ROUTE 100. — DE NAPLES A POLICASTRO
le second né de la destruction du premier. En suivant le rivage on rencontre bientôt Agropoli, joli bourg où Pété est éternel; mais nous sommes obligés de poursuivre notre route au milieu des vallées pour arriver à Prignano, et de là à Valu , villages assez importants. En sortant de ce dernier lieu , on ne tarde pas à entrer dans Castello a Mare della Bruca. Là existait jadis Hyala ou Velia , cette ville fondée par les mêmes Phocéens qui bâtirent Marseille, et qui était si chère à Cicéron pour la douceur de son climat. Hyala fut le berceau des célèbres philosophes Par ménide , Zénon et Leucippe . Autrefois elle eut quelque renommée pour la chasse des hérons, dont la rqce y est aujourd’hui éteinte. Le nom de Bruca , ajouté à celui de Castello a Mare , lui a été donné à cause d’un bois voisin connu sous cette dénomination.
En côtoyant toujours le rivage, on arrive à
Pisciota, petite ville de 2,700 habitants, où exista trèsprobablement celle que les anciens appelèrent Buxentum, et plus tard Pyxus. La hauteur qu’on remarque auprès de cette ville est le promontoire que Strabon appelle Promon torium Pissiuntum . De là on arrive à Camerota , puis au promontoire de Palinure , auquel Virgile a donné tant de célébrité, puis enfin à
Policastro ( Palœocastrum et aussi Petdia ), ville qui dans d’autres temps dut avoir beaucoup plus d’importance , mais qui , ayant été rasée par Robert Guiscard en 1055 , et saccagée par les Turcs en 1542, contient à peine aujourd’hui 400 habitants. 11 faut, dire aussi que les marais et les rivières qui l'entourent en ont vicié l’air au point de le rendre tout à fait insalubre. Cependant elle donne son nom au golfe qui s’étend devant elle. Pline appelle ce golfe Sinus Vibonensis , d'autres géographes Sinus rPalanus; mais les modernes le connaissent sous la dénomination de Golfe de Policastro .