RENSEIGNEMENTS SUR TURIN
Comestibles. — La table à Turin est excellente ; la cuisine piémontaise participe de la légèreté et de la délicatesse de la cuisine française en même temps que de la cuisine substantielle et forte de l’Italie. Le cuoco piémontais est une préparation de diverses substances , et forme un plat trèsdélicat; le riz est préparé en rizotlo comme à Milan; l’agnolotti et le tagliarini , espèces de pètes, sont des mets fort agréables; le stuffalo , bœuf à la mode, est la base de tout dîner piémontais.
Le poulet à la Marengo , improvisé après la bataille de ce nom pour le premier consul, et assaisonné avec de l’huile, faute de beurre, est accommodé avec des champignons , du vin blanc et des croûtes de pain. — C’est un excellent mets.
On mange sur toutes les tables de Turin un pain en forme de baguettes , nommé cressent ou grissin . Ce pain fort sec et très-léger est bon pour l’estomac. C’est une curiosité pour le voyageur qui voit l’Italie pour la première fois, et on ne le fabrique bien qu’à Turin. Son prix est de 20 c. la livre.
La viande, le poisson , les légumes et le laitage sont fort bons et très-abondants. Le bœuf de première qualité coûte 25 à 30 cent, la livre; le veau , 30 à 35 cent. La truite des torrents alpins , la tanche de Turin, et surtout la lamproie du Pô , sont des poissons excellents : ce dernier poisson était le mets favori de Napoléon , et il ne passait jamais à Turin sans qu’on lui en servît sur sa table. Les trulTes blanches du Piémont sont très-estimées. Le chocolat de Turin passe pour le meilleur de l’Europe. Cette fertile contrée produit aussi des vins très-bons , dont les plus recherchés sont ceux de Barbera, de Barolo, de Caluso, d’Asti et de Soma. , .
On fabrique à Turin d’excellentes liqueurs : le vermout et Velixir de quina. Elles se boivent ensemble ou séparément avant les repas, et sont un fort agréable stimulant infiniment préférable à l’absinthe, en ce qu’elles ne produi-
sent pas sur la santé les effets fâcheux de cette dernière. Cafés : sont très-fréquentés à Turin, même par les hauts dignitaires de l'État ; tous sont bien fournis de journaux nationaux et étrangers , ainsi que de revues littéraires.
Une tasse de café à la crème , très-sucré et excellent coûte 40 cent. , à l’eau 15 cent. ; une tasse de chocolat, 20 cent., etc. On peut déjeuner à la fourchette dans tous les cafés de Turin , et pour un prix très-modique : une côtelette , deux œufs sur le plat , un carafon de vin et une petite tasse de café, ne coûtent guère plus de 1 fr. Les glaces y sont délicieuses et coûtent 40 c.
Poste aux lettres , contrada delle Finanze ( rue des Finances). Lettres pour Gênes, Chiavari, Savone, la Toscane, les États de l’Église , les deux Siciles , tous les jours à midi ; — Pour Chambéry, Genève, la Suisse, la France, les Pays- Bas, la Grande-Bretagne, l’Espagne, le Portugal, tous les jours à 3 heures après midi; — Pour Nice, Vintimiglia et les départements méridionaux de la France , les provinces nord et est de l’Autriche, tous les jours à 3 heures après midi ; — Pour Parme , Modène , Plaisance et Reggio , le mercredi et le samedi à midi ; et pour les autres Etats et les provinces du royaume non indiquées ci-dessus , les lundi , mercredi et vendredi , à trois heures après midi.
JY. B . Les lettres doivent être mises à la poste avant 8 heures du soir, la veille des dimanches et des fêtes de l’Ascension , de Dieu , de la Vierge , de Noël et de Pâques.
MOYENS DE LOCOMOTION (1)
Messageries sardes des frères Bonafous , de Turin , contrada d’Angennes , n° 37 (rue d’Angennes, no 37) , partant pour la France les lundi, mercredi et vendredi, à 5 heures après raidi.
Chariots en poste les mardi , jeudi et samedi , à 4 heures après midi .
(!) Pour plus de détails voyez Introduction.
Diligences pour Milan et villes circonvoisines , les lundi , mercredi et vendredi , à 5 heures du soir.
Pour Gênes, mardi, jeudi et samedi, à 6 heures du soir.
