ROUTE XXVII
DE TURIX a MIL AN.
Par Verceil et Novare , 17 p. 3/*, 35 1.
Settimo, Ghivasso , Rondissone, Cigliano, San-Germano , Verceil ,
1 p .l/2 Orfengo ,
Vs Novare ,
Bufialora, S.-Pietro al Olmo , % Milan ,
ip.i/i 1 'h
De Turin à Settimo on paye double poste.
On rencontre fréquemment sur cette route des rivières et des canaux; toutefois le chemin est commode, plat et bordé d’arbres bien rangés. De Turin b Settimo , la route est commode et bien entretenue, la campagne fertile et cultivée avec industrie. On passe la Doire, la Stura; on traverse cette dernière sur un beau pont; le Mallone, l’Oro , rivières qui descendent des Alpes. Du lit de la Doire et de la Stura , on tire des pierres qui servent à paver les rues. On traverse le bourg de Brandizzo ( Brandatium ), l’antique ad Decimum de l’Itinéraire d’Antonin.
Chivasso ( Cluassium , Glavaxium)f petite ville assez commerçante. Du côté de Milan, son territoire est moins cultivé, et même un peu stérile, quoiqu’il soit arrosé par plusieurs rivières et ruisseaux , et par le canal qui communique d’Ivrée à Verceil. On y trouve d'assez bonnes auberges, surtout près de la poste aux chevaux. Les Français la prirent en 1705. Pop. 6,000 h.
Toute cette partie de la Lombardie est une plaine fertile.
ROUTE 27. — DE TURIN A MILAN. 26 f
Cigliano (Cœlianum) , 3,000 h. On traverse Tronsano, San-Germano, Quinto ( ad Quinlum).
Avant Cigliano , on passe la Doire-Baltée sur un pont de pierre d'une très-belle construction.
Verceil [Vercellœ) ( hôtels : le Lion-d'Or, la Poste, de TUnivers) est une ville, assez considérable, bien bâtie, sur un terrain élevé et dans une situation riante, près du confluent du Cervo et de la Sésia. Justin en attribue la fondation à Bellovèse , 603 ans avant l'ère vulgaire.
Curiosités. — On y voit quelques beaux édifices , entre autres la cathédrale , d'architecture moderne, et les deux chapelles qu'elle renferme, où l'on vénère les corps de saint Eiisèbe, protecteur de la ville, et du B. Amédée, de la famille de Savoie; Saint-André , d'architecture gothique; Saint-Christophe , orné de peintures parmi lesquelles on en distingue quelques-unes du fameux Gaudenzio; Sainte - Marie- Majeure , où l'on admire un superbe pavé en marbre, représentant l'histoire de Judith; la voûte est soutenue par 40 colonnes de marbre; Y hôpital , édifice vaste, avec un musée et divers jardins , dont un de botanique ; enfin le palais public , autrefois résidence du gouverneur. Dans le trésor de la cathédrale on montre un manuscrit du iv« siècle, qui contient l’évangile de saint Marc en Latin. Cette ancienne ville, importante dans le moyen-âge, fut souvent visitée par des papes et des empereurs. C’est dans la plaine, aux environs, que Marius défit les Cimbres, en 652 de Rome. Une belle rue divise la ville en deux parties ; on y commerce en riz, blé, chanvre, lin et vin, ébénisterie , poudre pour la toilette, soie. Pop. 18,000 hab. (l).
Jusqu'à Milan la route est toujours belle, mais peu variée ; on voit quelques villages , et rarement des maisons de campagne. De Verceil on va par une route de poste à Trino , éloignée de deux postes un quart.
En sortant de Verceil , on passe la Sésia sur un pont très-long. Depuis le mois d’avril jusqu’au mois de septembre, toute la campagne ressemble à un vaste marais ;
(i) Dell’ antica condiziont dcl fcrceltesc , par Jacques Durandi. Slcïwdella P'crceilcse littéral ara cd arli , 2 vol. in-in.
