle-ci était autrefois une importante fortification, construite par Philippe V, et flanquée de deux belles forteresses, le château, de San Felipe et celui de Santa Barbara.

Cçtte ligne fut détruite lors de l’invasion française, en 1808, avec l’aide empressé des Anglais.

Au delà de cette ligne, on rencontre les guérites des sentinelles anglaises.

On se trouve sur une langue de terre

étroite et sablonneuse, limitée à droite et à gauche par deux grandes lagunes qui s'accroîtront peu à peu, de telle sorte que le Tocher se trouvera un jour complètement isolé. 11 n’existe, pour atteindre Gibraltar, qu’une chaussée large de quelques mètres et qui est enfilée par toutes les batteries du- nord de la place. )

6 kil; (113 kil.) Gibraltar. — Hôt.:

Club House , Griffith.' s hôtel , Hôtel français de Dumoulin, Parker’ s hôtel.

La' monnaie espagnole a cours à Gibraltar; la monnaie anglaise n’est employée que par les voyageurs. Les étrangers qui ont des correspondants ou des répondants daps la ville, peuvent obtenir du magistrat de la police des permis de résidence pour dix, quinze ou vingt jours. Les officiers peuvent intrdduire un étranger pour trente jours. .

La principale place est la Commercial Square. C'est là que sont tes meilleurs hôtels et la Bourse ( Public Exchange), monument simple, décoré d’un buste du général Don, l’un des hommes qui ont fait le plus pour Gibraltar. On y trouve une librairie et des journaux.

Il faut peu de temps pour visiter Gibraltar ; la principale curiosité n’est pas la ville, c’est la montagne et lés fortifications dont elle est hérissée.

Elle mesure 4300 mèt. de longueur, 1245 de largeur et 423 de hauteur perpendiculaire. Ce rocher est entièrement hérissé de batteries, de manière que, depuis la Pointe d’Europe qui en forme l’extrémité S., jusqu’à la partie N. qui domine, les sables de San Roque, il n’y a pas un seul point négligé. Des excavations, pratiquées à force de poudre dans le centre de la montagne et dans la pierre vive, foiv ment des voûtes d’une telle hauteur et d’une telle étendue, qu’elles peuvent contenir la garnison tout entière en temps de siège.

Lorsqu’on visite oette succession de cavernes et de défenses, ce qu’on ne fait jamais sans être bien accompagné, bien surveillé et avec interdiction de prendre une note ou un croquis, à moins d’une permission toute spéciale, on rencontre au point le plus

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élevé, du côté du S., une tour inachevée que la foudre a frappée , et qu’on nomme la tour Saint-Georges. Le général O’Hara, qui la lit construire, s’était proposé de l’élever à une hauteur suffisante pour qu’on pût de là découvrir la baie de Cadix.

Du pied.de cette autre tonr de Babel, le coup d’œil est magnifiquè.

On descend d’ordinaire jusqu’à la pointe extrême du promontoire ,. la Pointe d’Europe. Il s’v trouvait autrefois une chapelle dédiée à N Ira Sra de Europa avec un fanal, pour les navigateurs ; la chapelle a disparu , elle est remplacée par des batteries et par un phare.

Le port de Gibraltar est franc et sert d’échelle à tous les navires qui vont de la Méditerranée à l’Océan. On ne peut dire qu’il soit ni parfaitement sûr ni parfaitement abrité ; les navires chassent souvent sur leurs câbles, et vont quelquefois se briser à 'la côte.

Excursioss, — On peut aller de Gibraltar visiter l’antique Carteya (7 kil.), la seule des cités romaines ou carthaginoises dont il reste quelques vestiges.

Dans une direction tout opposée, il est facile de faire quelques excursions et des parties de chasse en Barbarie. Un petit bateau à vapeur d’Allr gésiras et des mystics à voile latine vont quotidiennement, pour la ravitaillement de Gibraltar, à la côte d’Afrique, à C'eut» et à Tanger.

RGDTE 518.

DE GRENADE A MÜRCIE.

Un service de gondoles à 8 places fait ce voyage en trois jours. La première nuit on couche à Cadix. Le chemin est généralement mauvais et quelquefois impraticable, l’hiver surtout, à moins d’un grafid renfort de mules.

On traverse de pauvres villages. Le premier de ces v. , Huetor de Sautillait, à 8 kil. de Grenade, compte 800 à 900 hab. La route devient montagneuse, et s’élève graduellement jusqu’au port où se trouve la venta de la Crus del Puerto.

Auprès des ventas dclMolinillo (25 k.

1/2 de Grenade) , on traverse à gué un

petit torrent qui se réunit au Fardés.

Au delà de ce torrent, on s’engage successivement dans deux défilés dont le passage est souvent dangereux en raison des avalanches , et quelquefois aussi à cause des mauvaises rencontres qu’on peut y faire. A l’issue du second, on atteint

34 kil. Diesma, bourg, 1200 bah. On descend, en quittant cette localité, une longue côte de près d’une lieue, au bas de laquelle on rencontre le Fardés, que l’on passe à gué. De l’autre côté se trouve le v. d ePurullena (700 hab.). La route traverse une vaste campagne semée dé petites collines isolées qui servent d’habitation à toute une population. Cette eolonio, ou barrio de Santiago, est habitée par des Bohémiens. ,

21 kil. (55 kiL) «iiadix, V. de 2500 hab., située sur la rive gauche de la rivière de ce nom. Cette ville , autrefois importante et solidement fortifiée, n’a conservé que quelques vestiges de ses anciennes défenses, et entre autres d’une forteresse maure, l’Alcazaba, qui occupait une petite élévation au centre de la ville. Le territoire qui entoure Guadix est d’une remarquable fertilité.

A 7 kil. au S. G. de Guadix se trouvent les eaux minérales ferrugineuses sulfatées de Graeita. Les unes sont froides , les autres chaudes ; on les emploie avec succès contre les rhumatismes, les maladies nerveuses et cutanées. Ces bains étaient très-célèbres et ttès-fréquentés du temps des Arabes, qui y ont laissé quelques travaux. Il y vient, année moyenne, 600 personnes qui trouvent une grande peine à se loger dans les dix mauvaises maisons du village, situé à 1 kil. au delà des bains.

,On franchit la rivière de Guadix; et on sc trouve dans une grande plaine où l’on rencontre la venta de Fuente Âlamo, la venta de Gor.

40 kil. (05 kil.) liazu (Posada del Sol. tenue par un Français), V. de 13 600 bab. Autour do la ville et en amphithéâtre sur la base de la colline, s'étendent de beaux jardins. L’aspect de la sierra , couverte d’une abondante végétation, est pittoresque; on

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