‹ Guide du voyageur en EuropeChapitre 796 sur 816 · PAR LEIRIA ET C01MBRE · texte numérisé non relu

PAR LEIRIA ET C01MBRE

On sort de Lisbonne par le N. E,.

en remontant la rive droite du Tage avec le chemin de fer de Santarem" jusqu’à Villanova. Si l’on voyage à cheval, on rencontre (2 1.) Sdcavem, petite V. de 800 hab. . on franchit sur un bac la rivière Libres, et on suit la belle yallée du Tage, rencontrant (2 1. — 4 1), Alverca, V. de 3350 âmes, petit port pour la pêche, et (IL, — 5 1.), Alhandra, bourg de 2000 hab. environ, où l’on fabrique des tuile? et de la brique.

(1 1. — 5 1.) Villafranca-de-Xira,

PORTUGAL

ma

petite viHe de 4700 h. , aussi propre que bien bâtie.

1 1. (7-1.) Povoa.

On traverse Castanhiera , Moinho' Novo , Olta. Tagaro, riches villages, dont les habitants se consacrent entièrement à la culture du sol.

8 1. 3/4 (15 I. 3/4) Candieiros.

Si, après avoir dépassé- ce v., le voyageur quitte la route et prend à gauche à travers la campagne , il rencontrera deux localités dignes d’attention : Alcobaça et Aljubarrota.

Alrohacâ, V. de 1500 hab. C’étais jadis l’une des plus splendides du "royaume. L’antique monastère de l'ordre de Clteaux. situé au milieu de la ville , a été fonde en 1 14-2. L’intérieur de l’église est remarquable par la beauté et la Simplicité de son style gothique. On y remarque la chapelle royale, au milieu de laquelle s’élèvent deux somptueux tombeaux en marbre blanc :

l’un est celui d’I nez de Castro, de tragique mémoire; l’autre celui de don Pedro ,, surnommé le Justicier.

Quelques chapelles, dans l’aile gauche , atttirent l'attention par leur surabondance de scupltures et d’arabesques.

Une autre chapelle, assez obscure, renferme des statues en plâtre représentant les princes qui se sbnt succédé sur le trône de Portugal, depuis Alfonso Henriquez jusqu’à Alfonso VI, mort en 1668 ; le pavé est formé d ’asulejos d’une assez belle exécution.

On doit visiter dans ce couvent les six cloîtres, la sacristie, le reliquaire aujourd’hui presque vide ; labibliothèque, veuve de livres, et qui, jusqu’en 1834, a . renfermé les manuscrits les plus rares relatifs à l’histoire du Portugal; le réfectoire, divisé en trois portiques par trois rangées de colonnes; la cuisine enfin, qui à elle seule est un monument.

Aljubarrota doit sa célébrité à une bataille dans laquelle le roi Joâo Ier défit les Castillans, le 15 août 1385.

En rejoignant la routa, on aperçoit au fond d’une vallée

ltatallia, V. de 1500 hab., et remarquable par son magnifique monastère, chef-d’œuvre de l’art gothi-

que. Le portail de l’église est une œuvre des plus remarquables.

L’intérieur de l’église est d’une simplicité grandiose. Dans la grande nef, reposent le roi don Duarte (1433-1438) et sa femme Léonore d’Aragon.

Batalha, comme. Belem et Penha, est le triomphe de l’architecture, et, comme ces chefs-d'œuvre, ne doit rien aux arts de la statuaire et de la peinture.

On remarque, dans cette église, la salle du chapitre, dont la construction est d’une singulière beauté; la chapelle imparfaite ( capella imperfeita ) , ainsi nommée parce qu’elle ne fut jamais achevée , et où l’on retrouve certaines réminiscences mauresques avec les tendances de la Renaissance.

La plus grande partie du couvent n’existe plus; elle a été livrée aux flammos, en 1810. Le gouvernement a voté une somme annuelle de 2 contos de reis pour l’entretien et les réparations de ce bel édifice.

En reprenant la grande route, on atteint

7 1. (22 1. 3/4), Leiria, V. de 6000 hab., autrefois fortifiée} les remparts ont disparu en partie. On y visite les deux églises, dont le style gothique est assez pur, et le château presque en ruines où le roi Denis habita,

■ On vient aussi de Lisbonne A Leiria par une bonne route qui passe à (12 1.) Torres Vedras et traverse, au delà de ce bourg, la vallée de Vimeiro , où le général Junot livra aux Anglais , le 21 août 1808, une bataille dont l’issue malheureuse eut pour résultat la capitulation dè Cintra. La route continue par (6 1. — 18 1.) Obidos; (2 1. — 20 1.) Caldas da Rainha; (4L— 24 1. Alcobaça, et (2 1.— 261.) Aljubarrota et Batalha.

En sortant de Leiria, on remarque la verrerie de Marinha Grande, qui produit une grande quantité de marchandises. On passe la Soure.