GUIDE EN ITALIE
l'air y est en conséquence humide : on voit des plantations de riz. On voyage dans une plaine arrosée par divers canaux depuis Verceil. On passe l’Agona , rivière entre Orfengo et Novare ; Orfengo, peuplé de 1,500 liab., puis Lomelome (JVomenionium).
Novare [hôtels : Pesce-d’Oro ( Poisson- d'Or ) , de Tre-Re (Trols-Rois) , d’Italie) , ancienne ville, bien bâtie, sur une hauteur, défendue par un vieux, château et par quelques fortifications, et que ses clochers font apercevoir de loin. Devant le château est une belle place d’armes ornée de la statue colossale en marbre de Charles-Emmanuel III, due au ciseau du chevalier Pompée Marchesi ; en face de la place est le théâtre neuf.
Curiosités. — On distingue entre autres palais celui de la famille Bellini, remarquable par la richesse et la beauté de ses appartements, et par sa galerie où sont rangés avec art plusieurs tableaux des meilleurs maîtres. La cathédrale est une belle église : la voûte du chœur a été peinte par Saletta , élève cfe Palagi ; le maître-autel est orné de sculptures de Thorwaldsen , Marchesi , Monti ; une chapelle contient des fresques de Gaudenzio Ferrari ; Y église de Saint- Gaudcnzio , belle inspiration de Pellegrino-Pellegrini , a des peintures de Gaudenzio Ferrari , Mont - Calvo, YEspagnolet et de P. Pallagio ; à côté de cette église, comme aussi à côté de la cathédrale, sont des restes d’antiquités romaines ; près de cette dernière est le merveilleux monument, mausolée, œuvre de Christoforo Solarii les archives de ces deux églises contiennent des choses précieuses (1). Le voyageur visitera aussi avec intérêt le grand hôpital , Y hôpital St- Julien , T Institut des arts et métiers , fondation récente; le Marché , qui est fort remarquable; son beau vestibule est orné des statues de Ferri , Gioja , Romagnosi , Beccaria , exécutées par d 'Argentin Monti et Somaini .
Cette ville est peu peuplée ; elle a un mille et demi de
(i) Lettre de l’abbé André à l’abbé Morellet sur le Codex de la bibliothèque capitulaire de Novare, Parme 1002. Blanchini , Cose rlmarchievoli délia cita di Novara. — Carlo Morbio, Stori* di Norara.
circuit sur ses remparts. Cependant le commerce s’y soutient, et les deux foires qui ont lieu en août et septembre contribuent beaucoup à l’entretenir en activité. On y entend assez bien le français ; les femmes y sont recherchées dans leurs vêtements. Pop. 1G,000 h.
C'est à Novare que commence la ligne continuelle des douanes des États voisins.
A 4 lieues de Novare se trouve la ville û’Oleggio, intéressante par son institution balnéo-sanitairc , très-recommandable par son site , les soins qu’on y porte et les agréments de tout genre qu’on y trouve.
De Novare au Tessin on parcourt environ 10 milles sur un terrain fertile et gras, arrosé par la rivière Terdoppio et par le canal de Sforzesca, qu’il faut également passer.
On traverse, sur un nouveau pont de pierre très-beau , le Tessin, un des plus magnifiques fleuves d’Italie, mais qui parfois déborde tellement, qu'il devient difficile à passer. Des bandes de voleurs et de gens sans aveu se rassemblent souvent sur les bords du Tessin, à cause de la facilité qu’ils ont d’aller d’une frontière à une autre. La vigilance du gouvernement rend cependant le chemin sûr. On passe le Naviglio Grande , canal par le moyen duquel se fait le commerce de Milan avec le lac Majeur, et par conséquent celui d’Italie avec la Suisse et l’Allemagne. Buffalora marque l’entrée du royaume Lombard-Vénitien. On traverse Magenta , 3,000 habitants ( Maxentia ) , Sadriano ( Desidcrianum ) , Saint-Pierre al Olmo ; on entre par la porte dite Vcrcellina , à