Pour Parme, Plaisance, Modène, Rome, Ancône, etc., lundi , mercredi et vendredi.
Pour Chambéry et Genève , lundi , mercredi et vendredi , à 5 heures du soir.
Malle-poste ( rue des Finances ) , prenant quatre voyageurs tous les jours pour Milan, Gênes et Genève.
Vélocifères des frères Multa , pour Novare et Arona, tous les jours.
Courriers de Turin pour Bielle et Arona, tous les jours excepté le dimanche; pour Alba-Pompéi, ancienne cité romaine, tous les jours; pour Pignerol, Suse, Casale, Vigevano. Asti, tous les jours; pour Lanale, Jassino, Chiéri, Moncalieri , tous les jours.
Arrivent à Turin !
Diligences de France, les lundi, jeudi et samedi, dans la soirée.
Chariots en poste , mercredi , jeudi et dimanche, dans la soirée.
Diligences , de Milan , mercredi, jeudi et dimanche, et de Gênes, mercredi, jeudi et dimanche; de bonne heure dans la matinée.
Voituriers . On trouve des occasions de départ à l'auberge du Bœuf-Rouge , rue de la Rose-Rouge , no 7, ou a celle de la Vieille- Douane, dans la rue du Sénat, n« 4.
Consigne des effets perdus , à l’hôtel de ville.
Jours d'entrée aux établissements scientifiques .
Aux musées égyptien , d’histoire naturelle , numismatique, d’anatomie, tous les jours de 10 heures du matin h 4 heures après midi ; la galerie d’armes , tous les jours de midi à 2 heures ; galerie de peinture , tous les jours de 10 à 4 heures.
Passe-ports . — Les étrangers doivent remettre leurs passe-
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ports en entrant aux barrières, aux gardes qui en donnent un reçu ; ensuite ils doivent aller les chercher chez le commandant supérieur militaire, palais de la Chancellerie, rue des Finances, en présentant le reçu; puis ils doivent les présenter au bureau de l'étranger en payant 2 fr. , et les reporter ensuite chez le commandant militaire, pour en avoir la signature , et enfin les faire viser par le ministre de leur nation.
Livres a consulter. — Turin à la portée de V étranger, chez les frères Reycend ; Dix jours à Turin , Description de Turin , par le chevalier Bertolotti ; Quelques jours à Turin , Fontana, éditeur, rue du Pô, 5G.
Excursions.— La Superga (1). Après avoir traversé le beau pont du Pô, nous prenons à gauche ensuivant une belle allée de marronniers , qui nous conduit , après deux kil. environ de marche, à un petit village que nous quittons pour atteindre et gravir la montagne , sur le sommet de laquelle s’élève la noble basilique. Une heure et demie de marche ascendante nous conduit au perron de la célèbre église : dix marches conduisent au péristyle , formé de six colonnes en pierre sur le devant, et d’une colonne au second et au troisième rang en arrière-ligne. L’édifice est en forme de rotonde, ayant de chaque côté un bâtiment surmonté d’une tour fort jolie, à jour, qui sert de résidence aux chanoines.
On sonne à la porte du bâtiment qui est sur la gauche et touche à l’église , un laquais à la livrée du roi se présente et vous introduit.
On passe d’abord par un cloître composé sur chaque ligne de sept arcades fermées par des croisées étroites, mais si hautes qu’elles donnent suffisamment de jour; au milieu il y a quatre pièces de gazon. Tout est couvert en plomb. Il y a 102 ans que l’on a mis la dernière main à ce monument , dont Victor-Amédée le*, roi de Sardaigne, est le fondateur.
De là on entre dans une salle où sont les portraits des prêtres de cette maison qui sont devenus évêques ; six ec-
(i) Extrait de Y Itinéraire cl’ Italie , par M. Emm. Poloncfau, excellent et consciencieux ouvrage, qui sc trouve à la librairie de L. Maison.
clésiastiques ayant à leur tête un doyen y résident habituellement; l'archevêque de Turin a la suprématie de dignité et d’autorité : le portrait du fondateur est au-dessus de la cheminée.
La salle suivante sert de salle à manger lorsque le roi vient à la Superga, au moins une fois par an. Elle contient les portraits des anciens cardinaux nés dans ce royaume; en outre , un tableau remarquable de Matheus ; il représente la Cène.