51. 1/2 (28 1. 1/4) Pomhal. V. de 3200 hab. env. Personne ne vient à Pombal sans visiter l’église paroissiale, nop pas seulement à cause de la belle architecture qui distingue ce monument, mais Surtout pour rendre hom-

ROUTE Si G : DE LISBONNE A PORTO.

mage à la mémoire du fameux mar-i uis de Pombal, qui releva Lisbonne1 e ses ruines. Il existe à Pombal des ruines curieuses d’une époque inconnue, dans lesquelles on reconnaît les deux styles différents des architectures sarrasine et chrétienne.

2 L (30 1. 1/4) Redinha , V. de 4600 hab-, placée dans une situation pittoresque; on y rencontre à chaque pas des restes d’antiquités romaine?. Le maréchal Ney y livra à lord Wellington , en mars 1 8j 1 , un Combat glorieux pour nos armes.

A 3 1. de Redinha (33 1. 1/4), on traversé Condeixa a Nova, bourg de 890 hab.

A peu de distance, on rencontre Mondego. Un beau pont est jeté sur cette rivière.

2 1. (35 1. 1/4) Csïmbre. — On vient aussi de Lisbonne à Coïmbre par mer.. — C’est, de toutes les villes du Portugal , celle à laquelle se rattachent le plus grand nombre de traditions poétiques.

L’Université de Coïnjbre fut de tout temps comblée de prérogatives. Elle est aujourd’hui gouvernée par un recteur nommé par le roi. L'enseignement se partage en cinq facultés, — théologie, droit, médecine . mathématique et philosophie, — auxquelles a été ajouté dernièrement un cours de droit administratif. On y est admis dès l’âge de seize ans.

La ville n’intéresse pas moins le , voyageur par ses sites pittoresques et par ses souvenirs. Sa situation est des plus agréables.

L’aspect intérieur est triste; les rues sont étroites , escarpées et sales . Commercialement, Coïmbre ne possède qu’une importance infime. Cependant elle joue un certain rôle comme entrepôt de la partie centrale du Portugal, en raison de la facilité de ses communications avec la mer par le Mondego. Outre le bel aqueduc qui lui porte ae l’eau, elle a des monuments intéressants. La cathédrale moderne appartenait aux Jésuites. L’ancienne cathédrale est un monument arabe pur, digne d’être visité. Parmi les huit paroisses , on remarque l’église de Sainte-Croix, où l’on admire les magni-

fiques et anciens mausolées d’Atfonse et de Sancho, les deux premiers rois du Portugal.

Le couvent de Santa Clara est digne d’attirer l’attention à cause du monument de la reine Elisabeth, monument de pierre chargé de sculptures, et entouré d’une balustrade d’argent artistement travaillée.

Coïmbre a appartenu aux Goths, puis aux Maures, et enfin aux rois de Portugal, qui y firent longtemps leur résidence. Le palais de l’Université offre tant de souvenirs historiques , qu’il n’est pas permis de lui refuser une visite : il se fait remarquer par son étendue, sinon par sa magnificence.

L’ancien collège des Jésuites et le pont du Mondego ferment la liste des curiosités que le voyageur rencontre à Coïmbre.

En sortant de Coïmbre pour se rendre à Porto , on traverse a gué , après une demi-heure de marche, la rivière Giraon; on rencontre (3 1. 1/4) Mealhada\ (3 1.) Aguada, où l’on passe sur un pont la rivière Aguada: (1 1.) Sardaô; (2 1. 1/2) Alberggria Nova; (1 1. 3/4) (Hiveira d’Azemeis; (4 1. 1/2) Corvo. 2 h. de marché depuis Corvo suffisent pour parvenir jusqu’aux bords du Douro, puis à

1 1. 3/4 (53 1.) Porto ou oporto.

V. de 80 000 hab. C’est par un beau pont suspendu sur le Duero qu’on arrive dans cette ville , la seconde du Portugal. 11 n’existe plus aujourd’hui que quelques ruines ae ses murailles.

On a partagé Porto en sept paroisses, dont une, San MaTtinho de Cedofeita, s’il faut en croire la tradition , rémonte jusqu’au vi* siècle.

Vhôpital royal peut être regardé comme la plus magnifique construction que l’on connaisse en ce genre, dans tout le royaume. L’église des Clerigos, avec sa haute tour, la Casa da Relaçao, la chambre municipale ou Hôtel de ville, le Théâtre , la grande Caserne de Saint-Ovide , qui peut contenir 3000 soldats, le Palais épiscopal, dont l’aspect est grandiose, et enfin Notre-Dame de Lapa, où l’on conserve le cœur de l’empereur Dom Pedro y sont les plus remarquables monuments de Porto. On doit aussi visiter

PORTUGAL

le port, 1 école de marine et de commerce , la Bourse.

Le roi don Pedro y a fondé un musée qui possède déjà un nombre considérable de tableaux ; la Bibliothèque publique compte plus de 65 000 volumes, avec des manuscrits précieux;

A Villa-Nova du Gayat faubourg de Porto situé sur la rive opposée du Uouro, sont construits de vastes entrepôts de vins connus du commerce de tous les pays.

Porto a des consulats de toutes les nations. Une jolie route bien suivie conduit à Braga (8 1.), dont la cathédrale est un, monument remarquable.

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