ROUTE 95. — DE NAPLES A BARI
Marigliano ( Marianum )f gros bourg contenant environ 5,400 habitants ; ses rues sont tirées au cordeau , et il possède une belle église. En faisant un petit détour, nous pourrions visiter
Nola , ville très-ancienne qui a occupé une place importante dans l’histoire des Etrusques et des Romains ; elle est encore intéressante aujourd’hui par la quantité de vases étrusques qu’on retrouve sur son territoire. Nous pourrions aussi donner un coup d’œil à
Avella (. Abella ) , autre ville très-ancienne et très-célèbre par ses fastes; mais nous continuerons sans interruption la route que nous avons entreprise; nous passerons par l’ancien Sannius Irpinus, et nous entrerons dans
Avellino (Abellinum) , ville épiscopale et place forte d’environ 13,000 habitants. Elle est renommée par l’excellence de ce petit fruit ressemblant à une noisette et qu’on appelle aveline , du nom de la ville elle-même. La place d’ avellino est ornée par un Obélisque , le Palais de la ville , la Tour de V horloge et le Palais de la douane , dont la façade est décorée de statues antiques d’un mérite secondaire. Celte ville est située au bas des Apennins , et précisément au pied du Mont Vergine, sur lequel s’élève un sanctuaire considéré comme l’un des plus remarquables de Fltalie. A un mille de distance au-delà du fleuve Sàbato ( Sabbatus ) , on trouve
Trissalda ou Tri pa ld A ( Atripalda ), petite ville sans importance, où on doit cependant visiter le souterrain de la Collégiale pour y admirer deux fort belles statues représentant Ste Madeleine et Si Michel .
Trigento (Aculanum) s’élève peu loin de là. Dans le voisinage de cette petite ville s’étend la vallée d’ANSANTO ( An sanctum) , dans laquelle il y a une carrière de plâtre de diverses couleurs.
Dentecane, gros village bâti au sein des montagnes, Grotta Minarda ( Crypta Minarda) , n’offrent rien qui mérite de nous arrêter. Quelques auteurs prétendent que c’était là qu’existaient les célèbres Fourches Candines , où les Samnites firent passer sous le joug les Romains commandés par VeUurius Calvinus et Spurius Posthumus . Ce-
Ci U IDE EN ITALIE.
pendant François Daniel , dans un opuscule publié en 1778 , a prouvé victorieusement qu’elles étaient dans la vallée d 'Arpajo , qui , au reste , est peu distante de la première.
A Grotta Minarda , si on prend la route qui s’ofTre à gauche, on rencontre
Bénévent ( Bcneventum) , ville de plus de 14,000 habitants, très-célèbre dans l’histoire. La porte Aareà , toute construite en marbre de Paros, et les Ponts bâtis sur le fleuve Calore (Calor) , méritent une visite du voyageur curieux. Pour nous, au lieu de suivre cette direction , nous prendrons à droite , et nous entrerons dans
Ariano ( AraJani , et plus anciennement Equus Tulicus ), ville épiscopale d’environ 12,000 habitants, située sur une triple colline très-élevée, entre les fleuves Lalou et Tripaldo.
Il existe une histoire de cette ville, très-intéressante par le récit des malheurs auxquels elle fut soumise. Ses collines sont composées de tuf, et on y trouve seulement des testaeés marins comme dans les montagnes de la Toscane , sur le Bolca de Vérone , etc.
Treviro (Trevicus) , à laquelle Horace donne le titre de fameuse , est une petite ville de 2,500 âmes, située au milieu des montagnes, que nous laisserons derrière nous pour arriver à celles qui conduisent à
Savigliano (Sabilianum) , bourg de 1,800 habitants. Le fleuve Cervaro ( Cerbalus ) nous accompagnera jusqu’à
Ponte di Bovino , autre petite ville bâtie sur les bords du fleuve, et dépendante de la petite ville forte voisine appelée Bovino ( Bovinum ) , qui s’élève sur le penchant d’une montagne, et compte environ 4,000 habitants. Là on trouve un chemin qui, passant par Ascou (Asculum Satrianum ), conduit d’abord à Melfi (Melphis) , ville de 7,500 habitants, dans laquelle on remarque une belle Cathédrale, puis à
Venosa ( Venusium ) , ville bâtie au pied des Apennins t dans une plaine délicieuse et fertile, et qui s’est acquis une célébrité par la naissance d’ Horace , dont elle fut le berceau.