Maintenant, par un bel escalier dont la voûte est fort haute, nous descendons dans un souterrain : on ouvre une grille, et nous voilà dans le lieu où sont réunis les tombeaux des rois , des reines de la maison de Savoie et de leurs enfants. A l’entrée sont deux statues en marbre; partout le pavé est en marbre. En face de la grille est une sorte de chapelle; sur l’autel est un superbe groupe en marbre blanc; la Vierge a sur ses genoux Jésus-Christ descendu de la croix : quatre statues en marbre sont placées aux angles de cette chapelle.
Au centre des caveaux et devant la chapelle , paraît le tombeau de Victor-Emmanuel : le sarcophage est décoré par quatre génies ou anges ; à chaque coin est une urne cinéraire, et à un bout un faisceau d’armes, casque, épée, baudrier; tout en marbre blanc très-poli et d’un travail extrêmement fini. — Dans une case à droite repose le corps de sa femme ; — celui de son père à gauche, près de la porte d’entrée; — celui de sa mère au-dessous.
Au fond des caveaux, sur la gauche, est le tombeau de Victor-Amédée ; il porte son buste. — Vis-à-vis et sur la droite, à l’extrémité, est le tombeau de Charles-Emmanuel son fils; il porte son buste : aux côtés sont deux statues en marbre , la Prudence, la Force. — Des cases près de là renferment les corps de ses trois femmes, qui étaient de la maison d’Autriche.
On pénètre ensuite dans un caveau qui est ordinairement fermé ; il est réservé uniquement pour les princes de la maison de Savoie-Carignan. — Puis dans un autre pour tous les enfants de la maison régnante; il n’y a encore que cinq tombes.
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Remontant par le grand escalier, au'deuxlème repos, on voit le portrait de Victor-Amédée; Il esta cheval: Fauteur est un peintre français que l’on n'a pu nohs nommer.
Quand nous sommes arrivés sur le dernier palier, nous trouvons en face de nous un tableau non moins beau , saint Charles fiorromée à genoux , invoquant la Vierge qui tient l’enfant Jésus; au bas, deux anges regardent le prélat.
Immédiatement après , ayant traversé de vastes corridors, nous entrons dans une salle dont les murs sont couverts des portraits en buste de tous les papes ou chefs de l'Eglise catholique: cétte collection commence à Jésus-Christ, puis saint Pierre... Grégoire XVI en fait déjà partie.
A l’extrémité du corridor on ouvre une croisée pour nous faire admirer l’étendue, la beauté de la perspective : placés à cette hauteur, nos regards embrassent toute la plaine du Piémont, au milieu de laquelle eàt assise la ville de Turin et le lit prolongé du fleuve ; devant nous s’élèvent les montagnes des Alpes,’ dont le sommet est blanchi par les neiges, et d’autres beaucoup plus éloignées, mêmeau delà de Chambéry, que l’on distingue un peu : il est impossible de peindre la magniticence de ce spectacle , les aèpeCts extraordinaires qui enfantent l’indicible exaltation' d'un enthousiasme qui deviendrait intârissable.
Nous descendons pour visiter l’église et passons par la sacristie.il faut s’arrêter devant le buste en marbre blanc
de Benoît XIII1: le ciseau a si fortement , si purement pro-
noncé les traits , qu’il est impossible de né pas croire à une complète ressemblante.
Une rotonde forme la plus grande partie de l’église ; quatre grosses colonnes ën marbre vert d’ëau , marbre précieux , soutiennent la coupole ornée de rosaces blanches. Les deux portes latérales du chœur sont garnies de marbres ‘variés. Au maître-autel, les deux colonnes sont en marbre ordinaire. Derrière est un morceau de sculpture en marbre blanc, étonnant par la composition, à l’exécution soignée • il représente le vœu Tait à la Vierge par Victor-Amédée y lorsqii’en 1706 les Français assiégeaient Turin. Dans le chœur, qui est entièrement tendu de noir, un jeu d’orgue» fort simple est à droite; à gauche, une très-grande tri—
bune dans laquelle sc placent le roi et toute la famille royale.
Dans le reste de l’église 11 y a quatre antres tribunes et six chapelles qui sont hors de la rotonde, de chaque côté. Celle du milieu est plus grande, et contient un groupe en marbre: à droite, c’est la Naissance de la Vierge ; à gauche, l’Annonciation. Chacune. des quatre petites offre un bon tableau de Ricci : sur la droite, saint Louis et saint Maurice; sur la gauche, saint Charles Borromée et sainte Marguerite de Savoie.
Après avoir passé trois heures en ce lieu , nous reprenons à pied la descente de la montagne, nous la parcourons en trois quarts d’heure, et nous retrouvons notre voiture A l’endroit où nous l’avons laissée.
Ce premier moment d’enthousiasme un peu calmé, le voyageur peut, en revenante Turin, à l’aide d’un petit détour sur sa gauche, visiter
La Vigne de la Reine , jolie maison de plaisance située sur la colline qui fait face au pont du Pô. Cette riante demeure d’été fut construite par le prince Maurice de Savoie, pour y rassembler l’académie littéraire qu’il venait d’instituer. Les appartements sont beaux et renferment quelques bonnes peintures; les jardins et les terrasses sont délicieux.
A l’extrémité de la. belle promenade dont nous avons déjà parlé , nous trouvons
Valentin , château royal au bord du Pô. Il fut élevé par Christine de France, épouse de Victor-Amédée hr ; elle le lit construire dans le style de cet âge , avec quatre tours carrées à pyramide, et avec des portiques et des galeries. Actuellement il sert de logement et d’école aux pontonniers, lesquels donnent souvent le spectacle de jeter un pont en barques sur le Pô. Des deux côtés de la cour sont deux grands jardins ; à gauche est le jardin botanique, à droite se trouve le dépôt des «appareils nécessaires à la gymnastique des artilleurs. Ses salons spacieux et sa cour servent tons les six ans à l’exposition publique de l’industrie et arts du royaume.
A 8 kii. environ de la capitale, se trouve
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Stupinigi, château royart magnifique, fondé par Charles* Emmanuel II, sur les plans de Juvara, et agrandi par le comte Alfieri. Napoléon aimait beaucoup cette demeure; il y resta, dans le mois de mai 1805 , pendant dix à douze jours. Une belle allée d’ormes , bordée de riches prairies , conduit le voyageur à cette royale demeure; de beaux bois aux ombrages bienfaisants animent ce riche paysage. Les appartements du château sont magnifiques et ornés de belles peintures.
Le grand salon par lequel on entre dans le château est octogone ; le plafond figure le Réveil de Diane à l’instant où paraît l’Aurore : ouvrage des Valèrien, il y a 117 ans. — Quatre bustes en marbre blanc représentent les quatre Saisons, par les frères Coligny. — Il y a huit cheminées en marbre peu commun, et six portes. — Vers le milieu de la hauteur de ce salon règne au pourtour une charmante galerie.
L’une des portes communique à la chapelle qui renferme le tableau de saint Hubert, à qui elle est dédiée; le chevalier de Beaumont en est l’auteur.
Une autre porte conduit à l’appartement de Charles-Félix : sur le plafond de la première pièce se voit le Sacrifice d’Iphigénie, par Creusety ; la tapisserie en soie a été brodée par la princesse Félicité; la cheminée est en très-beau marbre.
Le plafond de la chambre à coucher représente Diane qui sort du bain, par Vanloo.
Dans l’appartement de la duchesse de Chalais, sœur de Charles-Félix ; au plafond , Diane revenant de la chasse ; deux tables en mosaïque de Florence. — Au cabinet de toilette, la tapisserie en pékin ; au-dessus de la cheminée, un joli portrait de la seconde femme de Charles-Emmanuel , la duchesse Polixène, princesse autrichienne , avec ses deux petits enfants, par Meins Raphaël .
Dans une pièce particulière, huit tableaux par de Chignarole retracent toute l’histoire de la chasse : le départ, le cerf poursuivi ; on le force ; il est mis à mort ; la curée , etc. De nombreux trophées de chasse parent les panneaux des portes , par Vacher .
Après avoir traversé une galerie très-longue qui n’est pas ornée, et monté cinq marches, on voit sur le palier deux statues remarquables en marbre de Carare, par les frères Coligny.
Dans une antichambre , huit tableaux représentent l’histoire d’Annibal , par le chevalier de Beaumont .
Dans le salon d’audience, la tapisserie en damas giroflée et blanc , avec des bordures très-riches, deux glaces dans de très-grandes dimensions, des sculptures magnifiques , et beaucoup de dorures.
La chambre meublée de même étoffe; deux commodes travaillées avec art et d’un bois recherché. — Le boudoir en pékin blanc , et les portes sont en glaces.
La tenture et le lit en soie et de coqleur verte dans la seconde chambre à coucher. — Dans le cabinet attenant , un papier de Chine fort beau.
Dans la chambre à coucher du roi et de la reine (en 1805, l’impératrice Joséphine l’occupait), la tapisserie en étoffe brochée couleur lilas , une commode magnifique ; les six peintures au-dessus des portes, par Repousse , de Turin. — Au cabinet de toilette, le meuble en pékin blanc à fleurs, le plafond tout en glaces.
Un petit cabinet de lecture meublé de même.
Vient enfin une galerie très-vaste qui servait quelquefois de salle à manger, ou pour les concerts, ou pour les grandes réunions. Quatre glaces répètent les croisées; en outre il y en a une à chaque bout; pour tapisserie, une toile sur laquelle sont peint3 des dessins chinois.
II n’y a point de jardin; dans le bois qui forme la ceinture du château, on a percé plusieurs allées pour se promener.
Près de ce somptueux édifice s’en élèvent d’autres beaucoup plus modestes, destinés au logement de plusieurs animaux, et principalement d’un très-bel éléphant.
Le voyageur devra aussi visiter le
Parc royal , autre maison de campagne des ducs de Savoie, à un. mille de Turin, au confluent de la Doire et du Pô; habitation admirable et presque unique en son genre, mais actuellement destinée à la fabrique royale des tabacs et du papier timbré.
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. Dans le voisinage de cette capitale se trouve encore la
Vénerie royale. Charles-Emmanuel II y fit construire un palais et un parc pour la chasse, avec un spacieux quartier pour la cavalerie , auquel on a ajouté les écoles d’équitation et vétérinaire. A un mille de là , dans une situation' riante , est le haras royal y établissement fort remarquable.
' Sur la routé d’Alexandrie se trouve Moncalieri , ancien village qui s’éleva au rang de ville, sur les ruines de l’ancienne festonne, détruite au ixe siècle. Sa belle situation engagea Victor-Amédée H à y construire un palais qui fut agrandi et embelli par Charles-Emmanuel Ier , et plus tard par Victor-Amédée II, sur les dessins de Léonard Marini. Réparé dans ces derniers temps par Victor-Emmanuel, ce prince y fixa son séjour , et y mourut en février 1823. Maintenant il sert de maison de campagne aux princes fils du roi régnant. Depuis quelques années, le collège Charles-Albert , dirigé par les PP. barnabites , y est établi.
Sur la route que nous avons déjà paroourue en venant de Chambéry, se trouvent
Rivoli , ville sans régularité, à 5 milles de Turin. Le célèbre château ducal qui s’élève sur la pointe du coteau est une des plus anciennes maisons de campagne des princes de Savoie; Charles-Emmanuel 1er y naquit; on> y respire un air très-pur. [V. route 3.)
Racconis , ville florissante, éloignée de 15 milles de Turin, au milieu de fertiles campagnes : om y voit un magnifique château et un parc immense parsemé de bassins et peuplé d’oiseaux de tout genre. H y a une horloge de nuit pour l'utilité des voyageurs* C’est le séjour de prédilection de la famille royale. Cette ville fait un commerce assez considérable ,’ et possède de grandes manufactures de soie. [V oyez route 4.)
Aglièy château dans une position charmante, à 14 milles de Turin, appartenait jadis aux ducs de Chablais. 11 fut agrandi par Victor-Emmanuel ; il a un parc magnifique et une belle église.
La situation de ce château , sur une éminence qui domine la ville du même nom, est fort belle.
1! nous reste encore à visiter :
L'église et le couvent des capucins del Monte , ainsi nommés parce qu’ils sont placés sur une colline vis-à-vis de Turin, il faut, pour y aller, traverser le pont du Pô, prendre à droite, et après avoir tourné la montagne, on arrive au plateau sur lequel est construit cet édifice. Le panorama qui s’oftVe alors aux regards est magnifique.
Saint-Sauveur, église près de Turin, sur le chemin royal de Nice , avec un couvent de servîtes.
JYolre-Dame-de-Campagne. Elle n’est éloignée que d'un mille hors la porte Palais, avec un couvent de capucins.